Le dispositif actuel, caractérisé par une double enceinte protégeant le château-fort qui occupait l'emplacement du château Renaissance actuel, remonte pour l'essentiel aux XIIe et XIIIe siècles. Sa situation en bordure du duché d'Aquitaine en fit tour à tour une possession anglaise ou française. Le château est démantelé en 1430, à la demande des consuls de Périgueux. La seigneurie de Montréal a appartenu aux Saint-Astier au XIVe et XVe siècles, puis aux Peyronencq, avant de passer aux Pontbriand.
En 1453, Michel de Peyronenc combattit à la bataille de Castillon qui mit fin à la domination anglaise sur le duché d'Aquitaine, et en rapporta la Sainte Epine, relique toujours conservée dans la chapelle de Montréal. Michel de Peyronenc obtint la reconstruction et la fortification du château. La puissante famille de Pontbriand, d’origine bretonne, qui posséda Montréal à la Renaissance était présente à la Cour et très proche de Louis XI puis de François I er. Elle introduisit la nouvelle architecture en transformant le bâtiment militaire central de Montréal en bâtiment d’habitation. On ouvrit des fenêtres décorées de meneaux et de colonnettes très simples et les façades furent couvertes d’enduits à l’italienne. C’est ce que l’on appelle la première Renaissance François Ier, vers 1530.
Lors des guerres de religion qui déchirèrent la région, le château de Montréal resta Catholique entre Bergerac la protestante et Mussidan la catholique. Il fut fut attaqué par un parti protestant mais ne put être pris. Lors des guerres de Religion, l'édifice fut à nouveau fortifié : les murailles et quatre ponts-levis furent refaits, une garnison et de l'artillerie y furent installées. Le château est protégé par une double enceinte de remparts qui furent peu à peu adaptés aux nécessités guerrières des différentes époques. Le côté nord est défendu par deux tours.
Au XVIIe siècle, un cavalier pouvant recevoir des canons a été construit face au château de Montréal. Deux tourelles encadrent un pont-levis dont ne subsistent que les arches et dont l'accès était défendu par des murailles en retour d'équerre. Face au pont-levis nord s'en trouvait un second avec des casemates en surveillant l'approche. Au sud-est, le rempart est également éperonné d'un cavalier casematé. Après un premier fossé et les remparts, une seconde enceinte avec un autre fossé entourait le château. Une entrée existait à l'ouest, défendue par un autre pont-levis commandé par un castelet remplacé par une rampe donnant accès à la cour d'honneur.
Le château de Montréal, de plan rectangulaire, est flanqué au nord-ouest d'une tour d'angle et, au nord-est, d'une partie plus basse se prolongeant par les bâtiments des services. Sous ces bâtiments se situe l'entrée, par un escalier voûté, d'une vaste salle rectangulaire souterraine qui se prolonge par
une seconde salle et une galerie. La nouvelle chapelle fut bâtie vers 1539 pour abriter la relique de la Sainte Epine. La voûte en bois a été ornée, au 16e siècle, d'une peinture de quatorze étoiles au milieu desquelles se trouvaient les armoiries des Pontbriant.
Sous le château de Montréal on accède par un magnifique escalier vouté en ogive à deux grandes salles naturelles dont l’une est renforcée par des piliers et des voutes d’ogive. Ces salles devaient servir de lieu de refuge et de réserve. Elles témoignent de ce que le sous sol calcaire du Périgord est riche en cours d’eau souterrains qui ont au cours des siècles creusé de nombreuses galeries.
Le château de Montréal est ouvert à la visite en été. C’est un château habité et l’on peut y visiter trois salons. Le premier est XVII ème et l’on peut y voir de nombreux portraits périgourdins de famille. Le second du XVIII éme contient un beau mobilier Louis XVI et un grand portrait du Ministre Henri Bertin qui fut 21 ans Ministre de Louis XV et de Louis XVI introduisit la pomme de terre en Périgord, créa le cadastre et fut au XVIII éme siècle l’un des meilleurs connaisseurs de la Chine en Europe. Le troisième salon est de style Empire et l’on peut y voir un tableau représentant la bataille du Khalenberg au cours de laquelle en 1683 les turcs furent repoussés devant Vienne capitale de l’Empire des Habsbourg. L’on peut voir enfin une curieuse Bibliothèque circulaire.
Des salons du XVII, XVIII et XIX ème siècle montrent un ensemble de portraits périgourdins et des tapisseries d’Aubusson remarquables déclinant les fables de la Fontaine. On visite également le souterrain avec son escalier et sa belle salle voûtés du xiie siècle. Une grotte naturelle leur fait suite. L'intérieur des remparts abrite des jardins italiens plantés d'ifs et d'hibiscus. Ils bénéficient du label «Jardin remarquable». Les jardins ont été progressivement établis sur les anciens remparts. Au début du XXème siécle Achille Duchêne est intervenu pour procéder à des aménagements de terrasses et pour réaliser un jardin à la française dont il reste les éléments simplifiés.
La chapelle du château de Montréal renferme l’objet le plus précieux. C’est une sainte épine que le général anglais Talbot portait sur lui lorsqu’il fut tué à la bataille de Castillon en 1453. Elle était alors dans une croix d’or garnie de diamants. Quelques années plus tard, cette relique devint la possession d’un seigneur de Montréal et l’évêque de Périgueux autorisa son culte en 1526 « déclarant qu’on peut et doit honorer la Sainte Epine de la paroisse d’Issac, commandant de la porter processionnellement ». Avant la révolution, le clergé et les paroissiens d’Issac allaient la chercher en procession à la chapelle du château et elle restait exposée dans l’église d’Issac du dimanche des rameaux jusqu’à l’Ascension.
A la révolution, elle fut sauvée du pillage par un habitant de St Front de Pradoux qui la remit plus tard à M. de Montferrand. Cette Sainte Epine est en deux morceaux réunis par un fil rouge, enfermée dans un reliquaire en argent de forme carrée posé sur un pied et surmonté d’une petite croix. Les 4 côtés de ce reliquaire sont munis d’un verre qui permet de la voir. Elle fut de nouveau authentifiée par Mgr Georges en 1858. La Chapelle de la Renaissance abrite également une statuaire exceptionnelle, statues des 12 apôtres ,gisant, oratoire. Elle a été construite pour abriter une relique de la couronne d’épines du Christ trouvée sur le corps du général Talbot à la bataille de Castillon. Souterrains du XII ème XIII éme siècle.
Perché sur une colline, l'élégant château de Montréal, vous immergera dans un autre temps tout au long de votre visite, vous en sortirez ainsi avec de nombreux souvenirs. Prenez le temps de vérifier les jours et les horaires d'ouverture de ce château avant de vous y rendre. Cela sera aussi l'occasion de savoir si le château organise des journées sur des thématiques particulières certains jours de l'année.