Depuis Valence pour vous rendre à Crest prendre la D111 (31 km). Entre Drôme provençale et Vercors, la route traverse une belle vallée fertile aux paysages au riche terroir, entre hauts plateaux du Vercors et parfum de Provence. Le village est dominé par une crête rocheuse, au nord de la ville, site d'un donjon dominant le cours de la Drôme, dernières rivières sauvages d’Europe. La ville de Crest s'est développée le long d'un ancien axe romain reliant les villes de Die et de Valence. Son nom vient de l'occitan "crest", lui-même du latin crista « crête d'un oiseau » qui a pris, comme en français, le sens de « crête de montagne, sommet, cime ».
On ne connaît pas la période exacte de son origine. Elle est mentionnée pour la première fois en 1120, dans une lettre écrite par le pape Calixte II, de passage à Crest, sous le nom de "Crista Arnaudorum", la Crête des Arnaud. Crest a conservé dans ses pierres, les traces de son histoire. Crest passa aux mains des évêques de Die en 1145, qui y construisirent un château. Peu de temps après, les Poitiers, Comtes de Valentinois, se revendiquèrent propriétaires de la moitié de la ville. Ils bâtirent alors un autre château en contrebas de celui de l’Évêque.
L’histoire médiévale de la Ville est ainsi marquée par la rivalité qui opposa les comtes de Valentinois aux évêques de Die. En 1419, la ville de Crest devint propriété royale, le dernier comte de Valentinois étant mort sans héritier. Elle fut, au cours de l’histoire, cédée à différentes familles dont les Grimaldi, Princes de Monaco, de 1642 à la Révolution. Le XIXe siècle fut marqué par le coup d’État de Napoléon III en 1851, épisode au cours duquel Crest se distingua par un mouvement de résistance réprimé dans le sang.
Riche d'un passé médiéval important, Crest compte de nombreux édifices et monuments, permettant ainsi de se plonger dans l'histoire de cette cité de la Drôme provençale. Ces vestiges du temps racontent l’histoire de la ville, aujourd'hui, le nom des rues de la vieille ville et des quartiers évoquent son passé. Le vieux quartier de Crest, au pied de la tour, recèle de jolies ruelles étroites, des escaliers zigzagants, quelques vieilles demeures et de jolies placettes. La ville de Crest possède aussi le plus long pont en bois de France. Découvrez-les lors de vos promenades !
Après avoir stationné votre véhicule dans l'un des nombreux parkings dans la ville, dirigez-vous vers l'office de tourisme pour récolter des informations pour votre visite. Laissez-vous guider dans les rues de la cité, du Moyen Âge à nos jours avec trois circuits thématiques complémentaires pour découvrir Crest, son histoire et son patrimoine.. Les points numérotés indiquent les lieux à découvrir et renvoient aux notices.
Vous pouvez commencé votre parcours par le monument des Insurgés, situé Place de la Libération. Adossé à un pylône de pierre au sommet duquel claironne fièrement un coq, la statue en bronze représente un jeune paysan, son fusil à la main, bravant du regard la tour qui lui fait face. Traversez le Pont Frédéric Mistral, en profitant du paysage magnifique sur la rivière. Un pont en pierre existait depuis le Moyen Âge, avec sa porte d’entrée de Crest pour percevoir les taxes. Remanié au cours des siècles, il est détruit en 1940. Un nouveau pont de pierre à trois arches est construit en 1943.
Situé au carrefour de trois rues : rue de la Tour, rue de Saboury et rue Saint-François, la fontaine de Sabori est répertoriée dans un inventaire des droits seigneuriaux datant du 27 mai 1278, ce qui prouve qu’elle existait bien avant cette date du XIIIe siècle. Sur la droite, l'actuelle Caisse d’Épargne, Quai de Verdun est l'ancienne Maison de la Poste, construite en 1820, elle fut aménagée sous le Second Empire pour accueillir les notables du "Grand Cercle de Crest ", puis transformée en bureau de Poste et en banque. Engagez-vous dans la rue Maurice-Long, au n°11 la Maison Chabrières a été probablement construite vers le milieu du XVIIIe siècle avec des aménagements au cours du XIXe siècle.
Revenez sur vos pas pour prendre la rue des Cuiretteries, au n°3 se trouve la Maison Breyton, également nommée immeuble Labretonnière. Elle appartenait à Mme Bretonnière, veuve d’un officier des troupes protestantes de Lesdiguières. Philippe Labretonnière (1770-1851) était député de la Drôme, son fils (1795-1869) fut maire de Crest de 1852 à 1861. Cette maison construite au XVIe siècle montre une influence directe de la Renaissance italienne.
Continuez dans la Rue des Cuiretteries, cette longue rue couverte située au cœur du quartier historique des artisans et de l’industrie : tannerie, textile, passe sous d’anciennes fabriques et des immeubles d’habitation. Elle débouche dans la rue de la République, sur la gauche, au n°2 se trouve l'ancien hôtel de Pluvinel. Cet hôtel particulier est typique, avec ses corps de bâtiments, sa cour et la partie résidentielle, à l’arrière, ouverte sur des jardins. Sur la Place du Général-de-Gaulle admirez la statue de Jésus Ecce Homo, insérée en hauteur dans le mur d’un immeuble. Cette statue du XVIe siècle pourrait provenir de l’ancienne église Saint-Sauveur.
L'église Saint-Sauveur est un très bel exemple du style néo-classique du XIXe siècle. Vous pouvez observer d'ailleurs des influences italiennes, comme l'atteste sa façade qui évoque un temple antique avec des colonnes ornées de chapiteaux à volutes que surmontent une frise et un fronton triangulaire. Reprenez la rue de la République, au n°9 la Maison Delphinale la construction de cet édifice remonte au XVe siècle. En 1419, les rois de France hérite de cette maison qui sert alors d’auditoire de justice aux rois de France. Sa façade est refaite au XIXe siècle.
Au n°14, prenez le temps d'admirer la Maison La Tour du Pin Montauban. La Tour du Pin Montauban (1750-1810) était marquis de Soyans et gouverneur de Crest. Cet hôtel particulier domine la rue par son imposante façade, composée de quatre niveaux : le rez-de-chaussée, puis deux étages nobles et enfin un étage attique, où sont sculptées 7 têtes représentant les 7 pêché capitaux. Prendre à gauche dans la Rue des Chapeliers, puis Rue de la Pierre où se trouve l'ancien hôtel de Ville, 2e immeuble en partant de la gauche. L’immeuble a appartenu aux Poitiers et aux rois de France, mentionné dans leur inventaire crestois en 1278. Au bout de la rue, tournez à gauche et toute suite à droite dans la Rue des Vieilles-Prisons. C'est dans cette rue que ce trouvait la Prison des Princes de Monaco. Les armoiries de la famille Grimaldi sont encore visibles, au-dessus de la porte de l'édifice, gravées sur la pierre, entourées d’un cadre à moulures et surmontées d’une couronne de prince.
Poursuivre sur la gauche dans la Rue Peyrière, puis une nouvelle fois à gauche dans la Rue de Saboury. Situé à l’angle de la rue de Saboury et de la rue Saint-François, le couvent des Ursulines était, avec celui des Visitandines, l’un des deux couvents de femmes de Crest intra-muros. À la demande des consuls de Crest, les religieuses de Sainte-Ursule s’installent à Crest au XVIIe siècle. Dans la Rue de Saboury, "la fontaine de Sabori" est connue depuis le XIIIe siècle. Son eau est réputée pour ses qualités gustatives, « savoureuses ». Au début de la Rue de la Tour, remarquer la Maison Vanber. Cette maison était l’atelier du peintre et sculpteur Albert Voisin dit Vanber (1905-1994). Marqué par le mouvement cubiste, Vanber s’installe à Crest en 1956. Il puisa son inspiration dans les paysages et la vie quotidienne drômoise.
La Porte de Montségur, situé chemin des Remparts date XIVe siècle, également nommée Porte Saint-André ou Porte des Écus du Diable en raison de la représentation des blasons des Poitiers aujourd’hui disparus. C'est le seul vestige emblématique de l’époque médiévale, témoin de l’architecture caractéristique de la ville. Juste derrière la tour, le site des Trois Croix situées sur le piton rocheux, à côté d'une ancienne chapelle, permet d'observer trois croix symbolisant le calvaire de Jésus, ainsi qu'une petite chapelle. Les Trois Croix sont le point final d’un chemin de croix ou calvaire.
Revenez vers la rue de la Tour, pour visiter cette dernière. Plus haut donjon médiéval de France et d'Europe, la tour de Crest du XIIe siècle est le monument qui a fait la renommée de la ville. Elle est à l’origine la composante majeure d’une vaste forteresse. Tout au long du Moyen-Age, la Tour est au cœur des luttes entre deux seigneurs qui se disputent sa possession : les comtes de Diois et du Valentinois. Haute de 52 mètres, la tour de Crest domine le centre ancien de Crest. Ancienne gardienne d'une des portes des Préalpes drômoises, elle offre une vue panoramique sur les alentours de la ville, et des tables d'orientations permettent de se repérer. Des expositions y sont également régulièrement organisées.
En sortant de la Tour de Crest, prendre la Rue Sainte-Marie en direction de la Chapelle de la Visitation Sainte-Marie, située sur les hauteurs de la ville dans l'enceinte de l'ancien couvent des Visitandines. La chapelle de la Visitation Sainte-Marie, ou chapelle des Visitandines faisait partie d’un couvent construit en 1674 par les Visitandines. Présentes à Crest depuis 1628, les Visitandines éduquaient les jeunes filles dans la religion catholique.
Poursuivre votre visite en direction de la Chapelle des Cordeliers, ancienne église Sainte-Marie. L’origine de cette chapelle n’est pas exactement connue, elle pourrait remonter aux XIe-XIIe siècles. Elle se situe en haut de l'escalier des Cordeliers. Cet escalier fait le lien entre la rue commerçante et la chapelle des Cordeliers. Anciennement appelé "degrés de Notre Dame de Consolation", il est également surnommé "l’escalier de la vertu" car plus on monte et plus on se rapproche de la chapelle.
Au bas de la Montée des Cordeliers, admirez la Fontaine des Cordeliers du XVIIIe siècle. Prendre sur votre droite dans la rue de l'Hôtel-de-Ville, situé au n°28, la Maison Pierre de Richard remonte probablement au XVe siècle. Pierre de Richard, vice-sénéchal de Crest au XVIIe siècle, en est le 1er propriétaire connu. Pendant plus de 100 ans, une quincaillerie occupa le rez-de-chaussée, où différents propriétaires s’y succédèrent. Pour finir cette balade, rendez-vous Place de la Halle au blé où trône l'anciennes Halles aux grains. Une première halle aux grains se situait rue de la Pierre.
Pour les plus courageux, en flanant dans les rues de Crest, il est possible d'apprécier encore de beaux monuments, à l'instar de la Maison Bèche construite par un évêque au cours du XVIe siècle. Nous pouvons également cité le Couvent des Capucins, situé au 116 avenue Henri-Grand.