Vous pouvez visiter cet intéressant témoignage de l'art Bourguignon, bien que très mutilée au cours des siècles par une histoire assez agitée. De loin, la Basilique Saint-Andoche se signale par les silhouettes de ses deux clochers. C’est évidemment par la façade ouest qu’on aborde Saint-Andoche de Saulieu, qui compose avec la fontaine de 1752, une très jolie vue. Quand on approche, on distingue la façade de la basilique encastrée entre différents bâtiments. A droite c’est la petite porte du corps de logis qui est l’unique vestige des bâtiments du chapitre; à gauche c’est l'ancien presbytère dans un hôtel particulier à tourelle du XVIIe siècle transformé en musée.
La façade de Basilique Saint-Andoche est très sobre, voire austère, puisqu'elle ne comporte aucune ornementation sculpturale embellissante, mais simplement de légers décors discrets tels les modillons, aussi appelés corbelets bourguignons. La pierre utilisée pour la confection de Saint-Andoche, est typique de la région : du calcaire hettangien (ou lumachelle), qui avec le temps prit cette teinte grise responsable de l'aspect sévère de la basilique. La façade comprend le mur pignon de la nef, surmonté d'un petit fronton triangulaire percé de trois baies en plein cintre, encadrée des deux tours, ainsi qu'un portail dont le tympan sculpté est décoré.
Les tours de la basilique sont de hauteurs inégales et témoignent de conceptions différentes : la tour sud est à deux niveaux, coiffée d'un toit quadrangulaire à tuiles plates, alors que la tour nord contient trois étages et est surmontée d'un dôme de plomb avec un lanternon. Les deux tours sont décorées dans les étages supérieurs d’arcatures à pilastres et de modillons.
Le grand portail, souvent contesté, a été entièrement refait en 1869 par le sculpteur Creusot. Il fut entièrement détruit lors de la Révolution française en 1789, comme en témoigne Viollet-le-Duc dans son rapport sur l'église, en 1845. Sa restauration a consisté à reconstituer les six colonnes, plusieurs chapiteaux et un trumeau, ainsi que les statues également présentes à l'entrée de la basilique. Le tympan du grand portail révèle une iconographie chrétienne : un Christ en majesté, inscrit dans une mandorle, ici portée par quatre anges, est assis sur son trône, exécutant le geste de bénédiction de la main droite et tenant à gauche un livre ouvert appuyé sur son genou. Aux côtés des anges soutenant la mandorle, sont figurés les animaux emblématiques des quatre évangélistes : à gauche du Christ, l'aigle de saint Jean et le taureau de saint Luc, puis, à droite du Christ, le lion de saint Marc et l'ange ailé de saint Matthieu. Toutes ces figures sont encadrées par un ange agenouillé portant un chandelier aux deux extrémités du tympan. Il est souvent dit que ce tympan s’est inspiré de celui du tympan du portail mutilé à la Révolution, mais il semble plus probable que ce portail n’avait pas de tympan sculpté. Cependant, quelques vestiges intéressants du portail ancien sont conservés au musée de Saulieu.
En entrant dans la nef, on est saisi par la beauté, la pureté et l’homogénéité de l’ensemble inspiré de Cluny et plus proche, de la cathédrale d’Autun, typique du style dit roman bourguignon. Cette nef est un des seuls rares témoignages qui nous soit parvenu de la période romane, même si elle fut quelquefois modifiée au cours des siècles, principalement lors de restaurations exécutées au XIX siècle. La nef compte six travées voûtées d’un berceau brisé sur doubleaux, flanquées de bas-côtés voûtés d’arêtes sur doubleaux brisés à double rouleau. L’élévation purement clunisienne de la nef centrale est à trois étages séparés par des bandes horizontales.
Le premier étage est celui des grandes arcades brisées, à double rouleau, qui reposent sur les piliers cruciformes flanqués sur les 4 faces de colonnes engagées. On n’y trouve pas le pilastre cannelé si fréquent à Autun, ce qui donne plus de volume aux chapiteaux surmontant les colonnes engagées. Dans le deuxième étage on trouve le triforium, qui se compose dans chaque travée de quatre arcatures aveugles entre simples pilastres, une composition qui est très différente de celle d’Autun ou encore de Cluny. L’étage supérieur éclaire directement le sanctuaire par une seule baie par travée. Au XVIIIe siècle, le sol de l’église a été rehaussé d’environ 1 mètre, ce qui a enterré les piliers et endommagé les proportions de cette élévation.
Il ne faut pas manquer le petit portail sud, qui faisait communiquer la nef et les bâtiments du chapitre, dans la deuxième travée de la nef. Les décorations extérieures aux pointes de diamant et billettes alternées du portail roman sont très particulières, et le tympan est orné d’un simple trilobe. La nef est flanquée de cinq chapelles latérales, deux au flanc nord et trois au flanc sud, datant des XVe et XVIe siècles. Les plus grandes ont été fondées au XVe siècle par les évêques d’Autun Ferry de Grancey au côté nord et Jean Rolin au sud.
Au nord, au niveau de la quatrième travée du bas-côté, se trouve la chapelle des Fonts Baptismaux. Construite au xvie siècle, elle est couverte d'une voûte en berceau. En son centre, prend place une cuve baptismale. Dans son mur de droite, une niche creusée dans la pierre abrite une reproduction fidèle de l'Évangéliaire de Charlemagne. L'original de l'Évangéliaire de Charlemagne étant exposé au musée François-Pompon de Saulieu. Il est dit que les deux plaques d'ivoire qui le constituent auraient été offertes par Charlemagne au fondateur de l'église. Cependant, ces plaques auraient été réalisées bien avant que Charlemagne n'en fasse don : la technique de sculpture dans l'ivoire permet de les dater aux environs de la fin du VIe siècle, début du VIIe siècle. Nous ne savons alors véritablement pas comment l'évangéliaire est parvenu jusqu'à la ville de Saulieu, cependant nous savons que, durant la période révolutionnaire, il n'a subi aucun dommage, et resta conservé dans la basilique jusqu'en 1810.
Deux autres exemplaires de l'Évangéliaire de Charlemagne sont connus : l'un se trouve à Erevan, en Arménie, et l'autre à Paris, à la Bibliothèque nationale. Les deux faces de l'évangéliaire sont produites en bois de hêtre, incrusté de plaques d'ivoire, sculptées en bas reliefs. Sur la face antérieure, le Christ est figuré nimbé, assis sur un trône, tenant dans sa main gauche le Livre de la Loi. Deux personnages l'entourent : saint Paul à sa droite bénissant de sa main, et saint Pierre à sa gauche. Sur l'autre face du manuscrit, la Vierge en majesté est représentée. Elle est encadrée par les archanges saint Michel à sa droite et saint Gabriel à sa gauche, levant tous deux la main en signe d'adoration. Dans ses bras, l'enfant Jésus qui bénit de la main droite, et tient un rouleau de l'évangile dans sa main gauche. À l'intérieur de cet évangéliaire, un texte manuscrit, daté du xiie siècle, qui serait postérieur à l'enveloppe artistique qui le protège et le décore. L'évangéliaire manifeste une grande qualité d’exécution, comme le montre notamment l'encadrement des plaques d'ivoire sur les faces, constitué de feuilles d'argent très minces reflétant des reliefs de guirlandes de fleurs et de feuillages.
La deuxième chapelle de ce bas-côté est celle dédiée à Saint-Georges. Fondée en 1427 par l'évêque Ferry de Grancey, elle est désignée comme une chapelle de prière abritant le Saint-Sacrement. Elle est richement ornée de statues en bois polychrome, ainsi que d'un tabernacle en bois peint. Cette chapelle, dotée de croisées d'ogives, témoigne de l'arrivée du renouveau architectural et du goût pour le gothique. La chapelle Saint-Georges est éclairée au nord par une baie ornée d'un vitrail représentant le mythe de Saint-Georges terrassant le dragon. De belles têtes sculptées se trouvent de chaque côté de l'entrée :
Dans le bas-côté sud, la première chapelle au niveau de la quatrième travée est celle de Saint-Crépin, appelée de nos jours chapelle Sainte-Anne. Datant du XVIe siècle, elle atteste de l'arrivée du gothique avec la présence d'une voûte de style flamboyant, caractérisée par ses liernes et tiercerons. Sur son mur sud, se trouve une baie figurant un vitrail du XIXe siècle illustrant la Présentation de Marie au Temple. La chapelle suivante de ce bas-côté fut fondée par le Cardinal Rolin à la fin du XVe siècle. Des boiseries du XVIIIe siècle ornent ses murs, et elle se trouve éclairée au sud par une fenêtre à deux meneaux, dont les verres sont colorés. La dernière chapelle est celle de Notre-Dame-de-la-Pitié, fondée en 1482 par le seigneur Hugues Clugny de Conforgien. Les armes de celui-ci aux coins de la chapelle attestent de sa puissance. Elle est architecturée selon des voûtes d'arêtes sans nervure, et une large fenêtre en arc brisé occupe un de ses murs.
Dans la continuité des bas-côtés nord et sud de la basilique Saint-Andoche, sont élevées deux chapelles. La chapelle de la Vierge, restaurée au XIXe siècle, est entièrement polychrome. Sa polychromie atteste bien la volonté de l'époque de restaurer le patrimoine et sa remise en état fut permise par des restes de couleurs retrouvés sur ses murs et sur ses chapiteaux. Une baie en plein cintre située au nord est ornée d'un vitrail représentant une Annonciation, datée du XIXe siècle, tout comme celui prenant place à l'est et figurant une Vierge à l'Enfant. La deuxième chapelle est celle de Saint-Joseph, au sud. Très simple, elle est ornée d'une baie à l'est qui contient un vitrail représentant la Sainte Famille.
Merveilles de la Basilique Saint-Andoche de Saulieu, admirez maintenant les 55 chapiteaux romans des piliers de la nef, très bien conservés. Les chapiteaux créés au conçues vers 1140 et restaurés au XIXe siècle, révèlent toutefois la grande qualité d'exécution des sculpteurs et imagiers du XIIe siècle. Ces chapiteaux étaient la manifestation matérielle de la quête de spiritualité des fidèles de l'époque ; ils faisaient véritablement communiquer le monde céleste et le monde terrestre. Tout en témoignant de la pensée médiévale, féodale et romaine. Ces sculptures magnifiques sont traitées en méplat ou en haut-relief et se trouvent sur les piliers de la nef et les colonnes engagées des bas-côtés. Les chapiteaux historiés de la Basilique Saint-Andoche peuvent être répartis en quatre catégories : ceux de l'Ancien Testament et ceux du Nouveau Testament. Puis, les chapiteaux animaliers ou bestiaires et enfin, les chapiteaux floraux.
Parmi les chapiteaux historiés de l'Ancien Testament, nous trouvons, dans la partie Nord de l'édifice ; la Tentation du Christ (la Première tentation de Jésus dans le désert, par le démon) et dans la partie Sud la Fuite en Égypte (la plus célèbre), où on voit saint Joseph, la Vierge Marie, Jésus et l’âne sur un décor de vigne. Dans la partie Sud également se trouve La Pendaison de Judas : Judas est pendu par le démon Lucifer qui tire la corde de sa pendaison, mais il ne semble pas mort pour autant, puisque ses yeux et sa bouche sont ouverts, comme s'il poussait des cris.
Parmi les chapiteaux historiés du Nouveau Testament, nous trouvons, dans la partie Nord de la basilique ; la dernière figuration historiée est la Résurrection du Christ . Une fois le corps du Christ mort, il ressuscite spirituellement et sort de son tombeau. Les bras levés, regardant les femmes réparties autour de lui, les paumes des mains tournées, le Christ annonce « Noli me tangere » (« Ne me touchez pas »). Trois femmes seraient représentées : Marie Madeleine, Marie, ainsi qu'une autre, mais dans deux phases successives. Elles se rendent, dans un premier temps au tombeau en constatant qu'il est vide, en raison de la résurrection du Christ, et vont ensuite annoncer la bonne nouvelle, comme leur demande l'ange situé au-dessus d'elles. L’expression des personnages sur ces chapiteaux est admirable, la qualité est incontestable.
Parmi les chapiteaux, animaliers ou bestiaires, s'intercalent entre les scènes historiées avec lesquelles ils fonctionnent. Nous trouvons dans la basilique des chouettes accompagnées de décors végétaux. Elles sont au nombre de trois : l’une, sur le côté, ferme les yeux, une autre, au centre, garde les yeux ouverts, et la suivante fait de même que la première. Nous trouvons également une scène pastorale, aussi appelée musique profane, avec une tête d'ours en haut de la composition, une tête de lion en bas de celle-ci, dont des rinceaux de feuillages sortent de sa bouche, et forment le cadre de la scène. Dans la composition un berger joue d'une sorte de corne, et trois petits animaux dansent. Les chapiteaux suivants présentent une dualité animalière, comme le combat de coqs où la composition peut être divisée en deux parties avec, d'un côté, le bien et, de l’autre, le mal.
Quant aux personnages en coin, propriétaires des coqs, l'un gagne et l'autre est vaincu. Deux lions sont aussi présents et semblent jaillir d'un bouquet d'acanthes ; des aigles se tiennent debout, accrochés à l'astragale par leurs griffes, les ailes déployées, se penchant comme pour regarder le spectateur qui se situe en bas, sur terre ; des ours, ou sangliers, combattant au centre de la composition la gueule ouverte, accompagnés de leurs dresseurs. Des animaux imaginaires sont également présents tels les vouivres ou dragons qui renvoient à la mythologie locale, à l'image que pouvaient se donner les hommes des enfers et, du monde souterrain. Face à face, elles s'échangent un baiser, acte de leur reproduction, après lequel la femelle dévorait le mâle Et nous sommes pour finir, en présence d'un sagittaire, ou centaure qui est en train de tendre son arc muni de sa flèche.
Pour les chapiteaux floraux, ils ne sont pas dépourvus de significations, et rythment l'ensemble architectural imagé. Ces chapiteaux très divers montrent un répertoire végétal d’une grande variété, dont le chapiteau aux acanthes grotesques (volutes aux masques humains), celui aux crosses de fougères et celui aux feuilles de charme. On trouve aussi acanthes, chardons, feuilles, lotus stylisés, pins, arums, tiges perlées et palmettes. Un dernier groupe de chapiteaux montre des scènes animalières ou fantastiques, de rôle symbolique : le combat de coqs, le sagittaire ou centaure archer, le pet de l’ours, têtes de monstres, une scène appelée “la pastorale” avec un berger musicien et une tête d’ours, “le penseur” entre deux oiseaux, le baiser impur de deux monstres, le chapiteau des deux aigles, une louve, trois chouettes et les colombes. Ce monde imaginaire de flore et de faune montre la créativité des sculpteurs de cet ensemble important. Douze autres chapiteaux se trouvent dans les parties hautes de la nef, sous les voûtes, tous à décor végétal à l'exception d'une tête humaine entre deux mufles d’animaux au sud. Un autre chapiteau avec monstre vomissant des feuillages est visible de l'extérieur dans l'arc muré qui faisait communique le bas-côté nord avec le transept disparu.
Continuez la visite par le chœur, le premier chœur purement roman de la basilique fut complètement détruit durant la Guerre de Cent Ans. Un second chœur, cette fois-ci gothique, fut alors reconstruit, mais un incendie du début du XVIIIe siècle le détruisit entièrement. Le chœur actuel date de 1704. Architecturalement, il possède deux travées droites, un chevet à trois pans, une voûte en berceau plein cintre, des demi-colonnes engagées avec des bagues moulurées au niveau du triforium de la nef, ainsi que de grandes baies. Les fouilles de 1966-1967 ont montré les fondations du transept et du chœur roman. Le transept peu saillant se trouvait sur l’emplacement du choeur actuel. Les arcades brisées qui faisaient communiquer le transept et les bas-côtés sont encore visibles de l’extérieur. Le transept était prolongé par un chœur qui se composait de deux travées et d’un chevet plat. On est surpris par cette construction d’une simplicité inusitée dans un édifice clunisien, sans le déambulatoire de Cluny ou de Paray, même sans les absides d’Autun, et qui pourrait remonter à un état gothique. On ignore l’élévation et le voûtement de la partie transept-chœur et l’existence d’un clocher sur la croisée du transept.
Le chœur de la Basilique Saint-Andoche est décoré de stalles en bois de chêne sculpté, réparties sur deux étages. Elles sont au nombre de 56, et furent produites après la première destruction du chœur roman de la basilique. Elles sont parmi les plus anciennes de Bourgogne, à côté de celles de Bard-le-Régulier (1350) et de l'église Saint-Marcel de Cluny (fin du XVe siècle). Financées par le chapitre, elles sont achevées aux alentours de 1388. Lors du second incendie, et pour la reconstruction du chœur en 1704, les chanoines souhaitèrent que toutes les stalles soient replacées selon leur contexte d'origine. Lors de leur ré-installation cette même année, elles furent quelque peu dégradées, et en 1789, lors de la Révolution Française, toutes les fleurs de lys qui y étaient figurées furent grattées. Des restaurations furent entreprises en 1964 et changèrent leur aspect initial. Aujourd’hui, 24 stalles sont installées dans la partie la plus basse, et 32 stalles dans la partie supérieure du chœur peuvent être recensées. On retrouve certains thèmes des chapiteaux de la nef. Dans le fond, aux côtés de l'armoire des reliques, deux stalles sculptées prennent place, l’une figurant L'Annonciation au sud, l’autre La Fuite en Égypte au nord.
Sous le choeur de l’église se trouvent les vestiges d’une crypte intéressante mais inaccessible au visiteur. Il s’agit peut-être de vestiges de l’église carolingienne du VIIIe siècle. La crypte est divisée en deux parties, avec une rotonde située sous l’abside, d'authenticité douteuse, prolongeant un espace rectangulaire. On sait peu de cet ensemble qui pourrait compter parmi les rares vestiges carolingiens de la Bourgogne. C’est difficile de comparer cette crypte avec les cryptes de Saint-Germain d’Auxerre et de Flavigny ou encore avec la rotonde de Saint-Bénigne de Dijon.
Avant de quitter la basilique il faut admirer le tombeau de Saint-Andoche sous l’autel du choeur, qui se trouvait à l’origine dans la crypte. L'autel est en marbre, sculpté en 1950 par un artiste bourguignon, Albert David. Cet autel rappelle l'importance du tombeau situé juste en dessous, puisque ses deux piliers antérieurs présentent d'un côté saint Thyrse et, de l'autre saint Félix. En 1958, il fut consacré par le chanoine Kir. Le sarcophage date de l’époque paléochrétienne, en marbre blanc décoré de plusieurs fragments mérovingiens avec sculptures en méplat aux symboles et ornements païens et chrétiens. Le tombeau fut retrouvé détruit, sectionné en deux, et démantelé. Une reconstitution fut alors effectuée en 1848, avec le peu de restes de fragments du tombeau authentique qui ont pu parvenir au marbrier Marion de Saulieu.
Se trouvaient dedans, selon les hypothèses formulées, les corps des trois martyrs de la ville, saint Andoche, saint Félix et saint Thyrse qui y furent inhumés, ce qui parait assez peu probable en raison de la petite taille du monument. Ce tombeau ne mesurait que 1,70 m de long, 0,45 m de large, et sa cuve était de 0,51 m de haut. Il semblerait qu'une partie des fragments retrouvés datent de la période mérovingienne. La frise de pampres et de raisins surmontant la cuve était des motifs fréquents durant l'époque mérovingienne : un chrisme latinisé, symbole chrétien formé de deux lettres grecques (X et p) ; une colombe allant en direction d'une croix ancrée sur l'extrémité gauche de la paroi antérieure ; des cercles entrecroisés. Ce monument très massif, est arrondi en demi cercles à ses extrémités supérieures, et nous remarquons que les fragments d'origine sont d’une couleur beaucoup plus foncée que le marbre récent du sarcophage, refait au XIXe siècle.
Les reliques des corps de Thyrse, Andoche et Félix
Difficile de savoir exactement quand ni comment, les corps de Thyrse, Andoche et Félix arrivèrent dans la basilique. Il est dit que les restes de saint Andoche furent mis à part, enfermés dans un reliquaire haut de quatre pieds, en forme de buste d'argent décoré de pierres précieuses. Tout le reste des reliques fut, semble-t-il, mis dans un coffre en bois de chêne. En 1675, à la demande de Monseigneur de Roquette, évêque d'Autun, une châsse reliquaire en bois de cèdre fut confectionnée afin de remplacer le coffre en chêne dans lequel prenaient place les reliques de saint Andoche. Elle est aujourd'hui placée au fond du chœur de la basilique, dans une petite armoire en bois fermée à clé, entre deux autres reliquaires davantage esthétisés, en forme de chapelles gothiques, commandées en 1868 par le curé de Saulieu, Monsieur Thibet.
Le reliquaire initial dans lequel toutes les reliques de saint Andoche prenaient place fut retiré de la basilique en 1793. Son contenu fut alors préservé par le curé de l'époque, le Père Garreau, qui demanda la garde des reliques, les conserva dans le fond de l'église, et apposa son sceau sur le ruban qui les enveloppait. Seraient présents dans le petit reliquaire en bois quelques reliques de saint Andoche, comme deux dents molaires provenant de sa mâchoire, ainsi que trois morceaux d'os. Dans le massif reliquaire architecturé en cuivre se trouveraient une relique de saint Symphorien, ainsi qu'une vertèbre de saint Andoche. Dans l'autre qui lui est similaire, serait présent le crâne de saint Andoche, qui serait légèrement enfoncé, et dont il resterait, à sa mâchoire supérieure du côté gauche, deux dents.