La commanderie de Saint-Maurice est mentionnée pour la première fois en octobre 1164, lorsque le seigneur Hugues de Montmeyan entre dans l’Ordre et donne la terre de Camp Long ainsi que les droits de pâturage sur tout son territoire,,. Il renonce à tous ses droits et héritages au profit de la commanderie. La même année, les Templiers fortifient le Castelar à La Roquette. En novembre 1170, le seigneur de Blachère donne et concède aux chevaliers du Temple toutes les terres cultes et incultes, le droit de pâture ainsi que les eaux des rives du Verdon. Il donne en outre la libre faculté de construire un moulin dans le vallon de Beau Rivé et un local pour préparer le pain.
Les Templiers bâtirent à Régusse un château impressionnant dont subsistent encore des traces dignes d'intérêt, comme par exemple la partie nord des remparts et une cour médiévale au coeur du village de Régusse. Après l'ordre d'arrestation des membres de l’ordre du Temple en 1308, les biens de la commanderie sont réunis au domaine de la cour royale de Provence en 1309, puis passent aux mains des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en 1312. En 1322, Arnaud de Trians, comte d’Alife dans le royaume de Naples et neveu du pape Jean XXII, fait l’acquisition de la terre de Montmeyan.
À la suite des troubles occasionnés par les guerres de Religion, le village est déserté puis repeuplé en 1580 par des Hongrois. Gaspard de Grimaud achète la seigneurie en 1613 et la fait ériger en marquisat par des lettres patentes données à Paris en novembre 1649. Son petit-fils Charles de Grimaud, président au parlement de Provence en 1643, commence à porter le patronyme de Grimaldi. C'est donc un lieu au passé tumultueux qui vous attend, planté sur son piton rocheux. Durant votre étape, vous pourrez également voir les vestiges de l’ancien système défensif de Régusse. Tourelles, remparts, souterrains vous plongeront dans le passé le temps d’une agréable promenade dans le village. Vous croiserez au cours de votre visite de belles maisons anciennes, des porches, des cintres, ainsi que la mairie et son campanile cylindrique original qui date du XVIe siècle.
Après avoir stationné votre véhicule, dirigez-vous vers l'office de tourisme de Régusse, située Cour Alexandre Gariel. L’office du tourisme a créé à Régusse de très bons parcours d’orientation. Ne manquez pas la promenade historique dans les ruelles du vieux village, elle vous conduira à travers les jolies rues du bourg jusqu’aux monuments et endroits-clés en une heure ou deux, selon vos envies. Les parcours, au nombre de quatre, sont l’un des meilleurs moyens pour découvrir le village et ses environs. De plus, ces parcours sont une aubaine quand on a des enfants. En effet, armés d’une carte et d’une boussole, ceux-ci se prendront au jeu, et apprendront par la même occasion les bases de l’orientation dans la nature.
L'artère principale de Régusse, le Cours Gariel, tire son nom d'un opposant de Napoléon III qui suivit Victor Hugo pendant de longues années dans son exil à Guernesey. Les rues du village médiéval, étroites et parfois pentues, convergent vers la Place de L'horloge, magnifiquement restaurée. Passez devant le monument aux morts, puis prendre sur votre gauche la rue du château. Vous voici au niveau de l'ancienne porte d'entrée de la seigneurale. Le Château se trouvait plus en hauteur, le Cours Alexandre Gariel a été formé au moyen de remblais. On suppose que le premier magasin sur la droite était le logement du gardien.
Au bout de la rue du château, sur votre gauche vous trouverez l'emplacement de la porte du Château des Templiers, puis à l’angle de la Rue des remparts la Tour du Château des Grimaldi. De cette tour partirait un souterrain qui permettait aux mercenaires de sortir discrètement et qui les menait au quartier Font Neuve, à l’Ouest du village. Ce Château de l’époque des Castellane, a été repris et agrandit vers l’Ouest par les Grimaldi. Il fut en partie rasé à la Révolution. Le Château des Grimaldi avait quatre tours, il n’en reste plus que deux. En contre bas du Château, se trouvait le Grand jardin du seigneur avec son pigeonnier. Les grandes arcades sont les vestiges des portes des écuries du Seigneur.
L’église Saint-Laurent d'origine Romane a été bâtie en trois fois, la partie la plus ancienne est celle de gauche, celle de droite est plus récente. L'Eglise Saint-Laurent présente un beau clocher carré dont la toiture est couverte de tuiles vernissées polychromes et un joli portail d'entrée. La première cloche de l’Eglise Saint Laurent La première cloche date de 1843. En 1840, Villeneuve fut rattaché à Régusse et devint un hameau, on transféra la cloche de son église à Régusse en 1875. La troisième cloche a été baptisée en 1953 par Mgr Gaudel. Actuellement on entre dans l’église Saint-Laurent par le collatéral Sud. Par l’escalier qui encadre la porte, le Seigneur accédait à une chambre qui lui permettait de suivre l’Office Religieux en toute tranquillité. La rangée de trous dans le mur était un pigeonnier, dont une partie rebouchée est encore apparente. On suppose que la tour carrée, était le tour de garde du Château.
A droite du clocher, au 2 Rue d'Albert se trouvait le Couvent construit par les Castellane. Dans la rue d'Albert, vers le Nord, on voit la troisième porte du Château des Templiers, avec le mur du chemin de ronde qui permettait aux gardes de circuler le long des remparts. Ici s'achève la partie Templière et commence la partie Seigneuriale. En effet, le 24 janvier 1308, les Templiers de Provence sont arrêtés et les terres de Régusse saisies sur ordre du Conte Charles II obéissant à l'injonction du 6 janvier 1308 de Philipe Le Bel roi de France et à une bulle papale de Clément V. Les terres régussoisses seront remises aux Chevaliers Hospitaliers de Saint Jean. Régusse passa ensuite aux mains de la dynastie des Castellane puis des Albert. Franchir la porte Nord du Château des Templiers, pour observer le piton rocheux sur lequel a été bâti Régusse.
A l’angle de la Rue des Castellane et de la Place de l’Horloge se situe la porte orientale du Château des Templiers. Certains encadrements de porte n’ont pas de clef de voûte car cette dernière a été inventée après 1400. Seul un couloir allait de l’entrée aux remparts. Elle est devenue une cour dans les années 1970. A l’endroit le plus resserré de la rue sombre se trouvait la deuxième porte Sud du Château des Templiers.
Autre site à visiter pour se rappeler, la Chapelle Notre-Dame-de-la-Miséricorde, appellée plus ordinairement la Chapelle du Presbytère est signalée dès 1642. Elle servait de lieu de culte à une confrérie de Pénitents Blancs. Le côté adossé aux vieux remparts de la rue de la République date de 1778, l’autre est du XIXe siècle, comme en témoignent les dates inscrites aux frontons des portes (1806). Vendue, achetée par les principales familles de Régusse, elle est devenue propriété de la municipalité pour devenir un musée "la maison du combattant". A noter qu’au soir de la première élection municipale (1er maire Jean-Paul JEAN) le 14 février 1790, la prestation de serment eut lieu dans cette chapelle. La première pièce de cette chapelle a fait l’objet de différents commerces (boucherie, charcuterie entre autres). Aujourd’hui l'ancienne chapelle abrite l'exposition des anciens combattants de Régusse. De nombreux "souvenirs" de l'époque y sont exposés, ainsi que documents, matériels et armements afin de retracer l'histoire de cette sombre période. Les visites sont gratuites en juillet et août le samedi et le dimanche. Les groupes sont accueillis sur rendez-vous tout au long de l'année.
Deux autres chapelles sont présentes à Régusse : Saint Jean d’Albert et Villeneuve. Le Campanile sur la place de l'horloge a été construit au XVIIIe siècle sur une tour du XVIe siècle, la cloche provient de la Chapelle Saint-Jean, située sur les hauteurs du village, cette Chapelle a été érigée en 1638 à la demande du Seigneur de Grimaldi. Enfin, différents oratoires, lieux de prières des temps passés, sont disséminés aux quatre coins de la commune. Si vous recherchez une petite balade, facile et agréable, pensez au parcours de santé du Claou ! En effet, une simple promenade dans le magnifique parc arboré ou quelques exercices physiques vous feront le plus grand bien ! Le domaine de quatorze hectares est équipé de jeux sportifs, d’aires de repos et de tables de pique-nique. Le départ du parcours se situe dans le centre du village, sur l’avenue Léon Moutet. Découvrez également le circuit botanique qui vous guidera à travers les nombreuses espèces et essences présentes.
Lors de votre visite à Régusse, ne manquez pas les deux moulins à vent. L'origine de ses moulins n'est pas connue avec certitude. On suppose cependant qu'ils ont été bâtis à l'initiative des Templiers. Ce sont les templiers qui ont rapporté l’idée du moulin à vent en Provence lors de leur voyage vers la Terre Sainte. Les moulins provençaux de ce type sont très bien pensés. Ils peuvent s’adapter aux vents dominants que sont le mistral et le vent d’est. En effet, le toit conique et les ailes sont orientables. Il ne faut pas moins de six personnes pour effectuer la manœuvre et diriger le moulin face au vent. Les moulins produisaient encore 52 tonnes de farine par an en 1811.
Les moulins côtoient une aire de foulage, offrant ainsi aux paysans tout ce dont ils avaient besoin sans avoir à faire de longs voyages : champs, foulons, moulins. A l'état de ruine il n'y a pas si longtemps, ils ont retrouvé leur éclat d'antan en 1995 lorsque est entreprise leur restauration. L'un a récupéré ses ailes, l'autre abrite un petit musée de la vie rurale, l’autre est le seul de la région à faire encore de la farine. Le moulin ailé, au sud, complètement opérationnel, a été reconstruit suivant des plans de 1640. Il est identique au moulin de Grimaud et à celui de Fontvieille connu sous le nom de "moulin de Daudet". Ils sont le centre d'une grande fête organisée chaque année le premier week-end d'août. A cette occasion, on fabrique même dans l'un des moulins quelques petits sacs de farine.