Située aux portes de l'Espagne, ouverte sur l'océan, Ciboure a toujours eu un rôle historique et a été très tôt le domaine des pêcheurs, dont elle protégeait les bateaux. Ancien port de pêche à la baleine et à la morue, ancien quartier d'Urrugne, Ciboure est aujourd'hui mondialement connu pour avoir donné naissance le 7 mars 1875, au célèbre compositeur Maurice Ravel. Charmant et pittoresque, le port a été construit au XIIe siècle, lorsque l'ensablement du fleuve l'Adour réduisit considérablement les activités du port de Bayonne. Son nom basque, Zubiburu, signifie "tête de pont", Siboro était l'ancien nom de la ville, tout du moins jusqu'en 1692.
Ciboure a plusieurs fois connu les assauts de la nature, si bien que de la ville historique, il ne subsiste qu'une partie. D'où la construction, au début du XIXe siècle, de digues constituant un "seuil de garantie". Ciboure qui accueillit les cagots, les kaskarots (gitans d'Espagne) ainsi que des pêcheurs bretons, a su toutefois préserver son patrimoine basque. Ciboure, est reliée à Saint Jean de Luz par un pont enjambant la Nivelle. Découvrir Ciboure, c'est se plonger dans son passé lors de flâneries au grè de ses ruelles du centre historique, c'est embrasser ce lien unique qu'elle partage avec la mer, c'est percevoir la tradition si chère à ses habitants…
Après avoir stationné votre véhicule, dirigez-vous vers l'office de Tourisme, situé 5 Place Camille Jullian, flanez dans le quartier de l'Hôtel de Ville. La mairie de Ciboure a été construite en 1720. Elle possède une cour intérieure pavé ou trône le buste de Maurice Ravel, un escalier en bois sculpté et des balcons extérieurs ornés de balustrades en fer forgé. Elle peut être visitée lors des journées du patrimoine. Comme dans tous les villages basques, elle se trouve à coté d'un fronton de pelote basque.
Continuez vers la rue de la Fontaine à proximité de la mairie, autrefois, chaque quartier possédait son point d'eau. Fontaines et lavoirs étaient des points de rencontres importants. Construite en 1676, la Fontaine de Ciboure, se trouve sur une petite place en contrebas de la rue de la Fontaine, elle s'érige sous forme d'un petit obélisque pointu de deux mètres de hauteur. L'eau se déverse par deux becs de bronze en forme de canon. En 1765, les armes de Ciboure ont été sculptées sur les côtés de l'obélisque détériorées par le temps et les Révolutionnaires. Elle appartenait à la maison voisine. Propriété de riches capitaines de navires, cette maison fut l’une des rares habitations épargnées par l’incendie de 1637. La fontaine a été léguée à la ville en 1995.
Les quelques rues étroites qui relient la Fontaine de Ciboure à l’église donnent à Ciboure tout son cachet et c’est avec bonheur que de courtes déambulations vous mènent de l’une à l’autre. L’église Saint-Vincent de style baroque construite au XVIe siècle coeur du centre historique de Ciboure, offre un bel exemple d’architecture religieuse du Labourd : elle possède tous les critères des églises basques avec ses galeries, son rétable baroque et son ex-voto en forme de bateau que les pêcheurs offraient à la vierge en remerciement de sa protection lors de leurs sorties en mer. Au XVIe siècle, l’histoire de l’église Saint-Vincent se confond avec une dispute interne à la commune d’Urrugne.
Son clocher octogonal, unique au Pays Basque se détache des bâtisses du quai Ravel. Le parvis de l'église Saint-Vincent faisait office de cimetière jusqu'à l'épidémie de choléra qui frappa Ciboure en 1856. Les pierres tombales qui le pavent encore aujourd’hui témoignent de cette utilisation. Au centre de ce parvis se dresse une superbe croix en pierre. L’église Saint-Vincent elle-même a longtemps été un lieu de sépulture. Comme dans la plupart des églises depuis la fin du Moyen Âge, les croyants se faisaient inhumer à l’intérieur de leur église. Cette pratique continua jusqu’au milieu du xixe siècle, malgré l’édit du roi de France de 1776 qui interdit les sépultures dans les églises34. Pendant cette même période, le parvis de l’église servit lui aussi de cimetière.
La benoîterie à Ciboure se situe au dessus du parvis de l'église accolée au clocher. Dans l'histoire, la benoîterie était habitée par une benoîte. C'était une femme vivant généralement seule. Elle s'engageait par contrat à servir l'Église pour le reste de sa vie, moyennant un logement, des redevances en
nature (blé, maïs, pain), et des rétributions lors des cérémonies religieuses (baptêmes, mariages, enterrements). Son choix devait être ratifié par l'évêque. La benoîte avait la garde des clefs de l'église, et avait en charge le nettoyage du sanctuaire, et l'entretien des linges sacrés et des autels ainsi que des ornements sacerdotaux. Elle sonnait également les cloches pour les offices.
Poursuivre vers le quai Maurice Ravel, les maisons qui longent ses quais sont de style labourdin. Votre flanerie sur les quai, vous emmène vous amène à la maison Ravel, située au N°27. La maison Estebania, maison Mazarin, ou maison Ravel, est une demeure où naquit le 7 mars 1875 le compositeur français Maurice Ravel, auteur entre autres du fameux Boléro et mort à Paris, le 28 décembre 1937. Cette haute demeure de style hollandais a été bati par un négociant et armateur cibourien du nom d'Esteban d'Etcheto vers 1630, qui s'était pris de passion pour les maisons qu'il avait vues à Amsterdam.
Le cardinal Mazarin y demeura pendant son séjour du 8 mai au 15 juin 1660 pour le mariage de Louis XIV avec l'Infante d'Espagne qui fut célébré le 9 juin 1660 à l'église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Luz. Le roi demeurait quant à lui dans l'ancien hôtel de ville de la grand-place de Saint-Jean-de-Luz (aujourd'hui place Louis-XIV). La façade de cette demeure rectangulaire est surmontée d'un pignon au fronton curviligne percé d'un oculus ovale entouré de rampants chantournés. L'ensemble est souligné par une corniche et des boules d'amortissement.
Suivre le quai, prendre sur votre gauche le passage René Choquet pour découcher sur la rue Pocalette, admirerez les maisons labourdines et ses demeures en pierre. Au bout de la rue Pocalette, tournez à gauche sur la rue du Docteur-Micé. La maison Neria, au 25 rue du Docteur-Micé, date du XVIIe siècle, elle servit d'hôpital aux troupes de Wellington en 1813 et 1814. Le rez-de-chaussée a ensuite été utilisé comme chai à poissons puis, après la Seconde Guerre mondiale, comme manufacture de filets. Cette maison de style typiquement labourdin située sur la colline de Bordagain domine Ciboure.
Au 70, de la rue du Docteur-Micé visitez la villa Leïhorra. La villa jouit d’une situation d’exception, dressée face à l’océan Atlantique, elle offre un panorama inoubliable. La villa Leïhorra est un joyau d’architecture Art déco des Années folles qui n’a pas d’équivalent au Pays basque. Expression d’un art de vie raffiné, elle s’adresse à ceux qui sont attachés aux belles choses et qui recherchent authenticité et harmonie et qui sauront apprécier et préserver un patrimoine qui appartient aux générations futures. Le patio et les jardins peuvent être visités.
Il faut descendre à Socoa pour admirer le quartier des pêcheurs, son Yacht Club, sa petite plage abritée et son Port. Une fois au niveau de la plage de Socoa, vous pouvez traverser la rivière Untxin et continuer votre promenade vers l'emblématique Fort, ou longer la rivière sur la gauche et découvrir le quartier de l'Untxin. Socoa situé au creux de la baie de Ciboure et Saint-Jean-de-Luz, était un petit port de pêche depuis le moyen-âge, période où il abritait les embarcations servant à la chasse à la baleine. Aujourd'hui, le port de Socoa, accueille essentiellement des petites embarcations, ainsi que les « battelekus », bateaux traditionnels aux coques colorées, participant notamment au trophée Teink.
Le long de la promenade qui mène au fort, une succession de tentures colorées décline les différents restaurants présents, véritables délices pour nos papilles. La plage de Socoa bénéficie d'une superbe vue sur le Fort de Socoa au loin, mais aussi sur la baie de Saint-Jean-de-Luz. C’est Henri VI qui le premier commandita ce gigantesque fort de Socoa afin de protéger Saint-Jean-de-Luz des invasions espagnoles. Cependant, le projet fut abandonné et il ne sera repris que sous le règne de Louis XIII.
Il faut attendre la venue de Vauban, sous Louis XIV, pour que le Fort soit remanié et prenne cet aspect militaire que lui confère la tour crénelée. Depuis le sommet de tour du fort de Socoa, vous bénéficierez d’un panorama exceptionnel sur la Rhune et une partie de la corniche basque ainsi qu’une vue imprenable sur la station balnéaire de Ciboure.
A proximité du Fort de Socoa, le phare de Socoa a été érigé en 1844, selon la volonté des marins-pêcheurs locaux, il a pris la place à l'époque d'une ancienne maison-phare de 1816. Électrifié en 1936, il s'élève sur douze mètres de hauteur et offre un feu visible à douze miles. Il a été automatisé en 1970 rendant alors inutile la présence d'un gardien. Le phare de Socoa surplombe d’un coté les falaises de la corniche d’Urrugne, d’un autre coté la baie de Saint-Jean-de-Luz. Le sémaphore de Ciboure est à proximité, il n’est pas ouvert à la visite.
Vous pouvez suivre la route de la corniche pour profiter d'un beau panorama jusqu'à la corniche Basque. La beauté des paysages séduira les
amoureux de la nature et les amateurs de jolies photos. Poursuivre votre visite de Ciboure par la tour de Bordagain. En chemin, admirez la villa Lehen-Tokia, située au 1 du chemin Axotareta, construite entre 1924 et 1926. pour le major Edmund Gould par l'architecte Joseph Hiriart et ses associés Georges Tribout et Georges Beau. D'inspiration néo-basque dans ses formes, la villa est richement décorée dans le goût Art Déco. L'immense vitrail au centre de la façade d'entrée, représentant un envol d'oiseaux au soleil levant, est dû à Jacques Gruber.
Nichée au cœur de Ciboure, surplombant la ville, la tour de Bordagain a toujours été un lieu clé de la cité. Le site abrite une église du XIIe siècle qui fut pendant longtemps la seule église de Ciboure et une tour militaire. En basque, "Bordagain" signifie "la ferme d’en haut". Cent marches à grimper pour se retrouver à 120 mètres d’altitude. Un peu d’effort récompensé une fois arrivé au sommet de la tour de Bordagain. Vous dominez alors toute la baie de Saint-Jean-de-Luz et Ciboure. Jusqu’aux Landes et à Fontarrabie, en Espagne. Et en se retournant, c’est la Rhune et le début de la chaîne pyrénéenne qui s'offre a vous.
La rue Evariste Baignol vous invite à découvrir l'ancienne borne fontaine de 1676 et ses maisons classées, d'autres petites rue étroites méritent aussi votre visite à pied. La rue Agorrete menant à la colline de Bordagain vous ouvre un panorama sur la côte, la baie, l'estuaire de la Bidassoa, La Rhune et les Trois Couronnes. Nous vous conseillons de finir votre découverte de Ciboure par le couvent et le cloître des Récollets. Il donne directement sur le port de Ciboure, d'un côté, et de l'autre sur le port de Saint-Jean-de-Luz.
Edifié à partir de 1613, sur une île entre Saint-Jean-de-Luz et Ciboure afin de ramener la paix entre les deux paroisses rivales le couvent des Récollets a été agrandi au XVIIe et XVIIIe siècles. Cet ensemble qui accueillait régulièrement les évêques de Bayonne, hébergea et reçut des hôtes prestigieux, comme le cardinal de Mazarin, Louis XIV, sa mère et sa jeune épouse en 1659. A partir de la Révolution l'édifice a été utilisé à des fins militaires, administratives et industrielles.
Vous pourrez également voir et visiter un bateau de pêche traditionnelle représentant de la pêche basque, le Patchiku. Ce bateau a été restauré à l'identique dans le chantier naval Marin à Ciboure. L'association Patchiku vous propose de le visiter ou de naviguer à son bord. Accès vers la mer, Ciboure a un Lycée Maritime qui enseigne les différentes formations des métiers de la mer.