La première expérience de la Chartreuse de la Verne, c’est son accès. Mieux vaut ne pas craindre les virages pour emprunter cet itinéraire. Peu de routes mènent à la Chartreuse de la Verne, en partant de Grimaud empruntez la D14, en direction de Collobrière, petite route sinueuse tracée en plein massif des Maures. Puis, tournez à gauche sur la D214. Entre grimaud et Collobrières, la D14 offre quelques jolis points de vue le long de la route. La présence de l’homme s’y fait discrète. On peut y rouler des kilomètres sans y croiser personne. Les paysages traversés ne manquent pas de charme et, au détour de quelques lacets, on a le plaisir de bénéficier de jolis points de vue sur les vastes étendues de collines boisées qui demeurent verdoyantes toute l’année. La nature du massif des Maures est réputée pour ses châtaigniers. Tout autour de ce ce site sauvage, des vallons couverts de châtaigniers, de chênes-liège, de pins, à travers lesquels court le ruisseau abondant de la Verne.
La Chartreuse de Notre-Dame de La Verne est située sur une petite plateforme rocheuse de 415 mètres d'altitude, au milieu des collines des Maures, à 12 km kilomètres de Collobrières. La vue s'étend sur un admirable panorama. Ils offrent une fraîcheur agréable et aussi une ambiance particulière, d’un sous-bois bien éloigné des pinèdes et autres garrigues provençales. Chênes verts, eucalyptus, pins… En fonction des versants, de l’exposition ou même de la nature des sols, la végétation est finalement très variée. Nous sommes ici en pleine forêt, au cœur du massif des Maures dans une zone peu habitée et particulièrement isolée. A noter la présence de nombreux parkings sur la D214 et tout au long de cette dernière, jusqu’au grand parking final, situé à environ 600m de la Chartreuse, édifice immense bâti à l’écart du monde dans un environnement propice à la prière et au recueillement.
Une fois garé sur le grand parking aménagé pour les visiteurs, il faut encore parcourir 600 mètres à pied à travers une forêt de chênes et de châtaigniers avant d’atteindre ce lieu mythique et mystique. C’est là, sur ce chemin, à travers une trouée entre les arbres, que l’on a la meilleure vue sur l’ensemble de l’édifice religieux qui se dresse comme un paquebot au milieu de la forêt, perdue dans un océan de chênes lièges et de châtaigneraies. Profitez de la nature qui séparent le parking de la chartreuse et admirez un magnifique panorama sur l'ensemble du bâtiment. C’est là aussi, que l’on se rend compte de ses dimensions impressionnantes.
Cet admirable vaisseau de pierre, niché au cœur d’une forêt de châtaigniers, a connu une histoire mouvementée. Certains historiens pensent que la Chartreuse a été construite sur les ruines d'un temple Païen dédié à la Déesse Laverna qui aurait précédé un autre dédié à Diane. Fondée en 1170, à l'initiative des évêques de Toulon et Fréjus, la Chartreuse de la Verne se situe sur l’emplacement d'un ancien prieuré abandonné qui portait déjà le nom de Notre-Dame de la Verne. La première église romane y fut consacrée le 3 octobre 1174. Rapidement le domaine gagna en superficie grâce à des donations en échange d'oraisons, permettant ainsi aux moines de vivre de la culture et de l'élevage. Elle fut écrasée d’impôts en 1416 et confisquée, saccagée pendant les guerres de Religion, en partie détruite par des incendies de forêt vendue comme Bien national sous la Révolution, abandonnée, pillée, partiellement tombée en ruines jusqu’en 1982, puis restaurée. Elle héberge depuis 1983 une communauté monastique de Bethléem.
Avant d'entrer dans la Chartreuse de la Verne, vous vous trouverez en face d'un grand mur qui marque la séparation entre la vie matériel et celle consacrée exclusivement au spirituel. Allez observer l’ancienne porte d’entrée monumentale en serpentine sur votre droite, marbre volcanique du massif des Maures. Au XVIIème siècle tout le monastère a été orné de cette pierre extraite d'une carrière de La Môle, village proche de Cogolin. L'entrée se trouvera à votre gauche au pied d'une tour d'angle. La Chartreuse de La Verne offre de nombreux points de grand intérêt.
La chartreuse est bâtie sur un éperon rocheux d'orientation nord/sud et prend la forme d'un rectangle de 155 m x 85 m le long de la crête. Un rempart présentant une tour aux deux angles sud du quadrilatère, protégeait les bâtiments et leurs habitants. Aujourd'hui, la tour sud/ouest a été entièrement reconstruite. C'est par elle que débutent les visites. Seule une partie de l’édifice se visite afin de ne pas croiser et ne pas déranger les moniales de solitude dans leur vie quotidienne.
La Salle d'accueil qui abrite la caisse et la boutique d'artisanat se trouve dans la Porterie qui servait à l'époque de stockage pour les légumes, fruits et diverses réserves. A partie de là la visite est balisée en 10 points qui vous améneront à la découverte d'une partie de la chartreuse de le Verne. Si vous êtes un peu trop dénudé en arrivant à la chartreuse, le personnel de l’accueil vous donnera gentiment un grand châle à mettre sur vos épaules. Le circuit de la visite nous emmène dans les anciennes parties communes où travaillaient autrefois ceux qui étaient en lien avec le monastère.
En prolongement de la Porterie se trouve la Grange, l'une des salles les plus hautes de l'édifice. Très sèche, elle permettait de conserver les produits craignant l'humidité. La fenêtre du fond vous donne une très belle vue sur l'église Romane. En descendant vous vous trouverez dans la Boulangerie salle basse aux voûtes en croisées d'arrêtes avec son immense four à pain qui permettait autrefois de nourrir 50 à 60 personnes. Le four à pain a été remis en service en 1970.Dans cette pièce, une petite vidéo particulièrement intéressante montre les différentes étapes de la restauration du monastère relevé de ses ruines par des passionnés.
Aménagée dans les anciennes Souillardes, la Chapelle de l'Adoration est un espace de recueillement et de prières pour tous les visiteurs. Puis, l'Huilerie : c'est ici qu'on faisait l'huile d'olive comme en témoigne les vestiges. Le moulin du Monastère Notre Dame de Clémence de la Verne est un des plus vieux du département du Var. Dans la vaste salle subsiste encore deux grandes meules qui étaient actionnées par un mulet. Les olives écrasées étaient placées dans des petits sacs ou scourtins empilés les uns sur les autres dans des presses. Les niches des presses ou chapelles sont encore visibles dans le mur Ouest. Sur le peron de l'Huilerie, descendez dans le long des remparts pour la suite de la visite. Outre l'architecture des remparts, profitez également d'une magnifique vue sur le massif des Maures.
Le petit cloître n’est pas accessible à la visite mais vous pourrez le voir derrière une baie vitrée en vous rendant à l'église Romane. Le petit cloître, adossé à l'église, ne fut jamais terminé, il arbore tout de même des arcades inspirées de l’architecture de la Renaissance. Il relie le réfectoire, dans lequel les moines ne mangeaient que les dimanches et les jours de fête, à la chapelle Saint Bruno qui accueillait les laïcs qui souhaitaient suivre l’office religieux. Vous pourrez admirer également l'église Romane depuis une mezzanine qui donne une vue plongeante sur l'église. Elle présente trois paires de fenêtres en demi-cintres qui correspondent à trois divisions de la nef en travées. Le plafond est lui-même composé de trois caissons en voûtes d'arêtes et arcs doubleaux, suivant le même principe que la salle capitulaire. Ici point de photo et le silence, c'est un espace de culte où une moniale est toujours en prières.
Enfin au nord, le grand cloître de solitude et ses 12 cellules et en son centre le cimetière. Le grand cloître rectangle de 70 m par 25 m, possède, quant à lui, une galerie entièrement couverte qui mène aux cellules des moines et et par son côté sud à l’église romane qui présente, tout comme la salle capitulaire, des voûtes en arêtes. La voûte est en pierre des Maures : le schiste. Dans le mur de la galerie Nord, un passage conduit à une porte fortifiée et au moulin à vent. Le Grand Cloître, coeur du monastère, autour de sa galerie de 90 mètres s'ouvre donc sur les cellules des Moniales.
Dans la cour intérieure, bordée par les arcades du cloître, se tiennent les sépultures des moines. Les sépultures ne présentent pas d'inscriptions, seules des croix en bois rappellent aux visiteurs leurs présences. Enfin, il ne faut pas oublier la cellule témoin, un petit couloir vous amènera à cette cellule composée de la pièce de l'Ave Maria, d'un promenoir, d'une chambre "cubiculum", d'un atelier et d'un petit jardin. Cette cellule témoin est la reconstitution d’une cellule du XVIIe siècle, elle permet de s’imaginer la vie d’un moine chartreux à l’époque dont le quotidien, ponctué de solitude et de silence était dédié à la prière.
Le Cellier à poximité, est une très belle pièce voûtée et pavée. Vous y voyez un "Christ à figure de Moine", et à droite la "Vierge de l'Aude". Un escalier très étroit vous ramènera par la suite à l'accueil où vous êtes arrivé. Au Rez de chaussée, une exposition de photos sur la rénovation de la chartreuse et des ordres, est visible. Le monastère avait un droit de justice sur ses terres, l’ancienne prison fait face à la Chapelle Saint Bruno. Actuellement, la cloche d’origine du monastère des Chartreux, datant du XIIème siècle, est exposée dans le grand vestibule d’entrée de la mairie de Collobrières.
Après votre visite à la Chartreuse de la Verne, un petit tour du village médiéval s’impose. Direction Collobrières, la capitale du massif des Maures et le pays de la châtaigne. Traversez au hasard les nombreuses placettes du village, ruelles et calades du village. A ne pas louper : la Place de la mairie, la Place Rouget-de-l’Isle, la Place de l’église, l’église Saint-Pons et le Pont Vieux, petit pont qui enjambe le Réal Collobrier, le cours d’eau de Collobrières.