Ici, les lavandes contrastent avec les falaises déchiquetées culminant à plus de 1900 mètres d’altitude. Le Diois fait partie de L’Appellation d’Origine Protégée « Huile essentielle de lavande de Haute Provence ». Une région très verdoyante et préservée de moyenne montagne : rochers, forêts, falaises et sommets rappellent les paysages de moyenne montagne propices à de belles sorties en pleine nature pour se ressourcer. Deux ambiances pour la montagne en Pays Diois. Le Parc Naturel Régional de la Baronnies provençales et le Parc Naturel Régional du Vercors se font face, deux types de prairies d’altitude et de forêts méditerranéennes ou alpines s’offrent à vos balades. Avez-vous remarqué les petites cabanes disséminées dans les vignes ? Ce sont des cabanons de vigne. Les parcelles agricoles du Diois étaient modestes et chacune possédait son propre cabanon pour entreposer les outils et servir d’abri si besoin.
Le village occupe alors une place stratégique, car il est le seul accès possible vers le Diois. Pontaix, un lieu chargé d'histoire. Ce lieu était déjà connu au temps des romains : on a découvert pour preuve des traces d'habitat ; Une villa gallo-romaine viticole se trouvait au lieu-dit la Condamine, et on sait que la voie romaine entre Valence et Die passait par là. Au Moyen-Âge, la position stratégique de Pontaix, qui commande l'accès au Diois, explique une partie de l'histoire du village. Le passage de Pontaix était défendu par un château installé sur un piton rocheux, dont les ruines dominent le village actuel : c'est le château de l'Aiguebelle. La seigneurie au point de vue féodal, faisait partie de la terre et mandement de Quint.
Pontaix doit son nom à un pont lancé sur la Drôme, au pied du château d'où le comte de Valentinois tenait péage en 1221. Celui-ci accorda une charte aux villageois en échange de la construction d’une muraille montant depuis le ruisseau d’Aiguebelle au Sud, enserrant le village au Nord. L'habitat dispersé de l'époque gallo-romaine se regroupe autour de ce château, bien à l'abri des remparts construits au bord de l'eau. Le calvinisme s'implante au XVIe siècle. Lors des guerres de religion, place forte protestante du Diois, ils tiennent la place à partir de 1574, ses fortifications sont détruites en 1581. C'est également à cette période que la chapelle du château, dont des fresques des XIIIe et XIVe siècles sont encore visibles, est devenue temple réformé.
Le village de Pontaix est donc établi à un resserrement de la vallée de la Drôme. À ce rétrécissement de la vallée de la rivière Drôme, un pont et un viaduc permettent à la route et à la voie ferrée de changer de rive. Le vieux village, une double rangée de maisons de part et d’autre d’une voie étroite, se blottit en rive droite de la Drôme au pied de la colline surmontée des ruines du château médiéval. Jadis la départementale traversait une partie du village en passant par l'ancien pont devenu piétonnier. La rivière Drôme traverse le village, bordée de maisons, apporte un véritable havre de fraîcheur pendant la période estivale. D'anciennes publicités ornent encore les façades des maisons au niveau d'une placette.
La visite du village commence à partir de la placette en passant sous l'arcade située sous une maison. Les ruelles flanquées de vieilles demeures en pierre confèrent tout son charme au village. Comme dans beaucoup de villages de la Drôme, dans la rue principale partent de minuscules ruelles, ruelles voûtées et en escalier ou impasses que l'on appelle des viols... Lors de votre promenade découvrez un lavoir de pierre du XVe siècle, des vieilles maisons du XVIe et XVIIe siècles.
Pontaix, outre son château, se distingue aussi par ses ponts : le village en a quatre. Le plus haut qui supporte la voie ferrée toujours en activité, le pont sur la Drôme où passe la départementale, puis l'ancien pont étroit transformé en passerelle fleurie et piétonnière. Enfin, le nouveau pont à double sens, construit entre l'église et le temple. Au bout de la rue principale se trouve le temple. Lieu de mémoire du protestantisme en Diois, son histoire est édifiante, tantôt église, tantôt temple, il illustre parfaitement les conflits qui ont agité et meurtri la région depuis le XVIe siècle...
Sur un vestige de l'ancienne chapelle des seigneurs du château construite dans le mur de défense du village de Pontaix vers le XIIe siècle, a été construit au XVe siècle, le temple actuel. Après 1614, on construit un nouveau temple, l'ancien temple est alors donné aux catholiques et devient l'église Saint-Apollinaire. Le nouveau temple sera rasé à la Révocation. Cependant la communauté protestante reste importante, opiniâtre et active même dans la clandestinité. Après la Révolution, les lois organiques du Concordat permettent aux protestants de récupérer leur temple de Pontaix.
Le bâtiment surplombe les flots de la Drôme et nous montre deux belles fenêtres en bretèches ou logettes à machicoulis. L'édifice fortifié avec ses bretèches est accolée à un grand logis ancien. On peut y voir des fresques du XIlle et XIVe siècle ont pu être découvertes et restaurées sur le mur Nord en 1997, dont une belle crucifixion du XIVe tout à fait originale, car ne correspondant à aucun canon de l'époque. En 2002, le mur ouest fut restauré, parcouru de la litre funéraire des seigneurs huguenots de Pontaix et la date commémorant la visite du Réformateur Guillaume Farel en 1562.
L'église Saint-Martin de Pontaix se trouve sur la rive gauche de la Drôme. Avant la construction de l’église, la place s’appelée « place de Labreuvoir ». En 1906, l’église a été construite et financé par la famille Simon et l’évêché Valentinois. Des messes, des enterrements, des baptêmes étaient organisées. L’église fait partie des sites classés de Pontaix. Une association est en cours de création pour sa protection et pour découvrir son histoire.
Situé au bord de la RD 93, un monument aux déportés de Pontax, présente une plaque « Pontaix à ses enfants martyrs » dont les six noms gravés sont suivis de la mention « arrêtés par la Gestapo le 27 décembre 1943, morts pour la France victimes des bagnes nazis Hradisko, Flossenburg, Mauthausen ». Une autre plaque est fixée sur le socle, devant une urne tronconique ; on y lit « Cette urne contient de la terre des camps de concentration et des cendres de déportés morts pour la France ». Une petite plaque noire a été déposée devant le monument en 1995.
Dans la nuit du 21 au 22 décembre 1943, un groupe résistant de Saillans-Vercheny sabote la voie sur la ligne Livron-Briançon, entre Vercheny et Pontaix. Ils déboulonnent et ripent les rails sur une longueur d’une centaine de mètres. Vers 7 h du matin, un train de permissionnaires allemands, la machine et 14 wagons, déraille et prend feu à cause de braseros allumés par les soldats pour se préserver du froid. La paille des litières aidant, un wagon citerne d’essence s’enflamme, 14 wagons sont incendiés, provoquant l’explosion des deux wagons de munitions. Douze soldats allemands trouvent la mort dans cette opération. Une quarantaine de blessés sont évacués sur Valence où 7 décèdent. Soit au total 19 morts.
Cinq jours plus tard, le 27 décembre 1943, deux cents Allemands arrivent pour les représailles : ils raflent trois hommes pour chacun de leurs 19 morts, soit 57 hommes pris dans les quatre communes les plus proches, Barsac, Pontaix, Sainte-Croix et Vercheny. Les 57 sont déportés en Allemagne. 38 d’entre eux n’en reviendront pas ou mourront immédiatement après leur libération.
Au sommet du village, les ruines de l'ancien château fort de Pontaix et son donjon pentagonal du XIIIe siècle dominent majestueusement le paysage. Pour y accéder, empruntez la Calade de la Cascade (en Provençal, une calade est une petite ruelle pavée en pente), une toute petite ruelle cachée permet de rejoindre la crête où une vue imprenable sur la vallée de la Drôme vous attend. Du château de Pontaix, on peut encore admirer les vestiges d'un petit donjon quadrangulaire, ainsi que ceux des deux enceintes concentriques. L'une chemisant le donjon, l'autre ceinturant la base. Au nord un fossé a perfectionné l'isolement du site fortifié. Celui qui a eu un rôle essentiel durant les guerres de religion a été entièrement détruit à la fin du XVIe siècle.
Ne manquez pas non plus d'aller admirer les cascades de l'Aiguebelle, également situées dans les hauteurs de Pontaix. Cet endroit offre également un joli point de vue sur le village. La commune a également une activité essentiellement tournée vers la viticulture. Les cépages environnants permettent tous la fabrication de la fameuse clairette ou alors du crémant de Die. Découvrez les caves, les domaines, les sentiers dans les vignoles, déguster, rencontrez les vignerons.. Vous pouvez aussi parcourir « la route des vins ».