Les origines de Messigny-et-Vantoux remontent très probablement à l’âge de fer. Le tumulus du bois de la Mansenne (1000 an avant J-C) indique une activité humaine incontestable. Oppidum de Roche Château est occupée par les Celtes entre 1100 et 150 avant J-C. L’étymologie de Messiniacus porte à penser que le point de départ du village fut une villa gallo-romaine implantée dans les méandres du Suzon du nom de Messiniacus, propriétaires de cette villa. Sur les hauts de Vantoux, on a découvert en 1725, huit sépultures datant de l'époque gallo-romaine.
Le nom primitif du village apparait pour la première fois dans une charte de 869 : la cartulaires de Saint Bénigne sous la forme de Missiniacus pour Misiniacus (XIe siècle), Missigneium (1227), Messigné (fin XIIIe), Messineit en 1333. Le premier nom écrit en français est Messigney en 1375. Le chambrier de Saint-Bénigne est considéré comme le seigneur de Messigny, sa résidence etait une tour carrée au centre du village.
Le château de Vantoux est cité en 1330 sous Eudes de Saulx. Les ruines de cette maison-forte des comtes de Saulx est démolie en 1670 par Jean I de Berbisey, premier président du parlement de Dijon et reconstruite dès 1699 par Jean II de Berbisey pour être achevé en 1704. Sans descendance, il lègue en 1748 le château et son hôtel de Dijon à la charge de premier président du Parlement de Dijon "pour en soutenir la dignité".
En l’an 1674, le 14 juin, jour de fête à Messigny, pays de « Méjou de coeu de beu », surnom officiel des habitants s’offre le luxe, de rafraichir Louis XIV, accompagné de la reine et du dauphin. Dixit courte épée : « il dina dans son carrosse, tourné du coté de Dijon, quant il but le peuple cria le roi boit, ce qui fit bien rire Louis XIV, 12 jeunes filles habillées en bergère présentèrent à la reine un panier de citrons oranges et fleurs orné de rubans et clamèrent des vers dont la princesse fut très contente. Le roi leur donna deux louis d’or. Les habitants se montrèrent si fièrs de cet évènement qu’on ne les appela plus que les « gloiriou », au fil des ans il se transforma en « gloriou » pour devenir « glorieux », c’est aujourd’hui le nom officiel des habitants de Messigny.
Aux portes de la réserve naturelle du Val Suzon, Messigny-et-Vantoux est un joli village, situé à quelques kilomètres au nord de Dijon. Entourée de forêts, de prairies et bordée par les eaux vives du Suzon, la commune est le point de départ de nombreuses balades. Vous trouverez sans problème un stationnement pour votre véhicule.
Dirigeons-vous vers l’église placée sous la protection de Saint Vallier (martyr de Langres) apparaît dès le IXe siècle. Cette église fut jadis le siège d’un doyenné. Le chœur remonte au xiiie siècle et on lui a ajouté au XVIe siècle une vaste chapelle à destination funéraire. La nef et son bas-côté sont couverts de voûtes d’arêtes. C’est un bon exemple de ce type d’architecture religieuse du XVIIe siècle dont l’exemple le plus connu est la cathédrale de Saint-Dié. L'église Saint-Vallier mérite une attention particulière quant à son contenu. Les œuvres d’art qui en font aujourd’hui un véritable musée attestent la prospérité passée de ce village de vignerons situé sur une route fréquentée. A voir les dalles funéraires des Comtes de Saulx-Vantoux, les panneaux de la chaire à prêcher provenant certainement d’un retable du XVe siècle, Ste Anne et la Vierge, groupe en pierre polychromé datant de la même époque, le retable du grand autel du XVIIIe siècle, les dalles de pierre de cette église ou reposent des personnages illustres, etc…
En sortant de l'église Saint-Vallier saluer sur votre droite le monument érigé en mémoire des violents combats du 21 janvier 1871 qui mirent aux prises, dans les rues de Messigny, les très jeunes combattants Garibaldiens des "Enfants de la Montagne" aux troupes prussiennes du Major Conta. A quelques pas, le monument aux Morts des deux Guerres Mondiales, situé devant le porche de l’église. Inauguré en 1923, il porte les noms des enfants de Messigny et de Vantoux « Morts pour la France ». Il manque juste le nom de Roger Lignier décédé le 15 septembre 1914 à Abbeville.
Sur le haut de la place de l'église, la Grande Fontaine dispensait dès 1830 l’eau dans le village. Ce projet a été initié par le commandant Henri Fremiet, né à Messigny en 1780. Grièvement blessé le 28 février 1812 à Mont-Serrat (Espagne). Maire de 1826 à 1830, il mit à exécution son vœu dotant également le village d’un abreuvoir au pied de l’Hercule, d’une fontaine à l’entrée de l’impasse éponyme, du Lavoir (1830) et de plusieurs autres points d’eau disparus depuis. Sa maison est visible au N°1 de la rue des Lavières.
Au N° 18, place de l’église, l’élégante propriété d’Humbert Lucot, écuyer, conseiller du Roi date 1636 nous propose une très belle façade. A proximité, le café du Lion d’Or date du XVIIe siècle. Engagez-vous dans la rue des Ecoles, au N°10, la maison de Pierre Joly, Trésorier Général de France, construite en 1679, est plus connue sous le nom de maison Claude Hoin, artiste peintre dijonnais qui n’en a été que le locataire. A hauteur du N°11, on peut admirer un ex-voto d’une très grande finesse d’exécution, remarquablement conservé. Ce bas-relief dédié à St Hubert est daté de 1636.
Dans la rue principale de Messigny, , au N° 25 la maison Chaussenot, inventeur d’un gaz de résine dont la démonstration utilitaire à été réalisée le 19 mars 1828 à Dijon. Au passage admirez la Vierge des Voyageurs œuvre du sculpteur Charles Jacob, dans la façade du N° 18 de la Grande Rue. Sur votre gauche se situe la tour seigneuriale, résidence du "chambrier" de l’abbaye de Saint-Bénigne considéré, dès le XIII° siècle comme le seigneur de Messigny. En face de nous au pied de la place, la statue de l’Hercule posée depuis 1829 attire l’attention par sa forme particulièrement lourde et musclée. Hercule se repose, sans doute, de ses travaux en se souvenant avec orgueil « du droagon qu’el éclafouri et du lion qu’el étoufi ! ».
Êtes-vous nostalgiques ? Si oui, venez découvrir le lavoir en atrium qui se trouve rue du moulin, le lavoir dit "le temple de la Médisance" de 1830. Il est fleuri toute l’année ! Continuez dans la rue de la Maladière, sur votre gauche, à l’angle de la petite route de Norges, trône la statue du Dieu de Pitié ou Christ aux poings liés. La mention « N.Ruelle et M.Contosset 1802 » atteste le fait que ces donateurs ont contribué à la restauration de cette statue. Un peu plus loin au N° 39, de cette rue se situait une "maladrerie" au Moyen-Age dont il ne reste que la cave.
Poursuivons votre parcours pour rallier le hameau de Vantoux, fusionné en 1972 avec ce dernier. Un coup d’œil en passant rue du Stade où l’ancienne gare dénote par son style au milieu des autres constructions. Bâtiment intact dans sa structure il rappelle l’existence du tramway départemental reliant Dijon à Saint-Seine l’Abbaye.
Vous pourrez également contempler le château de Vantoux de style Louis XVI. Ce coquet édifice du XVIII° siècle, est construit sur l’emplacement d’une maison-forte citée en 1330 sous Eudes de Saulx. En 1699, Jean II de Berbisey, conseiller du Roi et président du Parlement de Bourgogne se lança dans la construction de cet édifice tel que nous le découvrons aujourd’hui. Le château moderne, de plan massé, s'est installé sur la plate-forme rectangulaire de l'ancienne maison forte, dont le tracé a conservé l'empreinte de huit tourelles rectangulaires périphériques, aujourd'hui disparues. Le cadastre garde la marque du très grand parc du château, et de la basse-cour. Cette construction est attribuée à Jules Hardouin-Mansart et le jardin à André Le Nôtre. Comme tout château ou presque, il s’appuie sur un souterrain au parcours secret et est doté d’une "glacière" remarquablement conservée. Les dépendances protègent le mausolée de l'ancienne chapelle de ND de la Gissant.
Ce château est privé, il est entouré d'un magnifique jardin à la Française,et de magnifiques communs. Le hameau de Vantoux, dans le prolongement de cette basse-cour, est fortement structuré par la proximité du château. Bien d’autres curiosités se cachent dans les murs du hameau de Vantoux et dans ceux du vieux village de Messigny, dont les anciennes limites sont signalées par des calvaires eux aussi chargés d’histoire.
Quittez maintenant Messigny-et-Vantoux pour nous diriger vers Val Suzon. A l'entrée du Val Suzon en sortant de du Village un imposant éperon rocheux, doté d’une poterne d’accès naturelle précède une plate-forme de 21 ha, surplombe la vallée. Cet éperon abrite un vaste camp préhistorique, auquel on accède la poterne naturelle. L’occupation de ce site remonterait à l’âge de fer (700 à 450 avant J-C). C’est aux Gaulois que nous devons les premières fortifications. Deux retranchements sont encore parfaitement visibles ainsi que le chemin des chars. La fontaine aux Merles, située au nord du plateau, ne tarit pratiquement jamais. La légende dit qu'un carosse d'or y serait enterré...
A quelques 4 km, un parc magnifique accueille le promeneur. De toutes les sources et captages de la vallée, la fontaine de Jouvence joue parfois son "petit Versailles" par sa cascade en miniature, où la mousse brode le tuf, mêlant sa voix argentine aux symphonies de la forêt… Si cette eau à la propriété de rajeunir les ‘buveurs’, celle de la fontaine de Baise-Mamie située à quelques pas recueille les serments d’Amour et en cas de nécessité réconcilie les cœurs désunis. Le site de la Fontaine de Jouvence en grande partie sur Étaules largement aménagé, doit sa célébrité à l’une des nombreuses sources qui gardent leurs légendes et coulent jusqu’au Suzon. Cette forêt propose également au promeneur une flore et une faune très riche pour qui sait observer.