Le village est renommé pour son vin doux et sucré. Les vignobles du vin doux naturel Muscat de Beaumes de Venise et les Beaumes de Venise Rouges sont situés sur le versant Est et Sud-Est du massif des Dentelles de Montmirail. Plantées sur des restanques, ce mode de culture respecte les courbes de niveaux afin de garder une bonne structure de sol tout en permettant un ensoleillement maximum. De nombreux vignerons engagés intègrent le label Vignobles et Découvertes "Autour des Dentelles de Montmirail" et proposent des initiations et animations toute l’année.
Beaumes, de l'occitan bauma, signifiant "grotte", faisant allusion aux grottes que l'on aperçoit sur les flancs de la montagne, au pied de laquelle est bâti le village. Le qualificatif de Venise, pour séduisant qu'il soit sur le plan touristique et viticole, ne doit rien à la ville de Venise, c'est une déformation de "de Venisse", c'est-à-dire du Comtat Venaissin, cette dernière appellation venant elle-même selon l'hypothèse la plus probable de comitatus avennicinus, c'est-à-dire "comtat avignonnais". Beaumes-de-Venise veut donc dire "Beaumes en Venaissin".
Vous pouvez stationner votre véhicule sur le parking de la place du Marché. Pour débuter le circuit, direction l'Office de tourisme Ventoux-Provence de Beaumes-de-Venise, situé sur la place. Itinéraires vagabonds au détour des ruelles, au hasard des places, au cœur des édifices sacrés, ou dans le secret des édifices… pour retrouver les mille et une histoires singulières qui, au fil du temps, ont dessiné Beaumes-de-Venise. Dirigez-vous vers la Fontaine à Mascarons, au début de l'avenue Gambetta. Un mascaron est un ornement d'architecture représentant généralement une figure humaine parfois effrayante, elle avait pour fonction d' éloigner les mauvais esprits.
Avec son traditionnel bassin circulaire, et son réservoir en forme de grosse conque, orné de quatre têtes cracheuses, la Fontaine à Mascarons date du XVIIe siècle. Le 27 juillet 1639 y coule pour la première fois une source captée à Notre-Dame d’Aubune, aménagée par un coûteux complexe de canalisations. Continuez vers l’église Saint-Nazaire. Saccagée en 1562 par les protestants, et dévastée par à la révolution elle fut reconstruite de 1843 à 1849 en style néo-roman. Elle est disproportionnée par rapport au village. Son vocable est revenu à Saint Nazaire et au St Cœur de Marie.
L'emplacement reçut un temple romain, puis une première église romane au VIIe siècle. A l'extérieur de l’église Saint-Nazaire, son porche de type roman à triple paires de colonnette a deux particularités : Sur la corniche supérieure, on voit une décoration de feuilles de chêne. Le tympan au dessus de la porte est le même que celui de la Chapelle st Quenin de Vaison-la-Romaine avec un dessin de vase avec des pampres de vignes. Elle abrite deux petites merveilles : une chasuble brodée d'or offerte par Anne d'Autriche (XVIIe siècle), mère de Louis XIV et un autel du Ve siècle, ainsi qu'un orgue. On a aussi droit à un commentaire éclairé sur le chemin de croix composé de plusieurs tableaux sous-verre réalisés en 1967 par le peintre Elisabeth Gross.
A l'intérieur, on y trouve également , une série de tableaux religieux du XVII et XVIIIème siècle, deux grands retables de part et d’autre du chœur. Des chapelles latérales dont celle dédiée à Sainte Anne avec Retable du XVII œuvre d’un Bernus, un maître autel Baroque XVIIIème en marbres polychromes du Couvent des Saintes Maries de Carpentras. Deux confessionnaux en noyaux à très belle façade classique.
Engagez-vous dans la rue Louis Applanat, ne manquez pas la porte rehaussée d’un décor en forme de corne de buffle. En face, l’ancienne maison médiévale de la famille d’Elzéar de Venasque, cousin du seigneur de Beaumes au XVe siècle, aussi appelée la maison de l’Arc. Prendre la traverse des Crapes, puis à gauche le cours Louis Pasteur, pour déboucher rue du Portail Neuf. Au XIVe siècle, Astorg de Peyre, seigneur de Beaumessouhaite pouvoir accéder plus facilement à son château. Il fait alors ouvrir, dans le mur de remparts, le portail neuf malgré la vulnérabilité des lieux aux attaques. Murée à plusieurs reprises, elle est définitivement rouverte en 1605. Autour du noyau ancien du village se lit encore le tracé des anciens remparts notamment à l'est. Les trois portes anciennes du village sont toujours là : portail Neuf, Portail de l'Église reconstruit par l'architecte Pierre II Mignard en 1684, et enfin la Porte de la Touve.
A proximité de cette porte du Portail Neuf se trouve une fontaine-abreuvoir du XIXe siècle où venaient boire les moutons avant de monter aux pâturages. Prenez l’escalier à droite de l’abreuvoir et déambulez dans les petites ruelles qui vous mèneront tout droit au théâtre de verdure. Admirez les vestiges d’habitation troglodyte. Cette habitation a été aménagée contre des cavités creusées dans le safre. Déambulez dans la rue du château mais ne cherchez pas le château du Haut Moyen Âge, il ne reste que quelques pans de murs. Vous voici Place de la liberté, une jolie place aux façades colorées, où les greniers des maisons abritaient l’élevage du vers à soie (sériciculture).
La ruelle de la Touve, vous menera à la Porte du Touve, percée dans le rempart dans les années 1775 à 1777. « Touvo », en provençal qui désigne une conduite d’eau bâtie et ici plus précisément une canalisation qui évacuait les eaux du moulin à grignons (noyaux d’olives), devenu le moulin de Grignan. Le chemin de Notre-Dame d’Aubune vous fera découvrir le canal de Carpentras. Long de 66 km, il est construit au XIXe siècle pour irriguer les terres agricoles de la plaine du Comtat Venaissin.
Pour les plus courageux, poursuivre jusqu'à la chapelle Notre-Dame d'Aubune, au pied de la colline des "grottes d'Ambrosi". L'accès peut se faire soit à pied depuis le nord par deux sentiers qui descendent de la colline, soit en voiture depuis le village ou la départementale par un chemin par delà le canal de Carpentras. La chapelle à laquelle on accède par de simples sentiers date du XIIe siècle. C'est dire qu'elle est postérieure à ce que rapporte la légende qui désigne selon les versions Charlemagne ou Charles Martel comme ayant décidé de sa construction après une victoire des Francs sur les Sarrasins, au lieu-dit du Cimetière des Sarrasins, malgré un siècle et demi d'écart... Une autre légende est liée à ce joyau de l'art roman. Pour manifester son mécontentement après la construction de la chapelle, le diable aurait voulu la détruire en poussant une roche du haut de la colline qui la surplombe. La Vierge aurait réagi promptement et bloqué la chute de ce "rocher du diable". D'où le fait que le lieu de culte soit dédié à Notre-Dame. Le rocher est d'ailleurs toujours là-haut menaçant mais immobile.
La chapelle Notre-Dame d'Aubune est un pur joyau de l’art roman du XIIe siècle. Elle constitue un des plus beaux exemples d'art roman provençal inspiré de l'antique, au même titre que l'église de Saint-Restitut, le prieuré du Val des Nymphes près de La Garde-Adhémar, la Cathédrale Notre-Dame des Doms d'Avignon, la chapelle Saint-Quenin de Vaison-la-Romaine et l'église Notre-Dame-du-Lac du Thor. Dans le détail, on remarque que le chevet et le clocher datent bien de l'époque romane mais l'ermitage accolé est plus tardif, il daterait du XVIIe siècle. La décoration du clocher, haut d'une vingtaine de mètres, typique du roman primitif en Provence, est remarquable avec ses pilastres, ses chapiteaux. Ses murs sont couverts de marques de tâcherons laissées par les tailleurs de pierre romans. Aubune, est une racine celtique de « Alp » qui signifie hauteur, colline, montagne.
Très tôt christianisé, ce site a livré un autel tabulaire paléochrétien du IVe ou Ve siècle, ainsi qu'une épitaphe à Epyminia, jeune chrétienne morte en 485. Sa pierre tombale a été déposée au musée lapidaire de Carpentras. Plus récemment, un jardin botanique médiéval comprenant une splendide oliveraie a été aménagé. Accolé à la chapelle, l’espace archéologique expose les vestiges grecs, romains, gallo-romains et moyenâgeux trouvés sur le territoire de Beaumes-de-Venise. A côté, le jardin suit la forme et la philosophie des jardins médiévaux. La plupart des plantes existaient en Europe au Moyen Âge à l’exception de la Garance. Des visites guidées de l’espace archéologique et du jardin sont programmées chaque semaine (la chapelle est fermée temporairement). Belle vue sur la plaine. Deux chemins de grande randonnée de pays passent près de la chapelle.
A proximité se trouve le verger conservatoire du Grand Laget et le rucher du verger Dit aussi verger d’Aubune. La culture en terrasse est une technique ancestrale pour lutter contre l’érosion et économiser les ressources en eau et drainer l’eau de pluie. L’association des Courens réhabilite l’ancienne oliveraie et restaure les murs menacés. Les terrasses en cultures, appelées communément dans notre région "restanques" ou "bancau" sont un élément clé du patrimoine paysager et agricole méditerranéen. Les pratiques agricoles intensives modernes ont provoqué l’abandon de la plupart de ces terrasses, laissant place à une végétation non-contrôlée, parfois invasive et augmentant le risque d’incendie. De plus, la construction en pierre sèche est un savoir-faire précieux et un procédé écologique, permettant notamment de lutter contre l’érosion et d’économiser les ressources en eau, en drainant l’eau de pluie. Cinq ruches sont installées dans le verger pour sensibiliser les visiteurs à la biodiversité.
La visite du patrimoine religieux ne s'arrêtera pas là, de l'autre côté du village, vous pouvez découvrir la chapelle Saint-Sébastien, dont la construction commença en 1601, fut achevée après la peste de 1629. Elle contient un tableau de Saint-Sébastien du XVIIIe siècle. Une belle croix en fer forgé orne son parvis. On ne sait finalement que très peu de choses de la Chapelle Saint-Sébastien, à part une légende qui demeure encore... Saint Sébastien n'en est pas moins un saint militaire invoqué contre la peste.
La chapelle Saint-Roch fut édifiée lors de la peste de 1586 pour symboliser le fait que la peste ne soit pas entrée dans le village. Elle fut démolie et reconstruite par la suite avec des pierres de la chapelle Saint-Nazaire érigée en 1714. Elle représente Saint-Roch, Saint du XIVe siècle, invoqué contre la peste, la rage et d'autres maladies contagieuses. La cloche date de 1838, la statue de la Vierge est du XVIIIe siècle. Dans la chapelle Sainte-Anne, édifiée après la peste de 1629 , elle s’écroule en 1634, plusieurs habitants furent ensevelis. Reconstruite et achevée en 1705. Sa jolie porte en arrondi surmontée d’un oculus ovale et d’un clochetion-mur. Dédiée à Sainte Anne, elle abrita les sépultures des Bedos et des Saints Sauveurs. Cette chapelle est situé au carrefour des routes de Beaumes-de-Venise et Lafare.
La coutume veut que les chapelles rurales soient bâties aux entrées du village. C'est ici le cas pour les trois chapelles datant des XVIe et XVIIe après les pestes qui ravagèrent la Provence. Les oliviers, toute une histoire en Provence ! Deux moulins à huile, aujourd’hui disparus, dans le village étaient en activité lorsque Beaumes-de-Venise appartenait au Comtat-Venaissin. La traverse des Crappes désignaient le marc issu de la presse des olives. Aujourd’hui le Moulin à l’huile la Balméenne vous ouvre ses portes et vous fait remonter le temps.
Vous pourrez aussi visiter les grottes ou baumes préhistoriques d'Ambrosi et de Rocalinaud, qui ont donné leur nom au village. Construites à même la colline, elles servaient jadis de refuge à de nombreuses familles. Les gourmets et fines papilles ne s’attarderont pas trop longtemps dans les grottes ou les chapelles des collines sachant qu’en bas du village, sur l'avenue Raspail, le caveau de dégustation et de vente du célèbre vin de Muscat de Beaumes de Venise les attend.