En arrivant à Najac, le paysage est magnifique. La couverture végétale des gorges, dans lesquelles étaient cultivés autrefois le chanvre et le lin, est foisonnante. Elle se distingue de celle des collines sur lesquelles les conifères ont progressivement supplanté les vignes et les vergers, ainsi que les forêts de chêne et de châtaignier dans lesquelles paissaient les troupeaux.
Najac se compose d'un bourg, partie la plus ancienne développée au pied de la forteresse et d'un faubourg qui a pris l'aspect d'une bastide. Ce quartier fut construit au XIIIe siècle, il en possède les caractéristiques, comme le plan quadrangulaire et les couverts. Au fil des rues, on croisera le château des gouverneurs et l'église Saint-Jean.
L'Office de tourisme tient à votre disposition un plan pour vous accompagner tout au long de la visite. Najac, épouse son encolure rocheuse par la grâce d'une rue unique. On la suit d'est en ouest, du bourg castral où s'élance le château royal jusqu'à la place du Barry. Au passage, vous n’aurez de cesse d’admirer le grand nombre de maisons anciennes, les fontaines anciennes, les passages en escaliers...
La longue rue principale de Najac situé sur une crête domine largement la vallée et les méandres de l'Aveyron, de là, la vue porte sur les corniches de grès des rougiers et les arêtes rocheuses du Ségala.
Traverer le pont Saint-Blaise, inaccessible aux voitures. Construit le long de la route primitive qui menait à Villefranche-de-Rouergue, ce pont à dos d’âne permettait aux marchands, ainsi qu'aux pèlerins qui se dirigeaient vers Compostelle, de franchir l'Aveyron en toutes saisons. Les seigneurs locaux, puis les consuls qui agissaient pour le compte du roi de France y tenaient un péage, percevant d'importantes taxes (tonlieu) sur les personnes et les marchandises.
Passer la porte de la Pique du XIIIe siècle, entrée fortifiée, cet ouvrage défensif, inscrits depuis le 17 février 1928 ; contemporain du château fort édifié par Alphonse de Poitiers, faisait initialement partie de l’enceinte qui ceinturait la ville de Najac jusqu’au 18ème siècle. La porte, couverte par un arc en plein cintre, était surmontée par une chambre haute destinée à en défendre l’accès, et défendue par un assommoir permettant de pilonner d’éventuels assaillants.
Votre promenade dans la cité vous mènera vers l’église Saint-Jean-l'Évangéliste du XIIIe - XIVe siècle, caractéristique du gothique méridional. L’Église, qui adopte le style gothique Languedocien, et dont les proportions sont monumentales, a été élevée à la demande des inquisiteurs Dominicains grâce à la participation des habitants, dont plusieurs, suspectés d’hérésie, ont été condamnés au paiement d’une forte amende pour racheter leurs fautes.
L’architecture éminemment sobre de ce vaste coffre de pierre, que contrebutent d’énormes contreforts, est éclairée par des fenêtres constituées de dalles ajourées. La nef unique, large et haute, était adaptée au prêche, aux réunions publiques et à l’accueil des pèlerins qui pouvaient y contempler des reliques. Ces derniers recevaient l’hospitalité dans l’auberge Saint-Jacques, située en face de l’église.
Entre le château et la place du marché, admirer la chapelle Saint-Barthélémy du XIVe siècle, transformée en habitation, la maison du Gouverneur du
XIIIe - XVe siècle. Ancienne résidence affectée à l'administration royale, puis propriété de différentes familles nobles se livrant au négoce pendant la fin du Moyen Age, le bâtiment conserve d'importants vestiges architecturaux (arc de boutique, fenêtres, placards, conduit de latrine) .
La maison du Sénéchal, construite à partir du XIVe siècle, dont les façades et les toitures sont inscrites depuis le 21 mars 1979 ; Construite au bas du château fort, cette demeure de la fin du Moyen Age, qui conserve des fenêtres à meneaux, une échauguette et les fragments d’une peinture murale, passe pour avoir été la résidence du sénéchal du Rouergue, à l'époque où Najac était la capitale administrative et judiciaire de la province du Rouergue.
La fontaine des Consuls, datée de 1344, monolithe en forme de dodécagone. Cette fontaine publique creusée dans un bloc monumental de granite rose, occupe la partie centrale du village. Une dédicace en latin rappelle la date de sa construction et les noms des consuls qui en furent les commanditaires. Les armes de Najac (un château fort), un évêque bénissant (l'évêque de Rodez Gilbert de Cantobre), un roi portant la barbe, et des personnages aux figures énigmatiques en ornent la cuve décagonale.
La place du Barry (XVe siècle) avec ses couverts, aménagée pour y développer des marchés, la place, longue et étroite, est bordée par deux rangées de
maisons qui formaient un lotissement linéaire. Au sud, les maisons en pierre ou à pans de bois des 15 et 16ème siècles, alignées, se prolongent par des couverts sous lesquels étaient abritées les marchandises à vendre.
Une saignée correspondant à une demie canne (1 m. environ) creusée dans un pilier rappelle la nécessité qu’avaient les agents consulaires d’étalonner les pièces de draps de laine, de lin ou de chanvre vendues par les marchands étrangers aux mesures de Najac.
Votre balade finira à la Forteresse royale du XIIème - XIIIème siècle classée Monument Historique est un exemple extraordinaire de défense militaire. Elle fut mélée activement aux luttes contre les cathares et à la guerre de cent ans. Son cachot servi de prison aux derniers templiers du Rouergue. Une formidable puissance : Témoin du génie architectural militaire du Moyen-Âge, son extraordinaire puissance défensive est mise en évidence par une grande maquette.
Le donjon abrite des archères de 6,80 m, uniques au monde. Du haut du donjon, le panorama est époustouflant. Exemplaire de l'art militaire médiéval, la forteresse est bien restée cette "clef de tout le pays" souhaité par son commanditaire, le comte Alphonse de Poitiers.