Niché dans un écrin de verdure dans la Haute-Vallée du Lot, sur la rive gauche, vous serez séduit par le panorama qu’offre ce village médiéval de Sainte-Eulalie-d'Olt. Une belle étape sur la route de vos vacances !
Au point d’accueil touristique, à l’entrée où le parking est obligatoire, un dépliant touristique sur la commune ainsi qu'un circuit de visite de Sainte-Eulalie-d'Olt est mis à disposition afin de découvrir par soi-même les richesses du bourg médiéval. Des bornes disséminées à travers les ruelles apportent un complément d’informations : composé de 18 panonceaux explicatifs en Français, Anglais et Espagnol.
Du Lot, au bord duquel il s’est jadis établi, le village a hérité de son charme si particulier. Sainte-Eulalie-d’Olt a notamment conservé ses façades de galets provenant de la rivière toute proche. Autrefois, ces maisons aux toits de lauze, édifiées sur deux ou trois étages, recouvertes de crépi, cachaient un formidable trésor. En effet, celles-ci étaient construites en galets du Lot avec ou sans colombage en bois.
Malgré de nombreux changements au cours des siècles, son bourg, organisé en arcs de cercles successifs autour de sa place centrale, lui a permis de conserver son authenticité. Par amour et passion de leur village, les habitants de Sainte-Eulalie-d'Olt se sont mis à restaurer leurs bâtisses, faisant réapparaître les façades à colombage.
Vos pas vous mèneront vers le moulin de Sainte-Eulalie-d'Olt, unique en Aveyron. Autrefois nommé Lou Mouli Del Raynal, il se trouve au centre du bourg et est sans doute le plus ancien moulin de la Serre. Son ancien propriétaire, M. Calmels, y fabriquait une farine de qualité et de l’huile de noix jusqu’en 1950.
Ce moulin a été restauré par son actuel propriétaire, M. Alexandre, dès 1980 et porte le nom du moulin d’Alexandre. Ce restaurateur amoureux de la région a redonné vie au moulin en nettoyant les canaux, en refaisant les mécanismes ainsi que sa roue verticale, la seule existante en Aveyron. Cette
roue hydraulique de trois mètres quatre-vingts de diamètre est constituée de trois sortes de bois et continue à rythmer la vie du village fleuri.
De temps en temps, pour le plaisir des visiteurs, M. Alexandre moud sa farine et fait découvrir l’intérieur du moulin et la roue extérieure vous fait entendre son rythme paisible.
Poursuivre votre balade vers l'église, une première église a été érigée au centre de Sainte-Eulalie-d'Olt, sur une éminence qui domine le Lot. Sans doute trop vétuste, elle a été reconstruite au XI ème siècle et fortifiée dès le XII ème siècle. Lors des travaux de restauration, il a été découvert une pierre d’autel dite de Deusdedit du X ème siècle ou début XI ème siècle).
Classée Monument historique, elle est un chef d'œuvre de l'art roman par son chevet. Elle est aussi célèbre pour ses reliques, deux épines de la couronne du christ qui sont conservées dans un reliquaire classé, représentant l'Ecce-Homo. Ces deux reliques sont à l’origine de la Procession de la Sainte Epine qui a lieu, chaque année, le deuxième dimanche de Juillet à Sainte Eulalie d’Olt.
Bâtie au fond d’une ruelle, au bord du Lot vous trouverez la "Tour". A la mort de M. François PUEL, en 1824, la mairie de Sainte Eulalie d’Olt a racheté sa maison dite "La Tour". Dès lors, elle servit d’école. Par la suite, en 1874, la maison attenante, à son tour, fût acheté pour être intégrée à l’école. Les travaux eurent lieu en 1877 et, par la même occasion, la restauration de la tour avec son escalier à vis a été effectuée.
Depuis 1995, cette ancienne école à la tour élancée, abrite au rez-de-chaussée, le musée-galerie Marcel Boudou. Ce peintre a légué 45 toiles à sa commune natale, auxquelles s'ajoutent 12 tableaux réalisés par son épouse Jeanne St Gaudens. Diverses expositions animent le lieu.
Puis, votre balade passera devant le vestige de la Pile dite "Romane". La mémoire populaire veut qu'un pont existait sur le Lot au temps des Romains. La pile centrale est le seul vestige laissé par la crue qui détruisit jadis cet ouvrage.
C'était, vraissemblablement, sur cette place appelée, au XVIème siècle, la "Place de l'Hom" ou "Place du Poteau" que se rendait la justice sous un orme. L'arbre a disparu au profit d'une fontaine. Les seigneurs de Curières possédaient la basse et la moyenne justice. Par acte daté de 1700, ils acquirent la haute justice.
Les Curières faisant l'élevage du ver à soie, la façade du château était ornée de mûriers qui furent coupés en 1790. La même année, les titres des familles nobles du village furent brûlés sur cette place. Les armoiries des Curières figurent encore sur le linteau de la porte principale du château actuel.
Dans la rue principale de Sainte-Eulalie-d'Olt, la rue de la traverse, doit son nom au fait qu'elle traversait le village "intra-muros". Dans cette rue principale, l'activité économique était importante : nombreuses échoppes en rez-de-chaussée, ateliers, porches ouvrant sur des cours de fermes : basse-cours, étables, granges. De l’autre côté de la rue, presque en face du Château des Curières de Castelnau, se dresse un l’Hôtel Renaissance du XVIème siècle.
Il est de même style, se composant de quelques fenêtres à bords chanfreinés et son élégante tour d’angle dissimule un escalier à vis desservant les trois étages de la demeure. Sa porte d’entrée ornée de clous ciselés nous cache mystérieusement la beauté de l’intérieur. Construit en 1564 par un notaire de Sainte Eulalie d’Olt, il fut restauré en 1968. La façade, percée de fenêtres à meneaux et chanfreinées, est soutenue par un bel ensemble de corbeaux monolithes. C'est une propriété privée.
Prendre le temps de visiter "Eulalie d'Art" situé dans une ancienne grange rénovée abrite, tout au long de l'année, le Pôle Artistique composé de six ateliers de créations et le Point Accueil Tourisme. Cet endroit incontournable est le point de départ idéal pour découvrir d'autres ateliers artisanaux et visiter ce village médiéval.
Le circuit touristique passera par le château des Curières de Castelnau. Ce village de Sainte-Eulalie-d'Olt était probablement un Oppidum, c’est-à-dire un verrou militaire défendu par une place forte. Mais aujourd’hui, il n’en reste rien. Seul le château des Curières de Castelnau datant du XVème siècle, construit sur l’emplacement des grandes écuries de l’ancien château, en est le vestige.
La façade nord est percée de quatorze fenestres dont deux sont à meneaux et ornées de figurines. Le linteau de l’entrée principale porte les armoiries de la famille des Curières qui compte parmi les plus anciennes du Rouergue. Elles sont représentées par un chien lévrier courant, au-dessus duquel se trouve la couronne de Marquis.
L’accès à la façade sud s’effectue par un porche voûté où est gravé le blason de la petite nativité. Ce côté-ci est également très ajouré, avec quelques autres fenêtres à meneaux. En son milieu, la tour à escalier à vis permet d’accéder au différents étages. Le château des Curières de Castelnau est privé et, actuellement, il n’est pas ouvert à la visite.
Certains linteaux, en direction de la Capelette, indiquent encore les professions autrefois exercées. La Capelette est le nom donné à la rue menant à la Chapelle.
Située à côté du cimetière, une chapelle est à la croisée des chemins pour se rendre à Cabanac ou sur la piste autour du Lac de Castelnau-Lassouts-Lous. Tous les ans, lors du deuxième dimanche de juillet, la procession de la Sainte Épine s'y rend avant de repartir vers le coeur de village. Cette chapelle rurale dédiée à Notre Dame de Pitié, a été construite sur les bases d'un premier édifice. En 1959 et 1983, elle fut restaurée.
Le ruisseau de Coutelle, dit "de Lundanne", est une résurgence de la Serre. Celle-ci disparaît en partie sous terre sur le plateau, à Pierrefiche, pour réapparaître en amont de Sainte Eulalie. Entre ces deux villages, jusqu'à huit moulins furent en activité le long de ce ruisseau. On y produisait de la farine, de l'huile ou du tanin. Plusieurs tanneries étant installées le long du cours d'eau, on l'appelait également « le ruisseau des cuirs ».
Ces activités perdurèrent jusqu'au milieu du XIXème siècle. Au début du XIXème siècle, une filature de laine fut construite à l'emplacement du moulin des Cayrouses. Elle ferma à la fin du siècle et devint, de 1904 à 1949, une usine à tanin. En 1950, l'usine, appelée communément « la mécanique », fut vendue à un particulier qui la transforma en dépôt à bois et fit démolir la haute cheminée de briques.