Pour vous rendre au Village perché de Payzac, à partir de Privas, prendre la direction de Joyeuse via les D104 et D207. De Naves, suivre la direction Les Vans via la D250. Ce village, implanté sur les contreforts des Cévennes sous un climat résolument méditerranéen, le paysage de la route offre une mosaïque de paysages où alternent les vignes, les forêts de châtaigniers et de pins. Payzac domine la vallée de la Salindres, il prend place au cœur des bois, des vignobles en terrasses et les champs d'oliviers où les oléiculteurs récoltent la rougette de Payzac, petite olive qui donne une huile fruitée. Les vignerons de ce village produisent un vin que vous pourrez vous procurer au sein de la cave coopérative.
Ce panorama est ponctué par de nombreux hameaux aux maisons en pierre chargées d’histoire et de traditions. Entre de Payzac et ses nombreux hameaux s’étalent de vastes espaces boisés épousant parfaitement le relief. Autrefois des cultures de vignes, d’oliviers et autres ressources vivrières s’épanouissaient sur les terrasses façonnant les pentes. Avec l'abandon agricole modifiant profondément les paysages de l'Aveyron, les champs laissés à l'abandon, ont peu à peu été absorbés par la forêt alentour, et les terrasses, qui autrefois sculptaient les collines, ont disparu sous les arbres. Par la suite, l’activité minière a incité à la plantation en masse de pins utilisés pour le boisement des galeries souterraines. En effet, ce bois offrait la caractéristique d’avertir les mineurs par des craquements bien en amont d’un éventuel effondrement général. Ainsi, les pins ont chassé les chênes et les châtaigniers.
La commune a été peuplée très tôt, comme l'atteste le site de la Pierre Plantée, mégalithe dressé comme son nom l'indique, située aux alentours de Payzac et témoignant d'une influence celte. Quelques anciens quartiers et l'église du village permettent d'affirmer que le village existait déjà au Moyen Âge. Au XVIIe, la commune etait un fief à la seigneurie des Chaurand et dépendait du diocèse de Viviers et de la subdélégation du Bas-Vivarais. Payzac et ses environs furent le lieu de différents actes de brigandage entre 1780 et 1800.
Payzac offre un patrimoine multiple à la fois architectural, paysager et naturel. L'environnement isole visuellement les différents hameaux les uns des autres. Les maisons anciennes affichent l'élégance et l'harmonie de leur assemblage de pierres de schiste, de grès et de calcaire. Elles témoignent d’une vie rurale où l’esthétisme n’était pas exclu et savait se marier avec l’aspect pratique des bâtiments. Le patrimoine bâti de Payzac est typique du milieu rural de l'Ardèche identifiables telles que la présence d’escalier extérieur pour accéder à l’habitation à l’étage qui renseigne sur le mode de vie des habitants. Des matériaux et savoir-faire locaux qui produisent les formes des bâtis comme les toit en lauze en forte pente, toit en tuile en pente douce, débord de toiture plus ou moins long selon s’il s’agit de rangs de génoise, de corbeaux en pierre, de chevrons en bois. Chaque hameau se caractérise par des dispositifs récurrents comme les rues pavées à pas-d’âne, des escaliers, des soustets, des calades, des murs en pierre sèche.
Les soustets sont des passages couverts, ils permettaient de relier les maisons, (genre de petits ponts). Pouvait également profiter de faire une pièce habitable au dessus du soustet, cela permettait d'agrandir la maison. Une calade désigne une rue en pente constituée de pierres ou de pavés. On parle de rue pavée à pas-d’âne pour désigner les vastes paliers encaladés successifs que séparent des marches très basses et dont la longueur est calculée de telle sorte qu’on aborde la marche suivante de l’autre pied. Ces marches facilitaient le cheminement des ânes et mulets très nombreux à Gordes puisqu’ils étaient le seul moyen de transporter des charges lourdes dans les ruelles pentues.
Le village est composé d’un petit ensemble bâti regroupé autour de cheminements et espaces libres fonctionnels. La présence de l’eau qui a produit un patrimoine de petites constructions protégeant les sources ou d’équipements tels que les lavoirs. Derrière les pierres d’une maison de Payzac naquit François-Clément Privat de Garilhe en 1759. Il fut homme de loi et député. Avocat puis juge au tribunal de Largentière au début de la révolution, son élection le porta jusqu’aux bancs de la députation. Au cours du procès de Louis XVI, il vota la détention. Bien sûr, comme bon nombre de personnes en ces périodes troublées, il passa un temps en prison et ne sauva sa tête que grâce à l’intervention de Robespierre. Enfin, il parvint à traverser les aléas de l’histoire pour décéder à Largentière en 1829. Se distingue aussi le donjon carré avec créneaux du château des Chanels, appartenant à l’historique famille Chaurand.
Sur la place devant l'église se dresse, au milieu d’un chemin de croix semi-circulaire, œuvre du sculpteur lyonnais Joseph Fabisch, la chapelle Notre-Dame-des-Sept-Douleurs. Surmontant le caveau de la famille du baron Chaurand, président de la Société de Sauvegarde de 1976 à 1982, elle a été consacrée en 1860. Jean-Dominique-Bruno-Amand Chaurand, baron héréditaire des États pontificaux, a fait édifier ce tombeau sur un terrain privé qui était situé à l'extrémité du cimetière, dans l'axe de l'autel de l'église paroissiale. Érigée selon les plans de l’architecte lyonnais Pierre Bossan, auteur de nombreuses églises et basiliques dont la basilique Notre-Dame de Fourvière et la basilique Saint-Régis de Lalouvesc. La construction de la chapelle Notre-Dame-des-Sept-Douleurs s'est échelonnée de 1852 à 1865. Elle porte, sur le toit, dans le tympan du portail et sous l’autel, les trois dernières stations du chemin de croix. L’ensemble se trouve en limite de l’ancien cimetière qui entourait l’église jusqu’au XIXe siècle.
Ce n’est pas que Payzac soit un lieu particulièrement voué à la tradition religieuse, mais force est de constater qu’elle a offert au village quelques belles réalisations. La statuaire et les motifs en terre cuite des onze premières stations du chemin de croix semi-circulaire sont l'œuvre est également l’œuvre d’un sculpteur lyonnais, Joseph-Hugues Fabisch. Ce dernier a signé la Vierge Dorée de Notre-Dame-de-Fourvière et la Vierge à l’Enfant de la basilique de l'Immaculée-Conception de Lourdes, en marbre de Carrare, d'une hauteur 183 centimètres. Au-delà de leur représentation spirituelle, ces bâtiments et ce statuaire sont de véritables œuvres d’art. La douzième station, sur le toit, glorifie le Christ en croix entouré de sa mère et de son ami Jean ; la treizième est une pietà placée dans le tympan du portail; la quatorzième et dernière représente un gisant du Christ installé sous l'autel. Les grilles dressées entre les stations illustrent d'autres scènes de la Passion du Christ. En 2017, les onze premières stations du chemin de croix ont été remplacées par des œuvres modernes.
Implantée sur un promontoire gréseux, l'église Saint-Pierre-aux-Liens a été érigée dès le Moyen Âge. Recouverte de lauzes, elle dévoile encore aujourd'hui des éléments romans du XIIe siècle ainsi que des parties gothiques du XVe. Sa situation lui permettait autrefois, avant que la végétation ne s’intensifie, d’être visible de tous les hameaux de la paroisse dont elle constituait l’élément central. De là, on découvre une vue étendue sur le Bas-Vivarais et l’on aperçoit notamment les clochers de Joyeuse, Lablachère, Notre-Dame de Bon-Secours, ainsi que le Rocher de Sampzon, proche des gorges de l’Ardèche. D'extérieur, elle dévoile un très beau clocher-mur du XVe siècle ainsi que des façades en pierres de taille en grès rose et gris extraites dans les carrières locales. L’église Saint-Pierre-aux-Liens a honorablement résisté à l’usure du temps. Elle doit son bon état de conservation à la qualité des pierres, des lauzes qui la recouvrent, mais aussi, sans aucun doute, aux capacités techniques de ses bâtisseurs.
Suivre le chemin de croix et aller jusqu'au hameau de Brès pour découvrir son église Saint-Hippolyte au clocher-peigne massif. Construite au milieu du XIXe siècle, l'église Saint-Hippolyte de Brès présente un clocher à quatre cloches. Œuvre des paroissiens, qui ont eux-mêmes taillé les pierres, elle accueille ponctuellement des expositions culturelles. Elle est en grès rouge, tournée au nord. Le presbytère est à côté ainsi que le cimetière. Elle comporte une nef, un cœur, une sacristie. Le clocher compte 4 cloches: trois datent de 1872, de chez J. Holtzer et la plus grande est un don de l’Empereur Napoléon III en 1859.
De nombreux chemins de randonnée balisés permettent de se promener au milieu des oliviers, des vignes et des châtaigniers, ou encore de découvrir l'impressionnant bâti en pierres sèches disséminé sur tout le territoire. Livrant les secrets d’une nature entièrement sculptée par l’homme. La randonnée "Les grès du Trias" est un itinéraire à parcourir en famille. Un arrêt chez M. Grancier est vivement conseillé, où plus de 500 empreintes de dinosaures du sol du Trias Ardéchois Fossilisées dans la pierre sont visibles. Un impressionnant bon en arrière de 220 à 231 millions d'années. Une trentaine d’empreintes de dinosaures a été repérée dans des grès du trias à Payzac en Ardèche. En particulier, quatre pistes pieds-mains ont été découvertes, ce qui est rare. D’autres empreintes existent en sud Ardèche, mais celles de Payzac sont uniques. Les dinosaures les ont laissées en marchant dans la boue et la vase d’estuaires et de lits de rivières puis elles ont à leur tour été recouvertes et fossilisées dans le grès en formation.