Au départ simple forteresse, le palais des Ducs et des Etats de Bourgogne est reconstruit en 1366 par le premier Duc de Valois, Philippe le Hardi. À la suite de la mort de Charles le Téméraire, le Palais des ducs devint Logis du Roi, avec l'annexion de la partie française de l'État bourguignon au domaine royal par le roi Louis XI entérinée par le traité d'Arras, le 23 décembre 1482. Le palais servit de résidence aux gouverneurs de la province, et la plupart des rois de France y séjournèrent lors de leur passage en Bourgogne. Il reçut à partir de 1679 les états de Bourgogne.
Au XVIIe et XVIIIe siècles, l'hôtel des ducs et le palais des états font l'objet d'une importante restructuration classique tout en conservant les bases gothique d'origine par le premier architecte de Louis XIV, Jules Hardouin-Mansart. Il intervient à Dijon à partir de 1685 et restructure le palais, devant lequel il crée une place Royale comportant un hémicycle d'arcades qui servait d'écrin à la statue de Louis XIV installée en 1725 et détruite à la Révolution française. À la fin du XIXe siècle, Henri-Léopold Lévy peint une grande toile, Étude pour les gloires de la Bourgogne qui orne un panneau de la salle des états.
Au fur et à mesure, les bâtiments du palais connurent différentes fonctions : résidence des ducs de Bourgogne, école de dessin, ou encore siège du gouverneur de l’assemblée représentative sous l’Ancien Régime. Le palais des Ducs et des Etats de Bourgogne accueille aujourd’hui l’hôtel de ville, le musée des beaux-arts, les archives municipales et l’office de tourisme de Dijon. Le Palais est organisé autour de trois cours : la cour d’Honneur au centre qui s’ouvre sur la place de la Libération, puis respectivement à gauche et à droite des deux ailes la cour de Flore (1773-1780) et la cour de Bar (1365-1370).
La cour de Flore est située dans la partie classique du bâtiment. Sous le porche d'entrée de cette cour, vous découvrez le magnifique escalier Gabriel (1731-1738) qui conduit à la salle des États. En 1730, les États décident de faire construire un grand escalier pour une entrée cérémonielle dans leur salle et dans un même temps un lieu d'archivage. Celui-ci fut réalisé par le premier architecte du Roi, Jacques Gabriel, en 1737. Sa structure comprend deux volées de larges marches encadrées par des galeries qui sont en fait, les salles des Archives municipales de Dijon. Les rampes portent la devise de Louis XIV : Nec pluribus impar. La salle des États est une pièce à la gloire de la Bourgogne qui abritait les réunions des États de Bourgogne.
Dans la même cour de Flore, siège également la salle de Flore (1786) qui accueille les conseils municipaux. Initialement, il s'agissait de la salle des festins au palais des États, succédant ainsi à l'actuelle "salle des tombeaux". Cette salle, dont le décor évoque les batailles des princes de Condé, servait alors de salle des fêtes. Elle accueille ensuite l’école des beaux-arts qui s’installera plus tard en 1784 dans l’aile gauche du palais des ducs. Elle est proclamée salle de Flore depuis 1786. En 1809, la partie du palais affectée à la sixième cohorte est cédée à la ville de Dijon, par décret impérial, qui acquit le reste des bâtiments en 1831 pour y installer la mairie, la salle de Flore appartient donc aujourd'hui à l'hôtel de ville. Située dans la partie ouest du palais, elle sert de salle de conseil, de salle de concert ou de réception et à bien d'autres événements.
C’est par l’office du tourisme qu’il faut passer pour voir la Chapelle des Élus (1738-1743) et la Salle des États. La chapelle fut construite dans le style Rocaille entre 1738 et 1739 sous le règne de Louis XV. Il s'agit de l'œuvre de Jacques Gabriel, l'architecte du roi, qui modifia la chapelle initiale conçue par Pierre le Mousseux. Elle fut achevée en 1943. Attention, ces différentes parties du palais ne sont pas toujours accessibles.
Pour aller voir la troisième cour, à savoir la cour de Bar, passez par l'arrière du Palais. Dans cette cour, découvrez les cuisines ducales reconstruites à la demande de Philippe le Bon au XVe siècle avec six grands foyers de cheminée. Les cuisines ducales (1430-1435) est une grande salle carrée de 12 m de côté, dont les 3 faces sont d'immenses cheminées doubles, portées par huit colonnes. Les fumées sont évacuées les murs en ogive donnant sur une clef de voûte à jour. Le quatrième mur est ouvert par de larges fenêtres. Elle était prolongée par un autre bâtiment regroupant les réserves, la paneterie, la pâtisserie et une cour avec un puits, toujours en place. Cette partie a été détruite en 1853, mais donne une idée de l'importance centrale des cuisines dans la volonté des ducs d'organiser d'immenses festins, et des fêtes majestueuses au palais.
C'est ici aussi que se situe l'entrée du musée des Beaux-Arts. Le musée des beaux-arts de Dijon est aujourd’hui l’un des plus importants musées de France de part la richesse de ses collections. Ses collections sont si importantes que vous trouverez forcément de quoi vous plaire. Il abrite notamment les tombeaux des ducs de Bourgogne, installation des deux tombeaux dans la salle des Gardes, en 1827. Mais on y retrouve également des collections de l’Antiquité à l’art contemporain, avec de nombreuses tapisseries, sculptures et autres peintures. Le musée propose de nombreuses activités et visites à thème. Cerise sur le gâteau, il est gratuit !
L'aile orientale du Palais des Ducs de Bourgogne était constituée par la chapelle particulière des princes de Bourgogne, la Sainte-Chapelle, elle devient par la décision de Philippe le Bon à Rethel en janvier 1432 le "lieu, chapitre et collège"» de l'ordre de la Toison d'or. Elle fut nommée Sainte-Chapelle lorsque Philippe le Bon y déposa en 1454, l'hostie miraculeuse représentant l'image ensanglantée du Christ, présent du pape Eugène IV. La Sainte-Chapelle fut détruite en 1802, pour construire le théâtre.
Philippe le Hardi entreprit la rénovation du palais des ducs capétiens dès son arrivée à Dijon, et fit construire la tour Neuve (1365). Cette tour résidentielle de trois étages est pourvue de vastes salles équipées de grandes cheminées. Le rez-de-chaussée aux clefs de voûte sculptées, servait de salle capitulaire pour la Sainte-Chapelle. Elle servit de prison au roi René d'Anjou, duc de Bar et de Lorraine. Le roi René fut fait prisonnier par Antoine de Toulongeon à la bataille de Bulgnéville, le 21 juillet 1431. Il fut retenu par Philippe le Bon jusqu'au 1er mai 1432. Ayant laissé ses deux jeunes fils comme otages à Dijon pendant son élargissement, il se constitua prisonnier en 1435, et, devenu duc d'Anjou, comte de Provence, roi de Naples et de Sicile, demeura jusqu'au 8 novembre 1436 au second étage de cette tour, qui prit ensuite le nom de tour de Bar.
Enfin, pour les plus courageux, la tour Philippe Le Bon (1450-1455) vous offre une vue exceptionnelle sur la ville de Dijon du haut de ses 46 mètres et 316 marches. Originellement appelée la tour de la terrasse, la tour Philippe le Bon a la forme d'un trapèze légèrement courbe dans sa façade Nord. Ces derniers étages, ont des encorbellements et des fenêtres et sont aménagées en appartement. Le dernier étage en particulier est très soigné, avec une cheminée monumentale, et de belles fenêtres. L'escalier est richement décoré de motifs en branche de vigne, feuilles d'acanthe, escargots et des emblèmes du duc, le briquet et le silex. L'ensemble se termine par une colonne hélicoïdale ornée de très fines nervures, dans une voûte à ogives. Cette tour domine l’ensemble du palais afin d’illustrer le pouvoir des ducs de Bourgogne, elle témoigne de l’origine médiévale du palais. La tour domine la cour d'honneur du Palais qui s'ouvre sur la place de la Libération.
Après cette visite, dirigez-vous vers le Square des Ducs de Bourgogne. Arrivés au niveau du Square des Ducs de Bourgogne, admirez la façade médiévale puis une fois votre visite terminée, n'hésitez pas à vous attabler à la Brasserie des Beaux-Arts. Envie de connaître de petites anecdotes étonnantes ? L'office de tourisme et le musée des Beaux-Arts de Dijon vous proposent de parcourir la beauté de ce lieu : cuisines ducales, salle des gardes, salles du palais des États, chapelle des Elus ou encore montée à la tour Philippe Le Bon...