La Pointe de Grave baptisé pointe du Médoc s'intègre à un ensemble géographique et touristique très vaste. Le choronyme "Pointe de Grave" avec une majuscule désigne le hameau historique le plus au nord du Verdon-sur-Mer, comportant entre autres, la cité du Balisage et la cité des Douanes. La
Pointe de Grave est un lieu unique où les eaux de la Gironde et de l'Océan se mêlent, face aux côtes charentaises. Ce verrou naturel faisant face à Royan et à la presqu'île d'Arvert est une des portes de l'estuaire de la Gironde, qui baigne sa côte orientale, tandis que sa rive occidentale est bordée par l'océan Atlantique.
Façonnée par les éléments, la Pointe de Grave a bien souvent changé de visage, au gré des tempêtes et des puissants courants océaniques et estuariens, qui font se déplacer les masses de sable. En effet, la pointe insulaire du nord Médoc, prise entre les flots de l'océan d'un coté, de l'estuaire de l'autre, a été pendant des siècles une terre où les eaux, le vent et le sable ont décidé librement de ses contours aux mouvances soudaines : ainsi entre 1785 et 1850 la côte a reculé à la Pointe de Grave de 2 150 mètres, dont 760 mètres pendant la seule année 1818 !
Sans les énormes travaux de consolidation comme les digues, brise mer,... et de stabilisation avec la plantations des dunes... entrepris à partir de 1843, la Pointe de Grave n'existerait pas telle qu'on la connaît aujourd'hui : les flots l'auraient percée à l'anse les Huttes, créant une nouvelle embouchure de la Gironde, et la réduisant ensuite sans doute en bancs de sable ou en écueils éparts, à l'image du banc rocheux de Saint-Nicolas qui était il y a à peine deux siècles l'extrémité des terres, portant un bastion d'artillerie marine de Louis XIV.
Site stratégique de premier plan, la Pointe de Grave a une histoire militaire particulièrement riche. D'ailleur, le site de la Pointe de Grave accueille plusieurs mémoriaux, dédiés aux Américains, aux Libérateurs de la Pointe de Grave et aux membres de l'Opération Frankton. C'est tout près de là (entre Soulac et Le Verdon), le 20 octobre 1452, que débarque l'armée de John Talbot, que les Bordelais menacés par les Français ont appelé au secours, et qui sera finalement vaincue à Castillon quelques mois plus tard. C'est depuis la pointe de Grave que La Fayette s'embarqua pour l'Amérique à bord de La Victoire en 1777.
En 1917, pendant la Première Guerre mondiale, l'armée américaine du général John J. Pershing y débarque. Les Allemands s'y installent en 1940 pendant la Deuxième Guerre mondiale jusqu'en 1945. Si la France est libérée en septembre 1944, des poches de résistance allemandes se sont constituées de part et d'autre de l'embouchure de la Gironde, à la Pointe de Grave ; capitulation allemande le 20 avril 1945, et à Royan ; capitulation allemande le 30 avril, le jour même du suicide de Hitler.
C'est au large de la Pointe de Grave, en pleine mer, que se profile la silhouette du célèbre phare de Cordouan, plus ancien phare de France encore en activité, qu'il n'est possible de visiter qu'après une traversée en bateau au départ du port de Le Verdon-sur-Mer...Pour ceux qui n'auraient pas trop le pied marin ou qui souhaiteraient en savoir plus sur ce monument historique, direction le phare de la pointe de Grave qui propose, en plus de sa belle vue sur l'estuaire de la Gironde, un musée sur l'histoire de l'illustre phare en mer, ainsi que sur le fonctionnement des phares et balises.
La Pointe de Grave est un site touristique renommé, elle dispose de deux plages surveillées. L'une, la plage Saint-Nicolas, sur l'océan Atlantique. L'autre, la plage de la Chambrette, sur l'estuaire de la Gironde, est abritée des courants. En marge des plages, des sentiers de promenade et des pistes cyclables ont été aménagés, permettant de découvrir le cordon dunaire et la forêt de pins environnante. Un petit train touristique relie la pointe de Grave au lieu-dit les Arros, aux confins de la station balnéaire de Soulac, et un service de bacs permet de rejoindre Royan et les autres stations balnéaires de la Côte de Beauté.