Aux portes de la Drôme, à mi-chemin de Grenoble et de Valence, Saint-Antoine-l'Abbaye, village médiéval se situe au coeur d'un paysage vallonné de l'Isère. Pour comprendre l’origine de ce village, il faut remonter un peu dans le temps.
Autour de 300 après JC, un agriculteur égyptien nommé Antoine, fervent chrétien, décide de donner ses terres et ses biens aux pauvres pour vivre en ermite. Reconnu comme saint après sa mort, ses reliques furent vénérées et ramenées en France par un seigneur du Dauphiné (Jocelin de Châteauneuf) vers 1070. Les reliques furent déposées dans village de La Motte-aux-Bois qui devient Saint-Antoine-l’Abbaye.
Très rapidement, Saint-Antoine-l’Abbaye va se faire connaître dans le monde entier comme le lieu où se faire soigner du mal des ardents ou feu de Saint Antoine, une maladie venant des céréales, très répandue au Moyen-Age. La légende était en marche. C’est ainsi que sera fondé l’Ordre hospitalier de Saint-Antoine et que le village deviendra une étape clé de pèlerinage.
Aujourd’hui, quand on arrive dans Saint-Antoine-l’Abbaye par l’accès sud via Montmiral, on est ébahi par cette immense église perchée sur une colline, d’une architecture peu classique. L’ensemble de la vielle ville médiévale est bien préservé et permet de se plonger dans la vie d’antan. La ville “nouvelle” s’est développée à côté de cité médiévale, sans la perturber. Il faut traverser le village pour rejoindre le parking principal.
Cette promenade sur les routes touristiques de l'Isère vous fera découvrir Saint-Antoine-l’Abbaye, son abbaye du XIIe, ses ruelles pavées, ses maisons anciennes, ses goulets pentus, ...Déambulez dans les charmantes ruelles et autres goulets du village. on remarque rapidement de nombreux hôpitaux à la
lecture des panneaux de rue. Hôpital des pauvres, hôpital des nobles, hôpital des voyageurs…
C’est en visitant le musée gratuit de Saint-Antoine-l’Abbaye, que nous comprendrons cette obsession avec les hôpitaux. Outre les hôpitaux et centres de soin, Saint-Antoine-l’Abbaye a tout d’un village de caractère. Jolies maisons en pierres aux volets traditionnels et aux devantures fleuries. En déambulant dans ses ruelles, on trouve des petits passages dérobés, appelés “goulets”, mènent à d’autres petites ruelles.
Les "goulets", ruelles étroites à demi-couvertes permettent de rejoindre le haut de Saint-Antoine-l’Abbaye qui se distingue par ses demeures élégantes, aux façades percées de fenêtres à meneaux et tuiles vernissées. On croirait un instant voir les toits des hospices de Beaune en Bourgogne, mais ici on appelle ça un toit dauphinois.Les habitations s’embellissent au gré de l’élévation du rang social de leurs occupants et de leur proximité avec l’abbaye.
Dans la grande cour arborée devant l’église abbatiale, se trouve la maison du tourisme et du patrimoine. il y a quelques boutiques et restaurants pour faire une pause ou flâner. Érigé en grande partie entre le XIIIe siècle et le XVe siècle, ce magnifique édifice, considéré comme l’une des réalisations gothiques les plus remarquables du Dauphiné, répond aux particularités architecturales des grandes églises de pèlerinage du Moyen Age.
Avec ses 62 m. de longueur, 32 m. de largeur et 22m. de hauteur, cette église fut édifiée sur un plan de type basilical. A côté de l’église gothique, les bâtiments conventuels des XVII et XVIIIe siècle, sont de style classique. L’abbaye est bien compartimentée et structurée.
C’est dans les sacristies de l’église, aux boiseries de noyer et de chêne de Hongrie, que l’on peut admirer le trésor des Antonins, pillé durant les Guerres de Religion et en partie reconstitué à la fin du XVIe siècle.
La porterie de l’Abbaye ou procure, construite entre 1657 et 1658, marquait la frontière entre le bourg et l’Abbaye. Elle est constituée d’un corps central flanqué de deux pavillons. Elle abritait le portier de l’Abbaye au rez-de-chaussée et les petits appartements à l’étage étaient occupés par le procureur qui était chargé des relations extérieures.
Le grand Cloître ou grande cour était un lieu de sépulture et de procession jusqu’au XVIe siècle. Il fut remblayé vers 1640 et devient dès lors une vaste cour bordée d’édifices, tels que le bâtiment des étrangers et l’infirmerie sur la droite et les écuries sur la gauche, et plantée d’arbre. Les façades qui l’environnent ont conservé la symétrie et la linéarité du classicisme des XVIIe et XVIIIe siècles.
Entre le bâtiment des Etrangers et l’infirmerie, on aperçoit l’ancien réfectoire, surmonté de la façade ouest du dortoir.
Le bâtiment tout en longueur derrière l’église et dont le fronton triangulaire porte les armes de l’abbé Etienne Galland et les insignes des chanoines, se partageait en 2 : à gauche le noviciat et à droite le professoir. Côté sud-est, en prolongement des bâtiments, s’étendait le Grand jardin où l’on cultivait plantes aromatiques et potagères.
Enfin, du côté de l’église, sur le parvis, un portail monumental permettait d’accéder directement à la Maison abbatiale et son jardin. Le volume du bâtiment donne une idée de la puissance des abbés de l’Ordre. En contrebas, le Bourg-Bas, relié au premier par d’étroits passages sous voûtes, pavés de gros galets, les goulets du Quinquin, du Chapeau Rouge, de la Symeise…
Sur les berges du Lyotan, au pied de l’abbatiale, se trouve le Faubourg, quartier populaire aux maisons de torchis et de bois. Aujourd'hui, les Antonins sont partis depuis longtemps mais il semble que les murs suintent encore l’esprit de la confrérie.
Poussez la porte du musée départemental de Saint-Antoine-L'Abbaye, installé dans l'ancien noviciat. Vous saurez tout sur la surprenante confrérie des Antonins. Et notamment leur art de la pharmacopée, déjà palpable dans le jardin médiéval reconstitué dans la cour des Grandes Écuries.
Il y a plusieurs sentiers balisés qui mènent à travers la campagne environnante: demander des détails à l'office de tourisme de Saint-Antoine-l'Abbaye. Tout au long de l’année ce patrimoine bâti revit grâce à de nombreuses manifestations comme le Festival Textes en l’air, la Foire à l'ancienne, le marché de Noël ou la fête médiévale..