Témoin exceptionnel du passé religieux de la ville de Sens, la cathédrale Saint-Etienne à célèbre en 2014, ses 850 ans d'existence.
De nombreuses statues extérieures ont été détruites ou très abîmées par les révolutionnaires pendant la Terreur en 1793. La magnifique nef, le transept rajouté au XVe et les beaux vitraux de la fin XIIe au XVIIe méritent contemplation. Les chapelles regorgent d'anecdotes historiques et accueillent l'autel Saint-Louis, en souvenir de son mariage en 1234 ainsi que la tombe du dauphin fils de Louis XV et de son épouse.
Elle inspire de nombreux bâtiments religieux. Mais plusieurs époques s'y superposent. Retouchée au XIVe, la construction se poursuivit du XVe au XVIIIe et porte témoignage des différentes techniques des bâtisseurs. La tour nord ne fut jamais achevée. La tour sud s'écroule en 1268 puis est reconstruite fin XIIIe et sa partie supérieure date du XVIe siècle.
Mais pour mieux comprendre encore ce qu’est l’art gothique, entrez dans la nef. « Dans cet édifice, pour la première fois, on sort de l’âge roman, du massif, du sombre, pour venir chercher la lumière avec cette architecture aérienne et ces hautes fenêtres. » Ce n’est pas nous qui le disons, mais Olivier Curt, Conservateur de la Cathédrale Saint-Etienne et Architecte des Bâtiments de France.
Historique
L’évêché de Sens, très ancien, fut un archevêché de grande importance au Moyen Âge. Contemporaine de la Basilique de Saint-Denis, la grande église primatiale de Sens fut élevée à partir de 1135-1140 à l’emplacement d’une cathédrale préromane du 10e siècle. Le chantier commença alors en pleine époque romane.
L’architecte Guillaume de Sens a osé élever ici une église d’un style nouveau, avant de partir en Angleterre pour construire le chœur de Canterbury. Les parties basses du déambulatoire et de la nef sont encore dans un style roman tardif, tandis que l’élévation de l’édifice montre des formules architecturales innovatrices.
On y admire une élévation à trois étages avec des travées doubles, des colonnes jumelles, des arcs brisés, un beau triforium et des voûtes d’ogives sexpartites. Le gros-œuvre de la nef et le chœur furent bâtis dans le premier style gothique avant la consécration de l’église en 1164. La cathédrale fut complétée pendant les siècles suivants.
La façade avec le clocher inachevé dit Tour de plomb date de la fin du 12e siècle, le décor sculpté des trois portails de la façade est de la fin du 12e siècle au 14e siècle, la chapelle axiale est du 13e siècle et le grand clocher ou Tour de pierre date du 14e siècle. Le plan allongé de l’édifice fut transformé vers 1500, quand deux grands croisillons furent ajoutés en style flamboyant avec des pignons et portails abondamment décorés.
Enfin, des chapelles sont ajoutées du 16e au 19e siècle. Avec la cathédrale d’Auxerre, qui s’est inspirée de celle de Sens, c’est sans doute la plus belle église gothique en Bourgogne. Cependant, on retrouve encore du roman dans beaucoup de détails de la construction. La chapelle Saint-Jean-Baptiste avec ses baies en plein cintre, ses arcatures et son cul-de-four en sont les parties les plus anciennes.
Les parties basses du chœur et les arcatures sur colonnettes dans les bas-côtés et le déambulatoire sont encore de profil roman. On retrouve l’art roman dans le décor sculpté des parties basses. Les chapiteaux sculptés d’animaux, de monstres, de griffons, de feuillages et de quelques scènes historiées remontent aux années 1150, peu après ceux de Vézelay.
Il y a également des bas-reliefs sculptés et une statue de saint Thomas Becket de la fin du 12e siècle. A l’extérieur, on trouve encore des arcatures à modillons au niveau des fenêtres hautes. Enfin, la cathédrale conserve de nombreuses autres œuvres d’art, comme des vitraux très anciens et de belles fresques.
A côté de la cathédrale, on trouve le palais synodal du 13e siècle avec trois étages et l’ancien archevêché du 16e siècle. Ces bâtiments abritent le trésor de la cathédrale et le musée lapidaire où on peut voir de nombreux objets anciens de l’évêché, des vestiges des abbayes de la ville, des suaires médiévaux, des pièces d'orfèvrerie au décor roman et une belle châsse polygonale d’ivoire byzantin.