La commune de Saint-Donat-sur-l'Herbasse est habitée depuis la nuit des temps. L'ancien nom de Saint-Donat ; vicus Jovinziacus ou Jovinciacus dériverait du génitif Jovis de Jupiter. En 732, avec l'invasion des Sarrasins, Corbus, évêque de Grenoble fuit vers Jovenzieux en amenant les reliques de Saint Donat mort au VIe siècle vers Sisteron, d'où le nom de Saint-Donat. Comme sa voisine Romans-sur-Isère, Saint-Donat a été longtemps une cité de la galoche en bois puis de la chaussure. Des noms comme Sauvageon, Clément, Monclus, Bozzola en faisaient la réputation, mais suite à la " Mondialisation " ,cette industrie a périclité. De nos jours, ayant conservé une agriculture spécialisée, le bourg reste réputé pour ses cerisiers , abricotiers et noyers.
Les générations se sont succédées et ont légué un patrimoine qui n’attend que votre venue pour se découvrir. Un parcours pédestre ponctué de panneaux explicatifs dans les rue de Saint-Donat-sur-l'Herbasse vous présentera les aspects de ce qui a fait son histoire. Sur les hauteurs de la ville, découvrez l’ensemble monastique de la commune, témoin de l’installation d’une communauté religieuse dès le Moyen Âge.
Après avoir stationner votre véhicule, dirigez-vous vers le parc Saint-Donat. Sortir du parc en direction du centre-ville jusqu'à l'intersection de l'Avenue Charles Chabert et de l'avenue Georges Bert. La Plaque du 15 Juin 1944 située Avenue Georges Bert rappel que les troupes allemandes, recherchant des maquisards, ont investi le village dès le matin du 15 juin 1944. Ils retiennent prisonniers, à cet endroit, 83 otages, enfants, femmes et hommes, toute la journée, interrogeant très durement la plupart d'entre eux. De nombreux actes odieux de représailles : pillages, viols, sont perpétrés par l'armée allemande et la milice française contre les Donatiens. Deux jeunes Donatiens ont été abattus dès le matin. Un jeune résistant blessé est exécuté en fin d'après-midi. Le soir 6 otages sont emmenés prisonniers à Valence, dont 3 iront à Lyon. Ils seront fusillés début juillet.
Passez devant les monuments aux morts du Jardin de ville, les trois monuments aux morts du Jardin de ville portent les noms de ceux qui ont combattu pour leur patrie ou qui ont été victimes des conflits du XXe siècle. Tournez à droite dans la Rue Pasteur où se trouve la Maison Villard, cette maison Renaissance a été la propriété de riches familles donatiennes. La maison doit son nom à la famille Villard descendante de la famille Bajard. Hippolyte Egalité Bajard (1793-1863) est né dans cette maison. Républicain convaincu, il fut député de la seconde République (Premières élections au suffrage universel masculin).
Elle occupait, autrefois, une place stratégique entre la Grand-Rue (rue Pasteur) et la place publique où se dressait le pilori. Au nord, la façade principale avec ses fenêtres à meneaux et sa porte renforcée, donnait sur la Grand-Rue. Au sud, une tourelle pentagonale abrite l'escalier en colimaçon dont la porte est surmontée du blason des Lesdiguières. L'aile droite a été ajoutée plus tardivement, et les fenêtres sud modifiées au XVIIIe siècle. Les jardins et les dépendances de la maison s'étendaient vers le sud jusqu'aux murs des remparts qui surplombaient les fossés des Terreaux, l'actuelle avenue Georges Bert.
La Maison Villard a été achetée par la commune de Saint-Donat aux derniers descendants de la famille Villard dans les années 1950 pour y abriter les classes de l'école maternelle publique, situées jusqu'alors dans une maison de la rue de l'Asile devenue trop petite. Dans la décennie suivante, on construisit un bâtiment à la place des dépendances dans la cour. Elle a abrité le syndicat d'initiative et les bureaux du festival pendant l'été. En 1982, elle devenait « Maison de Pays » avec le SIVOM et d'autres associations intercommunales. La bibliothèque a été installée au rez-de-jardin.
A proximité, toujours dans la Rue Pasteur, l'ancienne pharmacie Chancel fait partie du patrimoine historique de la ville. Pendant l'occupation (1940-1944), des Donatiens rejoignent différents mouvements de la Résistance. La famille Lémonon-Chancel installée à cette adresse y participe activement. Le Dr Lémonon est un médecin généreux et apprécié. Le fils aîné, Jean Lémonon, médecin sous-lieutenant, meurt au combat en juin 1940. Un autre fils, Michel, prêtre, est vicaire à Saint-Donat et à Romans où il participe activement à la résistance contre le nazisme. L'aile gauche de sa maison abrite la pharmacie de Jean Chancel, mari de Mady, fille du Dr Lémonon. Un autre fils, Henri Lémonon, est à l'origine de la création de l'orgue de la collégiale et du Festival Bach, après la guerre, agissant pour l'amitié franco-allemande.
Jean Chancel (1902-1952), pharmacien au rez-de-chaussée de la maison, s'engage dès le début de la guerre dans le combat clandestin tout en exerçant son métier, acquis à l'appel du général de Gaulle. A partir de 1943, il est le délégué des mouvements unis de la Résistance. En 1944, il est capitaine FFI (Forces Françaises de l'Intérieur). Il est considéré, par l'ensemble des résistants, comme un élément fédérateur local et respecté de tous. Durant toute la guerre, il participe à des actions, accueille chez lui, pour des réunions, des responsables de réseaux de la Résistance et du maquis. Les clandestins et réfugiés bénéficient ici d'aide. Son officine devient un atelier de faux papiers, avec l'aide du secrétaire de mairie.
Face à la pharmacie Chancel, la boulangerie Ronjat sert de cache à la Résistance et abrite brièvement, en juin 1944, un hôpital clandestin. Parmi le personnel soignant, on trouve des Donatiens et un médecin juif alsacien clandestin. En 1944 Jean Chancel devient président du Comité local de Libération puis maire de Saint-Donat en 1945. Parmi les plus célèbres personnes cachées dans le village, les écrivains Elsa Triolet et Louis Aragon, s'installent à Saint-Donat en juillet 1943 par l'intermédiaire des réseaux communistes. Ils habitent pendant plus d'un an à quelques pas de la pharmacie. Ils deviennent des amis des Chancel.
Vous trouverez la Maison d'accueil de Louis Aragon et Elsa Triolet, impasse du Pendillon sur votre droite, à un angle de la rue Pasteur. La façade de la maison a été modifiée, la porte d'entrée donnait dans l'impasse. Les écrivains résistants Louis Aragon et Elsa Triolet se cachèrent dans cette maison pendant plus d'un an, de juillet 1943 à septembre 1944, grâce aux réseaux communistes. Connus seulement sous les pseudonymes d'Elisabeth et Lucien Andrieux, ils passaient pour les habitants de la commune comme des réfugiés, nombreux alors dans la région. Seules quelques très rares personnes dont Mady et Jean Chancel, pharmacien et responsable résistant, connaissaient leur véritable identité.
Pendant ce séjour donatien de plus de 14 mois, Louis Aragon et Elsa Triolet ont poursuivi leur travail d'écrivains. Aragon y a écrit la fin du roman "Aurélien" ainsi que les nouvelles du recueil "Servitude et Grandeur des Français", mais aussi de nombreux poèmes rassemblés dans "La Diane française" ou "Le Musée Grévin". Il était chargé de mobiliser les intellectuels, écrivains, médecins, juristes, etc. de la zone sud, ce qui a motivé de nombreux déplacements. Elsa Triolet y a rédigé les nouvelles publiées en 1945 sous le titre de l'une d'elles "Le premier accroc coûte deux cents francs" pour lequel lui a été décerné le Prix Goncourt, au titre de l'année 1944. Ils créèrent un journal "La Drôme en armes" qui parut du 10 juin au 5 septembre 1944.
Revenez sur vos pas, tournez à gauche dans la rue Victor Hugo pour admirez la Chapelle Saint-Michel, situé sur l'Esplanade André Partot. La chapelle romane Saint-Michel, dite "des Evêques" construite au XIIe siècle pour servir d’oratoire aux évêques de Saint-Donat. Située au nord de la collégiale, elle est édifiée au-dessus du portail d'entrée primitif du prieuré, seule voie d’accès aux bâtiments des chanoines et à l’église pendant des siècles. L'édifice à nef unique est bâti en moyens appareils de molasse. L’abside de la chapelle, semi-circulaire, fut construite dans le vide, reposant sur une colonnette ornée d'un chapiteau corinthien. L'abside en encorbellement est décorée d'une frise lombarde semblable à celle du clocher de la collégiale.
La façade nord qui donne sur l'ancienne entrée du prieuré est entourée de colonnes reposant sur des lions, très endommagés. L’intérieur de la Chapelle Saint-Michel ne se visite que sur rendez-vous avec le syndicat d’initiative. L'intérieur de la chapelle est orné de belles peintures de la fin du XIIIe, début du XIVe siècle composé d'un croisé à cheval, des décors géométriques ou stylisés, un ciel étoilé dont les étoiles sont entourées d'un cercle. La chapelle possède également d’anciennes statues. La maison attenante de la Chapelle Saint-Michel abrita, au XIXe siècle, une école privée de filles puis, jusqu'en 1920, une salle de Justice de Paix. Un chemin de croix ponctué de stations partait de la collégiale à travers le village jusqu'au calvaire des Egaux. Quelques-unes de ces stations sont encore visibles.
Poursuivre votre visite vers l’ancien prieuré et le palais delphinal de Saint-Donat-sur-l'Herbasse. La vie chrétienne a commencé très tôt à Saint-Donat, dès le haut Moyen-Âge. L’ensemble imposant de l’ancien Prieuré avec son église collégiale, alors dédiée à Sainte-Marie et à Saint-Donat, rappelle une longue histoire humaine et ecclésiale. Ce site, probablement lieu d'implantation d'une motte castrale, fut donné à l'évêque de Grenoble vers le VIIIe siècle pour abriter les reliques de saint Donat des pillages des Sarrasins. Le prieuré est confié à des chanoines. La première trace écrite d’une l’église est un acte daté de 894, parlant d’une dédicace à sainte-Marie et à saint-Donat. La collégiale, quand à elle, fut construite à la fin du XIe siècle en pierre de molasse. Il ne reste plus rien malheureusement de cette époque, mis à part la partie basse du clocher-porche, de plan carré.
Le bâtiment appelé à l’heure actuelle palais delphinal faisait partie des édifices conventuels de l’ancien prieuré, construits au XIe siècle sur les restes de l’ancien château de Boson de Provence datant du IXe siècle. Les divers bâtiments, comprenant chapelles, salle du chapitre, dortoir, chauffoir, cuisine et logements de l’évêque, furent souvent remaniés au cours des siècles. Ce fut par exemple Béatrice de Bourgogne qui, en 1191, fit construire la salle des Casemates au sous-sol. Les embellissements se poursuivirent jusqu’aux guerres de religion, où les protestants en 1562 mirent à sac le prieuré. Les chanoines ne purent entretenir les bâtiments, allant jusqu’à en vendre les pierres. Ils partirent pendant la révolution, leur prieuré devenant bien national. Ce fut la municipalité qui racheta l’ensemble en 1793, s’en servant comme mairie et école. Aujourd’hui, quelques salles sont ouvertes au public et servent de lieu d’exposition. Dans l’une d’elles, une fresque au-dessus de la cheminée représente un guerrier. Il semble porter un habit oriental, ainsi qu’un cimeterre.
La première église paroissiale, dédicacée à Saint Pierre, se situait dans le village, au pied du prieuré. L’église devenue collégiale fut reconstruite au XIIe siècle, puis embellie au cours des siècles. De cette époque ne restent plus que deux colonnettes du portail nord, conservées au musée de Valence. En 1777, l'église devenue collégiale devint paroissiale, elle fut dédiée à son tour à Saint Pierre. La dédicace changea au XIXe siècle, elle prit alors le nom de Saint-Pierre et Saint-Paul.
Le premier étage fut détruit par la foudre en 1618 et restauré à l’identique. Le deuxième étage fut rajouté au XIXe siècle. Il fut entièrement restauré en style roman en 1994. Le chœur gothique, de la fin du XIVe siècle début du XVe, est de type ogival rayonnant. La voûte se compose de deux travées carrées, formées chacune par une croisée d’ogive avec de fortes nervures qui retombent en faisceaux sur 6 cul de lampes. La nef fut détruite en 1939 et remplacée en 1940. La chapelle nord, dédiée à saint Joseph, date de la fin du XIVe siècle. Celle du sud, dite chapelle du Saint-Sacrement, est du XVe siècle. Elles ont toutes deux des voûtes d’arête à nervure. Une petite chapelle à droite abrite quelques objets et ornements de culte. Le grand orgue, construit entre 1959 et 1972, fut conçu spécialement pour jouer la musique de Bach.
Le cloître de la collégiale fut construit vers la fin du XIIe siècle sur l’ancienne place d’armes du château. Il n’en reste que la galerie occidentale, après les diverses destructions des hommes et du temps. Elle fut démurée durant la restauration de 1964. Les galeries couvertes d’une charpente étaient ouvertes sur un jardin au milieu duquel se tenait un puits. Le puits, toujours opérationnel, n’est pas au centre même du quadrilatère, mais posé au-dessus d’une rivière souterraine qui se prolonge sous la nef de l’église. Autour de la cour avec son puits, les galeries du cloître comprenaient 26 arcades et 52 colonnes avec une décoration sculptée ornementale et figurée, profane et religieuse d'une grande richesse. Il ne reste aujourd'hui que l'aile occidentale, avec deux musiciens jouant de la vièle.
Sur les 4 piles d’angle étaient sculptés les bas-reliefs des évangélistes, à rapprocher de la statuaire viennoise du XIIe siècle. A côté d’eux, la représentation de musiciens. On reconnaît des joueurs de vièle. Chaque arcade était couronnée d’une frise de feuillage, dans laquelle s’incrustait parfois la représentation d’animaux. Il est très difficile d’interpréter la symbolique des sculptures, l’ensemble taillé dans la molasse a très mal résisté au temps. Entre les arcades, dans un cercle, il semblerait que l’on trouve la représentation de métiers de l’époque, comme un forgeron avec marteau et tenailles, ou un bûcheron ou un paysan fauchant le blé. Cette galerie ouvrait sur la salle capitulaire.
Au cours des siècles le prieuré de la collégiale a été largement remanié. Le logement du prieur à l'ouest est agrandi à la Renaissance. Après 400 ans de prospérité, le prieuré est saccagé pendant les guerres de Religion. Les bâtiments sont par la suite peu entretenus par les prieurs commendataires (non élus parmi les chanoines mais nommés par l'évêque). A la Révolution, les chanoines quittent le prieuré en 1790 et les bâtiments sont rachetés par la commune. Ils servent de mairie, de salle de Justice de Paix et d'écoles publiques pendant un siècle. Depuis 1860, une sculpture contre le mur de l'église, oeuvre du Donatien J.-L Fournier, représente saint Donat luttant contre le dragon (le mal). Aujourd'hui, l'ancien logement du prieur abrite le presbytère et une école privée. Rénovés à la fin du XXe siècle, les logements des chanoines sont devenus un lieu d'animation culturelle, dit "Palais delphinal".
Continuez la montée de l'église pour vous rendre dans la Rue Hector Berlioz, prendre à gauche, puis à droite dans la rue Victor Hugo vers la Porte Saint-Pierre et les remparts. La porte Saint-Pierre, porte d'entrée nord de l'enceinte médiévale du village, donnait accès à la place s'étendant devant l'ancienne église paroissiale Saint-Pierre. Elle est la seule qui demeure des trois portes des remparts médiévaux. Au nord, les remparts appuyés à la butte comprenaient des "bétours", tours jouant le rôle de contrefort et de guet. Les portes des remparts étaient fermées la nuit. Au XVIIIe et surtout au XIXe siècle, l'expansion du village fait disparaître une grande partie des fossés et remparts au sud et le long du Merdarel.
Dans la Rue Chevalier Bayard, vous pouvez découvrir des Bétours. Derniers vestiges des remparts entourant le village au Moyen Âge, au XIIIe ou au XIVe siècle, les bétours sont des tours jouant le rôle de contrefort et de guet. Les Bétours furent transformées en habitation par la suite. Au nord et à l'ouest du bourg, elles sont situées aux n°20/22, n°18, et n°16 de la rue Chevalier Bayard, autrefois appelée rue des Bétours. Les noms des rues sont les témoins du passé, elles ont une histoire à raconter.
Revenez sur vos pas pour vous rendre place Jean-Jaurès, anciennement appelée "Place Saint Pierre". Au Moyen Âge, l'église paroissiale Saint-Pierre et le cimetière se situaient ici, à l'intérieur des remparts traversant en diagonale la place actuelle. Pillée en 1562 lors des guerres de Religion, l'église en mauvais état se dégrade et tombe en ruine. Elle est rasée en 1793. Au XIXe siècle, le village est chef-lieu de canton. En 1847, le transfert du cimetière le long de la route de Châteauneuf-de-Galaure permet la création d'une place qui répond aux besoins du commerce. Le lundi se tient, entre autres, un marché au bétail autour d'une grande fontaine. Un marché mensuel est créé en 1855 dans l'actuelle avenue Georges-Bert. Il devient hebdomadaire en 1881. À la fin du XVe siècle Saint-Donat accueillait déjà trois foires annuelles. La 1ère foire des Boeufs Gras, quinze jours avant Pâques, eut lieu en 1908.
Engagez-vous dans la Rue Victor Faisant, prendre la deuxième à gauche dans la Rue Emile Gay, puis dirigez-vous Place Anatole France. Vous voici dans le Quartier des Balmes. Sur la Place Anatole France vous trouverez la maison Métifiot, mémoire de la Résistance civile à Saint-Donat. Suite à la défaite de 1940, la 3e République est remplacée par l'État français du maréchal Pétain. Malgré les difficultés quotidiennes et les dangers, des Donatiens hébergent des réfugiés, des juifs, des personnes recherchées par la police, des réfractaires au STO…
Marie Métifiot et ses deux filles adultes habitent la maison au bord du Merdarel sur la place. Elles sont en lien avec le premier réseau de Résistance civile de la Drôme nord, autour d'Albert Triboulet, professeur au collège de Romans. Elles cachent pendant six mois, de fin 1943 à juin 1944, Gaston Vincent dit Commandant Azur, un officier radio des services secrets américains. Il est dans sa chambre lors des représailles allemandes du 15 juin 1944, mais le courage des trois résistantes lui évite d'être arrêté. En 1945, Madeleine Métifiot est élue au Conseil Municipal et devient première adjointe.
Rejoindre le Parc avec son canal des usines. Le canal de Saint-Donat, long de 3,5 km commence son parcours à la prise d'eau dans L'Herbasse à Chabran. Il traverse la commune d'est en ouest pour rejoindre l'Herbasse aux confins des limites communales avec Clérieux. Dès le XVe siècle, le canal des eaux de l'Herbasse apportait la force motrice nécessaire pour entraîner les roues des moulins à farine, à huile, à chanvre, à papier,... Ils étaient situés non loin de l'Herbasse sur la route de Romans-sur-isère.
Au XVIIe siècle, le canal est prolongé et prend sa configuration actuelle. Un moulin à farine est bâti plus près du village, par le seigneur Antoine d'Hostun. À partir du 18e siècle, de nombreux moulinages à soie sont bâtis le long du canal et du Merdarel. Parmi d'autres propriétaires de manufactures, la famille Chartron, des soyeux lyonnais, achète un moulinage en 1823 et développe le travail de la soie. Vers 1850, elle emploie plus de 300 ouvriers, surtout des femmes. L'industrie de la soie puis de la chaussure a été le principal facteur économique du développement de Saint-Donat. Le canal alimente également des moulins, des scieries et une usine électrique dès 1891.
Durant la guerre de 1914-1918, l'usine Chartron accueillit un hôpital militaire temporaire de 194 lits. De nombreux lavoirs étaient installés le long du canal dont l'eau sert toujours à l'arrosage des jardins et des champs.