Établie dans la trouée de Belfort, la cité de Belfort (km 0) sera le départ de cette route touristique du Patrimoine militaire du territoire de Belfort. la ville est surtout marquée par son histoire et notamment par sa résistance à la Prusse et à l'annexion allemande, dès 1870. De ce passé de ville stratégique et défensive, Belfort a conservé sa citadelle réputée imprenable et ses remparts, œuvres de Vauban au XVIIe siècle.
La ville de Belfort a toujours été un point de contact entre le monde rhénan et le monde roman et le territoire qu'elle occupe porte, à juste titre, le nom de Porte de Bourgogne et Porte d'Alsace.
Belfort est implantée sur une importante voie de communication où les premières activités humaines se manifestent dès la Préhistoire. Depuis les fortifications, on peut pénétrer dans la citadelle ou se diriger vers la vieille ville par la porte de Brisach, surmontée des symboles de la royauté, fleur de lys et devise du roi Louis XIV.
Au pied de la citadelle, le fameux Lion de Belfort, sculpté dans du grès rose par Auguste Bartholdi entre 1875 et 1879, qui semble garder la ville. Parmi les sites à découvrir, la tour de la Miotte, dans les Hauts de Belfort, vestige d'un château médiéval disposant d'un beau panorama sur la ville et les Vosges ; la cathédrale Saint-Christophe, monument imposant bâti en grès rose au XVIIIe siècle ; la jolie place de la Grande Fontaine ; le musée des Beaux-Arts, installé dans une ancienne tour fortifiée. Un peu partout, de jolies places agrémentées de cafés.
La citadelle de Belfort est un ensemble de fortifications et d'éléments défensifs surplombant la ville depuis un promontoire rocheux au sud, et protégeant la "trouée de Belfort". Un château médiéval fut d'abord remanié au XVIIe siècle par le comte de Suze pour s'adapter aux progrès de l'artillerie puis le célèbre architecte militaire Vauban décida de créer une vraie citadelle en élargissant la fonction du site à la défense de la ville elle-même.
La place fortifiée de Belfort fût une place de première ligne de défense du système défensif Séré de Rivières entre celles d'Épinal et de Besançon.
Après vos visites dans Belfort, prendre la direction de Chaux par la D13 et la D4 (8,8 km). Chaux est située à la porte sud du parc naturel régional des Ballons des Vosges, sur la route de Giromagny et du Ballon d'Alsace, route établie sur l'emplacement d'une ancienne voie romaine reliant le sud et le nord de la Trouée de Belfort, la voie Langres-Strasbourg longeant le massif des Vosges à celle passant par Mandeure et Delle.
Après votre visite de l'église, consacrée à saint Martin constituée d'une nef accolée vers 1770 au clocher qui pourrait avoir été construit au XIe siècle. l’église de Chaux est souvent présentée comme étant la plus vieille du Territoire. Elle est en tous cas la seule du pays sous Vosgien à mériter une attention particulière.
Passer voir l'un des deux ponts permettant de franchir la Savoureuse. Ce pont est constitué d'un élément préfabriqué en Grande-Bretagne issu du Port Mulberry construit en Normandie par les Alliés en juin 1944. Il est pratiquement dans son état d'origine, n'ayant été modifié que par l'ajout d'un garde-corps, et par la pose d'une couche de roulement en béton bitumineux.
Poursuivre vers Giromagny par la D465 (13,1 km), est considérée comme la capitale du pays sous-vosgien, petite région dominée par le ballon d'Alsace et occupant la partie belfortaine des Vosges méridionales. L'histoire postale de Giromagny conserve la trace de la guerre franco-prussienne de 1870 et du changement de département qui en a résulté.
Pendant la Première Guerre mondiale, une ligne à petit gabarit fut construite entre la gare et une carrière établie entre Riervescemont et Vescemont, pour fournir des matériaux de voirie pour les besoins de l'armée. De cette ligne, il ne reste plus qu'un court remblai en rive gauche de la Savoureuse. En 1944, durant la Seconde Guerre mondiale, Giromagny est traversée par le Schutzwall West.
Au début de 1945, Giromagny abrita dans une villa, à l'entrée de la ville, le PC des commandos d'Afrique et le cantonnement de l'unité, au repos, après la saignée de Cornimont. Les villages voisins furent également mis à contribution.
Le fort de Giromagny, appelé brièvement fort Dorsner, du nom du général d'Empire Jean Philippe Raymond Dorsner, a été construit entre 1875 et 1879. C'est un ouvrage faisant partie des fortifications de l'Est de la France du type Séré de Rivières. Il fait partie intégrante du rideau de défense de la Haute Moselle et est situé sur les communes d'Auxelles-Bas et de Giromagny.
Lors de la Première Guerre Mondiale, le fort de Giromagny ne subit pas l'épreuve du feu. En revanche, au cours de la Seconde Guerre Mondiale, il est pris par les allemands qui font sauter les tourelles et réquisitionnent toutes les pièces métalliques pour approvisionner les fonderies du IIIe Reich.
Un petit cimetière militaire allemand contient les tombes de quelques soldats tombés pendant la guerre de 1870.
Poursuivre vers Rougemont-le-Château via la D12 et la D2 (26,2 km). Ce bourg fortifié au Moyen Âge, Rubéomonte ou Rothenberg, puis Rougemont, deviendra Rougemont-le-Château par référence à la petite forteresse érigée au sommet de la colline dès la fin du XIIe siècle mais n’oublions pas qu’il existait aussi un petit château intra-muros.
Le village Rougemont-le-Château situé au point de jonction de deux anciennes voies romaines dont l'une reliait Langres à Strasbourg en longeant le massif vosgien et l'autre venait de Belfort après avoir traversé Offemont. Le village est traversé par la rivière Saint-Nicolas, qui prend sa source à 6 km dans le hameau du même nom, sur le territoire de la commune.
Visiter l'église Saint-Pierre du 1853-1868 et son orgue. La chapelle Sainte-Catherine du 1876 est située près des ruines du château fort du XIIe siècle, sur le versant est de la vallée de Saint-Nicolas. De nombreux chemins forestiers permettent des randonnées dans le massif. Les fondations de la Maison du moine et la Source Sainte-Catherine sont visibles à proximité.
Le couvent de Saint-Nicolas, la chapelle Saint-Nicolas et le château Keller datent du milieu du XIXe siècle. A voir aussi le jardin du couvent Saint-Nicolas, la Vierge de la Libération, une borne Frontière vers le 1871, le Château Ehrard de 1891 et la Maison Mathey de la fin XIXe-début XXe.
Le château médiéval de Rougemont-le-Château construit à la fin du XIIe siècle pour les comtes de Ferrette, de petite taille a connu deux cents ans d’occupation. Du haut de ses 736 mètres d’altitude qu’il vous faut gravir pour admirer ses vestiges rénovés avec passion, un magnifique panorama s’offre à vous. Montagne des Boulles - accès par le centre du village.
Retour sur Belfort par la D25 et la D83 (41,6 km).