Le nom de Bourbourg est attesté sous les formes Brucburgh en 1035, Brucburch en 1037, Borburc en 1150, Broburg en 1056, Borburc en 1150, Brouburg en 1187, Bourbough en 1268, Brouborgh en 1309. Le nom de la ville vient du flamand « Broek burg », qui signifie « la forteresse du marais ». Cela fait référence à son implantation qui demanda l'assèchement de plusieurs marais sur le territoire au fil des siècles. Même si par endroits, des îlots de terre émergeaient. Ainsi, en quelques endroits, dont le lieu-dit le Guindal, ont été retrouvés des vases de terre rouge ou grise d'époque gallo-romaine, mais le bourg n'a pu apparaître que progressivement, au fur et à mesure que les marais ont été asséchés, notamment par les moines (watringue).
Place stratégique longtemps disputée par les Anglais, les Espagnols et les Français, Bourbourg rejoint définitivement le giron français en 1659 avec le Traité des Pyrénées. Séparée en deux à la Révolution française, entre le peuple et les bourgeois, Bourbourg se développe également à cette période avec une importante activité industrielle. Aujourd'hui, la commune de Bourbourg met surtout l'accent sur son patrimoine comme l'église Saint-Jean-Baptiste, l'ancienne prison du XVIe siècle ou bien encore son centre d'art contemporain.
Vous pouvez garer votre véhicule sur l'un des parkings de la cité, puis dirigez-vous vers le Centre d’Interprétation Art et Culture, rue Pasteur. Le Centre Interprétation Art et Culture est installé dans l’ancienne Stadthuys : maison de ville, pour le bourgmestre et ses échevins. Jusqu’au XVIe siècle, Bourbourg est à la tête d’une châtellenie composée d’une douzaine de villages des alentours. La cité possède deux organes de pouvoir séparés pour la châtellenie "Le Landhuys" et la ville "Le Stadhuys" qui fusionnent en 1587, lors de la domination espagnoles. Intégralement reconstruite entre 1821 et 1823 par l’architecte local Louis Deterre, le Stadthuys est devenu une halle aux poissons puis une caserne de sapeurs-pompiers, comme le rappelle encore l’inscription sur la façade. Les huit arches médiévales du bâtiment héberge également aujourd'hui l’Office du tourisme.
En sortant du Centre d’Interprétation Art et Culture, continuez vers l'Église Saint Jean-Baptiste. Cette église marque le centre historique et géométrique de la cité, c’est l’une des plus grandes de Flandre. Construite par les religieux de l'abbaye de Saint-Bertin, l'église Saint-Jean-Baptiste date du XIIIe siècle, elle prend place sur les vestiges d'une ancienne église primitive du XIIe siècle. Marqué par l’Art Roman et Gothique, l’édifice est de structure basilicale, elle est formée de 3 vaisseaux, nef et bas-côtés, d’un transept saillant, dont la croisée porte le clocher, et d’un vaste chœur à bas-côtés et chapelles latérales. La nef romane, le transept et la tour recevant le carillon ont été restaurés en 1962, le chœur gothique est alors séparé de la partie romane par un mur de briques.
L’Église Saint Jean-Baptiste a payé un lourd tribut aux conflits mondiaux du XXe siècle. En avril 1918, une torpille fut lâchée à proximité ; l’effet de souffle endommagea gravement les vitraux. En mai 1940 des bombardements intensifs provoquèrent l’embrasement de la tour et du campanile qui, après la chute des cloches, s’affaissèrent sur la nef ; l’incendie de l’église se propagea aux maisons alentour. A l'intérieur de l'édifice, vous apprécierez une châsse de Notre-Dame en bois sculpté du XVe siècle, réalisée en mémoire d'un miracle accordé par la Vierge lors du sac de la ville par Charles VI à la fin du XIVe siècle. La partie gothique accueille une œuvre majeure du sculpteur anglais Sir Anthony Caro (1924-2013) : Le Chœur de lumière, de notoriété internationale et joyau artistique contemporain de la ville. C'est une œuvre composée de quinze sculptures dont neuf se déploient en cercle autour des fonts baptismaux.
Prendre sur la gauche vers la Place du Marché aux cheveaux, engagez-vous dans la rue des écoles, au passage admirer le Bâtiment du Presbytère. Sur votre droite, suivre la Rue de l'Abbaye où se trouvais l'École Pasteur. Au bout de cette rue, tournez à gauche dans la rue Paul Machy. Né à Oye-Plage, Paul Machy grandit à Bourbourg d’où sa famille était originaire. Instituteur, il fut élu maire de Rosendaël en 1935. Entré en résistance en 1941, arrêté en 1944, il décéda en martyr sur les chemins de la déportation.
Poursuivre dans la rue Jean Varlet, au n°33, vous voici devant l'actuelle médiathèque, ancienne mairie de Bourbourg-Campagne. En 1790, les habitants de la campagne ont souhaité obtenir leur indépendance à l’égard des bourgeois de la ville. La scission aboutit alors à la création de deux communes : Bourbourg-Ville et Bourbourg-Campagne qui ne seront réunies qu’après la Seconde Guerre mondiale, en 1946. L’ancienne mairie-école de Bourbourg Campagne a été inaugurée en 1847.
Prolongez vos pas vers le cimetière communal pour admirer le Monument aux Morts de la guerre de 1870, dit Monument du Souvenir Français. Il fut érigé en 1900 par souscription publique conjointe des municipalités de Bourbourg-Ville et Bourbourg-Campagne. Marque précoce de patriotisme, puisque largement antérieur à la Grande Guerre, haut de 4 mètres et riche de nombreux symboles, il était salué par la presse de l’époque comme l’« un des plus beaux de la région ». Dans le Carré Militaire reposent les corps de 177 soldats de différentes nationalités, morts dans les hôpitaux militaires de Bourbourg lors de la Première Guerre mondiale. C’est en 1915 qu’une loi a défini la mention « Mort pour la France », honorant le sacrifice des combattants et instituant le principe de leur inhumation en sépulture individuelle, entretenue à perpétuité par l’État.
Revenez sur vos pas, au niveau de la Rue de l'Abbaye sur votre droite, continuez tout droite jusqu'à la place de l'Hôtel de ville. L’Hôtel de ville fut autrefois le siège de la Châtellenie Le Landhuys puis « Maison de Ville » en 1587, date à laquelle les administrations de la Ville et de la Châtellenie fusionnent. Malgré des réparations en 1737 et 1738, la tour du beffroi s’effondre. Elle sera reconstruite entre 1752 et 1754. Le bâtiment fait peau neuve à partir de 1837. Grâce à l’architecte Louis Deterre, le nouveau siège du pouvoir municipal domine la place de sa façade rectiligne inspirée de l’architecture du siècle des Lumières. L'hôtel de ville contient une table-bureau en bois de rose avec application de cuivre ciselé d'époque Louis XV et vingt-deux chaises en bois mouluré du XVIIIe siècle.
Tournez à gauche en direction de la Rue Jean Bart avec son Ilot d’hôtels particuliers en briques blondes du XVIIIe siècle. Après votre déhambulation dans cette rue, rendez-vous sur la place du général de Gaule. Inauguré le 20 Novembre 1921, le monument aux morts de Bourbourg est l’œuvre du sculpteur Jean Dampt, membre de l’Académie des Beaux-Arts (1854-1945). Elle représente la France casquée, revêtue d’un manteau militaire, offrant à ses enfants les lauriers de la victoire et méditant sur leur sacrifice. En 2010, fut érigée près du Monument aux Morts, une stèle en mémoire des dix Bourbourgeois qui furent déportés en camps de concentration et payèrent de leur vie leur engagement contre le nazisme.
À proximité, l’Hôtel Jean Vilain (actuel CCAS) fut pendant l’occupation allemande le siège de la Kommandantur. La façade restaurée de l’hôtel Jean Vilain est un bel exemple de l’architecture du Second Empire. Il a appartenu à la famille des industriels Vilain, fondateurs en 1917 de la première fabrique de torréfaction de chicorée à café. Grâce à l’action des frères Vilain, Bourbourg fut la capitale mondiale de la culture et la transformation de chicorée, activité qui a cessé au début des années 2000.
Au n°29 de la Place Général de Gaule se trouve l'ancienne prison de Bourbourg. Construite en 1539, en briques jaunes, avec l'encadrement des fenêtres en pierre, l’immeuble existant devient « Vanghenesse » (prison) en 1550. Les briques blondes qui la composent sont caractéristiques de cette partie de la Flandre maritime dont les sols sont riches en argile et en sable. Au-dessus de la porte, on peut trouver un cadran solaire avec l’inscription gravée : « Nul ne sait l’heure » en référence à un extrait de l’évangile selon Saint-Luc « Et vous, tenez-vous prêts, car vous ne savez à quelle heure le fils de l’homme viendra ». La date de 1733 sur la façade correspond à l’une de ses nombreuses restaurations. La prison demeura active jusqu’en 1873, puis ses cellules et cachots sont réutilisés pendant la guerre 39-45.
Dans le hall d’entrée de l'ancienne prison communale de Bourbourg veille le blason du régiment canadien de Maisonneuve qui libéra Bourbourg de l’occupation allemande lors de la Seconde Guerre mondiale. Les murs des cellules de l’étage conservent les témoignages de cette époque, soldats, résistants et otages qui y furent détenus. Également visible : un fragment de tôle de l’avion allemand qui s’écrasa à proximité du Monument aux Morts en mai 1940. Ce bâtiment comprend encore le logement du geôlier, cellules et cachots des prisonniers. Un écomusée occupe l'ancien logement du géôlier et de sa famille. Il dévoile des éléments de la vie courante au début du 20ème siècle, dans un décor authentique, réhaussé de tableaux représentant Bourbourg. Un lieu unique et authentique qui vous fait plonger dans l’univers carcéral d’autrefois.
Après cette visite insolite, admirez la Maison au Belvédère, situé au début de l'Avenue Anthony Caro. En 1843, l’architecte Louis Deterre érige sa résidence privée. Le dôme qui coiffe son imposante tour-escalier ne manque pas d’allure. De ce belvédère qui lui servit d’atelier, l’architecte dominait la ville qu’il a dotée de quelques édifices emblématiques : Halle aux Poissons, Hôtel de Ville… Derrière l’ancienne prison, au n°1 de la Rue du Quai de l'Hospice, vous pouvez observer l’hospice Saint-Jean. Fondé au xiie siècle et remanié depuis, il déploie toujours ses façades le long du quai de l’Hospice. Il hébergeait les indigents et les orphelins. L’édifice, abrite actuellement des logements sociaux.
Suivre la rue des Capucines. L’ancien couvent des Capucines de Bourbourg, dites aussi Pénitentes, fut fondé en 1614, par Dame Françoise Taffin, qui transforme son habitation en cloître et lui adjoint une chapelle consacrée en 1619, relevant du Tiers Ordre de Saint-François. Cette période fut la plus brillante et la plus féconde de la vie religieuse du diocèse de Saint-Omer dont dépendait Bourbourg. Absentes de Bourbourg pendant quatre décennies, les Capucines y reviennent en 1947. Elles s’installent en 1960 dans ce qui est peut-être le dernier couvent construit en France pour un ordre contemplatif. Lieu de culte, la chapelle est ouverte au public tous les jours. Tournez à gauche dans la rue de Dunkerque, au n°12 la maison de Me Schallier, notaire, a accueilli, comme quelques autres maisons particulières de la ville, un hôpital provisoire (celui de la Croix Rouge) pendant la guerre 1914/1918. Devenue station-magasin en 1915, Bourbourg connut une importante activité boulangère destinée à approvisionner en « pain du poilu » les soldats du front.
Traversez le canal par le Pont Louis Maniez. L’ancien Pont Rouge, puis Pont Belle, porte aujourd’hui le nom de Louis Maniez, résistant, membre des FFI (Forces françaises de l’Intérieur), tué ici-même le 4 septembre 1944, lors d’une escarmouche avec les troupes d’occupation en débâcle, trois jours avant la libération de la ville. Miné par les occupants, puis déminé par la résistance, le pont fut finalement détruit le 7 septembre 1944 par l’armée allemande. Le Canal de Bourbourg relie l'Aa à l'ouest de Bourbourg aux ports intérieurs de Dunkerque. Tournez à droite dans la rue des Ecluses jusqu'à l'Écluse.
Revenez sur vos pas, après le Pont Louis Maniez, tourner à droite pour s'engager dans la rue des remparts. Comme on peut s’en douter, la rue suit un tracé capricieux, marqué par des angles aigus. Des pans de vieux murs subsistent par endroits. Impossible de dire si certains sont ceux des anciennes fortifications. Les murs de la rue des Remparts peuvent correspondre à l’ancienne enceinte, le plan des rues ne saurait ignorer l’histoire. D'où l'importance des noms des ruelles et rues de nos communes, ils fond partis de notre patrimoine historique.
Poursuivre jusqu'au Pont Maisonneuve, ancien pont Saint-Antoine. Ce lieu porte désormais le nom du régiment canadien qui libéra la ville en 1944. L’armée occupante l’avait fait sauter en même temps que la passerelle adjacente. Le vendredi 8 septembre, les libérateurs du régiment de Maisonneuve arrivent à Bourbourg par le Guindal et installent un pont provisoire. Chaque année, le premier dimanche de septembre, l’hymne national du Canada est interprété à cet endroit lors de la commémoration de la Libération de Bourbourg.
Traversez le pont, prendre l'avenue Anthony Caro devant vous, admirez le beau bâtiment industriel, la Fabrique de Chicorée – Ledoux-Vandenbroucque, 100 mètres avant le pont qui enjambe le canal. À Bourbourg, l’activité de la chicorée s’est achevée il y a une quinzaine d’années environ. Sur votre gauche, face à la rue Mendès France, le château Duriez ou encore appelé maison de Coussemake, en ruine aujourd'hui. Le Meethof est une demeure datant de la première moitié du XIXe siècle. Edmond de Coussemaker (1805-1876), maire de Bourbourg de 1874 à 1876, et conseiller général du canton de 1849 à 1876, l’a habitée de 1848 à 1876, année de sa mort. La bâtisse fut rachetée par François et Edmond Duriez, qui dirigeaient une distillerie à Coppenaxfort.
À proximité... La gare de Bourbourg. Le 14 octobre 1914, le Grand Quartier Général français met le port de Calais au service de l’armée belge. Une logistique de guerre se développe alors massivement derrière le front de l’Yser et les lignes ferroviaires, dont la ligne Calais-Dunkerque desservant Bourbourg, prennent une importance stratégique décisive. En 1914/1918, deux hôpitaux militaires de campagne dits « ambulances », l’un belge et l’autre français, ont été installés à proximité de la gare pour accueillir les blessés évacués du front. Une ambulance anglaise était installée le long de la voie Gravelines‒Saint-Omer. En 1941, pendant l’occupation allemande, fut construit le blockhaus-abri toujours visible aujourd’hui. evenez tranquillement dans le centre ville, via la Rue Faidherbe.