Situé au sud-ouest du Piémont ardéchois, Les Vans et ses alentours jouissent d’un territoire aux routes départementales où se côtoient oliviers et châtaigniers, souvent désertes et offrant des panoramas sur les vallées et les montagnes. Chênes verts, pins maritimes, oliviers et fougères composent une surprenante palette végétale, complétée par les curiosités du bois de Païolive. Ici, s’échangeaient et s’échangent encore, les productions du Massif central et celles du sud-est : céréales de la montagne contre vin de la région. Plusieurs foires et marchés permettaient aux agriculteurs du pays et à des marchands venus de l’extérieur de vendre les produits essentiels : sel, vin, huiles, viandes, châtaignes, céréales, fruits…
À cette activité agricole, s’ajoutait celle des artisans, qui fabriquaient sur place la plupart des articles utiles à la vie quotidienne : l’artisanat local se fondant sur le travail des peaux et des cuirs, des tissus et toiles : laine, chanvre, soie, mais aussi du métal et plus tard de la poterie. Une cinquantaine de hameaux et quartiers constituent ce village aux magnifiques paysages. Le nom « Vans » viendrait soit d’un terme celtique signifiant "versant", soit plus sûrement du radical oronymique ligure (préceltique)
Situés à quelques lieues seulement de la plus ancienne grotte ornée du monde, creusée au flanc d’un méandre de l’Ardèche : la grotte Chauvet, le territoire des Vans ou ses environs immédiats furent peuplés dès la préhistoire ancienne. En témoignent, dans les gorges de la rivière Chassezac, les sites de Casteljau et de l’Abri des Pêcheurs. Période lointaine de la préhistoire, époques gauloise et gallo-romaine, ont connu l'occupation humaine temporaire sur des temps plus ou moins longs, mais la cité des Vans ne devint réalité qu'au XIIe siècle.
Cette période voit l’explosion de l’art Roman dont on peut encore observer les édifices : églises de Gravières et de Naves, bâties à la fin du XIe siècle et les églises de Chambonas et Thines. En 1208, une bulle du pape Innocent III ratifiait la donation des Vans à l’abbaye de Saint-Gilles-du-Gard. Au fil des siècles, prospérité et calamités dues aux épidémies et aux incessantes guerres se succédèrent. La ville fut alternativement protestante puis catholique au gré de l’issue des combats des guerres de religion. À l’époque troublée de la Révolution, elle fut le théâtre de nombreuses exécutions suite à différentes révoltes et massacres… Le début du XIXe siècle est marquant dans l’histoire des Vans car c’est à cette période que la région connaît un essor sans précédent grâce à la sériciculture, devenue depuis un élément central de la culture sud-ardéchoise.
Vous trouverez sans aucun soucis, une place pour stationner votre véhicule. Puis, dirigez-vous vers l'office de Tourisme Cévennes d'Ardèche - Bureau des Vans, situé Place Léopold Ollier, afin de récolter un maximum de documentation pour préparer votre visite dans ce village de caractère.
Votre visite peut commencé extra-muros, par les Chauchières, quartier à proximité des cours d’eau. Les Vans constituaient au Moyen Âge, un véritable carrefour routier. Ce site etait idéal pour le travail des peaux et la confection des outres qui servaient au transport du vin, dans un sens, et des céréales. Une dérivation de la "Grande Fontaine", l’écluse ou "Resclauze", résurgence venant de Naves, alimentait les moulins à grains et à huile. Tous les cours d’eau ont été recouverts dans la première moitié du xixe siècle.
Sur la place de la Grave, datant du xviiie siècle, s’élève un symbole du patrimoine scientifique : la statue de Louis-Léopold Ollier, illustre père de la chirurgie ostéo-articulaire. Nommé professeur de Clinique chirurgicale à la Faculté de médecine de Lyon, en 1877, il poursuit ses activités dans son service de chirurgie osseuse de l’ Hôtel-Dieu jusqu'en 1900. À la mort du professeur Ollier, une souscription mondiale permet d'élever aux Vans une statue monumentale en bronze, réalisée par Boucher.
La place de la Grave fut le théâtre de plusieurs exécutions. Des troubles avant-coureurs de la Révolution française éclatèrent au Pays des Vans en 1783. Des dizaines de personnes grimées, le visage noirci, écumaient la campagne, agressant les notables et surtout les hommes de loi. La répression fut relativement modérée ; mais le meneur fut pendu et deux de ses acolytes condamnés au supplice de la roue sur l’esplanade de la Grave aux Vans. Dans le cadre de la tentative d’insurrection contre-révolutionnaire en juillet 1792, connue sous le nom de Troisième Camp de Jalès. L’opération avorta et son principal dirigeant, le Comte de Saillans, fut exécuté sommairement sur la même esplanade de la Grave. Deux jours après, neuf prêtres réfractaires, dont huit arrêtés à Naves où ils s’étaient réfugiés, furent les victimes innocentes de l’atmosphère ambiante de peur, de fausses rumeurs et de violence : ils furent massacrés par de prétendus patriotes, toujours sur la Grave. La Croix de la Grave commémore l’exécution en 1792 de neuf prêtres réfractaires à la constitution civile du clergé et du Comte de Saillans, chef de l’insurrection royaliste, avec quatre de ses compagnons de fuite.
Prendre la direction de la mairie, au milieu de cette rue du temple, l’hôtel de Justice a édifié en 1413, démoli au début du XIXe siècle, tenait lieu de prison. Sur la droite, sur la route de Païolive se trouve le temple protestant. Inauguré le 7 mai 1826, ce bâtiment est le troisième temple protestant des Vans. Le prieur Claude de Beauvoir du Roure et son vicaire, Jacques Lahondès, furent les premiers propagateurs des idées évangéliques et se rallièrent au protestantisme dès 1563. L'église de Vans fut alors démolie et remplacée par un temple. En 1631, les Protestants durent céder leur temple aux Catholiques et achetèrent un terrain pour édifier un nouveau temple rue Neuve, détruit après la révocation de l'Edit de Nantes. Au XIXe siècle, Eugène Guérin de Quissac devint pasteur et fut à l'initiative de la construction du temple actuel. Devis et plan furent approuvés en 1823. Les travaux s'achevèrent en 1825 et l'inauguration eut lieu le 7 mai 1826. De plan centré, le temple s'ouvre au nord par un porche pourvu d'un portique à quatre colonnes. Une petite sacristie est bâtie au sud. Les peintures intérieures ont été refaites en 1971-1972, entraînant la disparition des inscriptions bibliques qui étaient situées de part et d'autre de la chaire.
Tournez dans rue Ladevèze, puis engagez-vous dans la rue de la remise. En contre-bas de la rue du Couvent se trouve un Lavoir de 1851, dont sont encore visibles les bassins de lavage et de rinçage. Dans leur prolongement, un troisième bassin, celui des teinturiers, est aujourd’hui enfoui sous la place. Poursuivre vers le Musée des Vans situé en bordure du centre ancien des Vans, le musée est installé dans les bâtiments d’un ancien couvent et d’une ancienne filature de soie. À travers cinq expositions le musée dévoile les différentes facettes d’un territoire très contrasté mais qui forme un tout singulier : la Cévenne ardéchoise. Les collections de géologie, d’archéologie, d’ethnographie et de médecine font découvrir la nature, la culture ou la personnalité des hommes qui ont façonné cette région historique.
Après avoir profitez du beau point de vue continuez dans la Rue du Couvent. La Chapelle du couvent des Sœurs de Saint-Joseph fut construite entre 1839 et 1841. Cette chapelle appartenait à l’ancien couvent de la Congrégation de Saint-Joseph des Vans qui s’étendait sur tout ce quartier. La chapelle fut aménagée au premier étage, un accès intérieur permettant aux religieuses d’y accéder, et une montée d'escalier y accédant depuis l'extérieur. L'édifice ferme ses portes en 1999. L’immeuble est transformé en logements en 2004. La chapelle est acquise par la commune qui la transforme, en 2010, en espace culturel, pour des expositions, conférences, spectacles. Le choeur, la voûte, les colonnes et les vitraux ont été préservés.
Proche du couvent Saint-Joseph des Vans, admirez l'ancienne Maison de vacances de Joseph Valentin Boussinesq (1842-1929). Eminent mathématicien, spécialiste de la mécanique des fluides, de la mécanique des sols et du génie civil. Une plaque commémorative a été apposée sur la façade de la maison. Traversez la place de l’Oie et prendre à gauche la rue de la Porte de l’Oie. Vous voilà sur le lieu de convergence souterraine des ruisseaux Des Vans, couvert au XIXe siècle après le transfert du cimetière dans un autre secteur de la cité. La fontaine date de 1876. La Tour de garde de cette entrée de ville de du XIVe siècle.
Ce quartiers nommé "le fort vieux" accueille l'église Saint-Pierre-aux-Liens. Église romane fondée tout d'abord par les chanoines de Saint-Ruf, elle est reprise par les moines de Saint-Gilles au XIIIe siècle ; les Protestants s’y établissent ensuite en 1563, jusqu'au retour des catholiques entre 1658 et 1681. L'église romane est en partie détruite après 1564 alors que les Vans passe à la Réforme. La nouvelle église est construite à partir de 1664 d'après les plans de l’architecte Brun, sous l’égide de Claude de Roure, abbé de Malons. L’église abrite deux retables en bois de Jean Enghelbert et des stalles provenant de l’abbaye des Chambon.
Lors de sa reconstruction en 1664, aux frais de la communauté, Claude De Roure se réservant celle du chœur, il le dota d’un magnifique retable de style baroque. Ce magnifique retable occupe la totalité de la largeur du chevet et s’éleve très haut vers la voûte. Taillé dans le chêne et le noyer, il est riche d’éléments ornementaux : colonnes corinthiennes, chapiteaux, panneaux sculptés, frises, moulures, balustrades, statues, angelots. Sa richesse contraste avec l’austérité de la nef. Le grand tableau central du retable représente la crucifixion de Proud’hon. Il est encadré des statues de Saint Pierre et Saint Paul. La période révolutionnaire faillit être fatale au retable
L'église Saint-Pierre-aux-Liens abrite d'autres tableaux : la Vision de Damas, la Pêche Miraculeuse, Adoration des Bergers, ainsi que des stalles et un autre retable du XVIIème siècle, classés au titre d’objets d’art. La nef comprend un triforium, bordé d'une balustrade. Elle est voûtée en berceau brisé. Le chœur est voûté en croisée d'ogives. La nef de l'église étant sécurisée par une baie vitrée, fermée en dehors des offices, il est prévue une petite chapelle-oratoire à l'entrée sur la droite pour s'y recueillir. Elle est ornée d'un Christ en Croix et d'une statue de la Vierge à l'enfant.
Poursuivre dans la Rue du Cancel, admirez la Maison natale du docteur Léopold Ollier, la Maison Klein datant des XVIe -XVIIIe siècles, la Maison Grangousier, Belle maison dont les parties les plus anciennes remontent probablement au XVe siècle : salle voûtée, escalier à vis, ancienne façade, plafond à la française… Prendre sur votre droite la rue de la Fontaine, la Grande Fontaine date de 1835 environ. Vous entrez dans un second quartier des Vans : la ville haute. Hors d’atteinte des inondations, ce quartier conserve encore les casernes où logeaient les garnisons avant la Révolution. Le point culminant est la "Tour carrée", à proximité de l’hôtel de ville construit par Louis Enghelbert, petit-fils du sculpteur, et acheté par la commune en 1777.
Passez la Portette, passage très étroit pour déboucher sur la rue de la Haute Fontinelle qui vous conduira au troisième quartier, celui de "la ville basse". Prendre sur la droite la rue du Marché, un ruisseau servant d’égout coulait au milieu de la large rue du marché. Au niveau de la Place du Marché, admirez la Maison Rouvière. Belle maison construite à partir de 1650 et qui lors d’un agrandissement fut dotée d’un arceau au rez-de-chaussée afin de créer une halle pour les foires et marchés.
Prendre la montée du carmel où se trouve la chapelle des Carmélites. Le Carmel est aujourd'hui un hôtel de charme et table gourmande. Le Carmel est un ancien couvent de Carmélites, fondé au milieu du XIXe siècle par Sœur Marie-Carmel de la Croix, du Carmel d’Avignon. Le couvent reste en activité pendant presque cent trente ans, mais devant l’absence de vocations, et le vieillissement des sœurs encore présentes, le bâtiment et ses annexes est déconsacré, et ses habitantes quittent l’Ardèche. Le lieu reste inoccupé pendant une vingtaine d’années, puis il sera vendu et transformé petit à petit en hôtel-restaurant. Les chambres sont les anciennes cellules des sœurs, le réfectoire tient lieu de salle de restaurant, les salles de réunions sont l’ancienne salle du chapitre dans laquelle se réunissaient les sœurs supérieures de la congrégation, et la salle des chœurs, où venaient chanter et prier les Carmélites, qui étaient entendues par les fidèles, mais ne pouvaient pas être vues.
Les Vans est le point de départ vers de nombreuses excursions dans le Vivarais cévenol et la vallée du Chassezac. Les plus spectaculaires balades mènent au village de Thines (15km au nord par la D901, la D13 et la D513), perché au-dessus d'un torrentet qui possède une église construite en grès de couleurs différentes, à celui de St Jean de Pourcharesse (18km au nord par la D10) d'où la vue sur les "becs" de la Banelle et le Guidon du Bouquet est saisissante. On peut aussi, par la D113, remonter la vallée de la Borne, très encaissée, jusqu'aux Beaumes. Non loin des Vans vous pourrez admirer l’Ermitage Saint Eugène qui domine le village de Chassagnes. À découvrir absolument à quelques kilomètres des Vans, le Bois de Païolive, ce chaos calcaire s'étend sur un peu plus de 15 km carrés sur les deux rives du Chassezac.