Entre la rade de Brest et la baie de Morlaix les enclos paroissiaux rivalisent de magnificence. Typiques des villages et villes bretonnes , ils rassemblent dans un espace clos un ossuaire, un calvaire orné de personnages, une chapelle et une porte triomphale. Les scènes ciselées dans la pierre relient le monde des vivants au royaume céleste.
Ces splendides monuments, érigés du 15e au 17e siècles, célèbrent la ferveur régionale autant que la prospérité de la manufacture textile et des ports d'alors. Pendant votre escapade sur les circuits de cette route touristique, ne confondez pas croix, calvaire et ossuaire ! Avant de partir, voici un petit lexique sur les Enclos Paroissiaux pour comprendre ces merveilles du Finistère.
L’enclos paroissal sépare le profane du sacré. Il s’ouvre généralement par une porte triomphale donnant accés à l’église, au calvaire et à l’ossuaire. Le muret de pierre qui ceint le tout permet de délimiter ce territoir. L’enclos est le domaine symbolique de rencontre entre le monde des vivants et celui des défunts puisque le cimetière occupe son centre.
Le premier contact avec l’enclos paroissial sera le portail monumental qui autrefois était fermé par une grille. Cette grille n’était ouverte que pour donner l’accès aux cortéges solennels, ceux notamment des enterrements. Le grand porche de l’enclos de Pleyben est pour cela nommé "Pors a Maro", c'est à-dire la porte de la mort.
Pour accéder à l’intérieur de l’enclos les fidèles devaient utiliser les portes latérales dont le passage était barré par une haute pierre sur champ "l’échalier" qu’il fallait enjamber. Ce dispositif empêchait la divagation des animaux dans le champ des morts Dés la fin du 15ème Siècle ces portails se monumentalises. La baie principale se voit adjoindre des baies secondaires tandis qu’une plateforme est établie au-dessus.
A partir de la fin du 17ème siècle on ne trouve plus guère de portes monumentales, mais de simples piliers encadrant une grille de fer forgé. Généralement après avoir franchi la porte monumentale et avant d’atteindre l’église on trouve sur sa gauche l’ossuaire, autre élément composant l’enclos paroissial.
L'ossuaire
Dans les minuscules cimetières bretons d’autrefois, les corps devaient être exhumés pour laisser la place aux nouveaux défunts. On entassait en vrac les ossements dans des réduits qu’on élevait contre la façade de l’église ou le mur d’enceinte du cimetière. Les pauvres restes devaient être visibles pour inciter les paroissiens à la méditation et à la repentance.
Rapidement l’Architecture de l’ossuaire va à la fois se diversifier et se développer. Les ossuaires sont devenus des bâtiments isolés, l’intérieur devient accessible et l’entrée est valorisée avec une porte surmontée d’une archivolte. La façade est percée de petites baies élégantes de part et d’autre de l’accès. A cet enrichissement fonctionnel va correspondre un enrichissement architectural.
L’ossuaire de Sizun de 1585 symbolise cette évolution, sa façade est tout entière composée dans le vocabulaire de la Renaissance. Elle s’organise en deux niveaux, celui du bas percé de sept baies, celui du haut aligne douze niches portant les statues des apôtres. C’est à la chapelle funéraire de Saint Thégonnec de 1676 que l’on trouve l’évolution la plus aboutie.
La composition à deux niveaux y est conservée avec toutefois un esprit plus baroque que Renaissance. L’organisation des volumes et l’ampleur des proportions très supérieures à celle des autres ossuaires font de cette chapelle une seconde église.
L'Eglise
Voici maintenant le monument central "l’église". Pour en comprendre l’articulation, il faut connaître le double patronage de l’édifice. L’institution ecclésiastique règne sur le choeur tandis que la nef et ses éléments annexes : porche et tour, relèvent de la construction, c'est-à-dire du conseil des paroissiens.
Le premier de ces éléments annexes est le grand porche Sud qui constitue en fait l’entrée principale. La porte occidentale ne servant que pour les cortéges des convois funéraires et les cérémonies spécifiques. Une des fonctions principale de ces porches est d’abriter les réunions du conseil de paroisse.
A l’intérieur un banc court le long de chacun des deux murs latéraux, disposition normale dans un lieu où se font les échanges sociaux et ou délibèrent les édiles. Au-dessus dans les niches veillent les douze apôtres. Chacun d’eux est identifiable, rarement par une inscription mais par un accessoire caractéristique qui est le plus souvent l’instrument de son supplice légendaire .
Le clocher
Autre élément essentiel de l’art des enclos paroissiaux : le clocher. C’est là une vieille tradition car les constructeurs bretons ont toujours été sensibles au prestige des grandes tours d’église. Sur les routes bretonnes chaque village a son clocher et chaque clocher signale son village.
L’Armorique regorge d’une grande variété de clochers classés en grande famille. Clochers « Beaumanoir » et Neo-Beaumanoir se partagent sans aucun doute avec ceux à Dôme les clés du "typiquement breton" et du bel esthétisme. Identifiable au premier coup d’oeil grâce à la tour accolée au clocher renfermant l’escalier permettant d’atteindre son sommet. On retrouve la plateforme avec sa galerie et la flèche gothique.
Les clochers "Léonard" sont caractérisés par une tour à contrefort portant 2 ou 3 galeries de cloches bordées d’une balustrade et amorties par une flèche. En Cornouaille dans le sud Finistère, la tour carrée ne comporte qu’un seul étage. Dès le 16ème siècle, les calvaires commencent à fleurir au coeur des enclos paroissiaux aux côtés de l'église et du cimetière.
Le calvaire
Les concepteurs des calvaires ont cherché à créer une symétrie entre la partie haute et la base en développant le socle. Les créateurs ont d’abord ornés le pied de la croix d’un groupe sculpté dont le thème principal est la « Pietà » ( vierge de pitié ).
La vierge peut être représentée seule portant sur ses genoux le corps sans vie de Jésus ou entourée des deux Marie : Marie Madeleine et Marie Salomé. L'émotion qui se dégage du groupe des femme penché sur le corps privé de vie va droit au coeur de tout homme, qu'il soit croyant ou non.
La partie base du calvaire en prenant de l’ampleur, produira les calvaires les plus spectaculaires. Ces calvaires grande « mace » permettent aux paroisses d’exprimer là aussi leur puissance, aux sculpteurs de développer un art généralement fruste et naïf et au clergé d’avoir un support à l’instruction religieuse.
Les scènes représentées sur les calvaires bretons sont généralement classées en deux grandes périodes distinctes que l'on appelle "Prélude" et "Posltude".
Prélude : L'annonciation, la visitation, la nativité, les mages, la fuite en Egypte, la présentation, Jésus parmi les docteurs, le baptême et la tentation
Postlude : L'entrée à Jérusalem, la Cène, le lavement des pieds, l'agonie de Jésus, l'arrestation, chez le grand prêtre, le reniement de Pierre, chez Pilate, le chemin de croix, la crucifixion et la mort de Jésus, l'ensevelissement, la résurrection.
Avant de quitter l’enclos paroissial et bien qu’elle soit rarement à l’intérieur, arrêtez-vous à la fontaine qui occupe une place privilégiée dans cet ensemble architectural et s’inscrit parmi les signes les plus emblématiques de la tradition bretonne. Partout où existe une chapelle ancienne, une source jaillit qui est l’objet d’une dévotion particulière.
La fontaine
Des plus humbles à peines empierrées, à d’autres monumentales sous le patronage de l’église elles sont généralement sacrées ou au moins douées de
pouvoir divers.
Vous voici prêt pour votre périple sur la route des circuits des Enclos Paroissiaux du Finistère. Que le spectacle commence, partons, si vous le voulez bien de Landerneau en direction de notre première étape.
Trois circuits sillonnent le Pays ont été dessinés entre la rade de Brest, les Monts d'Arrée et la baie de Morlaix à travers des boucles de 55 à 70 km chacune, vous présentant les joyaux architecturaux de ses Enclos Paroissiaux.
Le circuit de Landerneau d'une longueur de 48 km (hors option) serpente dans la vallée de l'Elorn où la pierre grise de Kersanton épouse la pierre jaune de Logonna.
Le circuit de Landivisiau d'une distance de 85 km (hors option) s'étire sur un axe nord/sud des Monts d'Arrée au cœur du Léon.
Le circuit de Morlaix d'une distance initial de 63 km (hors option) vous mènera jusqu'à Plougonven où se trouve l'un des plus grands et des plus anciens calvaires de Bretagne. Nous nous sommes permi de le ralonger.
Les circuits des enclos paroissiaux vous permettront de visiter une grande partie des enclos finistériens. Ils sont ouverts tous les jours à la visite.
La route touristique du circuit des enclos paroissiaux du pays de Landerneau
Entre Léon et Cornouaille, Landerneau dispose d’un remarquable patrimoine architectural. Son fleuron en est le célèbre pont de Rohan, unique pont encore habité d’Europe. Tout autour, de belles habitations du 16e au 19e siècle jalonnent votre parcours. Après le circuit d’interprétation du patrimoine
dans les ruelles de Landerneau chargées d’histoire, les berges de l’Elorn prolongeront votre flânerie.
Quittez Landerneau par la route de Pencran (4 km), surplombant la vallée de l’Elorn, l’enclos paroissial de Pencran est un modèle du genre.
Prenez la direction de Dirinon via Keranna (12 km), l’enclos paroissial de Dirinon est sans conteste celui où l’histoire se mêle le plus à la légende : celle de l’irlandaise Sainte-Nonne et de son fils, St-Divy, patron du Pays de Galle.
Poursuivez votre parcours du circuit des enclos paroissiaux du pays de Landerneau via la D87 en direction de Tréflévenez (22 km). L'église est remarquable par ses peintures et scultpures, à vous de découvrir les nombreux personnages richement colorés !
Pour continuer votre escapade sur ce circuit des enclos paroissiaux du pays de Landerneau direction La Martyre (27 km). L’enclos paroissial de La Martyre, dont la construction s’étend entre les XIème et le XVIIème siècles, est considéré comme l’un des plus beaux enclos du pays de Léon.
Poursuivez sur la D35 vers Ploudiry (29 km), Aujourd’hui petite commune rurale, la paroisse de Ploudiry était, jusqu’à la Révolution, la plus vaste et une des plus riches du Léon (80 km²). L’enclos paroissial de Ploudiry, imposant par ses dimensions, n’a eu de cesse d’être embelli au cours de cette période économique prospère, pendant laquelle la ferveur religieuse a permis de bâtir l’un des plus beaux ensembles du Léon.
Votre route touristique vous emmène à présent à La Roche Maurice via la rue de la Fabrique (35 km) avec des personnages haut en couleur. Cet enclos de La Roche Maurice? est un enclos charmant, lui aussi financé par la famille des Rohan.
Pour finir votre périple sur le circuit des enclos paroissiaux du pays de Landerneau, prenez la direction de ?Trémaouézan via la D74 (41 km). L’enclos de Trémaouézan regorge d’une multitude de détails des plus surprenants pour qui prend le temps de les découvrir ! L’église Notre-Dame de Trémaouézan a été bâtie vers 1500. L’ossuaire gothique, qui lui est contemporain, est orné de figures d’animaux.
Pour finir votre parcours touristique, retour vers Landerneau via la D29 (48 km - hors option)
Retrouvez tous les détails de ce parcours sur notre page : Circuit des enclos paroissiaux en pays de Landerneau
La route touristique du circuit des enclos paroissiaux du pays de Landivisiau
Le Pays de Landivisiau regorge aussi de trésors architecturaux exceptionnels que sont les Enclos Paroissiaux. Pour ce parcours nous vous proposons de partir de la ville de Landivisiau, à la fois Pays des Enclos Paroissiaux et des Monts d'Arrée.
Poursuivez votre route des enclos pour atteindre Lampaul-Guimiliau via la D11 (4 km) , aux limites du pays du Léon. Cet enclos paroissial de Lampaul-Guimiliau est reconnaissable par son clocher sans flèche, abattue par la foudre en 1809. En arrivant, vous remarquerez probablement que l’église Notre-Dame ne semble pas finie.
Quitter Lampaul-Guimiliau par la D111 pour Guimilau (7 km). Ce petit village du nord finistère doit sa célibrité à son enclos paroissial datant du 16è siecle. Au centre de l'enclos paroissial de Guimiliau, vous trouverez son calvaire, sans nul doute, l'un des plus beau de Bretagne. Le grand porche de 1606-1617 est pratiquement aussi haut que l’église.
Poursuivez votre escapade du circuit des enclos paroissiaux du pays de Landivisiau en prenant la direction de ?Commana via la D11 et D31 (18 km). L'enclos paroissial de Commana est l'un des plus beau de Bretagne avec l'Arc de Triomphe, porte monumentale surplombée de trois lanternons, accès principal à l'enclos.
Poursuivez votre parcours du circuit des enclos paroissiaux du pays de Landivisiau via la D764 en direction du moulin de Keroual (22 km). En fond de vallée, ce hameau bâti entre le XVIIe et le XXe siècle est à découvrir. Ce village de meuniers, inhabité depuis 1965, témoigne de ce que fut la vie rurale d’autrefois. Ce lieu de mémoire est aussi un lieu de promenade apprécié par les visiteurs.
Le parcours tourisque passera par Saint Cadou via la D764 (29 km), petit village des monts d’Arrée. L’Enclos de Saint-Cadou est simple bien en accord avec l’austérité de monts d’Arrée. Il se compose du mur en pierres, du cimetière, de l’église, du calvaire et d’un porche sud. Il n’y a pas d’ossuaire.
Continuez votre escapade sur la route touristique du circuit des enclos paroissiaux du pays de Landivisiau en direction de Sizun au pied des Monts d'Arrée via la D30 (36 km). Pendant votre visite faites le tour de l’église pour observer le chevet (à l’est) qui présente une remarquable frise de granit avec entre autres, un renard, une chienne allaitante, un démon féminin…
Continuer votre parcours vers Locmélar via la rue du docteur Corre (41 km). Nichée au pied des Monts d'Arrée, la vallée verdoyante du fleuve Elorn, le bocage et les collines encore récemment recouvertes par les landes caractérisent les paysages de son territoire. Locmélar porte aussi la marque de riches paysans-marchands de toile.
Prenez la direction de Saint-Servais par la D30, puis la D32 (54 km), situé sur le rebord sud du plateau du Léon, le beau clocher finement ciselé et les belles proportions de l’église retiennent le regard du voyageur. À la faveur de la prospérité, on dressa un clocher, à double galerie comme il convient en Léon.
Poursuivez votre périple sur le plateau du Léon vers Bodilis via la D32 (59 km). La commune de Bodilis compte un certain nombre de bâtiments anciens, notamment dans le bourg, avec l'enclos paroissial et l'église Notre-Dame et son clocher gothique construite au XVIe siècle. L’enclos paroissial de Bodilis se dresse autour de son église Notre-Dame vieille du XVIème siècle, aux côtés d’un cimetière.
En continuant sur la D30 et la D229, ce circuit des enclos vous emmène au Château de Kerjan (67 km). En plein "Âge d’Or" de la Bretagne, les seigneurs de Kerjean entament un gigantesque chantier. Ils édifient, à la place de l’ancien manoir, un château surpassant les plus belles demeures de la région.
Pour finir ce circuit des Enclos dans le pays de Landivisiau, poursuivez sur la D30 vers Berven (73 km). La construction de l'enclos de Berven s’achève en 7 ans. C'est en 1573, sur le site d’une ancienne chapelle dépendant de la paroisse de Plouzévédé la décision est prise de construire une grande chapelle et de l’entourer d’un enclos.
Retour vers Landivisiau par la D35 (85 km - hors option).
Retrouvez tous les détails de ce parcours sur notre page : Circuit des enclos paroissiaux en pays de Landivisiau
La route touristique du circuit des enclos paroissiaux du pays de Morlaix
Nous vous proposons de commencer votre périple sur ce circuit des Enclos de la ville de Morlaix situé au fond d'un estuaire protégé par les contreforts des monts d'Arrée. Emblème de la ville, le viaduc de Morlaix, superbe ouvrage d'art ferroviaire de 58 mètres de haut, surplombe majestueusement la vieille ville et le port.
Quittez Morlaix par la rue Guy Le Normand en direction de Plourin-les-Morlaix (7 km). L'enclos paroissial de Plourin-les-Morlaix est constitué de l'église Notre-Dame de la fin du XVII e siècle construite en granite. Elle a succédé à une église gothique qui menaçait ruine vers 1762 et dont il reste le chœur.
Poursuivez votre escapades vers Plougonven en suivant la D109 (13 km). C’est autour de l’église Saint-Yves que se compose l’enclos paroissial de Plougonven. Au pied de l’église, son calvaire se dresse depuis un imposant socle octogonal sur lequel deux rangées de corniches représentent les scènes de la Bible.
Prenez la D111 pour vous rendre à l'abbaye du Relec (30 km) fondée en 1132 avec son système hydraulique innovant utilisé pour irriger ses jardins et distribuer l'eau dans ses bâtiments. L’Abbaye du Relec est composée d’une grande église romane, de vestiges du cloître, d’étangs, d’une chaussée bordée de grands arbres, d’une fontaine monumentale et de prairies entourées de douves.
Rejoignez Plounéour-Ménez en poursuivant la D111 (35 km) où une halte prolongé s'impose. L'enclos de Plounéour-Ménez est accessible par un très bel arc de triomphe en grand appareillage de pierre, à l'est de l'église Saint-Yves de Plounéour-Ménez, construite entre 1649 et 1684.
Poursuivez votre parcours sur ce circuit des enclos paroissiaux du Pays du pays de Morlaix en suivant la direction de Pleyber-Christ via la D785 (43 km). Comme dans les paroisses voisines dotées elles aussi d'enclos paroissiaux, la richesse de l'enclos de Pleyber-Christ a été possible grâce à la prospérité liée à la fabrication et au commerce de la toile de lin.
Pour teminer votre parcours touristique, arrêtez vous à Saint-Thégonnec via la D712 (50 km), ce bourg domine la vallée du fleuve côtier, la Penzé. L'enclos paroissial de Saint-Thégonnec construit grâce à l’argent du lin se voulait grandiose, décoré par les meilleurs sculpteurs de l’époque, avec un clocher très haut.
Retour sur Morlaix par la N12 (63 km - Hors option).
Retrouvez tous les détails de ce parcours sur notre page : Circuit des enclos paroissiaux en pays de Morlaix