La forêt tropicale guyanaise est régie par un principe de base à savoir une grande diversité mais une faible densité. N’attendez donc pas à revoir les images des reportages animaliers des régions africaines. Un autre obstacle à l’observation naturaliste réside dans le fait que la faune est cryptique, c’est à dire, qu’elle utilise le camouflage comme défense. En cas de danger, l’animal restera immobile dans l’espoir que le prédateur potentiel passera son chemin sans l’apercevoir.
Enfin, la forêt tropicale est un milieu sombre, fermé et relativement dense. La vue est d’un piètre secours. Par contre, l’ouïe et l’odorat se doivent d’être en éveil permanent. Quelques conseils, non pas pour voir la faune mais pour mieux la comprendre, la ressentir ou tout simplement l’imaginer.
Ne vous alarmez pas pour les bruits secs. Ils ont souvent pour origine la chute d’un fruit ou d’une branche. Soyez plutôt attentif aux bruissements de feuilles ou grognements qui signalent la présence d’un animal frugivore ou granivore (tatou, coati, pécari).
La lenteur est de rigueur. Marcher 20 minutes, puis se poster au pied d’un arbre pendant 15 minutes en lisant quelques pages d’un bon roman. Dans ces conditions, difficile de tenir les temps de parcours des sentiers mais cela vous permettra de surprendre un tatou ou des singes.
Lorsque vous rencontrez un serpent ou une mygale pour la première fois, prenez le temps de bien observer et mémoriser la scène. Les fois suivantes, votre cerveau saura décrypter plus rapidement leur présence.
C’est la nuit que la faune est la plus active. Muni de votre lampe frontale, partez à leur rencontre. Les yeux de certains animaux réfléchissent la lumière. Dès qu’un point lumineux apparaît, il faut tenter d’évaluer la distance entre les yeux et les nuances de couleurs. Si vous gardez votre faisceau bien fixe et avancez avec précaution, vous finirez par identifier l’animal. Moment magique !
Tout au long des sentiers proposés, ne négligez pas les traces et indices que la forêt vous livrera. Un fruit, une graine en partie dévorée, vous signaleront la présence d’un agouti, d’un pac ou du coati. Apprenez aussi à distinguer les empreintes : celles du jaguar sont toujours impressionnantes ou bien une termitière éventrée sera l’œuvre du tamanoir ou bien encore un terrier, large et profond, le refuge du tatou.