Le Rhône s’ouvre largement en passant le pont de Condrieu, du côté des Roches de Condrieu, la vue sur la ville est splendide. Condrieu est une petite ville située à l’extrême sud du département du Rhône, dans le Parc naturel régional du Pilat.
Il fut d’abord village gallo-romain avant de devenir la propriété de l’Eglise de Lyon. Le château qui domine la ville fut construit au XIIe siècle par l’archevêque, afin de résister aux multiples attaques de ces temps troublés. Condrieu, de même que St Michel et Vérin, fut le berceau des courageux mariniers du Rhône, qui pendant des siècles, assurèrent par voie d’eau les transports entre Lyon et Beaucaire.
Pour visiter Condrieu passer l'ancienne porte d’entrée du village fortifié. Derrière cette porte se trouvait le relais de diligence ainsi qu’une hostellerie destinée à recevoir pèlerins et voyageurs sillonnant la Narbonnaise qui passait à proximité. Prendre la direction de la place du Marché, vous pouvez admirer une tête d’animal très ancienne indiquant qu’ici se trouvait le marché à la viande, marché important datant du Moyen-Age.
Traverser la place pour admirer la chapelle de la visitation. L’ensemble du couvent fut construit en 1664 par la famille de Villars. Ce fut un des premiers couvents des Visitandines. C’est aujourd’hui une propriété privée, la chapelle sert de lieu d’exposition et de concert. Possibilité d’aller jusqu’au belvédère pour un magnifique point de vue par la Montée de la Caille.
Prendre la rue de l’Arbuel, en flanant vous arriverez sur la place Saint-Vincent, vous pouvez voir une statue naïve du XVII e siècle, en bois, représentant le patron des vignerons. Sur la colline en face la tour Garon du nom d’un de ses anciens propriétaires « Garon », cette tour date du XIe siècle. Il s’agit d’une ancienne tour d’angle des premières fortifications médiévales du village de Condrieu.
Redescendre la rue de l’Arbuel, puis traverser le ruisseau au premier pont à gauche, prendre la rue Ecorcheboeuf et ensuite la rue des bouchers où se trouvaient les anciens abattoirs. La personne chargée de tuer les porcs était appelée localement « le tueur ». A noter, tout au long de cette étroite ruelle, les escaliers typiques pour accéder aux habitations.
Direction la rue de la Bonne Vierge et la rue des Récollets « Les Récollets » étaient les frères membres de l’Ordre monastique Franciscain où se trouve la statue de la vierge datant du XVIIIe siècle, elle est connue par les Condriots sous le nom de la Bonne Vierge. Au-dessous se trouve une porte Renaissance au superbe linteau datant de 1393.
Peu après, la voûte que vous apercevez réunissait le cloître de la Visitation au jardin du couvent permettant ainsi aux religieuses de se promener. Emprunter la Rue St -Etienne à droite , traverser la Rue de Belfort, prendre la Rue Crémaillère à gauche. Dans la Grande Rue se trouve la maison de la Gabelle.
Cette belle demeure Renaissance datant du XVIe siècle et restaurée en 1992 est un ancien grenier à sel, le seul encore debout de la province du Lyonnais qui en comptait 32 sous Louis XIV. Elle abritait les appartements du Gouverneur de « la Gabelle » : impôt sur le sel très impopulaire.
Encore aujourd’hui, les contrôleurs des contributions indirectes sont appelés « Gabelous ». Condrieu était un pays de « petite gabelle », c’est-à-dire que le taux de l’impôt y était particulièrement élevé. Visitez l'église Saint-Etienne, elle fut édifiée en 1330 et reconstruite en 1588. Elle possède un porche comportant un tympan et un linteau de style Roman du XIIe siècle réutilisés pour la construction de l’église.
Place du 8 Mai 1945, passer devant la tour des granges. Tour de garde hexagonale d’une des portes de la ville : « Porte des Granges ». Au XVIe , XVIIe siècle, « granges » était le nom donné aux propriétés rurales des bourgeois lyonnais. Elle fut entièrement restaurée en 1993.
Suivre la Rue des Granges, le mur que vous voyez là est l’unique vestige des remparts datant du XVIe et XVIIe siècle qui entouraient le village fortifié. L’octroi était un droit perçu sur certaines denrées (vin, huile, sucre, etc.) à leur entrée en ville.
Prendre la Rue de la Mairie. Le bâtiment de la mairie fut construit en 1913. Dans la salle du Conseil municipal, vous pouvez admirer une fresque créée par l’artiste local Vincent Crozet (1875 - 1930). Elle représente une scène de fiançailles rappelant la légende du seigneur d’Ampuis. Poursuivre dans la Montée du Rozay jusqu'à la porte Romane.
La porte Romane est l'ancienne porte d’entrée du village fortifié sur la route venant de la Vallée du Gier. Appelée aussi « Porte Pelleguy », elle fermait l’enceinte du château fort médiéval construit par Burchard II au XIe siècle. Remarquer a proximité le four, c’était l’un des fours situés à proximité de la porte de la ville pour stocker les fagots à l’intérieur des remparts.
Au cimetière la voûte était l’entrée du souterrain menant à la Tour Garon. Si vous poursuivez jusqu’à la grille du château, vous aurez une vue imprenable sur l’Arbuel, Condrieu et le Rhône.
En se promenant le long du fleuve à partir de Condrieu, on peut découvrir un Rhône sauvage préservé du développement et des activités humaines. Tout naturellement, des Lônes se sont créées de chaque côté du chenal principal. Ce sont des bras secondaires du fleuve qui ont conservé des paysages naturels, occupés par une flore exubérante et une faune diversifiée.
A Condrieu, les sentiers dans les coteaux s'appellent des coursières. Ils servaient d'accès aux vignes qui étaient entourées de murs munis de portes fermant à clé. Ils portent tous des noms : la Patrouilleuse, la Roncharde, Corbéry etc… et offrent tous de très beaux points de vue.
Pour visiter l’île du Beurre et de la Chèvre, il vaudra mieux s’équiper d’un vélo et tant qu’à faire un vélo à assistance électrique. Alors, vous pourrez parcourir les kilomètres sans effort. Et traverser le site protégé en vous arrêtant aux différents points d’observation. Et pourquoi pas surprendre un héron, une tortue ou l’emblème de ce patrimoine écologique : le castor.
Le berceau du cépage viognier se situe à Condrieu et sur les coteaux des villages voisins. Ce cépage n’était, jusqu'à une époque récente, planté qu’à cet endroit. La tradition le dit apporté par l’Empereur Probus des côtes Dalmates. Il semble en fait que son origine soit locale. Le site de Condrieu, comme toute la vallée du Rhône, est depuis longtemps occupé par l’homme.
Les vins de Condrieu bénéficient d’une réputation d’excellence depuis des générations. Les papes d’Avignon l’appréciaient, au XVIe siècle le Chapitre lyonnais l'offrait aux invités de marque. Plus près de nous Curnonsky le citait comme un des plus grands vins blancs de France. Malheureusement, le phylloxera, la guerre de 14-18, la crise des années 30, conjugués à l’industrialisation de la région, firent en grande partie abandonner le vignoble.
Le marché aux vins de Condrieu, le plus ancien de la région disparut dans les années 50... faute de vignerons. Il ne resta bientôt plus qu’une dizaine d’hectares cultivés sur les 170 définis lors de la création de l’A.O.C. Condrieu en 1940 qui alors ne concerne que trois communes, Condrieu, Vérin et St Michel.