Dès l’antiquité, on mentionne l’endroit comme un point de passage notamment pour la transhumance. C’est au Moyen-Âge que l’on retrouve véritablement trace du hameau de Blesle, alors fondé autour d’une abbaye bénédictine dont il ne reste plus beaucoup de trace aujourd’hui. Une fois n’est pas coutume, c’est une femme qui est à l’origine de la création d'une l’abbaye. En effet, c’est vers l’an 880 qu’Ermengarde, comtesse d’Auvergne, mère de Guillaume le Pieux, fondateur de Cluny, créée sur le site d’une ancienne villa gallo-romaine une abbaye de bénédictines de femmes, placée sous le vocable de saint Pierre et la protection du pape.
Autour du monastère, et sous sa protection, le bourg de Blesle grandit. Le puissant monastère est bientôt confronté au XIe siècle aux ambitions des barons de Mercœur qui bâtissent un château fortifié. Cette dualité provoque moult conflits, et la prospérité du village décline avant même les affres de la Révolution. En 1558, un arrêt du conseil du roi agrège Blesle aux treize bonnes villes d’Auvergne, ce qui permet à ses représentants de siéger à l’assemblée des Etats provinciaux. Sa prospérité se poursuit au XVIIe siècle, de belles maisons à portail surmonté d’un fronton en témoignent, de même que la chapelle de la Chaigne édifiée en 1638 sur un lieu de pèlerinage.
De sa création médiévale, il reste encore aujourd'hui de nombreux témoignages qui rendent ce village attachant. Le charme pittoresque de ce village médiéval posté sur la route de Compostelle opère en un rien de temps. En s’éloignant de l’Alagnon et en suivant la Voireuze, Blesle apparaît peu à peu. Vous le remarquerez dès le stationnement de votre véhicule sur le parking, le village a gardé sa physionomie médiévale. Vous pouvez découvrir d’abord le hameau par l’extérieur, sur les bords de la rivière La Voireuze. Un cadre bucolique où les points de vue s’ouvriront notamment sur le donjon des Mercoeur. De jolis jardins s’étendent entre les différents ponts médiévaux. Le long de la Voireuze quatre ponts sont installés, tantôt en pierre, tantôt en fer, avec des lavoirs sur les bords de la rivière.
Après cette promenade bucolique, pénétrez ensuite au cœur du village. Pour visiter ce village classé "Plus beaux villages de France" rien de plus simple : suivre les pancartes "parcours découverte". Votre promenade dans les ruelles de Blesle se fera au milieu de maisonnettes à pans de bois et de pierre et aux portes sculptées. Contrairement à d’autres villages, les maisons à pans de bois ne datent pas du Moyen Âge. Les galets du lit de la rivière ont servi à construire les maisons et monuments où la pierre domine. Elles ont été édifiées entre le XVIe au XVIIIe siècle, pour abriter l’activité artisanale et commerciale du bourg. Jusqu'au XVIIe siècle, la dextérité des tanneurs et des tisserands de toile de chanvre a beaucoup contribué à la prospérité des lieux. Les rues portent encore les noms de certaines des confréries. Plus étonnant encore, dans le village, ont été disséminés des décors sculptés appartenant antérieurement à l'église Saint-Martin : des gargouilles, notamment.
Vos pas vous emmènent devant l’église Saint-Pierre et son joli parvis.Les belles proportions de l'église romane Saint-Pierre rappellent qu’elle était réservée aux nobles et aux moniales de Blesle. L'église Saint-Pierre, dont les parties les plus anciennes remontent au XIIe siècle, se distingue par ses vastes proportions et le plan inusité de son chœur, surprend par son architecture hors du commun. Elle se distingue aussi par la richesse de son décor sculpté, modillons et chapiteaux, dont certains échappent aux thèmes traditionnels des églises de Basse Auvergne. Le décor de l’intérieur révèle l’importance de l'ancienne abbaye de femmes fondée par Ermengarde, de très récents travaux de restauration ont révélé des peintures murales intéressantes dont il faut souligner l’intérêt iconographique : Saint-Christophe, anges musiciens, figures féminines.
La fondation de l'abbaye bénédictine suppose l’existence d’un cloître, d’un réfectoire et d’autres bâtiments conventuels. Mais aujourd’hui ne subsiste que l’église romane Saint-Pierre. Un petit chemin pavé couvert, passage pour rejoindre la place de la mairie ébloui. En remontant vers le haut du village, quelques escaliers invitent à l'exploration. Entre deux maisons, vous voilà avec une vue imprenable sur Blesle. Au loin, on aperçoit une tour en pierre, celle-ci vous invite à s’en rapprocher. Nous voilà au pied de la tour des Mercœur, appelée également "Tour aux vingt angles", avec là encore, une vue splendide sur le village médiéval. Cette tour, appartenant à l'ancien château des seigneurs de Mercoeur.
Le Château fort fut construit en plusieurs campagnes aux XIIe et XIIIe siècles par les seigneurs de Mercoeur, il faisait face au monastère des religieuses. La dynastie des Mercœur s’installe dans le village dès le XIIe siècle, avant que les Dauphins d’Auvergne puis la famille de Chavagnac ne reprennent possession de la seigneurie. Une fois apprécié le panorama, prendre la direction du musée de la coiffe, dans l'ancien hôpital du XIIe siècle qui accueillait au Moyen Âge malades mais aussi mendiants et pèlerins. Outre des éléments architecturaux d'époque, un des bâtiments abrite désormais sur deux étages un étonnant musée de la Coiffe. Issus de collections privées, y sont présentés 700 coiffes d'antan et des chapeaux et costumes traditionnels d'Auvergne. Dans un registre différent, des maquettes figurant le village médiéval sont aussi exposées.
Poursuivre en direction du clocher de l'ancienne église Saint-Martin. Si Blesle possède une église sans clocher, le village compte en revanche un clocher… sans église. L'église Saint-Martin, a été commencé au XIIIe siècle et achevé au XIVe siècle par les abbesses bénédictines. Le clocher, construit en dernier, daterait du XIVe siècle. Désaffectée à la Révolution, vendue à un particulier, ce dernier la rase, hormis son clocher portant l’horloge communale, puisque celui de l’abbatiale Saint-Pierre avait été détruit.
Dirigez-vous vers la tour du Massadou située rue de la Bellan sur un relief rocheux. Tour de guet dominant la cité, construite au XIIIe siècle par le seigneur de Mercoeur pour renforcer la défense de la ville de Blesle, dont la tour du château, située dans un site de plaine, n'était pas assez haute. On y accédait par une porte en plein cintre à hauteur du premier étage indiquant que l'ouvrage était conçu pour une défense isolée. Ouvrage de plan circulaire de huit mètres de diamètre et haut de quinze mètres. L'intérieur a été dénaturé lors de la transformation de la tour en pigeonnier.
De même, il faut s'attarder dans la campagne autour du la cité de de Blesle pour découvrir des petites merveilles dont la Chapelle Notre-Dame dite Notre-Dame de la Chaigne. Seule dans un pré, au bout du village, cachée près du cimetière et de la rivière. La chapelle de la Chaigne construite par les habitants de Blesle avec l'aide de l'abbesse de Blesle Suzanne de Villeneuve ; commencée au début de Mars 1638, elle fut consacrée le 6 juin 1638.
La beauté des paysages séduira également les amoureux de la nature et les amateurs de jolies photos. Du haut des orgues basaltiques qui dominent Blesle, profitez d'une vue panoramique sur le plateau du Cézallier et la vallée de Massiac et avec une vue plongeante sur le bourg de Blesle. Les orgues sont accessibles par un chemin de randonnée labélisé Respirando. Elles sont formées de débris de coulées de basalte volcanique formant de vastes tables et de roches métamorphiques, gneiss ou migmatites. Elles forment les limites d’un plateau où sont encore visibles un ensemble de murets et de cabanes en pierres sèches.