En 1220 débutent les travaux, par la façade contrairement à l'usage, puis par l'ouest pour des raisons de commodités. En 1236, la nef ainsi que la partie occidentale du portail sont terminées. Geoffroy d'Eu, l'évêque d'alors, continue l'oeuvre de son prédécesseur, tout comme Thomas de Cormont qui succède à Robert de Luzarches jusqu'en 1258.
Le choeur est érigé en même temps que les chapelles rayonnantes, mais en 1247, les travaux s'arrêtent, faute de ressources financières. En 1258, la construction reprend, avec l'achèvement de la structure principale et la pose du premier vitrail de la fenêtre haute en 1269. Bernard d'Abbeville fait rapatrier les reliques sacrées en présence des rois français et anglais.
Il est donc temps, en 1288, d'entamer les aménagements intérieurs et la pose du dallage ainsi que du labyrinthe, au centre duquel est placée la plaque commémorative qui présente les principaux acteurs de la construction de l'édifice.
En 1290, les chapelles latérales et la partie orientale de la nef sont remises en chantier jusqu'en 1375, date à laquelle les tours de la façade ouest sont achevées dans leur ensemble. Le grand orgue est monté à partir de 1429 et les travaux continuent, tant bien que mal, malgré les bouleversements royaux, les guerres et les accidents. La cathédrale est entièrement terminée au tout début du XVIIe siècle, sous Louis XIII.
Un siècle plus tard, le dallage est détruit (tout comme le jubé) par des chanoines en rébellion contre le style gothique. La cathédrale sera restaurée au tout début du XIXe siècle, fidèle aux préceptes gothiques, grâce aux talents d'architecte de François-Auguste Cheussey, puis de Viollet-le-Duc en 1849.
Le XXe siècle fut traversé par deux guerres qui miraculeusement épargnèrent la cathédrale, après une intervention du pape auprès de l'armée allemande. Elle a été élevée au rang de chef-d'oeuvre de l'humanité par l'Unesco en 1981.
Description de la visite guidée : L'ascension dans les tours débute dans la tour sud conduisant d'abord à découvrir la vue et les sculptures du balcon de la rose, à 30 mètres de hauteur, le long de la façade principale de l'édifice. Après cet interlude, l'ascension se poursuit dans la tour nord jusqu'à atteindre le sommet, en extérieur, à 66m de hauteur.
La vue y est alors panoramique, tant sur les hauteurs de la cathédrale (arcs-boutants, flèche, toitures, gargouilles) que sur la ville et ses environs ( beffroi classé au patrimoine de l'Unesco en 2005, tour Perret, hortillonnages, quartier Saint-Leu). Enfin, après avoir profité de cette vue absolument imprenable, la visite s'achève en redescendant par la tour nord.
Spectacle : la Cathédrale d'Amiens s'impose depuis sa restauration comme la référence dans la découverte de la polychromie des portails gothiques. Cette révélation a donné naissance au spectacle " Amiens, la cathédrale en couleurs " qui propose une restitution des couleurs médiévales grâce à des projections d'images numériques de haute définition.
Ce spectacle gratuit, déjà admiré par plus 1 800 000 visiteurs, redonne vie aux saints, apôtres et autres figures qui peuplent la cathédrale. Il est joué pendant l'été et les fêtes de fin d'année.