La modeste ville de Yvetot que l'on aperçoit à peine, cachée qu'elle est derrière un immense bouquet d'arbres vigoureux, fut autrefois non seulement la capitale d'un royaume, mais encore et pendant longtemps à elle seule le royaume presque tout entier. Les origines d'Yvetot, et plus particulièrement du royaume d'Yvetot, restent obscures et de nombreuses hypothèses ont été avancées. Le nom d'Yvetot est cité pour la première fois dans une charte de donation du duc de Normandie Richard II, en 1021, aux religieux de l'abbaye de Saint-Wandrille. Plusieurs familles dont la famille d'Yvetot jusqu'en 1401, tinrent la seigneurie d'Yvetot, avec le titre de roi ou de prince, notamment à partir de Martin du Bellay, vers 1551. On en connaît les généalogies.
Détaché de tout hommage, au moins depuis 1203, ce territoire reste une principauté jusqu'en 1789. Cette principauté dépassait les limites actuelles de la commune d'Yvetot puisqu'il comprenait aussi les anciennes paroisses de Saint-Clair-sur-les-Monts et Sainte-Marie-des-Champs. En octobre 1464, par ses lettres patentes, le roi Louis XI (1423-1483) confirme les droits de la seigneurie d'Yvetot. La ville d'Yvetot a été incendiée alors qu'elle était sous domination anglaise en 1418 lors de la Guerre de Cent Ans, puis lors des guerres de Religion en 1592. Jacobine au début de la révolution, Yvetot prend le nom du parti de Robespierre, La Montagne en 1793. En 1940, au début de la Seconde Guerre mondiale, la ville subit des bombardements allemands qui détruisirent le centre ville.
En arrivant à Yvetot, vous trouverez un parking, au 8 Rue des Parts, pour stationner votre véhicule. Puis, dirigez-vous vers l’office de tourisme de d’Yvetot situé Place du Maréchal Joffre. Deux circuits balisés permettent de découvrir autrement la ville d’Yvetot, le point de départ se situe devant l’office de tourisme d’Yvetot. La balade parcourt les rues de la capitale du pays de Caux pour faire des haltes près d'édifices qui témoignent de l’histoire d’Yvetot.
Commencez votre visite par le Musée des Ivoires, ce bâtiment était l’ancien Tribunal de Commerce (1790). Le musée des ivoires présente, parmi ses trésors, l’impressionnante collection léguée en 1929 à la Ville par Louis Féron, fondateur de la société des courses d’Yvetot. Collection de plus de 200 ivoires, complétée d'un assortiment de terres cuites et faïences, de provenances géographiques diverses et d'époques variées. Deuxième site ivoirier de Seine-Maritime, le Musée des Ivoires d'Yvetot est l'une des étapes de la Route de l'Ivoire et des Epices.
En sortant du Musée des ivoires, engagez-vous dans la rue du château. Le Château des Rois d’Yvetot occupait l’actuel emplacement des commerces entre la rue du Château, la rue des Princes d’Albon, la rue Martin du Bellay et la Place Maréchal Joffre. Le nom de cette rue du Château est le seul vestige qui témoigne de sa présence, nous retrouvons l'importance des noms des ruelles et rue de nos villages, héritage de notre patrimoine historique.
Au bout de la rue du Château, tournez à gauche en direction de l’église Saint-Pierre. L’église Saint-Pierre remplace celle du XVIIIe siècle, détruite par les bombardements de 1940. Oeuvre de l'architecte Yves Marchand, l'édifice de forme circulaire est tonnante par sa forme ronde et sa couleur rose. Elle fut édifiée entre 1951 et 1956, composé de 24 pilastres qui retiennent le vitrail de 1046 m². Ce véritable mur de lumière, signé Max Ingrand, est unique en Europe. Le vitrail est un puzzle qui explose de couleurs vertes et or, mêlées de bleu. Assemblage minutieux d’une douzaine de pièces en verre qui présente des saints, avec un large volet consacré aux Normands du diocèse de Rouen. Autres personnages représentés dans cette procession, les dames ne sont pas en reste. À quelques pas de la Vierge Marie, on trouve la Pucelle d’Orléans, dans son armure. Les visiteurs peuvent découvrir les richesses du vitrail de l’église, et comprendre ses représentations grâce à des audioguides remis gratuitement à l’accueil de l’Office de Tourisme d’Yvetot.
Prendre sur votre gauche la rue Saint-Pierre, puis tournez à droite la rue Bellanger jusqu'à la Place Louis Féron. Au centre de la Place Louis Féron se dresse la fontaine Saint-Louis. Les premières traces de l’histoire de cette fontaine remontent à la fin du XIXème siècle. On a en effet retrouvé une gravure datée de 1878 représentant le projet de construction du monument. C’est en 1884 qu’elle est finalement réalisée, symbolisant une nymphe des sources.
Suivre la rue Saint-François, prendre à droite la Rue Pierre de Coubertin. Passez devant l'Espace culturel des Vikings. Construit en 1957, l’espace culturel Les Vikings était à l’origine destiné à la vente de taureaux normands. Revenez sur vos pas, poursuivre la rue Saint-François sur la droite, puis à gauche dans la Rue de l’Epargne. Au n°23 de la Rue de l’Epargne se tenait l’ancienne Caisse d’Epargne. Sa construction est antérieure à 1881. Prendre à gauche, la rue du Calvaire, tournez à droite dans la Rue de l'Avalasse, et enfin de nouveau à gauche Rue Percée. À la place de la Galerie Duchamp au n°7 se dressait une ancienne minoterie.
Dirigez-vous vers la Place des Belges. Appelée autrefois Place d’Armes, la Place des Belges témoigne de la nouvelle architecture d’après-guerre (1950). Avant la seconde guerre mondiale, le centre-ville d’Yvetot était principalement en brique (suite à un incendie qui avait ravagé les maisons à colombages au XVIIème). Après les bombardements de juin 1940, une bonne partie de la ville est dévastée, dont l’église. En 1941, un plan d’urbanisme est dessiné par R. Millet. Le Mail est créé et l’Hôtel de Ville est intégré au centre. En 1946, un nouveau plan d’urbanisme est défini et l’architecte O. Zavaroni (Prix de Rome) supervise les travaux. Il harmonise le centreville en utilisant les mêmes matériaux et en égalisant la hauteur des bâtiments. Les nouveaux îlots sont construits en pierre de teinte jaune, les toits sont en tuiles et seuls les encadrements des ouvertures sont en béton.
A proximité, dans la Rue Guy de Maupassant, à la place de l’hôtel, se trouvait l’ancienne institution Ecclésiastique d’Yvetot. Guy de Maupassant y étudia plusieurs mois avant d’en être exclu. La suite du circuit continue vers le manoir du Fay et la gare d’Yvetot. Le manoir du Fay est un manoir typiquement cauchois construit en 1613 par Pierre Houel de Valleville. Quelques années plus tard, Pierre Corneille viendra rendre visite à son oncle alors curé de Sainte Marie des Champs. Le manoir fut provisoirement un centre de détention pendant la révolution. D'une exceptionnelle qualité architecturale, en pierre calcaire et briques à motif de losanges dans le style Henri IV, à l'arrière du manoir du Fay, des murs de bauge entourent un jardin-potager dont la gestion et la réhabilitation sont confiées aux bénévoles de l’association “Faire vivre le Manoir du Fay”. Depuis 1989, le site est la propriété de la ville d’Yvetot.
Tout près se trouve un bâtiment : la Moutardière, témoin du passé industriel de la commune avec les établissements Bocquet. Bâtiment en briques rouge construit en 1912 à proximité de la gare. Les industriels profitèrent du rail pour développer leurs activités. Après la seconde guerre mondiale, l’entreprise Bocquet achète le bâtiment, désaffecté depuis 1939. Pendant une cinquantaine d’années, l’usine fabrique la célèbre moutarde Bocquet jusqu’à sa fermeture en 1992. Le bâtiment abrite aujourd’hui plusieurs entreprises. Revenez vers votre véhicule.