Au coeur de la plaine du Lauragais, Castelnaudary (km 0) connue dans le monde entier pour sa célèbre spécialité gastronomique : son fameux cassoulet, fut en son temps la capitale du Lauragais alors connu comme "le pays de cocagne". A la croisée des chemins des Cathares, Castelnaudary offre une escale de taille sur ce parcours touristique.
Castelnaudary s'est érigée autour d'un château au XIIe siècle. Place forte stratégique durant la croisade contre les cathares, assiégé deux fois durant la croisade contre les cathares, le château est rasé en 1229. Envahie par le prince noir durant la guerre de 100 ans, la ville fut également le théâtre d’une bataille décisive en 1632 qui vit la chute du duc de Montmorency (gouverneur des états du Languedoc) lors de sa tentative de sécession du Royaume de France. Étroitement liée dans le passé aux évêques de Saint Papoul, Castelnaudary a été incontestablement la capitale du Lauragais jusqu'à la création des départements en 1790. C'est ici que le Canal du Midi sera inauguré le 19 mai 1681.
Castelnaudary offrent aux visiteurs un patrimoine important témoin de son histoire et de ses traditions. Commencez votre visite depuis au centre de la ville ancienne où la collégiale Saint-Michel s'impose. Construite au XIIIe siècle dans le plus pur style gothique méridional, l'église paroissiale Saint-Michel est élevée au rang de collégiale en 1318 par le Pape Jean XXII. La collégiale recèle de grandes orgues Cavaillé-Coll. De très beaux hôtels particuliers dans la vieille ville seront à découvrir lors de votre déhambulation à travers les rues. Votre balade vous permettra également de découvrir quelques monuments emblématiques, comme la petite chapelle baroque Notre-Dame de Pitié à la riche décoration intérieure. Cette chapelle unique en France, édifiée à l'extérieur des remparts de la ville au XVIe siècle, recèle un ensemble exceptionnel de 10 panneaux en bois doré sculptés au XVIIIe siècle sur le thème de la Semaine Sainte.
Chaque édifice, en passant par les Monuments, raconte une histoire, offrant des aperçus de l’évolution culturelle, artistique et historique de Castelnaudary. Le Musée du Lauragais, perché en haut de la ville, a été construit par Catherine de Medicis en 1585 en tant que prison (nommé « Le Présidial »), aujourd’hui labellisé « Musée de France ». Castelnaudary est connu pour ses moulins à vent. Encore au début du XIXe siècle, de vingt à trente moulins ornaient les abords du Grand Bassin. Le moulin du Cugarel constitue un des derniers vestiges de cette époque glorieuse et offre une vue imprenable sur la ville, sur la plaine du Lauragais et la Montagne Noire. Cette liste est bien évidemment non exhaustive, il y a bien d’autres choses à voir à Castelnaudary !
Quittez Castelnaudary, capital du Cassoulet par la D33 en direction de Mas-Saintes-Puelles (7 km). Au Moyen Âge, la localité comptait de nombreux "bons hommes" et "bonnes femmes" (Cathares), des personnages considérés comme hérétiques par l'Eglise. Vers 1225, Bernard de Mayreville chevalier diacre s'installa au Mas-Saintes-Puelles. Il y déploya une inlassable activité prédicante sur les villages de Laurac, Fanjeaux et Gaja la Selve vers le sud et de Baraigne à Saint-Michel-de-Lanès vers l'ouest.
En 1242, des seigneurs languedociens venus de Montségur, s'arrêtèrent à Mas-Saintes-Puelles avant d'aller assassiner à Avignonet-Lauragais deux inquisiteurs, Etienne de Saint-Thibéry et Guillaume Arnaud, qui y tenaient tribunal. En 1246-1247, les inquisiteurs Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre interrogèrent systématiquement les habitants du Mas-Saintes-Puelles sur l'hérésie et les hérétiques. Vous vous laisserez sans doute surprendre par le charme de l'église Saintes-Puelles avec son magnifique portail au Sud et la Maison Nicol.
Continuez vers Baraigne, via la D33 et D218, puis tournez à gauche par la D217 (14 km). Les premières traces du village remontent au IXe siècle, après l’installation des Romains dans la région, le long de la voie Aquitaine qui reliait Narbonne à Toulouse. Le 28 mai 1242, a lieu le "massacre d’Avignonet". Ce jour-là, à Avignonet-Lauragais des troupes venues de la région de Montségur massacrèrent pendant leur sommeil des Inquisiteurs et leur suite. C’est à Baraigne complètement acquis aux hérétiques cathares, qu’avant l’attaque elles se rejoignirent à l'abri du vallon. Le forfait accompli, les représailles furent terribles, le village n'y échappa pas. Les troupes de l'Inquisition le visitèrent, tous les cadavres présumés cathares furent exhumés du cimetière et brûlés sur un bûcher dressé sur le terre-plein derrière l'église devant le cimetière. Tous les "suspects" portèrent la croix d'infamie.
À l’origine, le village de Baraigne s'est développé de manière concentrique autour du château sur motte où se situe depuis le XIIIe siècle l'église de l'Assomption de Notre-Dame. Celui ci s'est ensuite déporté hors du village libérant la place centrale. Aujourd’hui, cette structure régulière a disparu et aucun vestige ne révèle s’il était doté d’une organisation défensive. Seul subsiste au Nord, la sortie d’un souterrain permettant d’évacuer le village. Dans les caves du château, on peut également apercevoir un départ ruiné de souterrain en direction de Caillavel dont la sortie est toujours visible à quelques distances de la ferme Fissovent.
Si l’histoire de Baraigne n’a pas toujours été paisible, vous pouvez aujourd'hui découvrir les richesses patrimoniales et architecturales de la ville, notamment son église. L'église de l'Assomption de Notre-Dame de Baraigne constitue l'un des plus beaux spécimens d'églises romanes de l'Aude. Les plus anciens documents mentionnant l'édifice, datent de 1207. L'église est orienté de l'est à l'ouest. Il se compose d'une abside et d'une nef flanquée de deux chapelles. Celles-ci qui matérialisent le transept sont des adjonctions du XIXe siècle. Un clocher à arcades surmonte le mur Ouest, l'entrée se faisant au sud au niveau de la nef.
Un certain nombre de stèles discoïdales ont été découvertes dans le cimetière communal de Baraigne. Remontant au IXe siècle pour les plus anciennes, elles ne semblent avoir aucun lien avec le catharisme. Quatre de ces monolithes sont installées à l’entrée du cimetière, et deux autres sont scellées dans son mur de clôture. Deux croix et une stèle discoïdale sont adossées au chevet de l’église. L'une de ces stèles, datant du XIIIe siècle, a été abritée dans l'église. Le musée de Limoux expose également une stèle discoïdale retrouvée à Baraigne.
Le château de Baraigne (Privé) construit sur une petite éminence dominant le village, se trouve à 300 m à l'ouest du bourg. C'est le type même de château dit "du Pastel". Si certaines parties paraissent remonter au XVe siècle, sa construction est attribuée, pour l'essentiel, à Barthélémy de Buisson (1568-1622) seigneur de Baraigne. Ce monument de type Renaissance, délimite un vaste quadrilatère, dont trois côtés sont constitués par les corps de bâtiments, flanqué de trois tours d'angle et nanti d'une cour intérieure. L'ensemble était ceinturé par des douves, aujourd'hui disparues, mais dont l'existence est attestée par les vestiges d'un pont-levis.
Reprendre votre véhicule pour vous dirigez-vous vers Montferrand, (20 km). L'ancienne route nationale, aujourd’hui D6113, reprend le tracé de l'ancienne Voie d'Aquitaine qui, à l'époque romaine, desservait une véritable agglomération sur une quinzaine d'hectares, citée sous le nom d'Elusiodunum dès le Ier siècle avant notre ère. Nous vous conseillons, en contrebas de Montferrand, d'effectuer un arrêt au Seuil de Naurouze, partage des eaux entre l'Atlantique et la Méditerranée.
Le village de Montferrand occupe le sommet et les pentes d'une colline utilisée au Moyen Âge pour sa valeur défensive. Le site de Montferrand se dote d'un lieu de culte chrétien et d'une nécropole dès le Ve siècle et jusque vers le VIIIe siècle. Cet ensemble funéraire a fait l'objet de fouilles archéologiques qui ont permis de mettre à jour des thermes, les vestiges d'une basilique paléo chrétienne, ainsi que des nécropoles rassemblant non loin de 140 sépultures. Non loin, une autre église est apparue sans doute à l'époque carolingienne, connue sous le nom de Saint-Pierre d'Alzonne. Elle a perduré jusqu'à nos jours et son cimetière est toujours utilisé.
Pendant la croisade des Albigeois, le château de Montferrand est assiégé en mai 1211 par Simon de Montfort, une reddition négociée évite la destruction de la place. Le site de l'ancien château a été transformé, une tour-porte médiévale, toujours visible, témoigne de cette mutation survenue à la fin du Moyen Âge. En 1311, le Prince Noir a détruit une partie du village fortifié, cependant il demeure à visiter une partie des remparts. L'entrée de l'église abrite une petite collection de stèles discoïdales. Impossible de quitter le village sans aller au belvédère profiter d'un beau panorama sur la plaine du Lauragais, le canal du Midi avec le seuil de Naurouze, sur la Montagne Noire au nord-est et au delà des collines de La Piège, au sud, sur la chaîne des Pyrénées.
La prochaine étape de cette itinéraire touristique sera Montmaur, via la D1 (25 km). En 1030, le village et son castrum initial appartient à la seigneurie de St-Félix rattachée à la vicomté d’Albi et au conté de Toulouse. Montmaur entre dans l’histoire au début du mouvement Cathare. En 1211 et au printemps 1212, le bourg fut pris et repris par les armées croisées de Simon de Montfort. Les premiers seigneurs de Montmaur connus se nomment Bertrand de Montmaur et Sicard de Beaufort qui fut d’ailleurs condamné à la prison à perpétuité pour soutien à l’hérésie. Quatre siècles plus tard, une nouvelle vague d’agitation touche la région. Les guerres de religion du début du XVIIème siècle vont soumettre à rude épreuve le château actuel.
La construction du château de Montmaur remonte au IXème-Xème siècle. Malheureusement, vous ne pouvez le visiter, sauf l'extérieur. Cette imposante bâtisse de plan quadrangulaire est construit en pierre calcaire locale. De l'extérieur apparaissent gargouilles, meurtrières et grandes fenêtres à meneaux dont certaines sont masquées par des barreaux. Des bouches à feu ainsi qu'une tourelle accrochée vers l'intérieur de l'enceinte à la tour sud indiquent des aménagements progressifs au cours des deux siècles suivants. La porte d'entrée protégée d'un mâchicoulis et dont les montants sont pourvus de glissières pour la herse, s'ouvre sur une cour intérieure carrée avec un puits en son centre. Face à elle et sur les côtés sont construits des logis percés de fenêtres à meneaux. Une tour d'escalier à vis permet la desserte des étages. Un vestige de palissade en bois, le long du mur sur la porte d'entrée, matérialise le chemin de Ronde.
Située en retrait de la grand-rue et noyée dans les maisons de Montmaur, l'église Saint-Baudile est imùposante. L’édification de l’église primitive se situe entre le XIIème et le XIIIème siècle. Elle dépendait du Chapitre de Saint-Étienne. Mais, il faut savoir que le Prince Noir, ayant envahi la région durant le guerre de cent ans, la détruisit en partie vers les années 1350.
Revenez sur vos pas, puis prendre à gauche en direction de Saint Paulet, via la D58 (30 km). A l’époque Gallo-romaine, les vins italiens passaient par Saint-Paulet, sur la « route des rutènes » qui commençait à Montferrand pour être livrés à ce peuple gaulois indépendant peuplant la région de rodez. Cette route subsiste encore aujourd’hui sur le causse au dessus du village, c’est le chemin qui mène de Montmaur à Saint-Paulet. L’actuel château du village, remanié date du XIIIème siècle. Le château appartient aujourd’hui à la Famille de la Tour d’Auvergne et ne se visite pas. A voir également l'église Saint-Paul-Ermite et les Croix discoïdale de Saint-Paulet.
Poursuivre vers Les Casses, via la D33 (33 km), au passage arrêtez-vous au mémorial cathare érigé 800 ans après le bûcher où ont été brûlés 60 « bons hommes » et « bonnes dames » le 20 mai 1211 par l'armée des Croisés de Simon de Montfort. Triste épisode de notre histoire, qui constitue d'ailleurs le premier bûcher collectif de la croisade albigeoise. Cet épisode reste dans la mémoire locale : l'éperon situé au nord du fort s'appelle encore le Boufilh. Le premier village, ou "Les Cassés Vieux" (Sabarthès), abrita plusieurs dizaines de parfaits cathares en 1211.
Après le siège de Lavaur et le massacre de Montgey, Simon de Montfort assiège le castrum des Cassés. Il s'attaque à cette citadelle qui sert d'abri à de nombreux hérétiques. Raymond et Bernard de Roqueville en sont les seigneurs sous la suzeraineté de Raymond VI, comte de Toulouse. Se voyant encerclés, les chevaliers décident de se rendre. Ils ont la vie sauve, mais doivent abandonner aux croisés « bons hommes » et « bonnes dames » qui se sont réfugiés dans une tour du castrum. 60 d'entre eux refusent d'abjurer leur foi et sont condamnés au bûcher.
Les parfaits les plus connus des Cassés sont Arnaud des Cassés, chevalier et seigneur des Cassés, attesté comme parfait et les frères Raymond et Etienne Isarn des Cassés. Ils périrent sur le bûcher à Montségur en 1244. D'autres fuirent en Lombardie. Bernard Boufilh, diacre cathare de Saint-Félix et des Cassés ainsi que son frère et son fils ont échappé à ce bûcher. En 1247 tous les habitants des Cassés sont interrogés par l'Inquisition. Les registres de cette enquête attestent d'une grande activité des bonshommes et des bonnes-femmes et du rôle des chevaliers des Cassés pour les protéger et les guider dans leurs déplacements de cachette en cachette. Après les Cassés, les croisés assiégèrent Montferrand dont la garde a été confiée à Baudoin qui capitulera.
Le lieu dit « le fort » et la tradition orale, peut être récente, situent l'ancien emplacement du village et le château des Cassés sur un éperon naturel en bordure de cuesta, entre Saint-Félix et Saint-Paulet (1,500 km au sud), qui présentent des positions analogues. Le site domine, en direction de l'est, le début de la vallée du Fresquel, qui forme à cet endroit une dépression large de 4 à 5 km, contournant l'extrémité occidentale de la Montagne Noire, et faisant communiquer le bassin audois avec la plaine de Revel et l'Albigeois. A voir aussi, l'ancienne église des Clarisses, l'église Saint-Étienne des Cassés, date du XIVe siècle. Le moulin à vent de Caunes, est daté entre le XVIIIe et le XIXe siècle
Après cette pause historique, continuez votre balade en direction de Cadenac, via la D43. Traversez le village, puis tournez à droite sur la D622 vers Revel (46 km), bastide médiévale typique située au coeur du Pays de Cocagne. Revel fait partie des Plus beaux détours de France" et jouit d'une réputation internationale en tant que Cité du meuble d'art, également reconnu par le label Ville et métiers d'Art. Contrairement à beaucoup de villes, Revel n’est pas née d’un regroupement de population autour d’une villa gallo-romaine, d’un château ou d’un monastère. La bastide de Revel est fondée en 1342 par le roi Philippe VI de Valois sur la Via Tolosane sous le nom de La Bastide de Lavaur, sur les forêts de Vauré et Dreuilhe. Ce fut l'une des dernières bastides créées, la plupart d’entre elles ont vu le jour au XIIIe siècle.
Pendant cette étape, n’hésitez pas à suivre le parcours historique avec une vingtaine de lieux remarquables à découvrir. Cette bastide Royale s’organise autour d’une place centrale où convergent les rues organisées en damier, un bel exemple de l’urbanisme du Moyen Âge. Datant du XIVe siècle, la halle centrale de Revel est l'une des plus grandes de France. Elle est composée de 79 poteaux de chêne et surmontée d’un beffroi de style néo-classique de 1834, symbole du pouvoir royal de la bastide. Historiquement, il était la maison des consuls, une prison, une salle des gardes et une tour de guet. Prenez de la hauteur en montant en haut du beffroi pour une visite à 360° sur la bastide !
La belle place principale de Revel est bordée de galeries à arcades dits « garlandes » et de maisons anciennes à encorbellement. L’existence des galeries ou couverts était prévue dans la charte de Revel et les propriétaires des maisons avaient le droit d’y installer des étals et des bancs dont ils pouvaient tirer revenus à condition de laisser un passage. Plusieurs de ces maisons ont conservé leur aspect d’antan et présentent d’élégants colombages. Flânez dans les rues autour de la halle, au grès de vos balades en centre-ville vous pourrez découvrir des demeures du XVIIe et XVIIIe siècle, les bains douches art déco, ou encore l’église néo-byzantine Notre-Dame des Grâces construite au milieu du XIVe siècle sur son emplacement actuel.
Sachez que Revel fut également le berceau de la crème de menthe Get 27, produite jusqu'en 1991 d'après une formule mise au point en 1796 par le distillateur François Pons. L'ancienne usine, aujourd'hui centre culturel, est décorée sur sa façade d'un vitrail représentant sa fameuse bouteille. Dirigez-vous à présent vers Saissac, via la D629 (68 km). Dominant la plaine du Lauragais et le canal du Midi, Saissac est situé sur les contreforts de la Montagne Noire, au sein de la région naturelle du Cabardès.
Son histoire est intimement liée à celle de son château cathare érigé à compter du Xe siècle, élément majeur du patrimoine communal. La vocation du château de Saissac était de surveiller la plaine et l'axe reliant Castelnaudary à Carcassonne. Les seigneurs de Saissac se rallient à Simon de Montfort au début de la Croisade contre les Albigeois, puis l'imposante forteresse est remaniée au début du XVIe pour abriter une résidence confortable. Cependant, quelques décennies plus tard, pendant les guerres de Religion, ses défenses et son artillerie sont modernisées.
Dans le château de Saissac, des salles ont été reconstituées dans l'esprit du XVIe siècle. L'édifice abrite ainsi un musée dédié notamment au "trésor" mis au jour en 1979 : un ensemble de 2000 deniers datés de la fin du XIIIe siècle ! Le village qui entoure le château, fortifié, pâtit un temps des guerres de Religion. Outre l'église Saint-Michel, nombre de fontaines et lavoirs, le village est encore jalonné d'éléments défensifs : éléments du mur d'enceinte : des tours, l'une d'elles étant devenue le clocher de l'église, des portes qui ne manquent pas de noblesse et paraissent toujours veiller sur les villageois...
A la suite de votre visite du Château de Saissac, prenez le temps de vous promener dans le village pour admirer quelques maisons habitations d'exception : l'hôtel des Saptes, par exemple, édifié au XVIIe siècle par un membre de cette famille qui fit fortune dans le textile et dont des descendants devinrent magistrats. La maison Soldano, ensuite, qui pour sa part date de la deuxième moitié du XIIIème siècle et se révèle un remarquable exemple d'architecture civile de cette époque dans la région.
Toujours dans le cadre de la découverte du riche patrimoine de Saissac, direction ensuite les aménagements réalisés sur les cours d'eau. C'est le cas du "béal" de Saissac, un canal aménagé au Moyen Âge pour permettre l'implantation de moulins (meuniers ou papetiers) et arroser les jardins. Long de deux kilomètres, il capte en partie l'eau des cours de la Vernassonne et de l'Aiguebelle. Grâce à l'aménagement de nombreux moulins, Saissac dès le Moyen Âge est réputé pour ses unités artisanales textiles : on y dénombra au XVIIIe siècle jusqu'à 75 métiers à tisser appartenant à 23 fabricants.
Ce parcours touristique passera par Montolieu (76 km), la campagne environnante de la route présente un territoire boisé et parfois escarpé. Au XVIIIe siècle, Montolieu, pittoresque et charmant village médiéval perché sur un éperon rocheux, entre les gorges de la Dure et celles de l'Alzeau, comme les villages alentour, connaît la prospérité économique avec les industries textiles et papetières. Montolieu mérite amplement son surnom de Village du Livre, avec sa vingtaine de libraires, sa galerie de bouquinistes, ses artisans du livre et son incontournable Musée des Arts & Métiers du Livre.
Arpenter les ruelles de Montolieu tout en suivant les 46 panneaux patrimoniaux dispersés dans le village. Visiter l’église Saint-André pour ses dimensions insolites, flâner autour de l’ancienne manufacture royale de draps et ses usines et admirer l’un des points de vue depuis la place de l’Espérou. Pour les plus courageux gravissez la colline de la chapelle Saint-Roch (départ à partir du parking à l’entrée de Montolieu en venant de Carcassonne) pour admirer un panorama unique, une chapelle mystérieuse et quelques cyprès plusieurs fois centenaires, classés arbres remarquables. Une randonnée familiale d’environ 6 km contourne la colline.
Il est temps de filer vers la Carcassonne, à travers une mosaïque de paysages envoûtants, via la D6113 (97 km). La ville est connue pour la Cité de Carcassonne, ensemble architectural médiéval restauré par Viollet-le-Duc au XIXe siècle et inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Carcassonne est une ville antique construite en plusieurs temps. Elle comporte aujourd'hui 5 grands sites, dont sa cité médiévale fortifiée avec son oppidum qui date de l'Antiquité. Vous la verrez de loin émerger comme un rêve, posée en couronne sur une colline au milieu des vignes.
Construite historiquement sur la ville haute en bordure du fleuve Aude, la Cité de Carcassonne communique par le Pont Vieux avec la ville Basse, nommée La Bastide Saint-Louis. La Cité de Carcassonne, avec ses 52 tours et sa double enceinte longue de 3 km, est l’archétype de la cité médiévale telle qu’on l’imagine à travers le monde. Sur la face ouest des remparts prend appui le château construit au XIIe siècle par les illustres vicomtes Trencavel, appelé château Comtal , qui abrite aujourd'hui un musée lapidaire. Découvrez à pied la cité, entrez par l'imposante porte Narbonnaise flanquée de deux hautes tours en éperon. Amoureux du patrimoine et des vieilles pierres, donnez-vous en à cœur joie en partant à la rencontre des trésors bâtis de Carcassonne. La visite de la Cité est entièrement libre et gratuite sauf pour le Château Comtal, les tours et les remparts de l’enceinte intérieure
La cité de Carcassonne vous plonge au cœur de la vie médiévale à travers ses ruelles étroites et ses demeures authentiques. Carcassonne regorge de lieux sacrés à découvrir pendant votre déhambulation : la basilique Saint-Nazaire avec ses statues gothiques et ses splendides vitraux des XIIIe et XIVe siècles, la Cathédrale Saint-Michel, l'église Saint-Vincent, la chapelle Notre-Dame de la Santé… En dehors de la Cité de Carcassonne, prolongez votre visite avec la bastide Saint-Louis, d’époque médiévale, plus communément appelée « ville basse ». C'est en 1247 que la ville s'étend, avec la création de la ville basse ou bastide Saint Louis. Ses rues tracées au cordeau concentrent la vitalité de Carcassonne, autour des halles et du port sur le Canal du Midi. Carcassonne possède de nombreux hôtels bourgeois témoins de son passé industriel et commerçant. Ces hôtels datent de l'industrie du textile entre le XVIIe et le XVIIIe siècle.
Poursuivre en direction de Bram (119 km), via les D33, la commune prend place dans l'ancienne province du Lauragais. Elle est labellisée Petites Cités de Caractère. Le village de Bram s’est développé au carrefour de deux routes antiques : la Voie d’Aquitaine entre Narbonne et Toulouse, et un axe nord-sud reliant la Montagne Noire à l’Ariège. Bram alors appelée Eburomagus, débute son histoire, à la fin de l'Antiquité, une église y apparaît, dédiée à Saint-Julien et Sainte-Basilice.
Lors de la Croisade des albigeois, l'armée croisée conduite par Simon de Montfort prend Carcassonne en 1209. Les seigneurs occitans résistent et l'un d'eux, Giraud de Pépieux, punit deux chevaliers croisés en leur faisant crever les yeux. Le village fortifié de Bram, dépendant de la seigneurie de Montréal, est assiégé par les croisés de Simon de Montfort. Au terme d’un siège de trois jours, une centaine d’habitants sont faits prisonniers. Simon de Montfort ordonne que soient arrachés le nez et les yeux des survivants, en représailles. Un seul n'est qu'éborgné : il servira de guide aux autres, pour conduire ses compagnons jusqu'à Lastours afin d'avertir les défenseurs de ce qu'il encourent s'ils ne se rendent pas. Après cet épisode, Simon de Montfort laissa la ville en fief à l'un de ses compagnons : Alain de Roucy. Après la croisade le comte de Toulouse reprit son pouvoir et le confia à Olivier de Termes, lequel vendit ses droits à Pierre III de Voisins. La famille de Voisins possédera la baronnie du XIIe siècle au XVIe siècle.
Le village circulaire de Bram est, aujourd’hui, le plus vaste et le mieux conservé d’Europe et témoigne, par son architecture inédite, d’un héritage historique millénaire. il est sympathique de déambuler et tourner en rond à travers ses rues et ruelles fleuries. Un parcours du Patrimoine vous dévoile les particularités architecturales du centre circulaire. Au départ du musée archéologique Eburomagus, situé en plein centre du village, un parcours muséal hors-les-murs signale l’existence d’anciens vestiges au cœur de la ville.
Commencez votre visite par l’histoire gallo-romaine de Bram au musée Eburomagus. Amphores, objets de la vie quotidienne, mobiliers funéraires font partie des vestiges mis au jours par près de cinquante années de fouilles et de prospections sur Bram et le secteur du Lauragais. Ils sont exposés de manière permanente au sein du Musée et sont complétés par des expositions temporaires, des ateliers, des conférences et des visites guidées. En vous baladant dans la ville, vous pourrez également découvrir l'église Saints-Julien-et-Basilisse du XIVe siècle, le parc et la maison des Essars
Un peu excentré par rapport au cœur de Bram, en se dirigeant vers le canal du midi, à droite, on rencontre un haut et élégant portail qui s’ouvre sur un joli jardin à la française et le château de Lordat. Le domaine (privé) reconverti en centre d'adaptation du travail, fut érigé dans le second quart du XVIIIè siècle par le baron de Bram. Le pigeonnier du château de Lordat a été restauré dans le cadre du Loto du Patrimoine initié par Stéphane Bern.
Pour finir votre escapade touristique, passez par le village de Pexiora (126 km). L’élévation du clocher de l'église paroissiale Saint Blaise de Pexiora se remarque de loin dans la traversée du sillon lauragais. Pexiora a accueilli en 1102 une commanderie des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. L’une des plus anciennes du Sud de la France. Elle servait de halte, auberge ou hôpital aux croisés de retour de Terre Sainte, souvent fatigués ou malades, le plus souvent dans l’incapacité de poursuivre leur route. Durant la croisade contre les Albigeois, les Hospitaliers tolèrent la présence des Cathares sur le territoire de la commanderie. L'enrichissement de la commanderie, lié aux dons de terres et de bêtes de différentes personnalités locales impliquées dans l'hérésie en est peut-être à l'origine.
Au fil des donations, la commanderie de Pexiora s’enrichit considérablement. La commanderie est à l'origine de la construction en 1245 et 1269, de deux moulins à vent. Ils sont à l'origine de la prospérité que connaîtra le village vers le XIIIe siècle. Sept autres moulins furent érigés plus tard, au cours des siècles. Trois des neuf moulins à vent du village subsistent encore aujourd'hui. Deux sont ouverts au public et appartiennent à la commune. Le dernier est situé dans une propriété privée. Retour en direction de Castelnaudary (135 km).