La petite cité de caractère de La Chaise-Dieu est lié étroitement à Lavaudieu. Si cette dernière veut dire la "vallée de Dieu", La Chaise-Dieu est "la maison de Dieu". En effet, le terme "chaise" vient du latin "casa" qui veut dire "maison". L'histoire commence lorsqu'en 1043, Robert de Turlande quitte les chanoines de Brioude pour fonder un monastère bénédictin, c'est sur ce plateau granitique qu'il s'installe entre Auvergne et Velay. La Chaise-Dieu est née... La famille de Robert descendait vraisemblablement des premiers vicomtes de Carlat. Son père, Géraud, fut le premier à porter le nom de "Seigneur de Turlande" à une époque où les noms de famille étaient rares.
L’Abbaye de La Chaise-Dieu possède une histoire remarquable quasi millénaire. Rejoint par des centaines de disciples, Robert de Turlande fonde en 1052 une abbaye qui va essaimer de multiples dépendances, rayonnant sur l'Europe. Trois siècles plus tard, un ancien moine de La Chaise-Dieu, Pierre Roger devient Pape en 1342 sous le nom de Clément VI. Très attaché à son abbaye d'origine, il voulut y être inhumé, dans une abbatiale digne de son temps. L’abbaye de La Chaise-Dieu est fermée à la Révolution en 1790 et son église abbatiale devient église paroissiale. Au XXe siècle, une nouvelle communauté religieuse s’installe dans ses murs pour renouer avec la vie religieuse tout en accueillant pèlerins et touristes.
Tel un véritable livre d'histoire mis à la disposition des regards, les vieilles pierres de La Chaise-Dieu vous conteront, au détour des ruelles bordées de monuments, la glorieuse histoire de cette petite cité de caractère. Autour de abbaye bénédictine, rues et places pittoresques, bordées de maisons à pierres dorées et aux tuiles rondes, se succèdent au gré de la promenade. Vous serez charmés par les façades et maisons du Moyen-Age au détour des ruelles, la ville vous promet ainsi bien des surprises.
Érigée, sur un plateau granitique à plus de 1 000 mètres d’altitude au cœur de l’Auvergne, l’abbaye de La Chaise-Dieu domine la route qui vient de l’est, de Brioude, veillant et guettant le pèlerin. Vous trouverez plusieurs parking pour stationner votre véhicule. L’abbatiale Saint-Robert constitue un élément incontournable de votre visite. Une abbatiale gothique du XIVe siècle abritant le tombeau du célèbre pape Clément VI entouré de 144 stalles en chêne sculptées. Pour vous imprégner de l'architecture et de l'histoire de ce lieu de prestige un parcours de visite est proposé. Vous pouvez entrer dans l'Abbaye de La Chaise-Dieu par l'aile ouest de la maison du Cardinal.
Découvrez la "loge de Clément VI" dans les anciennes cuisines qui restitue le contexte historique de la construction de l'église abbatiale actuelle, marqué par les épidémies, guerres et instabilité. A proximité, la chapelle des pénitents est l'ancien réfectoire des moines construit au XVe siècle, il fut transformé en chapelle au début du XIXe siècle. C’était la chapelle de la confrérie des Pénitents. Aujourd’hui, cette chapelle est utilisée pour la messe en hiver et les offices des frères de Saint-Jean l’été. L'église abbatiale gothique regorge de trésors tels que la fresque du XVe siècle appelée "Danse macabre", les 144 stalles en chêne sculpté entourant le tombeau de marbre du Pape Clément VI et ornant le choeur des moines séparé de la nef par un jubé gothique flamboyant de grande allure, les grandes orgues et leur buffet sculpté d'anges musiciens du XVIIe siècle...
Après la visite de l'église abbatiale, admirer l'historial des bâtisseurs avec présentation de l'historique de l'abbaye et d'une partie du trésor. Puis, la nefs des tapisseries avec ses 14 tapisseries flamandes du début du XVIe siècle, véritable trésor national et bandes dessinées des temps anciens. Elles ont été entièrement nettoyées et restaurées, présentées au public dans des conditions optimales de mise en lumière dans la Chapelle Notre Dame du Collège redécouverte lors des travaux du bâtiment appelé "Aile de l'écho".
Poursuivre vers le Fac similés de la danse macabre, c'est la nouvelle scénographie de la "Danse macabre" pour expliquer de manière ludique cette fresque unique sur le thème universel de la mort entraînant les personnages de la société médiévale dans une farandole funèbre. Continuez en direction de la salle de l'écho, véritable mystère pour ses visiteurs. Dans cette salle du XVIIe siècle, si on se place dans un angle et que l’on chuchote, la personne qui se place dans l’angle diamétralement opposé entend ce chuchotement aussi bien que si on se trouvait juste à côté d’elle. D’après la légende, la salle, dernière de ce genre encore présente à l’abbaye où il y en aurait eu trois, aurait servi aux confessions des lépreux permettant ainsi à ces derniers d’avouer leur péché sans risquer de contaminer le prêtre.
Pour finir votre déhambulation, dirigez-vous vers le cloître d'architecture gothique récemment restauré dont il reste 2 galeries. Construit au XVe siècle et achevé par l’abbé Jacques de Saint-Nectaire au XVIe, ce cloître remplace l’ancien cloître roman voulu par Saint Robert. De style gothique flamboyant, il a grande allure. Dans l’angle sud-ouest, on voit l’emplacement du lavabo qui servait aux ablutions des moines avant d’entrer au réfectoire dont on aperçoit la porte. Image peu banale, vous pouvez apercevoir les moines déambuler dans le cloître ou dans les rues du village de la Chaise-Dieu.
Tout autour de l’imposante abbaye de La Chaise-Dieu de granit est né le village. En 1793, la commune est devenue propriétaire des bâtiments et des places qui étaient situés dans la clôture. Le maire de l'époque, Antoine Pellet était marqué par les idées des Philosophes; il était Républicain et Franc-Maçon. Il fit appeler la cour des écuries, derriére l'abbatiale, cour de la République, et la grand place, aujourd'hui appelée place de l'écho, place Lafayette. Sous l'Empire , on débaptisa la cour de la République pour en faire la cour Lafayette et la grand place devint le foirail. Sous la Restauration, certains notables royalistes crurent de bonne politique de faire croire qu'il s'agissait du maréchal de Charles VII. Ce qui n'avait jamais été l'intention d'Antoine Pellet.
Longeant la façade nord de l'abbaye de La Chaise-Dieu, la rue de l’Aumône rappelle la tradition de charité à l’égard des pauvres. Ce parcours permet d’admirer les contreforts et la hauteur exceptionnelle des fenêtres pour laisser entrer une trop rare lumière dans l’église. Vos pas vous emmène à la Place Lafayette, autrefois "cour des greniers des moines", cette cour est maintenant la place Lafayette, du nom de Gilbert Motier, seigneur de Lafayette, maréchal du roi Charles VII, et qui mourut en 1463. Originaire du Livradois, il tint à se faire enterrer dans l’abbaye. C’est un ancêtre du célèbre marquis.
Au passage, admirez la Tour Clémentine véritable donjon fortifié, située au chevet de l'église la domine de toute sa hauteur. C'est le point culminant de La Chaise-Dieu. Elle date du XIVe siècle. En 1562, son puits intérieur permit aux moines de survivre durant le siège de trois semaines par les huguenots. Elle protégea aussi le trésor et les tapisseries. Elle abrite aujourd’hui la sacristie. Pas de visite possible de ce site pour des raisons de sécurité. Dirigez-vous vers la Porte du For, il reste peu de traces des murs et des tourelles qui entouraient l’abbaye. Ne subsiste qu’une des portes d’entrée, celle dite du For, par laquelle entraient les marchandises livrées dans la cour où se trouvaient les granges et les étables.
Au coeur de La Chaise-Dieu, baladez-vous dans les rues où les maisons aux façades médiévales abritent artisans et cafés culturels. Prendre la direction de la rue dite la Côte. A l'angle de la rue des Fossés se trouve une Maison forte du XVIe siècle construite pour assurer la défense extérieure de la porte ouest de l'enceinte fortifiée. L'édifice comporte une échauguette et un chemin de ronde avec mâchicoulis, ainsi qu'une tourelle avancée. La façade nord-ouest reste d'origine. La ville de la Chaise-Dieu était entourée depuis le XIIe siècle d'une enceinte défensive qui fut reconstruite après le grand incendie qui embrasa la cité en 1426. La maison de la Cloze, avec sa tour, est un vestige de cette enceinte du XVe siècle, dont le tracé se lit aisément sur le plan de la ville.
Revenir sur vos pas, puis suivre la rue des Casernes sur votre droite qui conserve son plan médiéval. Dans la rue des Casernes, admirer une maison du XIIe siècle, au-dessus de la porte d'entrée, au premier étage, se trouve une baie géminée en plein cintre, appareillée en grès et appuyée sur trois colonnettes, celle du milieu à fût monolithe, celles des extrémités appuyées aux jambages du mur et dont les fûts se composent de trois tambours qui correspondent aux pierres appareillées du mur. Les chapiteaux sont grossièrement sculptés de feuilles plates recourbées en volute. Une double archivolte en cordon de billettes srumonte les baies et retombe sur deux fragments de corniches.
Prendre sur la droite la rue Sainte-Marie, remarquez la fontaine datée de 1609, le portails Notre-Dame et la vierge à l'enfant et lanterne. Traversez la place de l’Echo et prendre la direction du Quartier Benaud où se trouve la Petite chapelle Notre Dame de Bon Rencontre. Cette chapelle qui possède sur le maître-autel, une Vierge assise tenant sur ses genoux l’Enfant-Jésus. Notre-Dame de Bon Rencontre veille sur les voyageurs. Elle a été meublée avec le mobilier de l’ancienne église paroissiale détruite à la Révolution.
Revenir vers la Place de l'Abbaye, admirez la Croix en fer forgé à droite de l'escalier devant l'église à La Chaise-Dieu. C'est une croix de la fin du XVIIIe ou du début du XIXe siècle, formée de deux tiges droites dans lesquelles s'encadrent des rinceaux. Elle porte au centre une couronne, à l'intersection des croisillons, d'où partent des rayons ondulés. Les extrémités sont terminées par un ornement en forme de coeur surmonté d'un piquant. A la base, elle est maintenue par quatre consoles formées de volutes feuillagées.