Sauveplantade vient du latin sylvia plantada témoin d'un passé où le site était recouvert de forêts exploitées. Le site était occupé à l'époque gallo-romaine, et comprenait un sanctuaire dédié à Jupiter. Une cippe porte l'inscription: « JOVI OPTIMO MAXIMO LOCUM HUNC LUCIUS VALERIANUS MARTIUS CONSTITUIT ET CONSECRAVIT » (À Jupiter très grand, très bon, Lucius Vélérianus Martius a constitué et consacré ce locus). Le site désignait sans doute un enclos sacré plutôt qu’un petit sanctuaire. On a également trouvé une colonne à astragale portant une dédicace posthume à l’empereur Aurélien : « Divo Aureliano ». On a pu penser qu’elle aurait servi de borne milliaire, mais cette hypothèse n’est plus admise aujourd’hui.
Selon la Charta Vielha, liste des biens de l'église épiscopale du Vivarais mis à jour en 950 par l'évêque de Viviers, cette église est confiée par donation aux évêques de Viviers par Aginus et sa femme Pétronille. De cette première église subsisterait un baptistère par immersion, deux colonnes romanes avec chapiteaux. L'église Saint-Pierre de Sauveplantade a peu souffert des guerres de Religion et de la Révolution, construite en pierres de taille, elle mesure 8,30 mètres de long et 3,30 mètres de large. L'église possède deux curieux chapiteaux posés sur les piliers à l'ouest de la croisée. Leur forme les rapproche des chapiteaux wisigothiques et mozarabes d'Espagne, par exemple ceux de l'église San Pedro de la Nave, du VIIe siècle. Ce sont probablement des chapiteaux de la première église. Deux membres de la famille Vogüé ont été enterrés dans le transept de l'église : Pierre de Vogüé (né vers 1390-1395, mort en 1469) et Antoine, fils de Pierre, mort en 1506.
Continuer votre parcours en direction de Saint-Maurice-d'Ardèche (7 km), via le Chemin de Saint-Vieunet puis, prendre à droite sur la D579. Au bord de la rivière Ardèche, le charmant petit village de Saint-Maurice-d'Ardèche est situé dans un paysage de vignes. Autrefois appelé Saint Maurice de Terlin, la terre à lin, Saint-Maurice-d'Ardèche a été fondé au cours du XIe siècle, autour d'un couvent de sœurs bénédictines. S'il a aujourd'hui fermé ses portes, il en reste cependant quelques vestiges à admirer dans ce village.
Dans la Charta vetus, plus précisément dans le Pouillé des donations de l’Église de Viviers, figure la donation faite par un certain Marius qui dit avoir construit une église en l’honneur de saint Maurice, « super Heuticam flumen » (au-dessus de la rivière Ardèche), l’avoir dotée de 30 colonies et, suivant la formule habituelle, l’avoir donnée « à Dieu et à saint Vincent ». Saint Maurice était, selon la tradition, un militaire romain qui fut martyrisé vers la fin du IIIe siècle à Agaune, dans le Valais, pour avoir refusé de participer à un sacrifice offert aux dieux païens.
Votre visite à Saint-Maurice-d'Ardèche sera l'occasion d'admirer une très belle architecture typique de la région, des ruelles surmontées d'arcades, des maisons en pierre typiques. Son aspect moyenâgeux rappelle le passé de cette cité ardéchoise. L'église Saint-Maurice, de style roman, est le seul vestige de l'ancien couvent bénédictin fondé par la famille de Vogüé au cours du XIe siècle. Bâtie en croix latine, elle a été en partie reconstruite au cours du XIXe siècle. A l'intérieur, vous pouvez admirer une grande photographie du sarcophage trouvé au XVIe siècle et qui servait autrefois d'autel à l'église. L'original se trouve aujourd'hui au musée de la civilisation gallo-romaine de Lyon. Contigu à ce très bel édifice, un bâtiment rappelle la présence de l'ancien château. La place du village offre un panorama sur la zone viticole et les falaises de Balazuc surplombant la rivière Ardèche.
Suivre la D579 jusqu'à Pradons (14 km), situé sur le territoire des Gorges de l'Ardèche, la rivière traverse le village. L'Ardèche descend de la montagne ardéchoise, puis poursuit son chemin à travers les falaises du cirque de Gens qui figure parmi les sites naturels les plus remarquables d'Ardèche. En rentrant dans le village, arrêtez-vous à la croix de Peyrous. En vous y approchant, vous vous apercevrez que cette croix a été installée sur une ancienne borne millière romaine. Elle porte le N° XX. C’est-à-dire que le village était à 20 000 pas romains. Sur cette borne se trouve la plaque du niveau d’eau de la grande crue centennale de la rivière en 1890. On peut voir la même plaque sur la maison dite du "barquetier".
Autour de son clocher à peigne, Pradons vous accueille sur sa place Nicolas à partir de laquelle vous pourrez emprunter ses ruelles sinueuses bordées de maisons en pierres dont certaines sont reliées par des passages voûtés. Le saint Patron de la Paroisse est Saint André. Sa statue en bois polychrome, répertoriée aux archives départementales est exposée dans une petite chapelle latérale de l’Église Saint-André. Pradons est également riche de son patrimoine historique, en témoigne le Château de La Borie, dont on dit qu’il a abrité une favorite de Louis XIV, Jacqueline de Borne et où fût signé en 1576 la paix entre catholiques et protestants lors des combats de Jalès.
La voie verte "Via Ardèche" traverse Pradons et permet de rejoindre, à pied ou à vélo, les villages de Balazuc, Vogüé, Ruoms, GrosPierres et Vallon-Pont-d'Arc. A proximité du village, de nombreux restaurants proposent des spécialités ardéchoises.
A présent, prendre la direction de Ruoms, dans le Bas-Vivarais, en rive gauche de l'Ardèche. Elle borde les confluents de l'Ardèche avec la Ligne, la Beaume et le Chassezac, trois affluents de la rive droite. Le nom actuel du village apparaît en 1464. L’origine de ce nom, Celte, viendrait de Rigomagus (le champ du marché du roi) ou Ritomagos (le champ du gué). Cette dernière hypothèse étant plus vraisemblable puisque le village s'est créé près de la rivière Ardèche que l'on pouvait traverser à gué. Le village s'est appelé successivement Rionis, puis Riomis, Ruomis et enfin Ruoms.
Le site de la commune de Ruoms s’est révélé particulièrement riche en vestiges du Ier au IIIe siècle ap. JC. C’était un relais sur la grande voie romaine conduisant de la cité de Valence à celle de Nîmes par Alba. L’actuelle rue Nationale emprunte une partie du tracé de la voie dite « Voie des Helviens et le milliaire XXIII, marquant le 23e mille à partir d’Alba a été retrouvé près de la chapelle Notre-Dame des Pommiers, au pied de la tour d’enceinte abattue en 1853 pour élargir la rue. Mais il a, depuis, été perdu. Les nombreux champs entourant la ville médiévale ont livré quantité de tesselles antiques et de mobilier gallo-romain.
Edifié en surplomb de l'Ardèche, Ruoms est un village médiéval, fondé à la fin du Xe siècle à proximité d'une abbaye clunisienne dont il reste la chapelle Notre-Dame-des-Pommiers et son enclos. Les vieux remparts érigés au XIVe siècle, lors de la guerre de Cent Ans forment un plan rectangulaire. Ils etaient dotés sept tours rondes, dont 6 subsistent (5 rue des Tournelles, 1 Place de la République). On accédait dans l'enceinte par 2 portes l'une à l'est bien conservée, l'autre à l'ouest visible mais sur laquelle on a construit une habitation. Le vieux bourg médiéval ne manque pas de charme, dans le centre historique aux délicieuses petites ruelles, vous pourrez découvrir la chapelle Notre-Dame-des-Pommiers, l'église romane Saint-Pierre-aux-Liens des XIe et XIIe, de style roman pur elle fut remaniée. Sous la place de l'église ont été découverts des inhumations en pleine terre (antérieures au XIe s); contre la façade sud de l'église, des fouilles ont mis au jour une partie du cimetière médiéval avec son mur de clôture et fragments de sarcophages.
Ne manquez pas non plus d'admirer les maisons anciennes de Ruoms : la maison dite du Baron près de la porte ouest du XIVe siècle, la maison du notaire, la maison des gardes avec sa fresque du XVe représentant Saint Christophe traversant une rivière en portant l’enfant Jésus sur ses épaules, la maison de la Justice avec un linteau où sont gravées une balance, une croix et une clé. Sans oublier le château Renaissance de Chaussy situé à la sortie de la ville, ou encore le musée Vinimage, très bien conçu, permet de découvrir l'histoire des vins d'Ardèche à travers des animations et autres dégustations. C'est à Ruoms que se trouve la plus grande coopérative vinicole de l'Ardèche : les Vignerons Ardéchois
Le vieux village de Ruoms est une découverte charmante et surprenante pendant cette étape. Reprendre votre véhicule pour vous dirigez vers Vallon-Pont-d'Arc (28 km), en suivant l'Ardèche. Aux portes des gorges de l’Ardèche, le village doit son nom à la célèbre arche naturelle "Pont d'Arc" classée « Grand Site de France ». Arche minérale de 54 mètres de haut sous laquelle s’écoule la rivière Ardèche, le Pont d’Arc est unique au monde.
Vallon Pont-d'Arc est le passage obligé pour découvrir les magnifiques gorges de l'Ardèche. On peut choisir de descendre ce canyon à bord d'un canoë ou de le suivre depuis la route qui le surplombe et offre de spectaculaires points de vue. Vallon Pont d'arc est également un haut lieu de préhistoire. Vallon Pont d’Arc est également un haut lieu de la préhistoire, plusieurs dizaines de grottes disséminées sur son territoire témoignent de l'occupation humaine des lieux depuis au moins 50.000 ans. C’est sur cette commune qu’en 1994 la grotte Chauvet contenant de nombreuses peintures rupestres fut découverte. Elle abrite les peintures et gravures rupestres les plus anciennes connues à ce jour dans le monde. Ce sont près de 420 représentations d'animaux qui y ont ainsi été découvertes.
Outre ces nombreuses richesses naturelles, Vallon Pont-D’Arc possède aussi un beau patrimoine médiéval. La mairie prend ainsi place dans un ancien château féodal et renferme, entre autres, sept tapisseries d'Aubusson dont six illustrent la première croisade. La place couverte est la plus ancienne du village, jadis utilisée comme halle pour les graines et les herbes aromatiques.
En sortant de Vallon Pont-D’Arc suivre la D579 en direction de Salavas (31 km). Entouré par la forêt, Salavas se trouve face à Vallon-Pont-d'Arc, au bord de la rivière. La nature luxuriante qui l'entoure est idéale pour les promenades et autres randonnées pour découvrir les merveilles de l'Ardèche méridionale, et les mystères de la culture et des traditions de la cité de Salavas. Avec son charme pittoresque, Salavas séduit les visiteurs de passage par son point de vue exceptionnel sur les alentours, ainsi que par les nombreux vestiges médiévaux qu'il abrite.
A l’origine, Salavas était situé le long de la voie romaine, dont deux bornes milliaires ont été retrouvées dans le sol de Salavas. Cette voie traversait l'Ardèche au Gué de Chauvieux, un kilomètre environ en amont du pont actuel de la D 579 entre Salavas et Vallon-Pont-d'Arc. Sur la petite place du village, au bas du chemin qui conduit aux fouilles de la Gleysasse, on peut voir un milliaires, probablement d'Antonin, mais tellement usé qu'on ne peut rien y lire. Dans l'enceinte des fouilles, on a placé le milliaire sud XXX, trouvé dans les environs.
Le village de Salavas se développe grâce à la proximité du Gué de Chauvieux (Chaussée vieille) passage obligé, lorsque la hauteur d’eau est favorable, pour joindre le Bas Languedoc au Vivarais et au Massif central. Cette situation stratégique favorise le trafic routier, les activités fluviales, l’hébergement et le ravitaillement des voyageurs qui apportent à l’antique Salavas travail et prospérité mais, aussi, un réel danger pendant les invasions successives et les divers troubles guerriers, dont les derniers furent ceux des guerres de religion.
Au cours du Moyen-âge, à la période féodale, les habitants du village s’installent au pied du château, sous la protection du seigneur et de sa garnison. Salavas possède un patrimoine historique remarquable, son principal attrait reste son site archéologique médiéval. Le site médiéval est l'occasion d'admirer de nombreux vestiges. Il est ainsi possible d'apprécier les restes des églises de Saint-Julien et Saint-Jean, ainsi que la chapelle Sainte-Anne, au lieu-dit La Gleyzasse. Les fouilles ont révélé l'existence de deux Églises paléochrétiennes bâties en parallèle au IVe et Ve siècle. Rebâties à plusieurs reprises elles ont été définitivement détruites lors de la première guerre de religion en 1562. Elles ont été transformées en cimetière catholique puis oubliées. On peut encore admirer la cloche de 1848 de la nouvelle église Saint-Julien, sur le parvis.
Le château de Salavas présente une exposition intéressante dans la salle basse, sur les pratiques funéraires et les objets archéologiques trouvés sur le site archéologique médiéval de la commune. Le château protégeait le passage de l'Ardèche sur une route menant de Vallon à Saint-Ambroix et Alès. Il fut entièrement détruit par les protestants du duc de Rohan en 1628, en même temps que le château de Chastelas. A voir également, les maisons anciennes du village médiéval, les calades, les anciennes rues médiévales, passent souvent sous des voûtes et sont pavées de galets. A noter également la présence du pont de Salavas qui permet aujourd'hui de traverser la rivière, l'Ardèche.
Quittez ce charmant village pittoresque en direction de Vagnas (37 km), prochaine étape de votre parcours touristique. Sur la route de Barjac, c’est la dernière commune de l'Ardèche, si le conducteur pressé n’y prend pas garde, il se retrouve dans le Gard. La présence humaine sur Vagnas est attestée par des fouilles dès le paléolithique. Les hommes du néolithique ont laissé en témoignage le dolmen de Champagnac. À l’époque gauloise puis gallo-romaine, la Voie des Helviens traversait la commune. Elle suivait le tracé de l’actuelle D579 au sud de Vagnas où elle quittait le territoire des Helviens. Deux bornes milliaires, jalonnant la voie d'Antonin le Pieux, se trouvaient sur le territoire de la commune. L’une d’elle est aujourd’hui curieusement exposée au musée de Nîmes.
Avec l’occupation puis la paix romaine qui va durer quatre siècles, les échanges commerciaux permirent au site de Vagnas de devenir un relais avec garnison et auberge. Les Romains installèrent poterie, tuileries, four à chaux pour les besoins de la construction de leurs villas, dont celle, la plus au nord, possédait un temple. On a identifié l'emplacement de plusieurs villas gallo-romaines sur le territoire, les vestiges d’une villa romaine et d’un temple gallo-romain ont été retrouvés dans les ruines du Monastier.
Un premier arrêt au bord de la D579 au lieu-dit la Pierre plantée au nord de Vagnas vous permet de découvrir l’une des nombreuses bornes milliaires qui jalonnaient la voie romaine dite voie des Helviens. Cette borne a été ‘’christianisés’’ par l’adjonction d’une croix depuis 1717. Elle est numéroté XXXI Sud, l’inscription est devenue illisible, la borne devait porter une dédicace à Antonin le Pieux. Trois kilomètres plus au sud de cet endroit où vous vous trouvez, la voie romaine des Helviens quittait l’Helvie et pénétrait dans le pays des Volques arécomiques, au lieu où a été trouvé le milliaire XXXIII Sud maintenant au musée archéologique de Nîmes.
Le village de Vagnas est resté quasi intact depuis le début du siècle dernier. Pénétrer dans le bourg pour percer les secrets d’une histoire tant mouvementée. Les maisons les plus anciennes, regroupées autour de la place Urbain-Thévenon, datent du XIV siècle, elles sont construites en grande partie avec les pierres prises sur le prieuré du Monastier, lequel a été utilisé comme carrière après son abandon vers 1300.Les ruines du prieuré fondé au Xe siècle sont situées au nord du village, était fréquenté par de très nombreux pèlerins au Moyen Âge. La bataille de Vagnas, en 1702, qui a connu la défaite de Jean Cavalier, le chef des Camisards, marque le début de la victoire des troupes royales catholiques dans les Cévennes.
La grande bâtisse située face à la mairie est le château des prieurs qui étaient également les seigneurs de Vagnas. À côté se trouve la Maison pour tous, salle des fêtes, qui présente la particularité d'occuper l’ancienne église de Vagnas. Il ne faut pas manquer de visiter le musée "Le Temps de Vagnas" qui présente le mobilier trouvé lors des fouilles du Monastier. A voir également le lavoir des moines, le dolmen de Champagnac, les ponts de pierre du Rieusset, les fontaines, la goule de Foussoubie, bien connue des spéléologues, le dolmen de Champagnac, ou encore les ponts sur le Rieussec.
Fin de cette troisième étape de cette Route touristique "romaine des Helviens" en Ardèche.
Poursuivez ce parcours touristique en suivant l'un des circuits de la route touristique "romaine des Helvien" en Ardèche".