Pour vous rendre à Lablachère vous pouvez ; soit prendre la D104 à partir de Joyeuse ou la D104A à partir des Vans. Vous pouvez également prendre la D 4 passant par les montagnes vers Saint-Laurent-les-Bains et Langogne. Petit village prospère, Lablachère s'est illustrée au fil des siècles grâce à son activité viticole et a su préserver dans le temps ses paysages agricoles, ainsi que ses vignes en terrasse. Vous y retrouverez d’ailleurs sur votre chemin des paysages à la fois ardéchois et provençaux, mélanges de chênes verts et d’oliviers, de châtaigniers et de pins, de montagnes et de plateaux, de vallées et de gorges… La première richesse de la paroisse fut ses bois de chênes blancs. On pouvait y faire paître les brebis, y cueillir les glands pour les porcs et se servir en bois.
Son nom vient du mot Blache qui signifie lieu boisé de chênes blancs (Blache signifie en occitan chêne blanc). En effet, jusqu’à la Révolution Française, le territoire de Lablachère était en grande partie couvert de bois, avec bien évidemment des chênes blancs. En 1801 la commune de La Blachère devient Lablachère. Au sud de l'Ardèche méridionale, pays de chênes, de vignes et de muriers Lablachère ne manque pas de charme. Lablachère est une terre de contrastes qui fera le bonheur des randonneurs avec ses collines de grès et son plateau des Gras composé de calcaires de la période jurassique. La commune de Lablachère comprend de nombreux hameaux, le village-chef-lieu s'appelle La Jaujon, au pied d'un petit mamelon sur lequel se trouvent l'église, le presbytère et le cimetière dominant de tous côtés le beau panorama des environs.
Entre deux promenades dans Lablachère, vous pouvez également découvrir un patrimoine architectural de grand intérêt qui témoigne de la richesse de la commune dans l'histoire. Ces terres semblent avoir été habitées par l'homme depuis très longtemps notamment au Néolitique avec de nombreux dolmens et autres ouvrages tels que le petit pont mégalithique du Prieuré sur le ruisseau Masseloup. L’extrême moitié sud de l’Ardèche compte parmi les plus riches de France en matière de dolmens : il y en a plus de 700. Sur Lablachère, il en a été recensé 33. Les dolmens de Lablachère ont été bousculés par les profanateurs et le temps. Ce type de construction daterait de plus de 3000 ans. Au Moyen-Âge, le village fut marqué comme toute la région par les troubles des guerres de religion. L'histoire de Lablachère est liée à celle de la famille noble de la Saulmée, plus tard de la "Saumès" qui y bâtit son château au XIVème siècle près du hameau de la Jaujon.
En se baladant dans la commune, il est possible de découvrir l'église Saint-Julien d'origine romane. Le village de Lablachère présente l'étonnante particularité de posséder deux églises de grande taille mais aucune au centre du bourg. La plus proche, mais aussi la plus ancienne, est l'église Saint-Julien qui se dresse sur la petite colline de Malabarge au sud-ouest du bourg. L’église Saint-Julien est dédiée à Saint-Julien de Brioude, elle apparaît dans les textes dès le Moyen-Age. Aucune date de construction de l'église n'est cependant mentionnée. Au XVIe siècle, l'édifice est mentionné sur certains écrits notamment en 1514 par le Pape Léon X au chapitre des chanoines de la cathédrale de Viviers. Au niveau architectural, son clocher et sa nef furent modifiés au cours du XIXe siècle. Le clocher fut surélevé et surmonté d’une pyramide en 1867, remplacé par une autre en 1914.
Passez devant le monument aux morts pour admirer le château de la Saumès. Importante bâtisse carrée qui servit notamment d'école religieuse, il dévoile une très belle porte aux armoiries de la famille de Chanaleilles. Parmi les familles nobles de la paroisse, la plus ancienne est celle de la Saumès. Il est certain que le château actuel n'est pas le même que le primitif. Pendant longtemps propriété de la famille de Chanaleilles qui en avait fait l'acquisition, lors de la vente des biens par la princesse Marie-Louise de Rohan-Soubise, comtesse de Marsan héritière de la famille de Joyeuse, en 1788. Vendu puis racheté au xixe siècle, il servit un temps de refuge aux Oblats de Marie expulsés de Notre-Dame de Bon Secours. Vendu à un Mr Charousset vers 1850, il fut racheté par un héritier Chanaleilles. Il fut le lieu d'un épisode de la révolte des Masques Armés au cours du XVIIe siècle. C'est une grande maison rectangulaire avec toit à quatre pentes, deux étages, très grandes fenêtres à croisillons, belle maçonnerie en pierres de taille, cour, chapelle et jardin.
Un peu plus loin se trouve la grande basilique de Notre-Dame de Bon secours dont la vierge perchée sur un haut clocher domine toute la région. Notre-Dame de Bon Secours a été édifiée entre 1829 et 1855 sur les vestiges d'une ancienne chapelle de pèlerinage du XVIe siècle. En 1930, elle est élevée au rang de basilique mineure et reste un haut lieu de pèlerinage. A l'intérieur, il est possible de découvrir plusieurs objets classés aux Monuments Historiques, à l'instar d'une statue de Vierge à l'Enfant en bois sculpté de la fin du XVIIe siècle, ou d'une Mise au tombeau, toile datant de la même époque.
D’anciennes écuries réaménagées abritent, dans un cadre intimiste, la Ferme Théâtre de Lablachère. Lablachère est également connue pour accueillir la ferme et les activités alternatives de Pierre Rabhi situé au Mas de Beaulieu.
Au hameau de Prieuré, vous découvrez un pont mégalithique de 16 m de long, un pont pratiquement unique en Europe. il s’agit du Pontet appelé aussi Pont de Barcelone qui enjambe un ruisseau, affluent du Sébézon, qui coule, ou pas, au gré des saisons, au lieu-dit Le Prieuré. Ce pont est constitué de pierres sèches mais sa construction n’a pas pu être datée. Ce genre d’ouvrage appelé mégalithique est d’une extrême rareté. Les 15 dalles de grès qui le composent et son architecture proche de celle de dolmens de la région que l'on peut admirer autour de Lablachère ne sont pas sans rappeler l'architecture des dolmens de la région. Le pont mégalithique du hameau du Prieuré est principalement utilisé en octobre, novembre et avril, en période de grosses pluies.
Pour profiter de la faune et de la flore, et faire quelques randonnées en famille ou entre amis, direction la forêt de Beauzon et son chemin des muletiers, ou encore le plateau des Gras, étendue calcaire classée zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique. On peut également cheminer sur le sentier vigneron de 8 km à la découverte des vignobles en terrasse, faïsses aux murs en pierres sèches, qui accueillent le Chatus, cépage emblématique de la région.