Des trésors, Oloron-Sainte-Marie n'en manque pas, mais avant d'explorer celui de la cathédrale, difficile de ne pas la considérer elle-même comme une merveille. Inscrite au Patrimoine Mondial de l'Humanité par l'UNESCO au titre des "Chemins de Compostelle en France", la Cathédrale Sainte-Marie témoigne du passé épiscopal de cette cité du Béarn, son architecture époustouflante en fait le joyau. Son portail roman sculpté du XIIe siècle fait à lui seul sa renommée.
Avant de découvrir la Cathédrale Sainte-Marie, un peu d’histoire... Durant l’Antiquité, la ville répondant au nom d’Iluro située au confluent des gaves d'Aspe et d'Ossau, apparaît dans des documents administratifs du Bas-Empire romain comme l’une des douze villes de Novempopulanie. Elle se développe sur la terrasse alluviale de Sainte-Marie alors que le promontoire de Sainte-Croix en est l’oppidum, le site fortifié. Le site de Sainte-Marie a été occupé dès la période antique et mérovingienne mais c’est essentiellement au Moyen-âge que la ville s’est développée sans discontinuité jusqu’à nos jours. C'était une station sur la voie romaine menant vers l'Espagne, Jaca et Pampelune, devenue le chemin vicomtal.
Les rois de Castille ont favorisé le développement du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle avec l'aide de l'abbaye de Cluny. Ce chemin passant par Oloron a permis des circulations de styles architecturaux entre l'abbaye de Moissac, la cathédrale romane de Pampelune et Saint-Jacques-de-Compostelle. Sous le règne d’Alaric, roi des Wisigoths, Gratus, le premier évêque connu d’Iluro, assiste au fameux Concile d’Agde, en 506.
Une première église avait été détruite en 848 par les Vikings et une autre église, dédiée à la Sainte-Croix, avait commencé à être construite en 1080 sur l'autre rive du Gave. A la fin du XIe siècle, l’évêque Etienne de Lavedan s’installe sur la terrasse alluviale où se trouvait la zone d’habitat gallo-romain. Une chapelle dédiée à la Vierge s’y dresse alors mais la cathédrale la remplacera dès le XIIe siècle. Sa construction commence en 1102 à la demande du Vicomte de Béarn Gaston IV le Croisé. Au XIIIe siècle, l’évêque Etienne de Lavedan devient seigneur de Sainte-Marie après être intervenu auprès du pape en faveur du vicomte Gaston VI Moncade qui avait été excommunié pendant la crise Cathare.
Des troubles en 1212 liés aux querelles avec le parti albigeois puis des émeutes provoquent des incendies et la nef est reconstruite au XIIIe siècle. Des chapelles sont ajoutées ensuite mais la cathédrale est de nouveau affectée cette fois lors des guerres de Religion. Il faut attendre le XVIIe siècle pour que la nef soit restaurée puis agrandie avec l'ajout de chapelles au XVIIIe. Le diocèse d'Oloron est supprimé en 1802 : l'édifice est alors "rétrogradé" au rang de co-cathédrale.
Sur le plan architectural, le massif clocher-porche au caractère défensif et son magnifique portail roman sont des témoignages de l'édifice d'origine du XIIe siècle. Le portail est certainement le plus beau beau et le plus intact du Béarn. Le tympan de la cathédrale de Sainte-Marie d'Oloron est particulièrement remarquable dans son iconographie et son style. Le thème principal de la descente de croix du Christ est très rare dans une église à cet emplacement. Cette représentation reprend le récit de la mort du Christ donné dans l'Évangile selon Jean. Son tympan représente également sur trois voussures Daniel dans la fosse aux lions, l'ascension d'Alexandre, les vieillards de l'apocalypse, et rapporte la vie des paysans. La représentation est proche de celle d'un chapiteau du cloître roman de la cathédrale de Pampelune se trouvant aujourd'hui dans le musée de Navarre.
La nef, le chœur et le déambulatoire sont d’époque gothique, XIVe et XVe siècles. Toujours au niveau architectural, le chevet gothique à déambulatoire est l'autre chef-d'œuvre du site. À l'intérieur de la cathédrale de Sainte-Marie d'Oloron, sur le plan du mobilier et des décors, vous remarquerez une chaire à prêcher du XVIIe siècle, l'orgue et son buffet sont des XVIIe et XVIIIe, les vitraux du XIXe sont à observer.
Quant au trésor de la cathédrale de Sainte-Marie d'Oloron, il est abrité dans deux chapelles latérales nord restaurées et réhabilitées. Sont présentés notamment des pièces d'orfèvrerie, des représentations de saint Grat, le protecteur de Sainte-Marie, une crèche de Noël à décor et personnages du 1er quart du XVIIIe, d'un imposant chapier, meuble curieux et imposant du XIXe siècle, présentant une collection d'ornements sacerdotaux du XIVe siècle et XVIIe siècle portés par les évêques d’Oloron comprenant un voile, un manipule, une étole, deux chasubles, trois dalmatiques, deux chapes et met en lumière le généreux saint Gratus, sanctifié pour sa bonté et à qui la fête locale rend hommage.
La cathédrale de Sainte-Marie d'Oloron est un lieu chargé d'histoire et unique en Béarn. Aux alentours, un cheminement piétonnier complète votre visite avec des jardins thématiques et un espace de découverte et d’exposition. La ville d'Oloron Sainte-Marie, capitale du Haut-Béarn, dévoile son patrimoine architectural avec le quartier Sainte-Marie et sa cathédrale. À découvrir également, le quartier médiéval Sainte-Croix aux pittoresques maisons anciennes et sa charmante promenade Bellevue, dotée comme son nom l'indique d'un beau panorama sur les toits de la ville et la chaîne des Pyrénées !