L’abbatiale de Cruas, est un joyau de l'art roman en Ardèche. Elle témoigne de l’histoire mouvementée de l'ancienne abbaye de Cruas. Elevée sur le site d’une habitation gallo-romaine puis d’une église paléochrétienne, l’abbatiale romane de Cruas a été à la fois l’église d’un monastère bénédictin du Moyen-Âge au XVIIIe siècle et église paroissiale. Dans l’abside on peut voir la partie restante d’une mosaïque réalisée à l’occasion du passage du Pape Urbain II en 1095, pour la consécration de l’abbatiale. La crypte recèle un ''fabuleux bestiaire', les chapiteaux d'une magnifique tribune monastique du milieu du XIIe siècle conservent toute la délicatesse de leur sculpture.
Le village posséde de nombreuses maisons gothiques. Un peu au sud de l’abbatiale, sur la droite un magnifique parc abrite le centre André Auclair. Né à Paris à la fin du XIXème siècle, cet artiste a vécu longtemps en Ardèche. Plusieurs parcours à travers les ruelles du village médiéval de Cruas permettent de monter jusqu’au château. Le château est en réalité une chapelle construite par les moines, chassés de l’abbaye de la ville basse par les crues et les conflits, qui a été fortifiée par la suite pour la rendre imprenable. La chapelle romane a donc été bâtie antérieurement au château, un peu après l’abbatiale. C’est donc un château abbatial, d’où son appellation locale château des moines.
Arretez-vous à présent dans le village de Meysse (14 km), traversé par la voie d’Antonin-le-Pieux. La voie romaine passait non loin de la vieille église, ainsi qu’en témoignait un milliaire d'Antonin qui se trouvait jusqu’en 1910 près de l’ancien cimetière au centre du vieux village. Ce milliaire marquait le XIIe mille depuis Alba, aujourd'hui il est conservé dans la collection Vallentin du Cheylard, à Montélimar. Meysse apparaît dans l'histoire sous le nom de Mixano dès le VIIe siècle. La charta vetus nous apprend que l’évêque de Viviers Ardulphe donna à la mense épiscopale les lieux de Meysse, de Licau, de Chenavari et de Lafare, ce dernier avec l’église Saint-Laurent.
Au bord du fleuve, Meysse s’étale en rive gauche du Lavézon. C’est d’ailleurs ce dernier qui a probablement apporté aux murs des maisons, les galets blancs, tandis que les volcans du Coiron offraient leur basalte noir. Le petit village de Meysse ne compte plus les siècles que ses vieilles pierres ont vu défiler.
Promenez-vous dans Meysse, flânez et prenez le temps d’arpenter les ruelles. Passages voûtés, fontaine nichée à l’ombre d’une petite place, ruelles sinueuses se frayant un passage entre les maisons tout de galets blancs et de basalte noir. Au passage, arrêtez-vous un instant à hauteur de la maison Miraval, pour découvrir le blason au-dessus de l'ancienne porte d’entrée. Elle serait la maison la plus ancienne et remonterait au Moyen Âge. Elle est devenue bibliothèque municipale.
Les rues étroites de Meysse se croisent et elles vous mèneront sans doute jusqu’au site Clunisien : l’ancienne église Saint-Jean-Baptiste, considérée par les spécialistes comme un trésor architectural du haut Moyen Âge et de l’art roman du Vivarais rhodanien. Mentionnée vers 680 dans une donation faite par Ardulphe, évêque de Viviers, l'église Saint-Jean-Baptiste de Meysse fut attribuée au début du XIe siècle à l'abbaye de Cluny, puis à l'abbaye de Cruas dont elle dépendit jusqu'à la Révolution. Dévastée pendant les guerres de Religion, restaurée au début du XVIIe siècle, elle demeura église paroissiale jusqu'au milieu du XIXe siècle, époque où elle fut abandonnée au profit de la nouvelle église édifiée hors du village médiéval, en bordure de la route nationale. En effet, ce village de cachet, présente la particularité d'avoir deux églises
L’église Saint-Jean-Baptiste de Meysse abrite un baptistère octogonal mérovingien du VIIe siècleoù l'on pratiquait le baptême par immersion, ouvrage religieux devenu rare. L’architecture de l'église médiévale et les résultats des fouilles archéologiques témoignent de l’extraordinaire richesse patrimoniale de cet édifice. Elle est décorée par de nombreuses fresques et fait partie des sites clunisiens européens. Vous pouvez également vous promener le long des berges du Lavèzon et dans la forêt domaniale du Barrès qui offre un point de vue remarquable sur la vallée du Rhône.
Poursuivre ce parcours touristique en direction du village de caractère de Rochemaure (17 km), cité médiévale chargée d’histoire. Rochemaure prend place à flanc de collines, au pied du plateau du Coiron. Atypique, le village séduit par son panorama incroyable sur la région. Ce qui caractérise Rochemaure, ce sont les pierres noires et les pierres blanches, le basalte volcanique et le calcaire sédimentaire. Les pierres taillées sont toutes blanches car le calcaire est plus tendre ; les murs sont en général plutôt en basalte parce que le basalte est plus solide. Le nom "Rochemaure" tire son origine du latin "Roche Noire", qui désigne la pierre de basalte avec et sur laquelle le village et le château sont érigés.
Peuplée dès l'époque gallo-romaine, la cité de Rochemaure se développe dans la première moitié du XIIe siècle avec l'édification de son donjon sur une cheminée volcanique. Rochemaure continue de séduire ses visiteurs grâce à la beauté de son architecture ancienne, mais également par son patrimoine historique à découvrir dans la cité. On pénètre dans le village par une porte ancienne, élargie à l’époque moderne ; c’est le plus vieux quartier de Rochemaure qui, en ruine, a été parfaitement restauré. C’est une succession de passages voûtés et de ruelles sinueuses.
En vous baladant dans Rochemaure, vous pourrez découvrir les remparts du XIVe siècle, la tour du Guast du XIIe siècle ou encore un four à pain, plus loin une statue de sainte Marthe, patronne de la ville, et même un mûrier ; par endroits, la vue sur le Rhône est superbe. Installée devant la mairie, vous pourrez voir une copie d'une borne militaire, à l'origine posée à la Croix de la Lauze vers 144-145 sous Antonin le Pieux. Le château de Rochemaure surplombe la ville, et se trouve à une courte distance à pied. On peut aussi s’y rendre en voiture. Pour apprécier les paysages, direction le site volcanique aux contreforts des volcans du Coiron. Il est possible d'y admirer le pic de Chenavari, les cheminées volcaniques, ainsi que de nombreuses orgues basaltiques.
Passez devant le château de Joviac, puis tournez sur la droite en direction du Teil (23 km), via la N102. Grâce à sa position géographique, au carrefour de chemins allant vers le Bas Vivarais, les Cévennes et l’Auvergne, Le Teil a toujours été un point stratégique et de passage dans la vallée du Rhône. Le Teil doit son importance au développement du commerce sur le Rhône à une époque où naviguer au fil du fleuve était plus aisé que circuler sur les chemins boueux et mal tracés. Le commerce débuta dès l’ère chrétienne et les vestiges, dont le baptistère, du quartier de Mélas en attestent. Ce quartier était à l’origine un poste avancé d’Alba-la-Romaine. Vous pouvez y admirer une borne militaire dont l'original se trouve au musée d'Alba-la-Romaine
Plein de charme, LeTeil dévoile un intéressant patrimoine architectural témoignant d'une histoire riche et passionnante. Le temps de votre étape dans la ville, laissez-vous séduire par les vieilles rues et les vieux immeubles, admirez l'ancien grenier à sel royal : Véritable privilège, il est crée par François Ier. Une salamandre est sculptée sur la porte principale, emblème du roi. Il est resté ouvert jusque dans le milieu du XVIIIe siècle, époque où les bateaux remontaient le sel en provenance du sud.
L'église Saint-Étienne de Mélas a été construite entre le XIe et le XIIe siècle. De style roman vivarois, elle présente notamment une chapelle nord du XIe siècle, ainsi qu'une ancienne chapelle octogonale du IXe siècle. Ne manquez pas non plus d'admirer l'église Notre-Dame-de-l'Assomption de style néo-roman installée dans le centre de la ville. Le Teil dispose également de deux autres édifices religieux, l'ancienne église Saint-Cœur et l'ancien temple protestant établi dans une chapelle du XIVe siècle aujourd'hui désaffectée. Ce monument est le plus ancien de la ville, la chapelle a été fondée en 1360 par Hugues Adhémar, alors seigneur de Le Teil.
Situé au pied des vestiges du château fort, le quartier du Château se présente actuellement comme un hameau d’une vingtaine de maison. Il est accessible au sud par une ancienne porte d’une très belle facture, entourée par une maison datant du XVIe siècle. Le musée de la Résistance et de la déportation en Ardèche propose depuis 1992 une exposition permanente retraçant tous les grands évènements de la Seconde Guerre mondiale dans la région. Si vous souhaitez admirer la vue sur la vallée du Rhône, direction la table d'orientation.
La route romaine des Helviens traversait la vallée du Frayol, en amont du pont routier actuel. Le long de la route, vous pouvez voir une copie du milliaire dit "des Combes", dont l'original a été transporté au Centre de Documentation Archéologique d'Alba-la-Romaine. Ce milliaire, trouvé dans le ravin du Frayol, indique le chiffre de quatre mille pas, soit env. 6 km du centre d'Alba-la-Romaine. La voie des Helviens passait ensuite à La Pignatelle, (30 km), puis elle desservait Alba-la-Romaine (35 km).
Située aux pieds du massif du Coiron, dans la plaine où s'épanouit la vigne, Alba-la-Romaine classé village de caractère, peut-être fière de son riche passé historique. Alba était durant l'antiquité la capitale du peuple des Helviens : Alba helvorum. Ville sans rempart, la cité fut active du Ier s. av. J.-C. jusqu'au Ve siècle ap. J.-C. lorsqu'elle accueille les premiers évêques du Vivarais. Pendant un temps, la ville reste absente des sources historiques, mais à partir du XIe siècle est fondée Aps à l'emplacement du village actuel.
De son glorieux passé subsistent de nos jours les vestiges d’un théâtre romain, d'un forum, une voie dallée, d’un sanctuaire et d’un centre monumental, à découvrir le long d’un parcours jalonné de panneaux d’interprétation. Alba-la-Romaine, ce n’est pas seulement son ancienne cité gallo-romaine Alba Helviorum, c’est aussi son charmant village médiéval, aux ruelles pavées bordées de maisons anciennes en pierres de calcaire blanc et de basalte noir, que domine un imposant château féodal. Érigé sur une falaise volcanique dominant les rives de l'Escoutay, le château d’Alba surplombe les toits du village médiéval. Imposante bâtisse, le château fut restauré et transformé au fil du temps. Avec son labyrinthe de ruelles pavées, ce village de caractère, ne manque pas de charme.
Ne manquez pas le MuséAl, un musée vivant dont le but est la mise en valeur des collections archéologiques découvertes au cours de vingt années de recherche et notamment la superbe statue d’empereur retrouvée sur le site gallo-romain. Le tout à travers des salles d’exposition temporaire et permanente, un auditorium, des salles pédagogiques…
En sortant d’Alba-la-Romaine, la première voie romaine était bordée d’une double ligne de monuments funéraires, car d’après les lois romaines, il était interdit d’enterrer ou de brûler les corps dans l’intérieur des cités. La voie romaine se dirigeait vers le nord-est, en passant près de Lestrade, au-dessous de la route actuelle. "Lestrade" provient directement du latin strata (via), la route. Puis, la voie prenait la direction de Saint-Jean-le-Centenier.
Saint-Jean-le-Centenier (42 km), autrefois dénommé Saint-Jean-le-Noir du fait de ses constructions en basalte, est situé au sud du plateau de Coiron. Le village est situé à la limite des couches basaltiques coironnaises (pierres noires) et des couches calcaires (pierres blanches) d'où sa particularité de décliner un bel ensemble de maisons aux façades formant un échiquier noir et blanc. Avant la création de Villeneuve-de-Berg en 1284, ce fut sans doute une place commerciale à la rencontre, des vins et des laines du Bas-Vivarais, du bois et du foin de la montagne.
Le village a été fortifié au Moyen Age à l’époque de la Guerre de Cent ans et garde encore des éléments de renforts. Au XVIe siècle, Saint-Jean-le-Centenier figure parmi les villes fortifiées du Vivarais. C'est pourquoi il servit de place-forte à plusieurs reprises aux armées catholiques pendant les guerres de religion, et plusieurs conférences de la paix s'y tinrent. Quelques vestiges de remparts et du château témoignent de l'histoire médiévale et l'une d'elles abrite le clocher datant, lui, du XIXe siècle.
Les rues typiques au sol pavé et aux passages voûtés s’articulent autour de l’église fortifiée mentionnée dès 1137. Les rues possèdent quelques portes anciennes dont chacune est présentée grâce à de petites plaques participent au charme du village. Le long de la voie d’Antonin le Pieux vous trouverez des vestiges de l’époque gallo romaine. L'ancien bourg médiéval de Balmes de Montbrun se trouve à 2,5 km sur le territoire de la commune de Saint-Gineis-en-Coiron, mais accessible facilement depuis Saint-Jean-le-Centenier. Il s'agit d'une trentaine de grottes-habitats creusées dans un ancien cratère volcanique autour de l'ancien château de La Balme du XIe siècle. Ces habitats parfois sur deux étages ont été habités jusqu'à la fin du XIXe siècle.
Continuez sur la N102, puis prendre la D103 jusqu'à Saint-Germain (53 km). Village médieval au riche passé dont on peut découvrir à des lieux à la ronde des sites d'habitats humains de la plus haute antiquité. De nombreux dolmens s'échelonnent sur les rives de l'Auzon de Saint-Germain à Lussas. Des vestiges de l'occupation romaine subsistent notamment l'arche d'un pont et une borne millaire servant de support à une croix.
Saint-Germain possède le plus haut clocher de l'Ardèche. La fondation de la paroisse remonte vers 1150 et c'est Geoffroy de Vogüé, évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux, qui en était le propriétaire et qui laissera à sa mort en 1236 une somme d'argent pour construire un escalier d'accès. De cette époque, date la première église avec un clocher pointu, dont la base carrée et massive existe toujours. Le 9 août 1570, durant les guerres de Religion les catholiques se réfugient dans la tour fortifiée qui constitue aujourd'hui le soubassement du clocher actuel.
Le clocher de Saint-Germain, après avoir été écimé, le sur ordre de Richelieu, après la révolte de Roure, il a été construit dans son état actuel, à la fin du XIXe siècle par les habitants qui avaient fait le vœu de placer la Vierge de Lourdes sur le clocher si le village était épargné par l'épidémie de Choléra qui sévissait aux alentours.
Autour de l'église, on peut flaner dans les rues anciennes aux grandes maisons de Saint-Germain faites de pierres calcaires et volcaniques qui servaient à l'élevage du ver à soie et également découvrir l'ancien four à pain. Saint-Germain était à l'origine marqué par les carrières de pierre qui se trouvaient à proximité du hameau des Chaze à l'ouest du village où on trouve un vieux four à pain. Aujourd'hui, le village est réputé pour la culture du chanvre qui a donné son nom à la place des cannabiers et la viticulture avec sa gamme de vin très variée.
En sortant de Saint-Germain par le côté Nord et en prenant l’ancienne route qui traversait le village, on passe tout à côté d’une colonne de pierre, en bordure d'un chemin. La colonne en question est en réalité une pierre "Milliaire" portant une inscription latine : A l’empereur César Fils adoptif du décédé Hadrien Antonin Auguste (régnant) pieux Père de la Patrie, tribun au pouvoir En Septimanie, Consul pour la IVème fois 13 milles pas dès Alba. Ce chemin est en réalité la voie romaine, qui, venant d’Alba, se dirigeait vers le sud, en passant par Saint-Jean-le-Centenier, les Granges de Mirabel, le quartier de Putève, La Gare, et traversant l’Auzon par "Le Pont Vieux" pour arriver à Saint-Germain. Les ruine du Pont Romain se situe à 50 m en bas de la descente d’un chemin de terre qui conduit au gué de Putève à 1200 m en amont de Saint-Germain.
À Saint-Germain se trouvait l'embranchement avec la Voie Romaine du Massif-Central qui remontait vers le territoire des Vellaves par Aubenas.
Fin de cette deuxième étape de cette Route touristique "romaine des Helviens" en Ardèche.
Poursuivez ce parcours touristique en suivant : itinéraire du circuit 3 de la route touristique "romaine des Helviens" en Ardèche.