Cet endroit magnifique et mystique etait donc l'endroit où se trouvait par le passé l'abbaye de la Celle-Roubaud. En 558, Childebert, le fils de Clovis offre à l’évêque de Paris plusieurs terres agricoles dont la localité des "La Celle". Très appréciés par l’Eglise, ces domaines permettaient notamment de produire l’huile nécessaire aux lampes liturgiques. Toutefois, il faudra attendre 1039 pour qu’une communauté religieuse s’installe et qu’un monastère, nommé alors "Celle-Roubaud", soit bâti. De cet édifice, il ne reste rien, toutefois, voici son histoire : Le site a été successivement occupé par un ermite, une communauté bénédictine issue de ses disciples, les Templiers, et enfin un prieuré des bénédictines de Sourribes.
L’origine de son nom, la Celle-Roubaud, provient du patronyme d’un ermite venu s’établir en cet endroit. Un écrit daté de 1038, concernant une donation au monastère Saint Victor de Marseille, atteste déjà de l’existence sur le site du couvent de Salam-Robaldo. En 1200, lorsque les Templiers se rendent maîtres des lieux, ce dernier prend le nom de monastère de la Celle-Roubaud. Le lieu est placé sous le patronage de Sainte-Catherine du Mont Sion, puis Indie, abbesse du monastère de Sourribes, avec l'approbation d'Othon, évêque de Gap, le donne aux moniales Bénédictines en 1260. A partir de 1260, plusieurs ordres se succèdent : les bénédictines de Sourribes d’abord, puis par une communauté religieuse de la chartreuse de Bertaud, qui sera dirigée dans le premier tiers du XIVe siècle par Roseline de Villeneuve. Le monastère est alors dédié à Notre Dame. En 1320, le monastère doit sa restauration à Helion de Villeneuve, grand-maître des chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, et frère de sainte Roseline de Villeneuve, la seconde prieure. En 1323, le pape Jean XXII décrète l'adjonction, à cette maison, des revenus du prieuré de Saint-Martin. La fin du XIVe siècle et la première moitié du XVe siècle voient le relâchement progressif de la discipline. Après la mort de Roseline en 1329, le monastère tombe en décadence et les entorses à la règle se multiplient.
En 1420, le chapitre général abandonne la maison et ses biens sont donnés, en 1448, à la chartreuse de Durbon. Après des essais de survie, les moniales sont sécularisées en 1499. En 1504, ce sont les Franciscains de la Stricte Observance qui occupent les lieux. Il devient alors le monastère de Sainte-Catherine d’Alexandrie. Son nom actuel de Chapelle de Sainte Roseline n’apparaîtra qu’au XIXe siècle. C’est en 1504 que le Baron des Arcs obtient l’installation d’une communauté de Franciscains de la Stricte observance. Les bâtiments : le cloitre et l'église sont reconstruits, ne conservant de l’édifice du XIIIe siècle qu’un pan de mur nord. Le lieu est alors dédié à Ste Catherine. En 1504, la famille de Villeneuve y installe un couvent de franciscains, qui l’occupent jusqu’à la Révolution. En 1504, le monastère est occupé par des Franciscains de la stricte Observance et devient le monastère de Sainte-Catherine d’Alexandrie. Le nom de chapelle Sainte-Roseline n'apparaissant qu'au XIXe siècle. L’ensemble conventuel est mis en vente à la Révolution, le couvent devient une bâtisse viticole tandis que l’église est rachetée, par souscription, par les Arcois.
La Chapelle de Sainte-Roseline se compose d’une nef à cinq travées et chœur à chevet plat, sans transept. Elle est couverte d’une voûte en berceau brisé, qui semble avoir remplacé le plafond en bois d’origine. Le chœur est couvert d’une voûte d’arrêtes sur croisée d’ogives. Des chapelles se développent de part et d’autre de la nef : la chapelle Saint-Antoine au Nord et 3 chapelles au Sud.Ces chapelles ont sans doute été construites plus tardivement. Elles sont adossées au cloître de l’ancienne abbaye. La chapelle Sainte Roseline présente aujourd'hui un intérieur d'exception, elle vous offre un accès privilégié aux trésors saints et aux œuvres anciennes et contemporaines
La chapelle présente la dépouille de Roseline de Villeneuve (Sainte Roseline), fille du seigneur des Arcs, elle devint chartreuse à 25 ans puis prieure. Elle mourut en 1329 à 66 ans. On lui attribue de nombreux miracles. La dépouille de sainte Roseline est exposée dans une châsse en cristal. Le reliquaire a subi de nombreux aménagements au cours des siècles. Allongée sur le dos, la sainte est présentée habillée dans sa tenue de cartusaine, blanche à coiffe noire. Son visage, ses mains et ses pieds sont visibles et ont l'apparence d'une peau desséchée et noircie. Six siècles après sa mort, le corps ne sera pas embaumé comme il est mentionné dans le livret de la chapelle, mais bien restauré. Pietro Neri reconstituera et recouvrira le corps de cire d’abeille, afin de lui donner une forme desséchée de couleur noire, celle d’une momie.
Une radiographie du corps révèle également la présence d'une structure métallique de maintien du squelette. Un reliquaire du XIXe siècle posé dans une niche de l'édifice conserve les yeux de sainte Roseline, miraculeusement préservés d'après la tradition. L'un d'eux aurait été cependant détérioré par le médecin personnel de Louis XIV, venu examiner les restes de la sainte et qui l'aurait crevé pour démontrer que les yeux n'étaient pas constitués de verre. Le cadre contenant les yeux date du XVIIe siècle alors que le reliquaire date lui de 1883. Découvrez pendant votre visite, exposés sur les murs, des ex-voto et des photos, et la relique de la sainte est constamment fleurie. La châsse de Sainte Roseline fait l'objet de pèlerinages pour la guérison d'enfants qui ont lieu cinq fois par an.
À l'intérieur de la Chapelle de Sainte-Roseline, on peut également admirer plusieurs éléments notables dont un retable de 1541 montrant une Nativité attribuable à l'école de Nice des frères Brea, probablement à François Bréa, les stalles et le jubé de 1635, un maître-autel baroque entouré d'un retable sculpté qui encadre une Descente de croix du début du XVIe siècle. La prédelle en bois peint du XVème siècle représentant le Christ au tombeau entouré de la Vierge, saint Jean et plusieurs saints. A noter aussi l’autel et le tableau Saint Antoine de Padoue du XVIIe siècle.
La Chapelle de Sainte-Roseline est aussi un écrin de choix pour plusieurs œuvres d’art contemporain : un lutrin et un bas-relief de Giacometti ainsi qu’une mosaïque de Chagall qui représente le “repas des anges”. En 1968, pour remercier sainte-Roseline, Mme Marguerite Mæght, décide de restaurer la chapelle et demande à quatre artistes contemporains de compléter sa décoration : Marc Chagall réalise la grande mosaïque du repas des anges. Les vantaux en bronze martelé de la niche du reliquaire sont l’œuvre de Diego Giacometti (1975) de même que le lutrin en bronze. Jean Bazaine et Raoul Ubac s’associèrent pour composer les vitraux. A l’occasion des travaux de réfection de la chapelle, une suite de 7 médaillons peints a été découverte ainsi qu’une frise ornée de motifs géométriques à décors floraux et végétaux et un décor d’architecture. En 1984 Adrien Maeght restaura le toit en tuiles romaines.
De nos jours, l'abbaye même est devenue le Château de Sainte Roseline, un domaine viticole qui produit des vins de haute qualité. En effet, la commune des Arcs compte une dizaine de domaines de prestige. Vous les retrouverez tous à la Maison des Vins Côtes de Provence le long de la RN7.