A deux kilomètres du village de Thor s'élève la colline de Thouzon au dessus de la plaine. Une jolie promenade vous mène jusqu'à son sommet où s'élèvent les ruines d'un ancien monastère médiéval fortifié. Un rendez-vous entre l’histoire locale et la Grande histoire, à ne pas manquer lors de votre étape sur la route de vos vacances. L’histoire du Château de Thouzon se raconte comme une épopée.
En L'an 1014, Ingilramnus, évêque de Cavaillon , donne et confirme aux Bénédictins de Saint André de Villeneuve "les églises déjà données par le pape Jean, qui sont et seront sur le mont Thodone, Thouzon, avec leurs dépendances", dans le territoire de la communauté du Thor. Cette charte est confirmée par celle de Raymond de Saint Gilles qui, se trouvant à l'abbaye de Saint André, en 1088, fait deux donations considérables à ce monastère. Par la première, il lui donne le mont d'Andaon, podium andaonense, sur lequel il est construit, avec le village voisin(celui des Angles); par la seconde, il lui donne le mont Thodone sur lequel sont les églises de Sainte Marie et de Saint Pierre, avec le bois et toutes les dépendances, la villa adjacente et tout le marais avec le port de la Sorgue, sauf toutefois l'albergue et la chevauchée.
Le pape Gelase II, dans sa bulle d'Orange datée de 1118, mentionne les églises de Thouzon parmi les dépendances de saint André. Les droits seigneuriaux de celui-ci ne furent nullement éteints par les donations des comtes de Toulouse. Par acte de Mai 1171, notaire Raymond Bodon, Raymond V transmet à Giraud Amic, seigneur du Thor, tous ses droits sur la colline de Thouzon, sur laquelle est bâti un monastère, avec une maison attenante. Du rapprochement de tous les actes, on peut en conclure que le monastère a été établi entre 1088 ou 1140 et 1171, à côté d'une maison quelquonque déjà existante, et qui est sans doute qualifiée plus tard château (castrum), dans un acte d'échange en date du 19 Janvier 1202. C'est en 1171 que l'on voit apparaître pour la première fois dans un écrit le terme de "monastérium", alors que dès 1202, on parlera de "castrum".
Au mois de Juin 1202, l'évêque de Cavaillon fit un échange avec l'abbé de St André de Villeneuve; les religieux bénédictins lui cédèrent en échange les église de Sint Philéas et de Sainte Marie à Cavaillon, et l'évêque en échange, leur attribua la propriété de l'église de Saint Pierr du Thor et de l'église neuve de Sainte Marie dans le territoire du Thor, qui leur avait été temporairement concédée en 1014 et 1140. Par cet échange, le bénédictins devinrent les véritables propriétaires des deux églises situées sur la commune de Thouzon, et il en ont joui jusqu'en 1696.
En 1318, les habitants du Thor sont maintenus dans les droits qu'ils possédaient déjà de faire paître leurs troupeaux à Thouzon. Diverses difficultés s'élevèrent, en 1318 et en 1457, au sujet des droits de bûcherage et de pâturage appartenant aux habitants du Thor. Elle prirent fin d'abord par leur réglement en 1457 puis les barons du Thor, qualifiés de seigneurs-majeurs du Thor et coseigneurs de Thouzon jusqu'au 2 décembre 1494, où ils désemparèrent tous leurs droits à l'abbé de Saint André, qui devint ainsi seigneur unique et baron de Thouzon.
En 1369, en pleine guerre de Cent Ans, les bâtiments de la colline de Thouzon semblent avoir été occupés par les routiers qui dévastèrent le pays.
En 1396, le château fut pris par les troupes du Vicomte raymond de Turenne, venu des Baux de Provence. Les pillards furent débusqués par le recteur du Comtat, Gaston de Montecatino, sans qu'on sache si c'est avec condition ou sous la force des armes.
En 1457, la communauté du Thor s'engage à payer annuellement le jour de la fête de Saint André à l'abbé de Thouzon une pension de 6 florins pour les droits de pâturage et de fournillage que ledit abbé lui concède dans le territoire de Thouzon.
Une pierre de fronton de porte trouvée dans les ruines de Thouzon, avec l'inscription 1549, et sur laquelle se trouvent scupltée les armes de la famille de castellane, semble prouver que l'abbé de Saint André, François de Castellane, avait fait effectuer diver travaux aux bâtiments situés sur la colline de Thouzon.
En 1563, l'année qui suivit la prise du Thor par le Baron des Adrets, neuf cents calvinistes dressèrent une embuscade dans le bois de Thouzon. La garnison catholique du Thor se fit surprendre et battit en retraite non sans quelques pertes.
En 1594, César de Brancas, abbé de Saint André et seigneur de Thouzon, envisage des réparations sur le château
A la fin du XVIIe siècle, le site fut abandonné par les religieux bénédictins de Saint André et le service religieux ne fut plus célébré dans l'église de sainte Marie. le château tombait en ruines et offrait à peine un logement au garde du seigneur. La justice se rendait en plein air, au pied d'une croix, au bas de la colline. Plus tard, sur la demande de l'abbé de Saint André, Jean-Baptiste du Roure, l'évêque de Cavaillon, de Sade de Mazan, par ordonnace du 28 Janvier 1675, érigea l'église de Saint Marie de Thouzon en rectorie, pour y permettre la célébration du service divin les dimanches et fêtes.
L'entretien des ruines de Thouzon et le paiement des frais du culte constituaient une assez lourde charge pour l'abbaye de saint andré. Aussi, pour s'en libérer entièrement, l'abbé Louis du Roure, par acte du 16 Janvier 1696, notaire Travenot à Villeneuve les Avignons, vendit à Joseph de Martin la terre, la colline, les ruines et les églises de Thouzon, qui devinrent dès lors propriétés privées.
Aujourd'hui, l'association pour le site de Thouzon, créée en 1987, oeuvre pour permettre au site de Thouzon de retrouver sa dignité et devenir un lieu de culture, d' animation et d' histoire. La mise en place d'un musée local aidera à la sensibilisation de la population.
Le château-prieuré de Thouzon perché au sommet d'une petite colline au milieu de la plaine du Comtat Venaissin, n'a conservé de son rayonnement passé qu'une église encore voûtée, une petite chapelle, deux tours, quelques pans de murs et, au milieu de sa cour, une citerne creusée dans la roche. L'abside est semi-circulaire au dedans et au dehors. Une corniche fort simple est portée par des consoles taillées en corbeau. Le tailloir est façonné en damiers. Les soffites sont ornés de rosaces variées; dans l'un on voit l'anagramme du christ, avec l'alpha et l'omega. ce travail parait être du Xe siècle.
La Légende de la Dame blanche
"Vers l'an 1207, un peu avant la croisade albigeoise, Raymond VI comte de Toulouse avait une fille d'une incomparable beauté qu'il désirait marier à un puissant" voisin, mais la belle 'no'(on l'appelait ainsi par abréviation de Noëlie) s'était éprise d'un pauvre troubadour avec lequel elle s'enfuit loin du pays. Furieux, le comte, son père, jura la mort du ravisseur et envoya des émissaires à la poursuite des amants.
On apprit qu'ils s'étaient réfugiés dans le château de Thouzon. On pensa les prendre comme dans une souricière, mais chaque fois que les sbires du comte se présentèrent ils trouvèrent la place vide. il fut impossible de saisir les deux amoureux malgré les plus minutieuses recherches et cependant on voyait souvent une silhouette de femme se glisser sur les remparts du château et disparaître à la première alerte.
il est certain aujourd'hui que les deux fugitifs connaissaient une entrée secrète de la caverne, circonstance qui leur permit d'échapper à toute poursuite et de créer autour d'eux une légende protectrice ."