Coincé entre l’océan Atlantique et l’estuaire de la Gironde, la Pointe de Grave au bout du bout du Médoc, à le regard posé sur la Charente-Maritime et les pieds calés dans la vase et les chenaux des marais. Ce cap referme légèrement l’Estuaire de la Gironde, marquant, en fonction de la marée, l’entrée de l’océan dans les terres et la sortie des eaux fluviales. Il fait face au banc de sable qui surnage en mer, portant le Phare de Cordouan. C’est un lieu hors du commun et un paradis pour les photographes !
Incontournable dans le Médoc, le phare de Cordouan est le plus célèbre et l'un des phares les plus majestueux de la Gironde. Le Phare de Cordouan surnommé le "Versailles de la mer", est le plus vieux phare en pleine mer encore en fonctionnement de France, est classé au patrimoine mondial de l'Unesco au titre de « bien culturel ». Le Phare, d’une hauteur de 67,50 m, est le témoin de quatre siècles de navigation dans l’Estuaire de la Gironde.
L’estuaire est un véritable cimetière marin, depuis des siècles, des feux de bois étaient allumés à son embouchure. Pour permettre aux navires de rejoindre ou quitter le port de Bordeaux, centre de négoce de premier plan, la sécurisation des voies maritimes devient une priorité. Le Prince d’Aquitaine, Edouard de Woodstock, construit sur l’île de Cordouan une tour à feu appelée la "Tour du Prince Noir". Chaque nuit, un ermite allume un grand feu au sommet de la tour pour guider les marins.
Au fil du temps, la tour du Prince Noir tombe en ruines et les naufrages dans l’estuaire de la Gironde sont de plus en plus nombreux. Henri III décide de construire un phare à la place de la tour à feu et confie ce projet fou à l’architecte Louis de Foix. Sauf qu’entreprendre un tel chantier en pleine mer est loin d’être chose facile. La construction est ralentie par les guerres de religion et le coût titanesque des travaux. A la mort d’Henri III, Henri IV relance le projet de construction du phare de Cordouan et en fait le symbole du pouvoir royal. Le phare se pare de sculptures, de boiseries et accueille même une chapelle royale.
En 1611, 27 ans après le début des travaux, la construction s’achève enfin. Le phare est alors une tour ronde de trois étages. L’architecte Louis de Foix meurt avant d’avoir vu son œuvre terminée, après y avoir consacré sa vie et sa fortune. L'apparence qu'on lui connaît aujourd'hui date de 1790 avec des constructions sous la direction de l'ingénieur Teulière. Aujourd’hui encore, le phare de Cordouan n’a rien perdu de sa fonction utilitaire et continue de servir de repère aux marins naviguant dans l’estuaire de la Gironde. Le phare est un véritable chef-d’œuvre d’architecture construit en pleine mer. Étant en pleine mer, il ne se laisse pas si facilement approcher.
Situé à plus de 4 km du littoral, il est inconcevable de se rendre à pieds au phare de Cordouan. C'est pourquoi l'accès au banc de sable sur lequel est construit le phare ne se fait qu'en bateau, comptez environ 45 min de navigation pour le rejoindre. L'accès au site est soumis aux horaires des marées et aux coefficients qui varient chaque jour, il est important de prendre connaissance des horaires de départ en amont de votre visite. L'îlot rocheux sur lequel repose le Phare est entièrement recouvert à chaque marée haute.
Il est possible de profiter d'une agréable promenade sur l'île sablonneuse avant de gravir les premières marches du phare. Le temps de la marée basse, ce sont les gardiens qui accueillent les visiteurs, invités à découvrir cet univers magique. Lors de cette expérience inoubliable, ils vous conteront l'histoire de l'édifice et ses petits secrets. Après avoir gravi les marches qui mènent à la lanterne, le balcon au sommet du phare offre une vue à couper le souffle sur l’estuaire de la Gironde et la Pointe de Grave.
Pour poursuivre la visite à votre retour sur terre, direction le Musée du phare de Cordouan et des phares et balises au Verdon-sur-Mer où vous en apprendrez encore plus sur la navigation, les phares de Gironde et l’histoire de l’estuaire. Au sommet du phare galerie dotée d'une table d'orientation permettant de situer les monuments et sites touristiques environnant. Dans le jardin, présentation de la vedette "Matelier" ayant assuré les relèves du phare de Cordouan de 1962 à 2006.