Au travers de la découverte historique et architecturale de la chapelle Saint-Blaise, suivez son histoire pour tenter de percer le mystère de l’ordre des Templiers installé à Hyères et dans la vallée de Sauvebonne à partir du XIIe siècle. La première mention officielle de la commanderie des Templiers d'Hyères remonte à 1198. Il est alors question d'un ensemble imposant comprenant grenier, écuries, forges. La maison se situe alors aux portes de la ville sur la route menant à la mer. Il semble que la commanderie de Hyères avait pour dépendances les maisons de Toulon, Collioure et La Garde.
L'ordre religieux et militaire des Chevaliers de la milice du Temple ou Templiers, avait reçu, des comtes de Provence, des biens considérables dans ce pays, dès le milieu du XIIe siècle. Raymond-Bérenger III (1158-1181), fils de Raimond-Bérenger IV, comte de Barcelone et comte associé (régent) de Provence sous le nom de Raimond-Bérenger II, et de Pétronille Ramirez, reine d'Aragon, leur avait concédé la délicieuse vallée de Sauvebonne. Les chevaliers du Temple ont construit, dans l'intérieure de la ville d'Hyères, différents édifices dont quelques-uns subsistent encore aujourd'hui. Selon la tradition locale, l’église actuelle Saint-Louis aurait été construite par les Templiers avant de devenir celle des Cordeliers. Ce sanctuaire, bâti au XIIe siècle et reconstruit au XVIe siècle, était déjà édifié en 1248, lorsque le Cordelier Fra Salimbene visita le couvent.
La commanderie des Templiers d'Hyères forme une importante exploitation agricole qui dispose de vignes, de terres labourables et d’oliveraies tout autour de la ville. Après la destruction de l'ordre des Templiers, en 1312, leurs biens, comme l'on sait, furent donnés aux Chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dits Chevaliers de Rhodes et plus tard de Malte. Lors de l’arrestation des Templiers en Provence, la liste dressée pour la maison de Hyères ne contient que quelques noms dont : la tour Saint-Blaise fait partie d’un important ensemble qui comprend un casal et des dépendances diverses : moulin, cellier, grenier, écurie, forge, four,... Ces bâtiments se répartissent autour d’un énorme rocher, " le piol ", sur lequel s’appuie la tour. Les chevaliers de Malte l'affermèrent à divers particuliers jusqu'en 1673.
Les Chevaliers de l'ordre de Malte, successeurs des TemplIers, avaient conservé à Hyères des biens territoriaux considérables ; ainsi, en 1698, leur commanderie de Beaulieu, près de Solliès, y possédait encore plus de 250 hectares de terres cultivées ; et, en outre, au quartier de Sauvebonne, des collines boisées d'une grande étendue. Ils étaient de plus créanciers d'une somme de 4,200 livres sur la ville d'Hyères qui leur en payait l'intérêt
En 1673, la communauté d'Hyères, qui depuis longtemps cherchait un local où elle pût établir son Hôtel-de-Ville, acquit du commandeur de Beaulieu, Jean-Augustin de Garnier-Rousset, les bâtiments de la place du Piot, par acte du 24 août 1673, passé par le maire Jean Arennes et les consuls Gardane et Martin, devant Maitre Pument, notaire à Hyères, et qui a été déposé, en 1839, aux minutes de M. Mille. La vente était faite par emphytéose, moyennant une rente fructive, annuelle et perpétuelle de 210 livres.
Dans une partie de l'édifice fut installée la Mairie ; le reste fut loué à des particuliers qui en payaient à la Communauté une petite rente annuelle. La chapelle Saint-Blaise fut abandonnée gracieusement à une confrérie de Pénitents bleus, qui l'occupèrent jusqu'en 1765, où ils furent transférés dans l'ancienne paroisse de Saint-Pierre. En octobre 1765, on abattit plusieurs maisons qui étaient auprès de la chapelle Saint-Biaise et qui formaient ce que l'on appelait le quartier du Temple ; leur emplacement agrandit d'autant la place du Piot. Vers 1839, les intérieurs de la chapelle Saint-Blaise furent profondément modifiées et on perça sur les façades est, nord et sud de grandes fenêtres en plein cintre.