Le prieuré de Carluc, dont ne subsiste plus qu’une chapelle, une galerie funéraire et une portion de muraille, se trouve au fond d’un petit vallon frais et verdoyant où coule le ruisseau de Carluc. Le ruisseau alimente un petit étang, 300m en aval du prieuré.
Le prieuré de Carluc est également proche de la Via Domitia et il constituait donc une étape de repos bienvenue pour les pèlerins qui au Moyen-âge partant de la Péninsule ibérique, gagnaient l'Italie en passant par la Provence. Ce qu’atteste très probablement la présence de cellules monacales de type troglodytes.
Lieu de culte sans doute plus que séculaire à l'époque médiévale puisque le prieuré jouxte une petite falaise, creusée de galeries, d'habitats rupestres et de tombes anthropomorphiques, au pied de laquelle, sous un portique à colonnes, sourd encore de l'eau de l'ancienne source sacrée qui alimente un petit ruisseau à truites.
On peut apercevoir dans ce prieuré de Carluc : une église médiévale entourée de tombes rupestres anthropomorphes, les restes de deux autres églises et nombreux aménagements dans le rocher, les vestiges d'une galerie creusée dans le roc, des grottes et une muraille du XIIIe siècle.
La chapelle est entourée d’une nécropole paléochrétienne, qui a pu constituer un lieu de pèlerinage où les premiers chrétiens cherchaient le repos près de saints martyrs locaux. Une partie de la nécropole est placée dans une galerie creusée dans la roche, reliée à la chapelle ; quelques sarcophages ont été mis au jour en 1960-1961.
Dans la galerie, les moines avaient accès à celle-ci par une porte en plein cintre ouverte dans la mur Nord du prieuré. Cette longue galerie rupestre à la particularité d'avoir sa partie Ouest creusée dans le roc et sa face Est qui était soigneusement maçonnée. Légèrement en contrebas de la chapelle, on y accède par un escalier monumental.
Sa première partie, où se trouvent déjà, du côté du levant, des tombes rupestres, fut initialement couverte de voûtes d'arête sur dix travées. Elles prenaient appui sur des colonnettes monolithiques dont trois ont été dégagées lors des fouilles. Leurs fûts sont soit lisses, soit à cannelures droites ou à cannelures torses.
La seconde partie, toujours profondément creusée dans le roc, a conservé son mur au levant sur lequel apparaissent des marques de tacherons. Il est percé de quatre portes qui donnent accès à l'extérieur ou dans les anciens bâtiments conventuels. La banquette orientale a été creusée pour recevoir des tombeaux antropomorphes.
Ils se succèdent tout le long de la galerie et dans ses derniers mètres, se sont la banquette et le sol qui ont servi à creuser des tombes. Dans cette partie Nord, s'ouvre une porte permettant d'accéder à l'église Saint-Jean-Baptiste, une autre permet aussi de rejoindre l'extérieur par un couloir creusé dans le rocher. Sur une des parois de celui-ci a été gravée une croix potencée.