Un peu d’histoire
Origines antiques
La vigne est cultivée ici depuis l’Antiquité romaine, profitant du commerce fluvial sur le Rhône. Les premières vignes de la région ont été plantées par les Romains dès le Ier siècle avant notre ère. Ces colons ont repéré les versants granitiques de la rive droite du Rhône, offrant un sol maigre, idéal pour concentrer les arômes. Ils ont aménagé des banquettes rudimentaires pour stabiliser les pentes. Très vite, le vin de Condrieu était exporté vers Lugdunum (Lyon), servant tant la table des notables que les cérémonies religieuses.
Moyen Âge et influence monastique
Aux VIIe et VIIIe siècles, les ordres bénédictin et cistercien se sont installés dans la région. Au fil des siècles, les moines et les seigneurs locaux ont façonné les terrasses pour optimiser l’exposition solaire. Les monastères locaux développent les coteaux escarpés, les abbés de Saint-Romain-en-Gal et de Saint-Michel-de-l’Hermitage ont organisé la taille des terrasses. Les moines ont perfectionné les pratiques de greffage et de taille, assurant la survie du cépage Viognier face aux maladies. La vigne est devenue un pilier de l’économie locale, alimentant les pèlerinages et les marchés médiévaux.
Époque moderne et premières protections
Au XVIe siècle, l’essor du commerce rhodanien a renforcé l’attrait pour les vins blancs. Les marchands de Lyon ont établi des droits de douane préférentiels pour le Condrieu, favorisant son renom. Au XVIIIe siècle, des écrits de notables évoquent déjà “le vin de paille” récolté parcelle par parcelle, évoquant sa grande finesse.
Les Papes d'Avignon l'appréciaient. Au XVIe siècle le Chapitre Lyonnais l'offrait aux invités de marque. Plus près de nous Curnonsky le citait comme l'un des plus grands vins blancs de France. Malheureusement, le phylloxera, la guerre de 14-18, la crise des années 30, conjugués à l'industrialisation de la région, firent en grande partie abandonner le vignoble. Il ne resta bientôt plus qu'une dizaine d'hectares cultivés. L'AOC a été créée en 1940, ce qui permit au vignoble, maintenu à la force du poignet par quelques amoureux du viognier, de bénéficier dans les années 80 du dynamisme qui agitait les vignobles voisins de Côte Rôtie et St Joseph. Les coteaux abandonnés ont été replantés, les murettes sont maintenant reconstruites...
XIXe siècle : défis et renouveau
La crise du phylloxéra (1880–1890) a ravagé près de 90 % des vignes, obligeant à reconstituer les parcelles sur porte-greffes américains. La mécanisation limitée des terrasses a retardé la replantation, mais l’attachement des vignerons a préservé l’appellation. Au tournant du XXe siècle, quelques pionniers relancent la production de Viognier en visant une qualité d’orfèvre, ouvrant la voie à la reconnaissance officielle.
XXe siècle et labellisation
En 1936, le Château-Grillet obtient sa propre AOC, soulignant le potentiel du Viognier en micro-terroir. Quatre ans plus tard, en 1940, l’appellation Condrieu est reconnue, garantissant des rendements limités et des vendanges manuelles sur les pentes les plus abruptes. À partir des années 1960, la qualité s’affirme grâce à des vignerons passionnés, redonnant ses lettres de noblesse au Cru. Depuis, chaque décennie a vu des vignerons adopter l’agriculture raisonnée, puis biologique, pour préserver ce patrimoine ancestral.
En 1967, celle-ci est étendue aux quatre villages voisins, Chavanay, St Pierre de Bœuf, Malleval et Limony la portant à 387 ha, mais la surface plantée n’est toujours que d’une dizaine d’hectares.
On est en droit de s’interroger sur l’avenir de cette appellation comme le souligne un rapport d’un étudiant en 1975 intitulé : “le viognier est-il condamné ?”. Heureusement, le vignoble, maintenu à la force du poignet par quelques amoureux du viognier, bénéficia dans les années 80 du même dynamisme qui agitait les vignobles voisins de Côte Rôtie et St Joseph. Les coteaux abandonnés ont été replantés, les murettes sont maintenant reconstruites, la survie de l’appellation semble assurée.
En 1986 les vignerons de Condrieu, devant les demandes croissantes de plantation, dans un souci de qualité des vins, entreprennent une dernière révision de l’aire d’appellation, excluant toutes les vignes au dessus de 300 mètres d’altitude. En accord avec l’INAO une nouvelle délimitation de 262 ha est définie. Le tiers a donc été retiré, pour ne garder que les coteaux les mieux exposés, là où le viognier atteint ses meilleures maturités.
De tout temps, le vin de Condrieu était apprécié comme un vin doux, récolté souvent vers la Toussaint. C’est au début du XXe siècle qu’apparaissent les vins secs et à partir des années 50, la majorité des Condrieu sont vinifiés dans cet esprit, quelques vignerons continuant de produire du Condrieu doux. Ce n’était plus alors forcément des vins récoltés à surmaturité, comme autrefois, mais souvent des vins dont la fermentation était arrêtée, procédé qui a maintenant presque totalement disparu.
Une fois la replantation du vignoble en bonne voie (il dépasse maintenant les 140 ha plantés), l’aire de production ramenée aux meilleurs coteaux, un certain nombre de vignerons, devant les années de très belles maturités fréquentes depuis 1990, ont essayé de retrouver le Condrieu doux d’autrefois. Les premières expérimentations ayant été satisfaisantes, de plus en plus de vignerons s'intéressent à ces vendanges surmaturées et en vinifient quelques barriques. Le total représente 3 à 4 % du volume total de l’appellation Condrieu. Les vins de Condrieu sont donc majoritairement des vins vinifiés en sec, mais très riches et parfumés, grâce au cépage viognier qui trouve ici la noblesse de son expression.
Avec cette toile de fond historique, vous saisissez mieux comment Condrieu est devenu l’un des plus précieux trésors viticoles du Rhône.
Le cépage roi : Viognier
Origines : Cépage autochtone de la Vallée du Rhône septentrionale.
Caractéristiques aromatiques : Pêche blanche, abricot, fleurs blanches (acacia, violette). Notes de miel et d’épices (gingembre, cannelle) quand l’élevage est plus marqué.
Pourquoi choisir Condrieu ?
- Exception : l’un des rares vins blancs mono cépage de la Vallée du Rhône septentrionale.
- Rareté : production limitée, bouteille souvent recherchée.
- Expérience sensorielle : équilibre entre puissance aromatique, fraîcheur et minéralité.
Condieu offre un voyage sensoriel unique entre parfums intenses et panoramas à couper le souffle. Que vous soyez amateur de vins blancs d’exception ou chercheur d’authenticité, les coteaux granitiques du Rhône vous réservent des découvertes mémorables. Préparez votre séjour dès maintenant pour savourer ce fleuron du Viognier dans les plus beaux décors.
Bon voyage œnologique et belles dégustations en Vallée du Rhône !