Pour vous rendre à Ribes en venant de Joyeuse prendre les D203, D450 et D550, la route traverse différents hameaux : le Prat, Gineste, le Château, l'église (chef-lieu), les hameaux du Gelly, du Chauvet, du Fabre, de Labeaume, du Serre. A partir de Saint André-Lachamp traversez les hameaux des mas de Lafont, du Ranc, de la Bastide et de Ribette. Ribes, perché s'accroche vaillamment à la montagne, blotti sur l'adret d'une vallée, il est la porte d'entrée des trois vallées : Beaume, Drobie, Alune, à l'intérieur du Parc Naturel Régional des monts d'Ardèche. Dans un hameau subsiste ce qui a dû être le donjon d'un château médiéval, masqué aujourd'hui par des constructions plus tardives qui lui ont été accolées, ainsi qu'une ancienne filature, avec sa coconnière à la silhouette d'orangerie.
Descendant du massif du Tanargue, la Baume s'est d'abord frayé un passage depuis Valgorge à travers le massif granitique qu'elle traverse par une gorge encaissée ; en aval de son confluent avec la Drobie, avant d'arriver à Rosières, elle ouvre sa vallée dans les roches sédimentaires gréseuses sur lesquelles se sont implantées autrefois les paroisses de Vernon et Ribes. Le village et les vignes se dorent au soleil dans un site magique. Depuis ces vallées sauvages le spectacle est saisissant, les châtaigniers se souviennent de la rudesse de la montagne, même si les rivières aspirent à la douceur de vivre. Les bords de route offrent d'espèces variés, elles se caractérisent par de belles terrasses (faïsses) où poussent châtaigniers, oliviers et vignes.
Le joli petit village cévenol de Ribes a connu sa prospérité grâce à l'élevage du vers à soie, aujourd'hui la vigne se marie avec les châtaigniers mais également les oliviers. L'ensoleillement important, les sources nombreuses, l'altitude différenciée, permettaient autrefois de cultiver sur le territoire d'une même commune aussi bien les oliviers, ou les mûriers nécessaires à l'élevage des vers à soie, que la vigne et les châtaigniers, et la polyculture faisant vivre une population alors nombreuse. L'agriculture reste vivante sur le plateau médian avec des vignes étagées sur de larges faïsses en amphithéâtre.
Du latin Rippe, Rippis, signifiant « bords, rives », ce nom est mentionné dès 1275 dans les écrits monastiques, Sancta Maria dei Rippis. Ribes n'était qu'une baronnie, non admise à siéger aux États du Vivarais. En 1111, l'évêque de Viviers cède l'église de Ribes aux moines de Cluny. En 1259, sous Saint Louis, la paroisse revient dans le diocèse de Viviers. La seigneurie de Ribes a laissé peu de traces dans l'histoire. La baronnie de Ribes a relevé successivement de quelques grandes familles du Vivarais, dont les La Fare et les Vogüé.
En rive droite de la Baume, L'habitat de Ribes, installé plus haut sur des replats mieux ensoleillés, est dispersé entre plusieurs petits hameaux, dont celui regroupant église et mairie, et en mas isolés. Les constructions sont réalisées en bel appareil de grès, souvent implantées sur les terrains les moins propices à l'agriculture (substrat rocheux, ruptures de pentes). La pierre locale est le grès du Trias, utilisé massivement pour les murs de soutènement des faïsses et pour la construction des maisons et bâtiments anciens. Maisons rurales typiques avec de nombreuses ornementations sculptées sur les fenêtres à meneaux, les linteaux de ces hameaux, en particulier ceux signés après 1860 de Jean Souchère, maître maçon. Une découverte a été faite en 1973, en démolissant une grange, le "trésor de Ribes", avec de nombreuses monnaies d'or, d'argent, de billon, caché après 1620, vers la fin des guerres de Religion.
L'église de Ribes dédiée à l'Assomption de la Vierge, mérite votre attention. C'est une église romane, dont subsistent l’abside et ses fresques tardives, récemment dégagées. Sur le cul-de-four, le Christ en majesté dans une mandorle, entouré des symboles des quatre évangélistes ; en-dessous, trois tableaux représentant des scènes de la vie de la Vierge. Le reste de l'église, en trois nefs voûtées en plein cintre, a été agrandi et reconstruit au XIXe siècle. L'ensemble est simple et lumineux, un meuble ancien justifie un détour par la sacristie. Le clocher récent a été construit en 1953, avec la volonté de « faire du solide » et l'emploi incongru de béton.
Continuez votre visite en direction de l'Espace Louis Bresson. Cet espace muséal a été agréablement aménagé par l'association dans l'écurie voûtée d'une maison ancienne acquise par la commune. On y trouve de nombreux moulages d'oeuvres réalistes, souvent très fines, de ce « sculpteur - paysan » de Ribes qui s'est formé lui-même en travaillant le grès local avant de se faire connaître à Paris et ailleurs, retiré sur le tard dans son village natal où il est mort en 1983. A voir également l'ancienne voie romaine, les tombes mérovingiennes… Dans un hameau proche, surmontant un bâtiment qui date au moins du XVIIIe siècle, une cheminée dite parfois « sarrasine », à la mitre conique ajourée. Sur la route de Valgorge, admirez la façade très visible d'un manoir de style Renaissance, agrémenté d'élégantes fenêtres à meneaux.
A l’entrée du village de Ribes profitez du sentier pédestre du châtaignier pour découvrir le châtaignier dans son environnement. Au fil du sentier le visiteur peut remarquer les différents visages de la châtaigneraie, du taillis sauvage aux vergers entretenus en passant par les jeunes plants nouvellement greffés. En partant à la rencontre des différentes variétés de châtaigniers, jeunes Marigoules vigoureux ou vieux “Aguyane” creux, le sentier fait découvrir les divers aspects de culture de l’arbre : greffage, irrigation, élagage.
Poursuivre votre escapade en direction de la Grotte-cascade de Baumicou. Du parking un sentier balisé descend à travers les vignes vous amènent sur le rebord d'un plateau gréseux dominant la vallée de la Baume, que vous suivez vers le nord, découvrant progressivement les curieuses formations en relief dites « tétines de Vernon ». Ces pointements gréseux de quelques dizaines de centimètres à un mètre de haut semblent être le résultat d'une érosion différentielle dont l'origine est encore mal expliquée. Le sentier vous conduit en fond de vallon à la cascade du Baumicou, haute de près de dix mètres, où ce ruisseau temporaire franchit une barre rocheuse dont la base affouillée forme abri sous roche.