L'architecture
Maurice Novarina a construit l'église en pierre verte du pays, le grès de Taveyannaz, conçue à l’image des robustes chalets savoyards. Enveloppé d'un toit à double pan capable de supporter de lourdes charges de neige, dans une région où celle-ci est particulièrement abondante, l'édifice est solidement ancré
au sol.
L'église, cette arche immobile, est surmontée d'un clocher massif de vingt-huit mètres de haut, dont la verticale contrôlée lui permet de s'insérer sans heurt dans la tectonique du paysage, relançant et allégeant la structure.
Par ailleurs, huit piliers massifs soutiennent un auvent profond de cinq mètres. L’intérieur ressemble à une chapelle romane, avec une nef flanquée de deux bas-côtés.
Le chœur, en hémicycle, est entouré d’un déambulatoire et surplombe la crypte. Les différents volumes sont séparés par des arcades en plein cintre montées sur des piliers monolithes.
La décoration : un écrin d'œuvres modernes
Mais ce qui a fait la notoriété internationale de Notre-Dame-de-Toute-Grâce est sa décoration, confiée par l’abbé Devémy aux plus grands maîtres de la première moitié du XXe siècle ; de ce fait, l’humble église de montagne s’est transformée en un véritable manifeste des mouvements artistiques de l'époque, marquant un renouveau de l’art sacré.
Par un jeu d'amitiés sincères, l'abbé contacte, grâce à son ami le père Couturier, les artistes les plus importants de l'époque, qui acceptent tous de collaborer au projet avec enthousiasme.
Parmi ceux-ci, Georges Rouault, Pierre Bonnard, Fernand Léger, Jean Lurçat et son élève Paul Cosandier, Germaine Richier, Jean Bazaine, Henri Matisse, Georges Braque, Jacques Lipchitz, Marc Chagall, Jean Constant-Demaison, Ladislas Kijno, Claude Mary, Carlo Sergio Signori, Théodore Strawinsky, etc., vinrent signer peintures, sculptures, tapisserie, vitraux, céramiques, mosaïques, pièces d'ameublement et objets de culte.
Les artistes ont été choisis pour leurs qualités artistiques et non pour leur engagement religieux, ce qui provoqua une vive polémique (la « querelle de l’art sacré »).
Sur le parvis de l'église
En août 2000 a été inaugurée la sculpture monumentale Plaidoyer pour les Droits de l'Homme de Gilles Roussi devant la petite église construite par l'architecte Maurice Novarina. Cependant ce dernier, dès 1995, s'était élevé contre la construction de cette sculpture érigée à une cinquantaine de mètres de l'entrée de « son » église et il n'assista pas à l'inauguration.
L'œuvre est un obélisque de six mètres de haut, en acier inox poli, sur lequel est gravé le texte de la déclaration universelle des droits de l'homme. Sa base est en béton. Son implantation avait été approuvée par les architectes des Monuments de France. Son coût s'est élevé à 800 000 francs français pris en charge pour les trois quarts par la région Rhône-Alpes et pour un quart par des sponsors privés. La logistique a été assurée par la commune.