La commune de Lachapelle-sous-Rougemont (km 0) située sur la route de Belfort à Colmar, la RN 83, à quelques kilomètres au sud du massif des Vosges sera le point de départ de cette route touristique des fleurs : "Villes et villages fleuris" du territoire de Belfort.
Du fait de sa situation, Lachapelle-sous-Rougemont a constitué un relais de poste et un gîte d'étape fréquenté. À l'époque de la Restauration, en 1818 un petit séminaire est créé qui fonctionna jusqu'à la guerre de 1870. C'est sans doute la consommation de bière par les voyageurs dans les nombreuses auberges de la localité qui poussa la famille Grisez à construire en 1835 une brasserie à l'entrée du village en venant de Belfort.
Une chapelle implantée le long de la RN 83 est un des rares témoignages de l'existence de l'ancienne brasserie. Les maisons de style sundgovien cohabitent avec les bâtiments publics, les commerces et les différentes activités, tous aux volumétriques imposantes où dominent le grès rose et la tuile terre cuite. Les toitures sont l'élément dominant du paysage, se détachant d'un ensemble bien végétalisé.
Le village de Lachapelle-sous-Rougemont est placé sur un itinéraire permettant de partir à la découverte des sites et curiosités du nord du département comme le lac de la Seigneurie situé sur la commune de Leval, le golf de Rougemont-le-château, la vallée de Masevaux, le ballon d'Alsace.
A voir : Maison Vauban de 1703, de nombreuses Croix, Oratoire du début du XIXe siècle, la chapelle de la brasserie de 1830-1835, l'église Saint-Vincent de 1844-1847, l'ancienne Brasserie Grisez...
Quitter Lachapelle-sous-Rougemont pour prendre la direction de Petitefontaine (1,5 km) par la D11. Après la guerre de 1871 et l'application du Traité de Francfort, Petitefontaine fut détaché du canton de Masevaux avec les autres communes "francophones" : Rougemont, Leval et Romagny.
Poursuivre vers Étueffont via la D15 et la D2 (10,6 km), ce bourg regroupe les deux anciens villages, Étueffont-Haut et Étueffont-Bas, depuis 1973. Le village est situé au pied du versant sud du massif des Vosges, sur la rivière La Madeleine, cours d’eau qui prend sa source au pied du Baerenkopf et qui traverse ensuite Anjoutey. Étueffont est une des communes du parc naturel régional des Ballons des Vosges.
Dès la fin du Moyen Âge, le village se tourne vers l'industrie naissante : une forge qui transforme le fer produit par le fourneau de Bethonvilliers, l'exploitation minière de plomb argentifère dans le massif des Vosges tout proche, le sommet nommé Tête du Mineur est là pour le rappeler, l'exploitation forestière et la fabrication du charbon de bois.
A voir : L'église Saint-Valbert, dédiée à saint Valbert daterait du début du XVIIIe siècle, la chapelle du Mont Bonnet, érigée en 1888. Tissage et filature de coton Zeller Frères et Cie, puis Ets Zeller frères, puis usine d'articles en caoutchouc et de pièces détachées en matière plastique Transac.
La forge-musée d'Étueffont est un témoin très intéressant de l'activité de cinq générations de forgerons au XVIIIe et XIXe siècles av J.C. De nombreux outils et objets forgés sont exposés dans cette maison traditionnelle construite dans les années 1840.
Continuer en direction de Rougegoutte via la D12 (16,4 km). La commune se situe au pied du Ballon d'Alsace, dans le canton de Giromagny et fait partie de la Communauté de communes des Vosges du sud et du Parc naturel régional des Ballons des Vosges.
Rougegoutte s'est développé le long d'une ancienne voie romaine qui reliait Langres à l'Alsace en contournant la montagne. Aujourd'hui cette voie est celle des villages fleuris du pays-sous-vosgien, le village de Rougegoutte a d'ailleurs reçu le grand prix du fleurissement pour récompenser ses efforts.
Au centre du village de Rougegoutte, fleurit toujours un magnifique tilleul qui a plus de 400 ans d'existence puisque l'on sait qu'en 1715 il était déjà adulte ; sans doute d'ailleurs est-ce un arbre de justice planté vers 1578. Son tronc énorme présente des particularités puisqu'il est constitué de colonnes. Visiter l'église avec sa tour de pierre de parement reconstruite en 1724.
La prochaine étape de la route touristique des fleurs : "Villes et villages fleuris" sera Giromagny par la D12 (19,4 km). Historiquement, la ville a connu aux XVII et XIXème siècles une activité intense marquée par la métallurgie, les mines, les scieries et le textile. Au début du XXème siècle, elle devint une place militaire dotée d’un fort et d’un casernement important qui furent abandonnés par l’armée en 1949.
Le village de Giromagny considérée comme la capitale du pays sous-vosgien, possède un patrimoine architectural intéressant et de qualité, le centre ancien est soumis à l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France, comme en témoignent les nombreuses constructions de maître et détails architecturaux, ainsi que la présence de nombreux lavoirs et fontaines. Toutes les rues du village sont fleuries.
Poursuivre votre escapade en direction de Valdoie via la D465 (27,8 km). La première fois que l'on trouve le nom de Valdoie dans les écrits, c'est sous la forme « We Doh », ce qui signifie « malheur ici » en vieil allemand. En effet, la région étant sismique et le terrain marécageux, les tremblements de terre et inondations y sont fréquentes. Fin décembre 1674, Turenne a bivouaqué à Valdoie avant d'aller en Alsace remporter la victoire de Turckheim.
Suivre la direction de Bavilliers par la D83 (34,9 km). Le hameau de Bavilliers serait l’héritier de l’ancienne ferme romaine, mais si l’on se réfère à la tradition germanique, le village porterait tout simplement le nom de la première famille y ayant habité.
Des vestiges gallo-romains, dont un fragment de mosaïque et de nombreuses tuiles, ont été mis au jour sur le territoire de la commune de Bavilliers. Ils proviennent d'un centre cultuel important. Les objets, mosaïques, fresques sont présentées au musée d'histoire de Belfort. En 2009, un enclos dédié à Jupiter a été mis au jour. Vraisemblablement, le château médiéval a remplacé un castellum romain.
Rester sur la D83 passer Argiésans (37,4 km). En 1347, le village devient terre autrichienne jusqu'à la fin de la guerre de Trente Ans, en 1648, date de son rattachement au royaume de France.
Descendre jusqu'à Beaucourt via la N1019 (61,7 km). Beaucourt, qui dépend à l'origine du comté de Montbéliard, possède une histoire essentiellement liée à la dynastie manufacturière Japy, dont la démarche sociale et paternaliste a façonné la ville et les habitants. La ville se situe au cœur du Grammont, un des sommets de la chaîne jurassique du Lomont.
Le Grammont présente sur son sommet une assez vaste croupe dont l'extrémité nord était occupée par un camp néolithique. Ce dernier est encore bien conservé. La particularité de Beaucourt est l'absence de cours d'eau coulant dans la commune. Pourtant, on dénombre pas moins de sept fontaines dont une n'étant plus utilisée ayant toutes une histoire particulière. Le Champs de mars donne une vue imprenable sur une partie de la ville.
Le paysage urbain est marqué par des bâtiments de caractère : douze demeures patronales ont été construites autour du parc des Cèdres pour les enfants de Frédéric Japy. La famille Japy a développé des cités ouvrières, six, sous forme de cité jardin pour améliorer le cadre de vie de ses employés. Ces cités ouvrières étaient reliées au site des Fonteneilles par des cheminements piétons toujours visibles aujourd’hui.
Revenir sur vos pas, puis prendre la D463 en direction de Delle (70,2 km), c'est la deuxième ville du Territoire de Belfort après Belfort. Le centre-ville de Delle comprend de nombreux témoignages du bas Moyen Âge et de la Renaissance : ancien hôpital, remparts, maison des cariatides, la mairie : ancien château, maison à tourelle : ancien presbytère…
Continuer votre parcours vers Recouvrance via la D3 (88,9 km). En 1105, au moment de la fondation du prieuré de Froidefontaine, Recouvrance faisait partie de la mairie et de la paroisse de Grosne. En 1454 le fief, comme de celui de Grosne, échoit au sire de Montjoie dont un descendant fit construire un château à Recouvrance.
Finir ce circuit touristique par le village de Lacollonge par la D11 (93,4 km). Le village est arrosé par la Madeleine, une petite rivière qui prend sa source dans le massif des Vosges, sur le territoire du village de Lamadeleine-Val-des-Anges. Le site du village était déjà occupé à l'âge du fer comme l'indique une fouille archéologique dans laquelle fut découvert un casque de l'époque de La Tène.