La grotte de Marie Madeleine se trouve à Plan d’Aups Sainte Baume au cœur du Massif de la Sainte Baume, entre Aubagne et Saint Maximin. A la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume vous vous dirigez vers le sud sur la D560A, la D560 et enfin la D80. Sur la D80 qui traverse le massif de la Sainte-Baume, la route qui vous conduira à Plan d'Aups offre des panoramas vertigineux sur la vallée de la Sainte-Baume. Lorsque vous arriverez à Plan d'Aups, vous vous retrouverez sur une vaste plaine qui s'étend jusqu'aux pieds des hautes falaises. Vous arriverez à l'Hostellerie de la Sainte Baume et juste en face de la rue se trouve l'Office de Tourisme.
La Sainte Baume a toujours été une montagne sacrée. Il est souvent raconté que ce lieu était destiné aux cultes de la fécondité… Première région à avoir été évangélisée, haut lieu de pèlerinage, la grotte de Sainte-Marie-Madeleine à Sainte-Baume invite à découvrir une femme libérée, disciple, apôtre et sainte. La tradition populaire veut que Marie-Madeleine, débarquée en Provence, se retire comme ermite pendant 33 ans dans une grotte naturelle, après avoir évangélisé de nombreuses personnes. La Grotte de Marie-Madeleine devenue depuis un lieu de pèlerinage, une grotte naturelle, condensé de nature, de mystère, d’histoire, de légende...
Après la mort de Jésus, Marie-Madeleine aurait fui les persécutions d’Hérode en franchissant la Méditerranée sur une simple barque, en compagnie de Lazare, sa sœur Marthe, Maximin, Marie-Salomé - la mère des apôtres Jean et Jacques, et de Marie-Jacobé sœur de la Vierge. Ils auraient accosté sur les rivages de Saintes-Maries-de-la-Mer, en Camargue et se seraient ensuite dispersés. Lazare serait resté plus d’une cinquantaine d’années à Marseille, Maximin aurait vécu à Aix-en-Provence et Marthe se serait retirée dans un désert près de Tarascon. Marie-Salomé et Marie-Jacobée, accompagnées de leur suivante Sara, se seraient installées aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Quant à Marie-Madeleine, elle se serait retirée dans le massif de la Sainte Baume, à l’est de Marseille.
L’hostellerie de la Sainte-Baume date de 1859, maison religieuse gérée par les frères dominicains. Elle héberge, restaure, accueille les prières, et offre un point de départ idéal pour marcher vers la grotte, seul ou en procession. Cette maison d'accueil religieuse est attesté dès le Ve siècle. L'accueil du sanctuaire, l'animation spirituelle et l'hôtellerie pour les pèlerins sont aujourd'hui assurés par les frères dominicains de la province de Toulouse. C'est une belle balade jusqu'à la grotte Sainte-Marie-Madeleine, le sentier est large, très bien balisé et impeccablement entretenu. Il existe en fait deux itinéraires que vous pouvez emprunter pour vous rendre sur le site, le Chemin des Rois et le Chemin du Canapé, l'un faisant le tour de la gauche et l'autre de la droite. Il y a des panneaux au début du sentier avec quelques plaques d'information.
Le chemin des Roys a été aménagé à la fin du XIVe siècle lors de l'installation des Dominicains au Couvent Royal de Saint Maximin et à l'hôtellerie de la Sainte-Baume. Jusqu'à la construction en 1897 de la départementale 80, ce chemin fut le seul accès au plateau du Plan-d'Aups depuis Nans. Tous le long du chemin des Roys se trouvent 7 oratoires dont l'édification avait été commanditée par Mgr Ferrier, archevêque d'Arles, à la suite du premier pèlerinage à la Sainte Baume de François 1er en 1516. A l'intérieur de chaque niche se trouvent des bas-reliefs représentant les principaux épisodes de la vie de Sainte Marie-Madeleine. Le premier s'intitule "Marie-Madeleine délivrée des sept démons qui la tourmentaient". Le second "Marie-Madeleine aux pieds du Seigneur chez Simon le Pharisien". Le troisième "Marie-Madeleine écoutant Jésus, assise à ses pieds, chez sa soeur Marthe à Béthanie". Le quatrième "Marie-Madeleine à genoux au pied de la croix du Sauveur". Le cinquième "Marie-Madeleine au Saint Sépulcre". Le sixième "Marie-Madeleine aux pieds du Christ ressuscité". Le septième "Marie-Madeleine et ses compagnons abordant en Provence ".
L’ascension au travers la forêt se fait en douceur, le chant des oiseaux, celui du vent dans les feuillages accompagnent l’effort de l’ascension. Marcher jusqu’à la Grotte Sainte-Marie-Madeleine, c’est suivre les traces de plusieurs siècles d’histoire. Pour accéder au sanctuaire, il faut d’abord entrer dans une forêt aux arbres magnifiques. En chemin, admirez les chênes, hêtres, pins et autres arbres séculaires, ils sont vieux, ils sont grands, ils sont majestueux. Ce n’est pas le genre de forêt qu’on a l’habitude de croiser dans les environs. Une forêt remarquablement protégée et préservée pendant des siècles, une forêt telle qu’elle existait à la fin du Moyen Âge. Elle est niché sur le flanc nord d’une falaise calcaire qui la protège du soleil et bénéficie d’une forte pluviométrie. En hauteur, volent parfois des aigles de Bonelli et des Grands-Ducs d’Europe. Le sanctuaire finit par apparaître à travers le feuillage.
Le sentier se termine par un escalier de 150 marches qui permettent de gravir la falaise, dernier exercice avant de se recueillir dans le lieu sacré, s’autoriser peut-être une confidence à Marie-Madeleine. Au niveau de la première marche, l’altitude est de 860 mètres. Cet escalier a été construit en 1913 pour permettre un meilleur accès à la grotte depuis la forêt en contrebas. Les 150 étapes représentent les 150 perles du chapelet original. Une fois arrivé en haut, le panorama est à couper le souffle. La vue s’étend sur la plaine jusqu’à la Sainte Victoire.
La vision de l'entrée de la grotte plonge dans un respect émotionnelle. On peut penser à une grotte sombre, dans les entrailles de la montagne, et, au contraire, on se retrouve devant une façade "occidentale", avec six fenêtres et un beau portail central, avec une lunette vitrée. Sept marches qui forment presque une figure pyramidale. Dans le cimetière, parterres de fleurs, pots de fleurs, un parapet pour profiter d'une vue fascinante sur le Plan du Aups, où l'on peut également voir l'Hôtellerie. À droite et à gauche de la grotte, il y a des bâtiments conventuels qui s'étendent comme les ailes d'un aigle sur la colline rocheuse, se mêlant à elle.
Aujourd'hui, cette Grotte Sainte-Marie-Madeleine qui abrite une partie de ses reliques, est tenue par les Dominicains. Des reliques de toutes sortes ont commencé à " affluer " en Occident, ce qui a accru le prestige des rois, des empereurs et des prélats, ainsi que la dévotion populaire, ce dont l'Église catholique de Rome avait de plus en plus besoin, n’étant pas, à cette époque, en position de prestige, en raison d'accusations de corruption, de richesse immodérée et d'éloignement du message évangélique; dans cette même période, de nombreux Ordres sont nés, qui tentent de se référer à la Règle bénédictine, les Ordres monastiques-chevaliers, qui voient dans ce contexte un parfait idéal de la vie religieuse. En 1254, Saint Louis revint de Terre Sainte; en 1279 son neveu, Charles II d'Anjou, Comte de Provence, trouva les reliques de Marie-Madeleine, cachées entre-temps, et au même endroit, fit construire une somptueuse basilique. Quelques années après la redécouverte des reliques de Marie-Madeleine, la papauté s'installe en France, à proximité d'Avignon et en 1309 le pape Clément V fait une visite à la Sainte Baume. Le pape Urbain V y fit également un pèlerinage, ainsi que le poète Francesco Pétrarque.
Sur le parvis, d’un côté, le couvent où un frère dominicain veille 24h sur 24 chaque jour de l’année, de l’autre côté, la maison du pèlerin, et au centre quelques marches pour entrer dans la grotte et découvrir Marie-Madeleine à la suite d’illustres et royaux pèlerins. Au-dessus de la porte, le blason à fleur de lys témoigne des pèlerinages royaux. Saint Louis et Louis XIV y sont venus, de même que de nombreux grands seigneurs.
La Grotte Sainte-Marie-Madeleine a une orientation plein nord et est éclairée par les rayons du soleil uniquement le 21 juin, jour du solstice d’été. C'est une grotte naturelle, creusée par l'érosion dans le massif formé à l'époque secondaire, émergeant des fonds marins et riche en ravins, et surtout en eau. Le massif représente une richesse hydrique importante pour la Provence. La grotte n'est pas située sur le sommet de la montagne, qui est bien au-delà, à 1147 m.
Lorsque nous entrons dans la grotte, nous pouvons constater qu’elle a été aménagée en une église, dans laquelle se déroulent des offices. Il y a des bancs pour les fidèles, plusieurs statues. Sur le mur de la contre-façade, il y a d'innombrables dalles murées et ex-voto de fidèles. À gauche de l’autel, vous pouvez admirer une statue de l’archange Saint-Michel qui terrasse le démon. Selon la légende, Marie-Madelaine l’aurait invoqué pour chasser la Tarasque. Ce monstre provençal était le premier occupant du lieu et, lorsque Marie-Madeleine arriva, fuya en direction de Tarascon où Marthe l’aurait achevé grâce à ses prières.
Derrière l’autel se trouve un petit tertre où Marie-Madeleine y aurait établi sa couche, car il était à l’abri de l’humidité. Afin de le protéger de la ferveur des gens qui désiraient rapporter chez eux des morceaux, le rocher de la Pénitence fut protégé par des grilles. On peut admirer une très belle statue de Marie-Madeleine, œuvre de Jean Antoine Houdon, sculptée dans du marbre de Carrare.
A l’intérieur, sombre et silencieuse, une cavité impressionnante, la lumière de l’extérieur pénètre au travers de vitraux, réalisés par Pierre Petit, Compagnon du Devoir, ces vitraux sont un véritable catéchisme de lumière et illustrants les grandes étapes de la vie de sainte Marie-Madeleine. Dans les rayons bleus, rouges des vitraux, dans la lueur fragile des bougies, le regard se pose sur les reliques et le coeur s’ouvre à la confession, à l’espoir et au pardon. Par un escalier, on descend dans la basse grotte, ou crypte. L’eau y goutte continuellement et la légende dit que ce sont les larmes de Marie-Madeleine qui ont donné naissance à l’Huveaune. Une autre statue de Marie-Madeleine y siège, offerte par Dupanloup en 1867.
Après avoir terminé votre visite à la grotte Sainte-Marie-Madeleine, vous pouvez emprunter un autre sentier jusqu'au sommet de la falaise où se trouve une autre petite chapelle : la Chapelle du Saint-Pilon, située juste au bord de la falaise. À une altitude de 994 mètres, il vaut vraiment la peine de faire un effort supplémentaire pour atteindre le sommet et la vue est spectaculaire. Une table d'orientation est située à proximité pour vous donner une bonne disposition du terrain.
Que cette visite soit motivée par une vocation de pélerin, un désir de recueillement, une forte envie de pleine nature, des connaissances botaniques ou une passion pour l'hagiographie ou l'histoire, l'attrait de ce site patrimonial singulier comble toutes les curiosités et garantit de belles randonnées. De la grotte, les plus courageux empruntent le sentier de Grande randonnée (GR9 environ 30 mn) pour atteindre la crête et le Saint-Pilon. Le spectacle est à couper le souffle. Vers le sud : la mer, les villages de la plaine. Vers le Nord : le plateau de Plan-d'Aups et au loin : la montagne Sainte-Victoire, une soeur jumelle de la Sainte-Baume dans une version adoucie. Le GR 98 suit toute la ligne de crête. Les nombreuses pistes forestières sont l'occasion de balades plus faciles.