Le village a pris son essor au Moyen-âge, quand elle forma, avec Avignon, notamment, une "zone tampon" entre les terres situées au nord de la Durance dévolues au comtat de Toulouse et celles situées au sud relevant du comtat de Barcelone. La population s'est fixée autour d'un château, permis par le drainage et la mise en valeur des terrains marécageux des alentours. Toutefois, l’histoire de la commune commence à la Préhistoire. Le site du Mourre du Diable a permis d'exhumer les restes d'une sépulture néolithique sous tumulus avec un important mobilier funéraire. Une inscription dédicatoire gallo-romaine a été retrouvée, en réemploi, dans un des murs de la ferme Saint-Estève.
Le nom de la cité est attesté sous les formes Torum en 1029, Castro de Toro en 1125, Thori en 1162, Castro de Thoro en 1171 et enfin Toro en 1253. Les toponymistes, sur la base de ses sources anciennes proposent deux hypothèses principales. La première repose sur l’utilisation d'une racine pré-latine tor ou latine torus ayant tous deux le sens d'« éminence » (cf. catalan turó « colline »), la seconde fait remonter ce type toponymique récurrent directement à l'occitan tòr, touor, touar « tertre, berge d'un fossé, bord gazonné d'un champ ».
Plusieurs parkings sont à votre disposition pour stationner votre véhicule. Dirigez-vous vers l'Office de Tourisme du Thor, situé 41 Pl. du Marché. L'équipe de la Maison de Tourisme du Thor vous accueillera tout au long de l'année et vous propose une documentation riche sur le Pays des Sorgues et les Monts de Vaucluse, mais également sur toutes les activités du département.
Commencez votre visite par le centre ancien du Thor. Le cœur ancien de la cité est établi entre deux bras de la rivière, et son territoire fut longtemps constitué dans sa partie nord par des zones marécageuses. Dès le XIIe siècle, le bourg, qualifié de castrum » sur un acte de 1125, était entouré d’une enceinte percée de quatre portes donnant accès à la ville. Des remparts moyenâgeux, une seule subsiste aujourd’hui, la porte de Douzabas ou dite aussi de Notre-Dame, aujourd’hui surmontée d’une horloge : l’actuel beffroi qui semble veiller sur sa ville, surmontée d’un campanile en fer forgé.
Symbole de la ville, cette tour-porche remaniée en 1846, est dotée d'une plate-forme avec mâchicoulis et d'un beffroi haut de 7 m dont les deux faces sont ornées de cadrans. En 1847, une flèche de 25 m fut installée sur le campanile. L'escalier intérieur a été restauré en 2010 et le beffroi a fait également l'objet d'une campagne de restauration en 2015. En sortant de l'Office de Tourisme du Thor, prendre sur votre gauche dans la Rue de la République.
Explorez l'Impasse des Eglantines, au bout de la Rue de la République, prendre à droite dans la rue Pierre Goujon. Philanthrope Ancien maire de Châteauneuf-de-Gadagne ( 1813-1816), Pierre-Marie Goujon d'Alcantara étendit ses largesses à la commune du Thor. Par testament, il lui légua des biens destinés à installer des écoles et à entretenir et payer les maîtres d'école. A l’angle de l’impasse des Roses et de la rue Goujon, une niche abrite une Vierge à l’enfant du XVIIIe siècle, tandis que la niche voisine est désormais vide.
Tournez à gauche dans la Rue de l'Hôpital Vieux pour vous rendre dans la Rue des Muets, si étroite qu’il est très difficile de s’y croiser….. et d’y bavarder ! Peut-être l’explication de son nom. Les génoises qui s’y frôlent, à travers lesquelles se découvre le cloche de l’église, lui donnent un cachet particulier. Dirigez-vous vers la Sorgue, puis continuez vers l’église Notre-Dame-du-Lac.
Construite au XIIe siècle, l’église Notre-Dame-du-Lac est considérée comme un chef-d'œuvre de l'art roman provençal mais on relève également des éléments gothiques, comme les croisées d'ogives qui couvrent sa nef. La richesse des ornements extérieurs comme intérieurs a fait sa célébrité. Sur la façade "ouest", on observe une entrée décorée de colonnes joliment ouvragées et d'un tympan où figure une main bénissante. Le porche méridional s’ouvrant entre deux contreforts a un caractère monumental. Voûté d’une croisée d’ogives il s’appuie sur quatre belles colonnes galbées à bagues terminées par des chapiteaux à feuilles d’acanthe et à crochets. Sur le portail de l’église, un décor de palmettes et de canaux entoure le tympan occupé par une niche du XVIIIe siècle contenant la statue de la Vierge et les arcatures moulurées, les consoles décorées de masques humains ou de motifs floraux comme les pilastres à chapiteaux de feuillage qui rythment l'extérieur de l'abside sont magnifiques.
On n'oubliera pas sur le toit de lauzes, l'étonnant clocher, il comprend un étage octogonal aux angles marqués par des colonnettes portant des chapiteaux garnis de masques ou d’animaux. Chacune de ses faces est ajourée de deux baies de plein cintre. En 1834 cet ensemble a été complété par un lanternon construit sur la plate-forme supérieure. De petites arcatures moulurées, retombant alternativement sur des consoles décorées de masques humains ou de motifs floraux et de longs pilastres cannelés à chapiteaux de feuillage rythment l’ordonnance extérieure de l’abside.
L’intérieur de l’église Notre-Dame-du-Lac, monumental avec ses 16 mètres de voûte, offre un vaisseau unique d’une seule venue de 35 mètres de long sur 10 mètres de large. L’ampleur et la parfaite articulation de ses volumes. Trois travées de nef se prolongeant d’une travée de chœur ouvrant directement sur une abside semi-circulaire peu profonde surprennent, compte tenu qu’il s’agit d’une simple église de village. La nef, malgré l’épaisseur des murs, les piliers au profil très découpés et la présence de contreforts extérieurs, n’est pas couverte d’un berceau brisé, habituel en Provence, mais par d’inattendues voûtes d’ogives soigneusement appareillées, que le maître d’œuvre a volontairement bombées pour éviter le déversement des murs porteurs.
La travée de chœur a reçu une haute coupole octogonale nervée, montée sur quatre trompes en cul-de-four, décorées des symboles des évangélistes ; des boudins soulignent l’articulation de chaque pan de cette coupole aveugle. Quant à l’abside, elle est tapissée d’une fine arcature, savamment ornée, juchée sur un haut mur bahut. Le cul-de-four est sous-tendu de boudins à filets saillants qui montent tout en s’affinant vers une riche clef de voûte faite de cinq aigles disposés autour de l’agneau crucifère. Une vaste tribune montée au revers de la façade Ouest, et conçue dès l’origine, est supportée par une belle voûte d’arêtes appareillées que prolongeaient des tribunes de bois qui subsistèrent jusqu’en 1950.
La croix monumentale en fer forgé qui se trouve en face du porche de la façade méridionale de l’église Notre-Dame-du-Lac a été érigée le 4 septembre 1743. Mise à terre à la Révolution, elle fut remise en place peu de temps après.
A proximité, l’Hôtel des Consuls du Thor etait l'ancienne mairie, jusqu’en 1909. Le bâtiment abritait en 1623, une salle consulaire pour abriter les réunions de l’assemblée consulaire et des habitants, qui se tenaient sous le porche de l’église voisine. Poursuivre dans la Rue de Verdelin, dans cette rue, deux maisons ont conservé une poutre sculptée en angle de charpente, représentant l’une, vraisemblablement un dragon ou un bélier et l’autre une drôle de tête de génie protecteur. La génoise, originaire de Gênes, permet d’éloigner les eaux de ruissellement de la façade .Le nombre de rangs est parfois considéré comme un témoignage du statut social : les maisons modestes ont deux rangs, les propriétaires plus aisés en ont trois, quatre et jusqu’à cinq.
Traversez la Place de Verdun, et tournez dans la Rue Cavalerie, ancienne ruelle au pavage restaurée, elle témoigne de l’aspect d’autrefois des artère étroites du village. Rendez-vous à présent dans la Rue de la Nassion, cette l’appellation nassion vient des nasses déposées dans la Sorgue pour prendre les poissons. La promenade de la Sorgue, sous les saules pleureurs ou les ormes champêtres, vous conduira de la roue de la garancine au trou de la nassion. Le trou de la Nassion, qui désigne une portion de la rivière avec une profondeur importante, est accessible à partir d’une porte dans les remparts, point de départ de la promenade aménagée et documentée, jusqu’à la passerelle de la Garancine. Les remparts, quant à eux, existant déjà lors du partage de la Provence en 1125, affichent des dimensions remarquables : 1200 m de long, 6 à 8 m de haut et 1.25 m d’épaisseur.
Rendez-vous dans la Rue des Barraudes où se trouve le Château Courtet est une propriété privée qui ne se visite pas. Le château remonte au XIIIe siècle ; à noter cependant dans la cour, l’habitation du fermier aux portes et fenêtres en arc de cercle et en encorbellement à l’étage, très rare exemple de construction de ce selon l’historien Robert Bailly.
Passez devant l'Ehpad Les Cigales, Rue Voltaire, cité dès 1216, cet établissement fut d'abord un hôtel-Dieu, du XVe au XVIIIe siècle, puis un hôpital jusqu'à la Révolution. Sous l'Ancien Régime, placé sous la tutelle de l'évêque de Cavaillon, l'établissement est dirigé par les autorités civiles et religieuses du Thor, des "recteurs" et des prêtres. Au XIXe siècle, l'hôpital Saint-Joseph s'est transformé en hospice. Il y reçoit des vieillards, des indigents et des enfants trouvés. La direction en est assurée par une commission administrative, présidée par le maire. Son escalier intérieur majestueux est couvert d’un plafond à décor de gypserie
Déhambuler jusqu'au square de la Mairie, la Commune de Le Thor est dépositaire, depuis plusieurs décennies, des deux originaux d’oeuvres de Joseph et Louis BRIAN. A l’origine, ces statues trônaient devant l’Opéra-Théâtre d’Avignon, mais avec le temps, la ville d’Avignon a préféré les remplacer par des copies. C’est donc au Thor, dans les Jardins de la Mairie, que se trouvent ces originaux en pierre, datant du XIXe siècle. La première, de Joseph Brian, représente Molière, et la seconde, de Jean-Louis Brian, Corneille.
Le plus connu des sculpteurs est Louis Brian. Ses œuvres sont exposées dans les hauts lieux politiques et artistiques Français, à commencer par sa « Jeanne d’Albret » aux Jardins du Luxembourg à Paris ou encore ses « Cariatides », au fronton du Pavillon Denon, l’une des ailes du Palais du Louvre. Toujours dans le jardin de la Mairie, se trouve un monument élevé à la mémoire de Pierre Goujon d’Alcantara, bienfaiteur de la ville et fondateur des écoles publiques.
Pour finir continuez vers la Place du chasselas. Le Thor fut le plus grand marché mondial de ce fruit qui était ramassé et commercialisé dans des "banastes" de plus de 30 kg et des "mussy" d’une douzaine de kilos. Le chasselas doit son implantation sur le territoire au Docteur Seigle (1824-1890). Il commence, en effet, à planter en 1863, 12 hectares d’alicantes, d’aramons et de chasselas.
Reprenez votre véhicule pour vous rendre à la colline de Thouzon (2 km), sur laquelle s'élève le Château de Thouzon, ruines d'un monastère fortifié. A ses pieds se trouvent les Grottes de Thouzon, appelées aussi, la Grotte aux Fées. Longues de 250 mètres avec de remarquables concrétions, elles constituent l’unique grotte souterraine naturelle aménagée dans le département.
Le Château Prieuré de Thouzon est un ensemble architectural médiéval d'une superficie de 1.600 m2 environ. Le site est constitué de deux chapelles et de bâtiments annexes protégés par une double enceinte. Les parties les plus anciennes sont attribuées au début du XIème et elles furent fortifiées dans le courant des deux siècles suivants. Le tout constitue les vestiges d’un monastère bénédictin fondé par les moines de l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon.
La colline de Thouzon offre une vue panoramique sur les plaines du Comtat et de la Provence où coulent la Sorgue et la Durance, ainsi que sur les monts de Vaucluse, le Mont Ventoux, géant de Provence et les Alpilles . Propriété privée ouverte au public, la colline accueille les promeneurs toute l’année. La petite colline de Thouzon abrite également une grotte. La Grotte de Thouzon est un joyau, une oeuvre d'art géologique façonnée par l'eau, la pierre et les millions d'années. La grotte fut découverte en 1902 par des ouvriers de la carrière de pierres. elle s'enfonce longuement sous la colline de Thouzon.
D'innombrables stalactites et stalagmites de toutes tailles, d'une finesse parfois étonnante ornent les plafonds et les parois de la grotte. Penétrer le monde souterrain et découvrir ces merveilles est toujours une source d'enchantement. La Grotte de Thouzon est aisément accessible aux jeunes enfants. C'est la seule grotte aménagée pour la visite en Provence, l’entrée actuelle fut agencée pour permettre la visite des touristes.