D’un côté, la baie immense rythmée par le flux incessant des marées et hérissée de bouchots. Emergeant de champs de sable, des lignes de pieux sont plantées sur des longueurs de 100 mètres. Ces kilomètres de piquets, où évoluent de curieux bateaux à roues, sont le lieu d’élevage des moules de bouchot. Le Vivier-sur-Mer est devenu le premier port mytilicole de France. Pour en savoir plus sur l’activité de ces pêcheurs-éleveurs et sur les secrets de ce lieu magique, la Maison de la Baie du Mont-Saint-Michel vous propose une exposition permanente et des sorties à pied ou à bord de la Mytili-mobile. Les parcs de bouchots veillent sur la beauté de ce paysage intemporel.
De l’autre, une terre de bocages et de landes bien abritée derrière la digue médiévale de la Duchesse Anne. Le sort de la digue et de la Chapelle Sainte-Anne, protectrice des terres submersibles et célèbre centre de pèlerinage, est étroitement lié et voué à contenir les humeurs de la mer. La digue de la Duchesse-Anne, construite au XIe siècle en granit, s'étend sur quelque 20 km. Cherrueix et Hirel, situées contre la digue, ont appris à dominer le vent comme en témoigne leurs moulins intacts, vestiges d’une époque où la baie en comptait près d’une centaine. Sites très prisés par les amateurs de chars à voile.
Entre Roz-sur-Couesnon et Saint-Georges-de-Grehaigne, vous surprendrez des troupeaux de moutons arpentant les prés salés. Les prés-salés sont cette zone caractéristique de la baie du Mont Saint-Michel, où une végétation spécifique qui pousse sur les grèves est régulièrement recouverte par la mer. C’est dans cet espace que s’est développé depuis le Moyen-Age l’élevage de moutons. Les moutons de la baie, passent une grande partie de leur vie à brouter les prés-salés, une alimentation qui donne à leur chair un goût à la saveur inégalée. C’est à la période des fêtes de Pâques que les premiers agneaux peuvent être dégustés, participant ainsi à la renommée gastronomique de la baie du Mont Saint-Michel.
A partir de Saint-Broladre s’étendent les polders de la baie du Mont-Saint-Michel, ces territoires conquis sur la mer pour l’agriculture et les salines. C’est au XIXème siècle que les polders, ces terres prises à la mer par la construction de digues de protection, se développent dans la baie du Mont Saint-Michel. Ces terres très fertiles sont notamment dédiées à la culture des légumes : les carottes au goût sucré, les petites pommes de terre nouvelles, les salades tendres et croquantes ainsi que l’échalote rose, culture bien spécifique de la baie. Ces terres sont arrosées par trois cours d’eau : la Sée, la Sélune et le Couesnon, qui coulent au pied du Mont et se jettent dans la baie. Cette succession de sable, de grèves spongieuses, d’herbus où pâturent les moutons, ménage d’agréables promenades et de superbes panoramas.
Sa renommée internationale ne tient pas seulement au Mont Saint-Michel, îlot qui porte l’une des plus extraordinaires œuvres de l’homme, mais également au spectacle admirable que le sable, l’eau et le ciel offrent en cet endroit. Moins célèbre, Tombelaine est le deuxième îlot dans la baie. A seulement 2,5 kilomètres au nord du Mont Saint-Michel se trouve l'îlot de Tombelaine. Ce rocher accessible à pied lors de la marée basse est à l'origine d'une légende celte qui dit qu' '"une princesse nommée Hélène, fille du roi Hoël, fut enlevée par un géant, et fut inhumée sur ce rocher (tombe Hélène). D'autres affirment que ce nom signifierait "le petit mont Tombe", par opposition au Mont Tombe devenu Mont Saint-Michel." Il semblerait qu'en réalité, son nom serait issu de "tumulus belenis", le tumulus de Belenos, dieu gaulois de la guerre, de la lumière et guide des morts ; triple fonction reprise par l'Archange saint Michel dans les croyances chrétiennes.
Quelle étrange destinée pour cet l'îlot de Tombelaine... sanctifié par la prière, pris, repris et possédés tour à tour par les ennemis et les défenseur du Mont ; couvert de constructions religieuses, devenus bâtiments militaires et civiles, il est devenu aujourd'hui un îlot rocailleux ou seul quelques ruines restent perceptibles et témoignent de ce passé. De l'ancienne forteresse, commencée par Philippe-Auguste, agrandie par les Anglais, restaurée plusieurs fois par les Français, il reste encore trois tronçons de tours ruinées, des murs de courtine, une rampe d'accès, la base du château ou du donjon sur le pic le plus élevé, et l'emplacement de la chapelle ; tout le reste a disparu. Tombelaine est aujourd'hui une réserve ornithologique.
La baie du Mont-Saint-Michel est également le théâtre des plus grandes marées d’Europe continentale, jusqu’à 15 mètres de marnage, différence entre basse et haute mers. La mer rejoint les côtes "à la vitesse d’un cheval au galop", comme le dit l’adage. Les grandes marées d'Europe permettent chaque année de succombé à la magie de voir le Mont-Saint-Michel redevenir une île pendant quelques heures. Les Grandes Marées sont un phénomène exceptionnel à venir découvrir tout au long de l’année dans la Manche, en période de pleine lune. Forte de ses 360 km de littoral, la Manche offre différents panoramas et paysages au gré des horaires de la marée. Le spectacle qu’offre les Grandes Marées ravira petits et grands.
La baie du Mont-Saint-Michel est également la découverte d'un spectacle extraordinaire : le mascaret. Le mascaret est une vague que l’on entend de loin accompagnant le flot peu avant la pleine mer. Dans la baie du Mont St Michel, elle se produit uniquement si le coefficient est supérieur à 80 et ne devient spectaculaire qu'au-delà de 90. Il s’agit d’un spectacle peu fréquent puisqu'il n'existe qu'avec des marnages importants mais rare aussi par le fait que les différents travaux d’aménagement des grands estuaires les font souvent disparaître.
Avec un marnage de 13 mètres, profitez de la mer qui se retire pour arpenter un décor de rêve : traversez la baie du Mont Saint-Michel et visitez l'abbaye, chef-d'oeuvre de l'architecture médiévale. Une fois les pieds vissés dans vos bottes, partez explorer les lieux. Faire la traversée de la baie du Mont-Saint-Michel est une vraie expérience. On ne le dira jamais assez, cette baie aussi magnifique soit elle est un véritable piège mortel. L’eau monte très rapidement et encercle des bancs de sables qui peuvent piéger les visiteurs. Evitez de vous aventurer seul loin dans la baie, quand la marée monte, l’eau avance à la vitesse d’un homme marchant à bon pas et des courants peuvent parfois vous encercler. Alors, ne prenez pas de risques inutiles, respectez les panneaux et Il fortement conseillé d’être accompagné(e) d’un guide qui vous fera découvrir en toute sécurité cette sublime baie du Mont St Michel. Optez pour une traversée « classique » ou insolite, à la découverte des sables mouvants…
Dans la baie du Mont Saint- Michel, les sables mouvants sont dits "Thixotrope". Ce phénomène se crée sur des zones sablonneuses saturées d'eau et s'explique par la présence permanente d'une grande quantité d'eau dans le sous-sol. La quantité d’eau doit être tellement importante, qu’elle permet de séparer les grains de sable et les mettre en suspension. L'argile quant à lui stabilise ces grains de sable, d'où l'aspect normal des sables mouvants vus de loin. Au moindre poids exercé, l'eau remonte à la surface, les grains se détachent et nous nous enlisons. Les habitués savent repérer les lises en zone sèche et les traverser à condition de ne pas s'arrêter. Elles sont beaucoup plus dangereuses au passage des rivières que les guides franchissent en sondant le fond à l'aide d'un bâton.
La baie du Mont-Saint-Michel est bordée du nord au sud par les communes suivantes :
En Bretagne : Saint-Georges-de-Gréhaigne, Roz-sur-Couesnon, Saint-Broladre, Cherrueix, Mont-Dol, Le Vivier-sur-Mer, Hirel, Saint-Benoît-des-Ondes, Saint-Méloir-des-Ondes et Cancale
En Normandie : Granville, Saint-Pair-sur-Mer, Jullouville, Carolles, Champeaux, Saint-Jean-le-Thomas, Dragey-Ronthon, Genêts, Vains, Marcey-les-Grèves, Avranches, Le Val-Saint-Père, Céaux, Courtils, Huisnes-sur-Mer, Pontorson, Le Mont-Saint-Michel, Beauvoir.
Cette baie est une mine d’or pour les amoureux de nature. La route de la Baie longeant le littoral de la baie donne une bonne visibilité au site. Cet espace préservé est aussi longé par le sentier du GR34® pour les amateurs de randonnées et le le GR 223. Sur 71 km, ancien chemin des douaniers, le GR 223 ; chemin de grande randonnée, longe la côte de Granville au Mont-Saint-Michel, avec une incursion dans la Vallée des peintres à Carolles, des points de vue depuis les cabanes Vauban de Carolles et Saint-Jean-le-Thomas. Pour comprendre la baie du Mont-Saint-Michel, une visite à l'Écomusée de la baie du Mont-Saint-Michel s'impose. Si vous êtes amateurs de fruits de mer, ne manquez pas de déguster une assiette d’huîtres sur le port de Cancale, d’où vous pourrez admirer une superbe vue sur la baie.