Très discret de par sa situation un peu isolée, le village de Bargème a su garder toute son charme séduisant. Aller à Bargème, c'est se replonger dans l'époque féodale.
Venant par la petite route départementale, vous traversez une pinède avant d'arriver en plein champs où Bargème apparait sur la crête qu'il partage avec les vestiges de son imposant château. Le château est depuis janvier 2008 patrimoine communal.
Au pied de la montée du village, en bordure d'une piste à droite, un peu cachée par les buissons se trouve la toute petite chapelle votive dédiée à Saint Antoine. Elle est malheureusement à l'abandon et son entrée a été sauvagement murée. Dommage, car elle mériterait de renaître, d'autant qu'elle est fort ancienne.
Le vieux village conserve de nombreux vestiges, notamment des remparts intacts dans ses parties sud et est. Vous accédez la partie basse du vieux village de Bargème par une porche dans les anciennes fortifications.
Au gré des balades dans Bargème, les amateurs de vielles pierres seront ravis en flânant dans les petites ruelles tranquilles. Passages voutés, vielle maisons, murets et jardins vous attendent.
En haut se dresse le château médiéval de Sabran de Pontevès, édifié au XIIIe siècle et autour duquel le village médiéval s'est développé. Comment parler de l'histoire du village sans évoquer le nom des Pontevès, et particulièrement celui de Jean-Baptiste de Pontevès, seigneur de Callas. La seigneurie de Bargème lui parvint au XVIème siècle.
En 1578, en plein coeur des guerres de religion qui ensanglantaient la France entière, et où s'opposaient les Ligueurs aux royalistes, et les carcistes aux razats en Provence, le seigneur, qui avait régné en effroyable dictateur sur ses sujets, était en procès avec les habitants de Callas.
Bien que le château soit en ruines, dûes aux ravages des guerres de religion, une bonne partie du corps principal de l'édifice subsiste encore ainsi que les tours évocatrices qui dominent le village et ses environs. La porte du château est remarquable avec son arc brisé. Le visiteur s’attend à tout instant à voir surgir un chevalier en armure ou des passants en tenue médiévale comme une résurgence d’un passé que l’on imagine glorieux.
A coté de ces vestiges et toujours intacte, l'église Saint-Nicolas du XIIe siècle est très typique du style roman. Elle abrite des retables sculptés du XVIe siècle et des jolis tableaux. Celui de Saint-Sébastien, sculpté sur bois au début du XVIe siècle, attire tout particulièrement le regard avec ses panneaux en demi-relief.
A l’extrémité ouest de l’esplanade du Château vous trouverez la Chapelle Notre-Dame des Sept Douleurs. Elle porte bien son nom car cette chapelle est le fruit d'une épisode sanglant fait d'usurpations et spoliations, égorgements et coups de poignard, vols et rançons. Enfin, en expiation du massacre des cinq membres de la famille Pontevès, les habitants furent condamnés à ériger cette chapelle qu'ils nomment d'abord Notre-Dame d’Espaïme, mot provençal qui veut dire l’effroi, la peur.
Plein de charme et de tranquillité, votre promenade dans le village médiéval de Barège vous fera aussi découvrir une fontaine du XVIIe siècle alimentée par une source qui prend naissance à l’ouest de la montagne du brouis et canalisée jusqu’au village. Aujourd'hui, des artistes ont élu domicile le long de ses ruelles. À ne pas rater, notamment la sculptrice Elsa Magrey qui présente ses œuvres mais aussi celles d'artistes invités dans sa galerie-atelier.
En dehors du village, d’autres bâtisses-chapelles émaillent le territoire communal de Barège comme la chapelle Sainte-Pétronille, à 2 km au nord-ouest du village, est érigée la chapelle Saint-Laurent qui domine le hameau du même nom.