L'ancienne Chartreuse du Mont-Dieu était un monastère de moines chartreux situé dans le département des Ardennes. Premier monastère des moines de saint Bruno fondé dans le royaume de France, en 1132, il fut reconstruit au xviie siècle.
Située au cœur des Ardennes, la chartreuse du Mont-Dieu fut construite dans une vaste clairière, au milieu d'une forêt de 1 123 hectares, pleine d'arbres séculaires : les chênes de Montpy et constellée de sources, alimentant jadis de nombreux étangs.
Bien que retirée et isolée au fond des forêts, la chartreuse du Mont-Dieu est plusieurs fois saccagée et ravagée par les guerres qui dévastent la région. Les guerres de religion surtout l'ont beaucoup éprouvée. Le monastère est reconstruit en 1617, à l'époque de Louis XIII, avec des briques roses et noires et chainages en pierre taillée, dans le même style que la célèbre place Ducale de Charleville.
Après l'expulsion des moines à la Révolution, les bâtiments de la chartreuse du Mont-Dieu sont convertis en prison d'État pendant la Terreur, et les nombreuses propriétés et possessions de l'abbaye, réparties sur une quarantaine de villages, sont vendues comme biens nationaux en 1791.
Reconverties en filature, industrie importante dans la région de Sedan, les bâtiments, négligés et en ruines de la chartreuse du Mont-Dieu, sont au fil des temps démolis par leurs propriétaires successifs. Heureusement, André Poupart de Neuflize, Sedanais enrichi dans le commerce du drap, achète sous le Premier Empire, et sauve ce qui peut encore l'être de la magnifique chartreuse qui avait presque totalement disparu. En 1820, les édifices sont acquis par François-Xavier Camus, maire de Charleville, ancêtre du propriétaire actuel.
Les bâtiments sauvés connaissent encore bien des vicissitudes, particulièrement lors de la bataille de Stonne, en mai 1940, comme l'attestent les marques laissées par des éclats d'obus sur certaines façades. Après être passée entre les mains de différents propriétaires, ce qui reste de l'ancienne chartreuse du Mont-Dieu semble se rétablir peu à peu pour tenter de retrouver l'éclat de son âge d'or disparu.
Les moines en furent chassés lors de la révolution française et ses bâtiments servirent à divers usages tout au long du XIXe siècle. Les vestiges du monastère furent finalement classés comme monuments historiques en 1946.