L’histoire de ce village de Brousse-le-Château sur la route des Seigneurs du Rouergue en Aveyron, qui signifie “broussaille” ou “bruyère” en occitan, débute au IXe siècle, et plus précisément en 864. Les Normands poursuivis par les Vikings jusqu’à Connac, le village voisin, ont trouvé refuge à Brousse.
Le vieux pont gothique sur l'Alrance, les jolies maisons de pierres ornées de fleurs, les toits en lauzes et les façades de grès, de gneiss ou de schiste des maisons du XVIIe et XVIIIe siècles près du pont gothique résument la richesse géologique de la région. Avec ses ruelles typiques pavées de galets, l'église fortifiée du XVe siècle et les vestiges du château fort qui se dressent au sommet du village, sont autant d'attraits à admirer au gré de votre flanerie dans de Brousse-le-Château…
Point fort de votre visite, le château médiéval, véritable forteresse dont l’architecture défensive est clairement lisible. Par le pont gothique qui enjambe l'Alrance, on accède au château féodal construit sur son piton rocheux par les comtes du Rouergue et de Toulouse, au confluent du Tarn et de l'Alrance.
Après avoir appartenu aux comtes de Rouergue, de Toulouse puis de Rodez, le Château devint la propriété des Arpajon, une des puissantes familles de la noblesse française, de 1204 à 1700. Certains de ses membres s’illustrèrent avec éclat dans l’histoire de France, d’autres nous on légué des tragédies plus sombres, comme celle de la jeune Hélène de Castelnau, qui à l’âge de 6 ans fut captive du seigneur Jean d’Arpajon en ces murs pendant 3 longues années…
D’un point de vue architectural et historique, le Château médiéval de Brousse-le-Château est très intéressant pour son donjon, sa succession de tours intégrées dans des remparts surmontés de machicoulis et percés de nombreuses meurtrières. Au nombre des tours, il faut citer celles du Prisonnier, de la Princesse, Picarde dont il ne reste que les fondations mais qui fut la plus haute du Rouergue (45 m) et la tour à gorge ouverte. L’ensemble protège le logis des seigneurs, le puits-citerne, le four à pain. .
Au cœur de la bâtisse, un chemin de ronde, long de 180 m, permet d’admirer les fortifications et notamment ces étranges tours ouvertes du XIVe siècle, aussi appelées tours à gorge ouverte, « des éléments défensifs efficaces, puisque l’ennemi ne pouvait se dissimuler de la vue des soldats ». Sous la domination des Arpajon, une garnison de militaires était assignée en permanence dans le château.
De nombreuses baraques de bois habillaient alors les épais murs de pierres, où se côtoyaient les écuries et quelques ateliers. Pour la visite, deux salles ont été aménagées dans l’ancien logis des officiers, exposant des reproductions d’armes, une armure (qui pouvait peser 25 kg), des pointes de flèches et des casques, mais aussi plusieurs maquettes représentant des armes défensives, type couillard ou perrière (façon catapultes).
Plus loin, au cœur du logis seigneurial, deux pièces accueillent chaque été des expositions temporaires, en effet, le Château abrite de petites expositions thématiques. Au pied des remparts, s’étend le vieux village médiéval et ses toits de lauze, ainsi que l’église du XVe siècle dédiée à saint Jacques le Majeur, et un bel oratoire qui domine le Tarn.
Le Château protège également cette étonnante statue-menhir découverte en 1958 par M. Alvernhe au lieu-dit "Crays" sur la commune. Sculptées à la fin du Néolithique (IIIème millénaire avant notre ère) elle témoigne de la richesse et de l’ancienneté du patrimoine local
A l'entrée du village de Brousse-le-Château, une exposition de céramique très originale et réalisée avec beaucoup de finesse et de goût. A proximité, on peut visiter l'oratoire et l'ancien cimetière, l'église Saint-Jacques le Majeur avec son clocher fortifié, la tombe de Loiseleur de Longchamps dans le cimetière de l'église Saint-Cyrice et l'église de Saint-Martin.
A voir sur le versant opposé du village médiéval, quelques traces de cultures en terrasse. « On vivait de la vigne et de la châtaigne, sourit Théorème Bouzy. Avant la Révolution, on comptait 800 habitants. De même ne manquer pas, grâce à la généreuse donation de l’artiste Pierre Lerron-Lesur la collection de « sylvistructures » dont le thème principal est l’amandier.
Elle permet d’évoquer de façon plus contemporaine un passé autrefois glorieux pour l’Aveyron, comptant alors parmi les premiers producteurs d’amandes en France.