Le musée de la chaussure de Romans est une invitation au voyage, autour de la terre comme dans le temps. Plongez dans l’univers de la chaussure en partant à la découverte de la richesse des collections dans l’histoire des hommes et des femmes qui l’ont écrit. En bonus, ces collections sont présentées dans un écrin prestigieux : l'ancien couvent de la Visitation datant de 1610 entouré par des jardins aménagés et classés à l'inventaire des monuments historiques.
Ouverte en 2019, la cité de la chaussure vous ouvre les portes de l'artisanat local, du travail du cuir et de la fabrication de la chaussure 100% réalisée à Romans. La Cité comporte un magasin de 300m² et des ateliers de fabrication visitables, il suffit de réserver auprès de l'office du tourisme.
Quand la chaussure raconte les hommes
L’histoire de la chaussure remonte à bien longtemps avant notre ère… Elle a toujours été un moyen d’afficher son statut social.Les sandales ont été inventées par les Égyptiens pour se protéger de la chaleur du sable. Elles étaient fabriquées en fibre de papyrus, il y a environ 3 000 ans av. J.-C. C’est au Moyen Âge que les premières chaussures cousues apparaissent ainsi que leur mode de fabrication, que l’on utilise toujours aujourd’hui. Remontez le temps et découvrez l'évolution de la chaussure au fil du temps !
La chaussure à toute sa place dans la ville qui doit sa renommée au travail du cuir et de la chaussure. A la fin du XIXe siècle, cette activité se développe avant de devenir l'activité économique principale qui fait de Romans « la capitale de la chaussure de luxe ». Romans-sur-Isère était avant tout une ville où le tannage était présent. En effet, la ville disposait à l’époque de l’eau propre et claire de l’Isère et de canaux proches du quartier de la Presle, des ressources idéales et propices au tannage du cuir. C’est donc tout naturellement que l’industrie de la chaussure se développe à Romans-sur-Isère afin d’être au plus proche des fournisseurs.
La chaussure a connu son heure de gloire entre les deux guerres mondiales et son apogée entre 1945 et 1970. Elle a entraîné avec elle une multitude d’autres sociétés telle que la production de boîtes à chaussures, cirage, colles, semelles… A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, on compte plus de 5 000 personnes travaillant dans le domaine de la chaussure à Romans, tous secteurs confondus. Dans la seconde moitié du XXe siècle, les entreprises les plus importantes et capables d’investir et d'innover continuent à fabriquer des chaussures de luxe qui sont vendues en France et exportées dans le monde. A la fin des années 1990, de nombreuses entreprises ferment. Romans reste cependant attaché à la chaussure, avec des entreprises et initiatives qui perdurent et se développent : son histoire et son savoir-faire exceptionnel sont bien entendu mis en lumière au musée.
L'histoire du Musée International de la chaussure
Marie-Madeleine Bouvier, fondatrice du groupe folklorique Empi et Riaume, est à l'origine du musée en 1954. Dans le cadre de ses recherches sur les danses folkloriques, Marie-Madeleine Bouvier collecte des informations et des objets. Son musée présente des reconstitutions des scènes de la vie dauphinoise et une petite collection de chaussures du XIXe siècle de provenances diverses. Le musée devient municipal en 1962. Mademoiselle Bouvier fait don de sa collection à la ville de Romans-sur-Isère.
Sous l'impulsion de Georges-Henri Rivière, père de la muséologie en France, et sur les conseils de Marie-Madeleine Bouvier, la ville de Romans s'oriente vers un musée thématique lié à l'activité économique du territoire. En 1968, la ville fait l'acquisition de la collection du modéliste parisien Victor Guillen. Cette collection, constituée de 2 000 pièces, touche cinq continents et recouvre quatre millénaires. La ville de Romans, propriétaire de l'ancien couvent de la Visitation acquis en 1908, décide d'y installer le musée qui sera officiellement ouvert le 11 décembre 1971.
Le musée s'attache alors à montrer la chaussure sous l'angle technique, ethnographique et artistique. Outils, machines, documents divers retracent l'histoire locale de la mégisserie, de la tannerie, tandis que la chaussure est évoquée à travers les diverses et importantes collections du musée. En 1992, les anciennes cellules des religieuses visitandines sont restaurées et aménagées dans le but de présenter au public la chaussure comme témoin de civilisation et objet d'art de l'Antiquité à 1900. Le musée prend officiellement l'appellation "musée international de la chaussure", appellation qui trouve sa légitimité puisque l'on parle de l'histoire mondiale de la chaussure.
En 2003, la ville fait l'acquisition de tableaux du XVIIème au XIXème siècle grâce au soutien financier du FRAM et de l'Association des Amis du Musée. Une salle consacrée à la représentation de la chaussure dans la peinture est alors aménagée. Outre l'intérêt pictural, cet ensemble permet de visualiser l'univers de la fabrication du XVIIe à la fin du XIXe siècle et montre la permanence de l'outillage à travers les siècles. De nouvelles salles "La chaussure moderne et contemporaine" complètent le parcours historique en 2019-2020.
Ce Musée International de la chaussure vous invite à nous interroger… pourquoi portons nous des chaussures ? Pour des raisons historiques, géographiques, artistiques, esthétiques, techniques, économiques, sociologiques, anthropologiques... La créativité des hommes a su faire naître des chaussures parfois extravagantes et plus ou moins pratiques mais ayant une utilité pour chaque activité.
Le musée de la chaussure à Romans-sur-Isère vous fait voyager à travers les époques. La visite du musée conte l’histoire industrielle de la chaussure romanaise, l’évolution de la chaussure dans les différentes civilisations comme les bottes de mousquetaires, bottillons de femmes chinoises pour pieds mutilés, poulaines du Moyen âge, la sandale égyptienne… soit plus de 16 500 pièces de collection de l'antiquité à nos jours y sont présentées. La richesse des collections du musée international de la chaussure tient à la diversité des chaussures qu'il conserve, une collection unique qui fait référence en France et dans le monde. Les collections sont fréquemment échangées afin de réceptionner des nouveautés régulièrement.
Un dépaysement total de découvrir les collections exposées des plus classiques aux plus farfelues. Curieuse, extravagante, précieuse, simple, quotidienne, raffinée, exotique, la chaussure s'expose sous toutes ses formes. Vous pourrez découvrir lors de votre visite les bottes de sept lieux, gigantesques mais idéales pour la pratique du cheval. Certaines chaussures sont associées à des rites et traditions particulières comme le patin en bois recouvert de clous pour fakir. Sandale, soulier, botte se déclinent au pluriel sur plus de 2500 m2 d'exposition.
Dans la salle dite de la tannerie, sont présentées l'histoire et les techniques de la tannerie, de la mégisserie et de la chaussure à Romans de ses origines à nos jours. Reconstitution d'un salon d'essayage pour évoquer la notion de marche, de posture ainsi que le vocabulaire lié à la chaussure. Admirez aussi, un ensemble de peintures et d'arts décoratifs du XVIIe au XXe siècle évoquant au thème de la chaussure à travers des scènes de vie quotidienne. Vous déambulerez ensuite vers les collections plus contemporaines avec les créateurs du XXe siècle. Ces personnalités ont marqué la manière de porter les chaussures comme André Pérugia, Roger Vivier, Andrea Pfister... Les collections du musée comptent également plus de 20000 objets. .
Un parcours urbain en centre ville de Romans-sur-Isère met en valeur dix chaussures monumentales inspirées de modèles emblématiques et remarquables du musée. Prolongement du musée "Hors les murs", le parcours permet de découvrir les créations de bottiers de renoms tels Jourdan, Robert Clergerie (en), Kélian, Pfister, Couvé-Bonnaire, Roger Vivier, Pérugia.