La première ouvre sur les grèves et la mer, accolée au corps de garde des bourgeois, elle est connue sous le nom de porte de l'Avancée. Ses défenses sont sommaires constituée d'une porte charretière et d'une porte piétonne. Les pèlerins qui l'empruntaient étaient contrôlés par les gardes puis pouvaient se désaltérer, à l'angle de l'escalier de la cour, dans la fontaine d'eau potable dont la vasque affecte la forme d'une coquille Saint-Jacques. La seconde porte, défendue par une redoute et une demi-lune, s'appelle la porte du Boulevard. La porte la plus défensive est sans conteste celle du Roi construite vers 1415-1420 par Louis d'Estouteville, protégée par les tours de l'Arcade et celle du Roi. Dotée d'une herse, précédée par un pont-levis et par un fossé empli d'eau les jours de grande marée, elle pouvait difficilement être franchi.
Au-dessus de la porte du Roi se trouve le logis du Roi, appartement à deux étages qui servait de logement à l'officier représentant le pouvoir royal et chargé par le souverain de garder l'entrée du village. Ce logement abrite aujourd'hui la mairie montoise. Le cadre rectangulaire situé au-dessus de la porte charretière était autrefois décoré par un relief aujourd'hui estompé. Il représentait les armoiries du roi, de l'abbaye et de la ville : deux anges supportant le blason royal à trois fleurs de lys surmonté de la couronne royale, au-dessous deux lignes de coquilles posées deux à deux ; rappel du Mont, vassal du roi de France, et pour support deux poissons posés en doubles fasces ondées ; évocation des vaguelettes lors des marées.
A l'entrée de la cité médiévale, l'ancien corps de garde, face aux canons, abrite aujourd'hui l'Office de Tourisme du Mont-Saint-Michel. Une fois en votre possession de tous les documents pour agrémenter votre visite, prendre à gauche vers l'enceinte des Fanils. L'ensemble fortifié des Fanils se compose de la porte et ravelin des Fanils de 1530, tour des Fanils et échauguette de la Pilette du XIIIe siècle et la tour Gabriel couronnée de mâchicoulis, construite vers 1524. Au fil du temps elle a servi de moulin, puis de phare pour diriger les bateaux s’engageant dans le Couesnon. Une petite porte sur sa droite permet d’accéder à l’ancien embarcadère. Des anneaux témoignent encore de l’activité maritime d’autrefois.
Montez vers l'Abbaye du Mont Saint-Michel, sur votre droite se trouve le logis et les Jardins Sainte-Catherine. Autrefois haut lieu de pèlerinage, l’abbaye bénédictine de style gothique dédiée à l'archange Saint-Michel construite du XIe au XVIe siècle représente l’un des exemples les plus remarquables de l’architecture à la fois religieuse et militaire de l’époque médiévale. Après l'ascension du Grand Degré, vous pourrez visiter l'abbaye, puis contempler la beauté de la baie en descendant ensuite le chemin des remparts ou le chemin de ronde.
Le circuit normal des visites de l'Abbaye comprend : niveau 1 : le Grand Degré extérieur, escalier de 100 marches, donne accès à la cour du Châtelet ; sous l'arc surbaissé de son entrée s'engage l'escalier du Gouffre, menant à la Porterie ou salle des Gardes ; aumônerie (billetterie). Niveau 3 : le Grand Degré intérieur, en 90 marches, conduit à la salle du Saut-Gautier (accueil, maquettes) et au parvis de l'église (terrasse panoramique) ; église abbatiale ; cloître ; réfectoire. Niveau 2 : descente par l'escalier des Mauristes ; salle des Hôtes ; chapelle Sainte-Madeleine ; crypte des Gros Piliers ; chapelle Saint-Martin ; ossuaire avec belvédère et roue d'écureuil ; chapelle Saint-Étienne ; galerie sud-nord ; promenoir des moines (vue sur la salle de l'Aquilon et le Cachot du Diable) ; salle des Chevaliers. Puis prendre l'escalier vers niveau 1 : cellier (boutique) ; sortie par les jardins et la façade nord de l'abbaye.
Au dessous de l'entrée de l'abbaye, suivre la ruelle "La Truie Qui File" jusqu'au musée historique. Ce musée retrace les 1300 ans d’histoire du Mont Saint Michel à travers des personnages de cire représentant les moines bâtisseurs et les prisonniers de l’abbaye. Une reconstitution des cachots et des oubliettes permet de comprendre les conditions de vie dans la "Bastille des mers". Le musée expose également une collection d’objets anciens (armes, sculptures, peintures, montres), des instruments de torture du Moyen Âge, une cage de fer de Louis XI et l’Enlisé dans les sables mouvants, figure récurrente dans l’histoire locale. Dans le jardin clos du musée, un des cinq derniers périscopes au monde, datant du XIXe siècle, permet de contempler une grande partie de la Baie.
Dans ce secteur, vous trouverez la Fontaine Saint-Aubert, la Maison de la Truie qui File (La maison la plus rapprochée de l'abbaye vers laquelle sa façade offre quatre ou cinq arcades cintrées. Elle touche à la seconde ligue de fortifications ; car, ce que l'on ne sait pas assez, l'abbaye était défendue à ses pieds par une seconde enceinte, que détermine assez bien le mur de ronde actuel, et qui est évidente entre la Truie-qui-file et l'abbaye. Ou y voit encore les vieux murs et des projections de tourelles). La Maison attenante à la maison de la Truie qui File, est actuellement l'école communale du Mont-Saint-Michel.
Face à l'entrée de l'abbaye du Mont-Saint-Michel, remarquez tous les petits jardins, la moitié du village est toujours restée libre de constructions. Pendant les sièges, les habitants cultivaient ces terrains protégés pour subvenir à leurs besoins. Au pied de l’abbaye, la communauté monastique cultive encore son potager. Les maisons longeant la Grande Rue cachent des petits jardins clos, que l’on aperçoit des remparts ou depuis les venelles et escaliers suspendus. Le Jardin de la Sirène, la Maison et jardin du chapeau blanc au Mont-Saint-Michel au niveau du Triage du Chapeau Blanc, l'ensemble des terrasses et jardins dits jardins de la Croix de Jérusalem, les jardins Saint-Aubert, les jardins Saint-Symphorien, les Jardins du Dauphin... Le côté nord du rocher, plus escarpé, est resté à l’état sauvage.
Descendez à présent la Grande Rue, voie étroite serpentant entre deux rangées de maison qui pour certaine remontent au Moyen Âge. Votre déhambulation dans la Grande rue, vous fera rencontrer la Maison du Pèlerin, la Maison du Pot de Cuivre, la Maison dite Logis Tiphaine-de-Raguenel, la Maison dite des Trois Etoiles, la Maison dite Logis-Saint-Aubert, la Maison du Pigeon Blanc, la Maison dite Logis-Saint-Symphorien, (Les restes de l'enceinte primitive de la ville du XIVe siècle forme la partie inférieure du mur de la façade la dite maison), la Maison dite de l'ancienne Hostellerie du Dauphin, l'Ancien Hôtel de la Licorne, la Maison dite La Coquille, la Maison Lacorne, l'Ancienne Hôtellerie de l'Escu de Bretaigne du XVe siècle, l'Ancienne Maison de l'Eperon du XIVe siècle, l'Ancienne auberge Saint-Pierre, la Maison Piquerel, l'Hôtel Saint-Pierre, la Maison dite de l'Artichaut ancienne hôtellerie de la Licorne, l'Immeuble de l'Epée-Saint-Michel...
Arrêtez-vous au logis de Tiphaine. La visite de cette demeure historique du XIVe siècle permet de découvrir le cadre de vie d’un chevalier du Moyen Âge. On y trouve son mobilier d’époque, ses tapisseries, l’armure du chevalier Bertrand du Guesclin et le cabinet d’astrologie de son épouse, Tiphaine de Raguenel. Ce musée privé appartient toujours aux descendants de Bertrand du Guesclin, connétable de France, s’illustra pendant la guerre de Cent Ans. Près de cette maison, on peut voir une porte romane, dernier vestige du couvent Sainte-Catherine.
Engagez-vous dans les venelles et autres petits passages dont la Venelle du Guet, aussi appelée "Ruelle des cocus", c’est la plus petite rue du Mont Saint-Michel. Elle est si étroite qu’on ne pourrait passer avec des cornes, d’où son nom… Pour la trouver, il faut emprunter la Grande Rue et tourner face à l’Hôtel La Croix Blanche. Après vos visites, une flânerie sur le chemin de ronde s'impose. Les remparts, percés de mâchicoulis, flanqués de tours offre de nombreux points de vue sur la baie du Mont Saint-michel, à perte de vue mais aussi sur les maisons du bourg. Les tours sont successivement et de bas en haut celles de : la tour du roi, près de l'entrée ; la tour de l'Arcade ; la tour de la Liberté ; la tour Basse réduite au XVIe siècle afin d'offrir une esplanade pour l'artillerie ; la tour Cholet ; la tour Boucle et son gros bastion et sa poterne du Trou du Chat et enfin la tour du Nord. La vue sur les demeures de la cité médiévale et la baie est superbe.
Chaque soir, le Mont Saint-Michel s’éclaire à la tombée de la nuit. Également, l’abbaye se pare de lumières l’été lors des Spectacles Nocturnes de l’Abbaye.