Le site de Montbard est occupé dès l'Antiquité. L'origine du nom de Montbard hésite entre deux définitions qui soulignent chacune la verticalité du lieu : le mont des bardes, les druides gaulois ou montis barri, le mont qui barre la vallée de la Brenne. Au Moyen Âge, elle est un bourg important autour du château de Montbard du Xe siècle. En 1070, sainte Alèthe de Montbard, mère de Bernard de Clairvaux y naît. Le futur saint Bernard a pour oncle le comte André de Montbard. En 1210, sous Philippe-Auguste, la bannière de Bernard de Montbard suivait immédiatement celle du duc.
En 1231, Hugues IV, duc de Bourgogne, donna à Montbard une charte communale semblable à celle de Dijon ; en ce siècle, Montbard a une léproserie. Elle devient ensuite un lieu de fréquents séjours des ducs Valois de Bourgogne. Depuis ce moment, les seigneurs de ce lieu furent les plus riches et les plus puissants de la Bourgogne. En 1590, elle est assiégée sans succès par le comte de Tavannes Guillaume de Saulx, lieutenant du roi Henri IV de France, qui combat le duc Charles-Emmanuel de Savoie-Nemours.
En 1707, le naturaliste et comte Georges-Louis Leclerc de Buffon y naît, et y réside une grande part de sa vie, faisant de fréquents allers et retours à Paris où il dirige le Jardin royal des plantes médicinales dit « le Jardin du Roi », futur Muséum national d'histoire naturelle. Y recevant l'Europe entière des lettrés, il accueille Jean-Jacques Rousseau de son retour d’exil. C’est là qu’il peaufine, au calme, les textes qui vont constituer son œuvre monumentale, Histoire naturelle, générale et particulière avec la description du cabinet du Roy. Il s’emploie également à développer l’économie de son domaine. En 1733, il crée une pépinière d’arbres ; en 1767 il installe des forges où sont fabriqués des boulets de canon.
En 1833, le canal de Bourgogne y est ouvert à la navigation. Le 16 juin 1940, la 10e brigade blindée polonaise du général Maczek met les Allemands en déroute près de Montbard, mais se voit alors isolée, les unités françaises sur ses deux flancs étant défaites ou en retraite. Le 18 juin, la brigade est pratiquement encerclée et à court d’essence et de munitions. Le général Maczek ordonna la destruction du matériel de l’unité et la dispersion des hommes.
Montbard s'étage sur une colline dominée par le vaste Parc créé au XVIIIe siècle par Georges-Louis Leclerc, Comte de Buffon, enfant du pays. Bordée par le canal de Bourgogne, la cité a su conserver son centre historique avec ses toits imbriqués, ses ruelles et ses ponts qui s'ouvrent sur le Pays de l'Auxois. Dirigez-vous vers la Mairie de Montbard, après avoir stationné votre véhicule. Le Jacquemart offert à la ville par le duc Philippe III de Bourgogne en 1430 est situés dans le campanile de l'hôtel de ville. Jacquemart et Jacquette sonnent les heures, accompagnés de Jacquot.
Prendre la rue des Fossés, puis sur votre gauche la Rue de la Liberté. Dans cette rue se trouve la maison de Jean-Andoche Junot, duc d'Abrantès, général d'Empire. Il fut nommé "Junot la tempête" par Napoléon. Blessé à de nombreuses reprises, ses dérèglements de comportement et les défaites militaires dont il assume la responsabilité inquiètent Napoléon. Pris de folie, Junot se suicide dans sa maison de Montbard, se jetant par une fenêtre. Il meurt de ses blessures le 29 juillet 1813. Il est enterré dans le cimetière de la Ville.Une œuvre de son buste et des explications sur le duc se trouve aussi au musée des Beaux-arts.
Ne manquez pas de jeter un oeil à la maison natale de Daubenton, indiquée par une plaque située au 11 de la rue de la Liberté. Louis Jean-Marie Daubenton (naturaliste), figure plus discrète que celle de l’illustre naturaliste Buffon, aura marqué Montbard en tant que son collaborateur fidèle pendant la réalisation des 15 premiers volumes de "L’Histoire Naturelle". Une curiosité est également à découvrir au sommet du toit de la maison située au 3, rue la Liberté. Vous y apercevrez le chapeau d'un personnage que vous venez à peine de quitter.
Dirigez-vous vers l'Église Saint-Paul, rue Eugene Guillaume. Continuez en direction du Musée des Beaux-Arts de Montbard, Rue Piron. Le musée est installé dans la chapelle de style néo-gothique de l'ancien couvent des Ursulines, construite entre 1870 et 1872 par le Frère Maur, architecte à l'abbaye Sainte-Marie de la Pierre-qui-Vire. Établies à Montbard en 1649, les Ursulines ont occupé le couvent jusqu’à la séparation de l’Église et de l’État en 1905. Le musée fondé en 1938 par Gabriel Venet conserve des oeuvres d’Eugène Guillaume, directeur de l’école nationale des Beaux-Arts de Paris, de l'Ecole française de Rome, membre de l'Académie française, ainsi que des peintures et dessins principalement d'Ernest Boguet, Louis Arnoux et Chantal Quenneville et aussi un ensemble unique de cycles anciens. Le musée n'est ouvert que pendant l'été.
Vous voici sur le site de l'ancien Château de Montbard. Construit à l'époque féodale, un château de bois est édifié sur une motte rocheuse, qui est un poste d'observation stratégique à l'intersection des vallées menant de Paris, Dijon et Semur-en-Auxois. Son premier seigneur, Bernard Ier de Montbard (1040-1103), est le père d'André de Montbard, un des neuf fondateurs de l'ordre du Temple et cinquième maître de l'Ordre, et de sainte Alèthe de Montbard, mère de saint Bernard de Clairvaux.
Au XIIIe siècle, le duc de Bourgogne Hugues IV débute la transformation du château en une première forteresse, dont on conserve aujourd'hui quelques maçonneries sur le flanc est. Entre 1300 et 1340, les ducs de Bourgogne l'entourent d'un rempart et érigent des tours défensives, dont ne subsistent aujourd'hui que celles de l'« Aubespin » et de « Saint-Louis ». La chapelle du château de Montbard porte quant à elle le vocable de saint Louis. Durant le XVe siècle, le château est un lieu de fréquents séjours des ducs Valois de Bourgogne de l'État bourguignon. Au XVIIIe siècle les textes décrivent une construction à l'abandon et partiellement en ruine. En 1718, le père de Buffon, Benjamin-François Leclerc, achète les droits seigneuriaux de la châtellenie de Montbard, grâce à un héritage reçu par son fils.
Entre 1733 et 1742, le naturaliste Georges-Louis Leclerc de Buffon annexe le château de Montbard par engagement. Le château est à l’abandon et en partie en ruine. Buffon engage de nombreuses modifications, de nombreuses monnaies romaines y furent découvertes. Il remplit l’intérieur du rempart avec un mélange de terre et des pierres du château pour créer un unique niveau. Il rabaisse les remparts et modifie la tour Saint-Louis. Il ne touchera pas à l’église Sainte-Urse ni à la tour de l’Aubespin.
Aujourd’hui le château de Montbard fait partie de l’ensemble du parc Buffon. Le Site Buffon comprend trois lieux, le parc Buffon, l'Orangerie anciennes écuries du XVIIIe, actuellement le musée Buffon ainsi que le Musée des Beaux Arts, ancien couvent du XIXe siècle. Entouré par les vestiges de l'ancien château des Ducs de Bourgogne du XIVe siècle, classé "Refuge" par la Ligue de Protection des Oiseaux, le Parc Buffon s'inscrit dans la démarche de respect de l'environnement souhaitée par la Ville. Le parc est aménagé autour de quatorze terrasses organisées en jardin à la française et à l'italienne. Des arbres, des fleurs et des animaux des différents continents agrémentent le lieu. Le parc Buffon offre un panorama remarquable sur Montbard et la vallée de la Brenne
Situé dans les anciennes écuries, en contrebas de l'entrée principale du parc, le musée Buffon labellisé Maison des Illustres, retrace l'évolution de la science à la période charnière que sont les Lumières. Du cabinet de curiosité à l'héritage des travaux menés par Buffon et Daubenton, le musée offre une collection diversifiée, notamment avec les originaux des 44 volumes de l'Histoire naturelle ou des instruments scientifiques. Deux salles d’expositions temporaires proposent, en lien avec les collections du musée, une découverte de l’héritage contemporain de Buffon, mais également un espace de débat sur les questions environnementales actuelles.
Le cabinet de travail de Buffon quant à lui est le cœur historique du Parc Buffon. Buffon donnait rarement accès à ce lieu intime, c’est dans ce lieu intime que le naturaliste passa de nombreuses heures à composer les 36 volumes de l’Histoire Naturelle générale et particulière. Les murs couverts des estampes aquarellées de François-Nicolas Martinet qui illustrent l’Histoire Naturelle des Oiseaux, la cheminée de marbre ou encore le portrait de Newton, restituent l’ambiance particulière de ce lieu chargé d’histoire au perron duquel Jean-Jacques Rousseau s'agenouilla en signe d'admiration.
Construite dans la première enceinte du château de Montbard, l'église Saint-Urse située dans le parc etait à l'origine la chapelle Saint-Louis des châtelains de Montbard, probablement édifiée au XIe siècle. Elle est devenue église paroissiale au XVIe siècle après que sa nef ait été prolongée. Elle a subi depuis de nombreux remaniements. Sur la face latérale sud de l'église, la chapelle seigneuriale où Buffon a été inhumé le 20 avril 1788 fait saillie. Ses ossements, exhumés après la Révolution, y ont été replacés le 4 mai 1973. Le tympan de la porte principale est orné d'un bas-relief du sculpteur semurois Frédéric Creusot, il représente le Christ en gloire. A gauche de l'entrée de la nef, se trouve une cuve baptismale du XVe siècle. L'église Saint-Urse renferme également un retable du XVIIIe siècle et plusieurs tableaux dont une Nativité d'André Ménassier. Cette chapelle a été décorée de fresques murales par Ernest Boguet en 1946.
Des tours défensives d'origine, il ne reste de visible, aujourd’hui que celles de l’Aubespin et de Saint-Louis. Les Tours constituent avec les salles souterraines et les remparts, les vestiges les plus visibles de l'ancienne forteresse médiévale.
D'une hauteur de 46 mètres, la Tour de l'Aubespin, plus haute tour-terrasse de Bourgogne, est composée de quatre salles voûtées et d'une terrasse supérieure qui offre un panorama remarquable sur Montbard et la vallée de la Brenne traversée par le canal de Bourgogne. Cet ancien donjon était le poste d'observation situé à l'intersection des vallées menant vers Paris, Dijon et Semur-en-Auxois , elle permit à Buffon de réaliser des expériences sur les vents. L'une des quatre grandes salles voûtées abrite un petit musée d'archéologie, et illustre l'histoire du château de Montbard et de ses seigneurs, ainsi que celle du château voisin de Montfort...
La Tour Saint-Louis, remaniée par Buffon au XVIIIe siècle, abritait quant à elle tout à la fois le cabinet de travail d'été, le laboratoire et la bibliothèque du célèbre naturaliste. La fonction précise des tours au Moyen Âge reste encore à déterminer. Elle est aujourd'hui le point d'accueil des visiteurs. La Tour de l’Aubespin et le Cabinet de Travail sont accessibles sur visites guidées uniquement.
Pour vous dégourdir les jambes, vous pourrez opter pour une balade pédestre ou en vélo sur les chemins de halage le long du canal de Bourgogne. Puis, après avoir repris votre véhicule, rendez-vous à la Grande Forge de Buffon. Édifiée en 1768, la Grande Forge de Buffon ne vous laissera pas insensible. Vous pourrez admirer le travail architectural savamment étudié ainsi que découvrir l'histoire et les éléments de la forge où se coulaient les boulets de canon. Les bâtiments sont distribués sur deux niveaux, l’un regroupant les bâtiments industriels et l’autre intégrant les habitations, les jardins et la ferme. Une deuxième étape incontournable dans le secteur est l'Abbaye de Fontenay. Presque intacte depuis sa fondation par Saint-Bernard en 1119, elle est le plus fidèle exemple d'abbaye cistercienne rêvée par le grand réformateur de l'ordre bénédictin.